Latest / Archives / Un POLICIER FRANÇAIS devenu TUEUR EN SÉRIE (Affaire Le Grêlé)
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- 0:14Dans les années 1970, le FBI met en place une unité dédiée à
- 0:16l'étude du comportement des tueurs en série qui se
- 0:19multiplient aux États-Unis. C'est le BSU, le BA.
- 0:22Viral Science unit. Les tueurs en série ont toujours
- 0:25existé, ils ne sont pas apparus du jour au lendemain.
- 0:32Mais ce n'est qu'avec l'arrivée du BSU que le phénomène se fait
- 0:35publiquement connaître. L'urbanisation rapide du pays
- 0:38dans les années 70 80 crée un climat idéal à la multiplication
- 0:42des meurtres dits en série. C'est en tout cas une des
- 0:46explications qu'on peut trouver pour justifier ce qu'on
- 0:48considère aujourd'hui comme l'âge d'or des serial killers.
- 0:52Ça est le fait que le phénomène nouveau fascine les médias qui
- 0:57font des tueurs en série leur couverture de magazine.
- 1:01Bizarrement, et peut être parce que la mode passe, cette grande
- 1:05nouveauté s'efface peu à peu dans les décennies qui suivent,
- 1:09sans qu'on sache exactement pourquoi ni combien de temps ce
- 1:12déclin est parti pour durer. en France, on a nous aussi eu droit
- 1:16à nos propres tête, Bundy, Jeffrey Hammer ou encore John
- 1:20Wayne Guessi. Il s'appelait Émile Louis,
- 1:23Michel Fourniret, Francis Heaulme et ils ont terrorisé la
- 1:26France entre la fin des années 70 et le début des années 90.
- 1:31Mais l'un d'entre eux a su se faire une place dans les
- 1:33cauchemars des agents du 36, quai des Orfèvres.
- 1:35Une place à laquelle il est resté 35 ans avant de choquer et
- 1:39replonger le monde des années 2020 dans l'horreur.
- 1:42Ce tueur, on l'a surnommé le grêlé.
- 1:53Je vis avec mes fantômes. Ils sont là mes fantômes.
- 1:57J'entends des drôles d'expressions faire son deuil.
- 2:00Tourner la page les gens qui savent faire ça.
- 2:26Le 5 mai 1986, la petite Cécile bloc, 11 ans, dit au revoir à
- 2:30ses parents qui partent au travail.
- 2:32Elle est autonome, sérieuse et l'école n'est pas loin, donc
- 2:36elle a le droit d'y aller seule. C'est aussi les années 1980,
- 2:39époque à laquelle les parents n'étaient pas aussi méfiants.
- 2:42Pas d'Internet, pas de portable, un monde un peu plus serein,
- 2:46plus protégé des nouvelles terrifiantes du monde.
- 2:52Un monde où on ne pense pas aux tueurs en série qui peuvent
- 2:55roder. Vers 08h30, les parents block
- 2:58vont au travail. Puis c'est Luc Block, le demi
- 3:02frère de Cécile, qui a alors 24 ans, qui part.
- 3:05Enfin, c'est au tour de Cécile. Mais quand elle entre dans
- 3:09l'ascenseur de son immeuble du 116, rue petit, dans le 19e
- 3:13arrondissement de Paris, ce sont les portes de l'enfer qui se
- 3:17referment sur elle et l'homme qui vient de la repérer.
- 3:21Qu'elle a à peine remarqué. Cécile est une enfant comme les
- 3:24autres, gentille, autonome, obéissante.
- 3:27Elle joue du violon et se prépare pour le conservatoire.
- 3:31Elle a communiqué sa passion pour la musique à son grand
- 3:34frère Luc, issu d'un précédent mariage.
- 3:36Luc, 24 ans, est chercheur en biologie moléculaire à jussieu.
- 3:40C'est un grand frère protecteur qui aime passer du temps avec sa
- 3:44sœur. Les parents travaillent à la
- 3:46sécurité sociale et partent à la même heure tous les matins.
- 3:51Une famille normale, banale. Comme tous les midis, Suzanne
- 3:55bloque. La mère de Cécile appelle le
- 3:57fixe pour vérifier que sa fille est bien rentrée manger.
- 4:01Jeune prodige, Cécile a l'habitude de rentrer chez elle
- 4:04pendant la pause déj pour s'entraîner au violon.
- 4:08Mais contrairement à d'habitude, la pelle sonne dans le vide.
- 4:12Suzanne contacte l'école de sa fille pour vérifier que tout va
- 4:16bien. Et là, c'est le choc.
- 4:19Cécile ne s'est jamais présentée à son cours d'e PS ce matin, les
- 4:23parents se précipitent chez eux. Le cartable de Cécile n'est plus
- 4:26là, elle a bien quitté la maison.
- 4:28Des recherches rapides sont menées dans l'immeuble.
- 4:32Il ne faut pas aller bien loin pour le concierge dont la vie
- 4:35bascule alors qu'il entre dans un local du 3e sous-sol, sous
- 4:40une moquette, il voit un petit bras dépassé, un peu plus loin,
- 4:44un cartable renversé, des stylos éparpillés.
- 4:49Dans la pièce froide et humide, le corps sans vie de Cécile
- 4:52Bloch est retrouvé. Elle a été violée, étranglée par
- 4:57une cordelette et poignardée à la poitrine avant d'être
- 5:01enroulée dans une moquette. Une enquête est tout de suite
- 5:04ouverte. La scène de crime est bouclée.
- 5:07Très vite, les enquêteurs apprennent qu'un homme a été vu
- 5:10rôdé dans l'immeuble. Les parents remarquent d'abord
- 5:14un homme monté dans l'ascenseur. Ils ne l'ont jamais vu avant.
- 5:18Mais pense que c'est un visiteur.
- 5:20Puis c'est Luc qui le croise également dans l'ascenseur.
- 5:23Et au fil des témoignages, on apprend que plusieurs habitants
- 5:27de l'immeuble ont croisé ce même homme dans leur précédent la
- 5:30disparition de la petite, toujours dans l'ascenseur et
- 5:34rend sans but. Et personne ne le connaît.
- 5:37L'homme est poli, il souhaite à tous les gens qu'il croise de
- 5:40passer une très bonne journée. Mais quelque chose cloche chez
- 5:44lui. C'est pas de passer une bonne
- 5:45journée ou au revoir, bonne journée.
- 5:47C'est passé une très bonne journée, quelque chose de
- 5:51d'excessif de la part de quelqu'un qu'on ne connaît pas.
- 5:55Il est grand, 1m80, 5A, entre 25 et 30 ans, des cheveux châtains
- 6:00et des tails marquants. Il a les joues tachées, de
- 6:03petites cicatrices d'acné, des joues qui paraissent grêlés.
- 6:07La description est donnée, un portrait robot réalisé et le
- 6:11surnom apparaît, le grêlé. La police a un visage et un mode
- 6:27opératoire. L'homme a fait des
- 6:29allers-retours pendant au moins 1 h, à la recherche d'une proie.
- 6:32Il avait repéré les lieux la veille, bloqué la porte d'entrée
- 6:36de l'immeuble avec un paquet de cigarettes et avait bloqué
- 6:39l'ouverture de l'ascenseur au 3e sous-sol avec une allumette.
- 6:42En gros, en gardant le bouton d'appel appuyé au 3e sous-sol,
- 6:47l'ascenseur, il descendait forcément à chaque fois.
- 6:50Sans avoir besoin d'appuyer sur aucun bouton, les mains libres,
- 6:54l'enlèvement était plus facile, de la moquette a été installée
- 6:58au sous-sol, dans l'attente d'une victime.
- 7:01Est ce que Cécile a été choisie ou est ce qu'elle était au
- 7:04mauvais endroit au mauvais moment ?
- 7:07On ne sait absolument pas. En tout cas, plusieurs éléments
- 7:11sont retrouvés autour du corps. Déjà, on voit que la petite
- 7:15s'est débattue. Les enquêteurs prélèvent
- 7:17également le sperme sur son corps.
- 7:20Après analyse, car Pour rappel, l'a DN tel qu'on le connaît
- 7:23n'existe pas à l'époque. Eh Ben on apprend que le tueur
- 7:26est du groupe a plus, comme la majorité des Français.
- 7:29Pour creuser un peu plus, les enquêteurs épluchent les
- 7:33archives. À cette époque, tout est en
- 7:35papier, il n'y a pas de base de données commune, donc tout prend
- 7:39un temps fou et demande une vraie détermination.
- 7:42Pourtant, un crime similaire saute aux yeux, l'agression
- 7:46d'une autre petite fille un mois plus tôt.
- 7:49Et coup de bol, celle-ci a survécu.
- 8:08Nous sommes le 7 avril 1986, place de la Vénétie dans le 13e
- 8:11arrondissement, à 11 km de la rue Petit, Sarah, 8 ans, Monte
- 8:15dans l'ascenseur. Mais au lieu de s'arrêter au
- 8:20rez-de-chaussée, il descend tout droit vers le 4e sous-sol.
- 8:24Derrière elle, un homme qu'elle a à peine remarqué.
- 8:27Lorsque les portes s'ouvrent, il la pousse et elle atterrit sur
- 8:31un matelas. Comme Cécile, Sarah est violée
- 8:34et étranglée avec une cordelette.
- 8:37Elle perd connaissance avant de se réveiller seul.
- 8:41Aucun couteau n'a été utilisé, mais le reste est identique.
- 8:45Dans le sperme retrouvé sur Sarah, le même groupe sanguin.
- 8:48Et quand on demande à la fillette de décrire l'agresseur,
- 8:51elle parle d'un homme grand, brun, dont la peau n'est pas
- 8:55lisse pour tout le monde. C'est sûr, c'est le même homme.
- 9:00dans Paris, la rumeur commence à circuler.
- 9:03Un certain grêlé s'en prend aux petites fillettes.
- 9:30Dans les années qui suivent, plusieurs nouvelles affaires
- 9:34voient le jour pour tenter de mettre la main sur celui qui
- 9:37terrorise la ville. L'agent podo de la brigade de
- 9:40mineurs étudie tous les dossiers de plaintes similaires pour
- 9:43trouver des ressemblances. Certaines affaires sont des cas
- 9:46isolés. D'autres sont le fait du grêlé.
- 9:49Pour la Jean Podo, même si elle ne peut pas le prouver
- 9:52formellement, elle en est sûre, l'homme est un violeur en série
- 9:56et il ne compte pas s'arrêter de sitôt.
- 9:58Le 1 avril 1987, c'est Cyril D, un garçon de 13 ans, qui porte
- 10:02plainte alors qu'il organise une boum chez lui, sans
- 10:05l'autorisation de ses parents au 2B1 pass Morlaid, dans le 11e,
- 10:08un policier vient frapper à la porte.
- 10:10Les voisins se sont plaints du bruit et il doit entrer dans
- 10:14l'appartement. Le policier montre sa carte
- 10:18floquée Bleu, blanc, rouge à Cyril, puis entre, il allume les
- 10:24Lumières, coupe la musique avant de laisser les enfants reprendre
- 10:27leur fête. Au bout de 30 Min 1 H, ils
- 10:30coupent tout à nouveau et leur demande de partir.
- 10:34Tous sauf Cyril et sa copine Jennifer, 11 ans.
- 10:38Dans l'appartement, l'homme viole Jennifer et ligote Cyril
- 10:43sur le lit de ses parents. Avec les câbles du radio réveil,
- 10:47le garçon finit par se défendre et fait fuir son agresseur.
- 10:56Le 11 mai 1987, c'est une étudiante allemande de 26 ans,
- 10:59Andréa S. Qui signale un viol vers 10h00
- 11:03du matin, au 5, Villa Cœur de vais.
- 11:06Dans le 14e, un policier, carte bleu blanc, rouge en main,
- 11:10sonne. Ici aussi, des voisins se sont
- 11:17plaints du bruit. Après lui avoir demandé si elle
- 11:20était seule, le policier entre dans l'appartement.
- 11:23Il exige un contrôle d'identité avant de sortir son arme et de
- 11:27la pointer sur l'étudiante. Les choses prennent une toute
- 11:30autre tournure et le policier dit qu'il est là pour la
- 11:34cambrioler. Il ligote la jeune femme avec
- 11:36une ceinture et récupère billets, porte-monnaie, carte
- 11:39bleue, code bijoux et cetera, puis toujours avec une ceinture.
- 11:44Il étrangle Andrea et la viole. Quand il a fini, l'homme repart
- 11:49et prétexte vérifier sa carte d'identité.
- 11:52Elle en profite pour s'échapper et trouver son voisin qui
- 11:55appelle la police, la vraie cette fois-ci dans
- 11:59l'appartement, plusieurs éléments sont relevés dont des
- 12:02traces de sperme. Évidemment, elles finiront par
- 12:06être perdues, mais la description faite par Andrea,
- 12:09elle restera un homme entre 27 et 28 ans. 1m80, cheveux courts
- 12:13et foncés, la seule différence est son visage lisse, sans
- 12:18cicatrice. Arrive le tour de Marianne, une
- 12:31ado de 14 ans, le 27 octobre 1987.
- 12:36Alors qu'elle rentre manger chez elle le 12h01 homme la suit
- 12:39jusqu'à son domicile. Ce n'est qu'une fois dans
- 12:41l'ascenseur de son immeuble, au 9 rue Boulit, dans le 14e,
- 12:45qu'elle remarque un homme se glisser derrière elle.
- 12:47Arrivé à son étage, il lui montre sa carte de policier et
- 12:51lui dit enquêter sur un trafic de stupéfiants dans le coin.
- 12:54Elle est soupçonnée d'être impliqué et il doit voir ses
- 12:57papiers. Marianne est brésilienne.
- 13:00Elle n'a pas de carte française, elle l'autorise donc à entrer
- 13:03chez elle pendant qu'elle cherche son passeport.
- 13:05Elle est jeune, seule et elle a peur face à cet homme qui
- 13:09représente la loi. Elle lui propose de téléphoner à
- 13:13son beau père, mais le policier l'attrape et la ligote.
- 13:17Il fait passer le tout pour un cambriolage.
- 13:21Ce jour-là, Marianne est violée et laissée attachée sur son lit,
- 13:27livrée à elle même. Traumatisée comme les autres
- 13:30après le départ de son agresseur, elle se libère et
- 13:33appelle son beau père qui l'emmène au poste de police.
- 13:36Des traces de sperme sont prélevées et Marianne dresse un
- 13:39portrait robot de l'homme, grand jeune, cheveux bruns, exactement
- 13:45le même que celui de Cécile. À un détail près, il n'a pas de
- 13:50taches sur les joues. Ce portrait, Andréa le
- 13:53reconnaît, c'est lui qui s'est introduit chez elle.
- 13:57Qui s'est fait passer pour un policier ?
- 13:59Aucun doute là-dessus. Sans surprise, aucun suspect
- 14:03n'apparaît et personne n'est interpellé.
- 14:06Mais l'agent podo continue de creuser.
- 14:08Déjà, elle relève des similitudes.
- 14:11Une carte de policier a un comportement procédural
- 14:14lorsqu'il demande à vérifier l'identité de ses victimes, des
- 14:17victimes ligotées et souvent étranglées des viols.
- 14:22Et des horaires de crime en journée, puis une pause de
- 14:25plusieurs années avant que les victimes reprennent.
- 14:28Le 9 juin 1994, Carine Leroy, 19 ans, disparaît à Meaux, en Seine
- 14:32et Marne, alors qu'elle se rend au lycée.
- 14:35Son corps est retrouvé le 12 juin dans un bois autour de la
- 14:40ville. Autour de son cou, une ficelle
- 14:42serrée, comme pour Cécile et Sarah.
- 14:47Voilà, c'est là où c'est que ma fille a été retrouvée, t'as donc
- 14:50ta sœur ? Hein depuis ?
- 14:54Depuis 23 ans, elle est. Ici, aucun ADN n'est retrouvé,
- 14:58les preuves sont maigres et l'enquête est finalement classée
- 15:01en 1997. Le 29 juin de la même année, une
- 15:17petite fille de 11 ans est enlevée à son tour.
- 15:20Elle a quitté la Guadeloupe il y a quelques années avec ses
- 15:23parents pour s'installer à Mitry Mory, toujours en Seine et
- 15:25Marne, alors qu'elle se balade à vélo à la recherche d'une maison
- 15:29hantée. Elle est arrêtée par un policier
- 15:35qui lui montre sa carte et demande à voir ses papiers et.
- 15:38Puis Ben je crois que c'est à peu près ici.
- 15:41Il y a une voiture qui qui arrive devant moi et qui
- 15:44s'arrête. Et puis il YA1 Monsieur qui sort
- 15:46de la voiture. Audrey ne les a pas.
- 15:49Alors le policier lui demande de la suivre jusqu'au commissariat.
- 15:53La petite a 11 ans, elle a peur. Elle croit qu'elle a fait une
- 15:57bêtise. Alors elle obéit et monte dans
- 16:00la voiture du policier. Une Volvo 750GL blanche.
- 16:05En chemin, elle lui demande de s'arrêter chez elle pour qu'elle
- 16:08prévienne ses parents. Il refuse.
- 16:11Elle le voit passer devant le commissariat de la ville.
- 16:14Il ne s'arrête pas. Audrey commence à paniquer.
- 16:21Je sais même pas où on allait je moi je pensais qu'il allait me
- 16:24tuer déjà. Elle sait que quelque chose ne
- 16:27va pas. Le trajet dure 1 h. 1 h pendant
- 16:30laquelle elle pense à ses parents qui vont se demander où
- 16:33elle est. 1 h pendant laquelle elle a peur pour sa vie.
- 16:37La voiture s'arrête à Saclay, dans l'Essonne, à côté d'une
- 16:40usine abandonnée. Tétanisée, Audrey décide d'obéir
- 16:45à son ravisseur. Il lui dit que tout se passera
- 16:48bien si elle l'écoute. Elle y croit.
- 16:50L'homme la menotte à un radiateur et lui montre des
- 16:53magazines porno. Il lui demande si elle sait
- 16:56faire certaines de ces choses, lui dit qu'il va lui apprendre
- 17:02sans détails. Le policier viole Audrey ce
- 17:06jour-là, le tout dure plusieurs heures.
- 17:08Sa seule option, lui parler, le rassurer, lui promettre de ne
- 17:13jamais le dénoncer. Et ça marche.
- 17:16L'homme lui sourit, lui retire les menottes et part acheter à
- 17:19manger. Audrey s'échappe et est conduite
- 17:22à la gendarmerie par un passant. L'affaire est tout de suite
- 17:25prise au sérieux. Des indices sont retrouvés sur
- 17:28place, dont la BD porno montrée à Audrey, pleine d'empreintes
- 17:31digitales et un morceau de papier hygiénique plein de
- 17:34sperme. Audrey, elle même apporte des
- 17:36informations, la voiture, la carte de police et une
- 17:40description. Une description qui correspond
- 17:43exactement au portrait robot réalisé par Marianne des années
- 17:47avant, sur lequel Audrey reconnaît son agresseur.
- 17:51Mais comme avec toutes les victimes précédentes, le Grêlé
- 17:54reste inidentifiable. Dans les années 1009, 180990,
- 18:16les moyens dont dispose la police ne sont pas les mêmes
- 18:18qu'aujourd'hui, pas de dossier centralisé, pas d'Internet, pas
- 18:22d'a DN pour comparer des données, il faut le faire avec
- 18:25les fichiers papiers d'un commissariat à l'autre, tout
- 18:28prend un temps fou. La police n'a pas l'habitude
- 18:31d'avoir affaire à un même coupable pour plusieurs scènes
- 18:34de crime, les tueurs en série commencent juste à faire leur
- 18:37apparition. Et tout le monde est assez
- 18:39réticent à l'idée d'ouvrir l'accès aux données récoltées.
- 18:42L'agent Annie podo, de la brigade des mineurs, dont on a
- 18:46parlé juste avant, prend chaque affaire au sérieux.
- 18:49Elle fait le minutieux travail de recherche demandé.
- 18:52Mais surtout, elle a sa propre hypothèse.
- 18:55Pour elle, le coupable est un collègue, un policier.
- 18:59Il a une carte de gendarme, des menottes, une arme, même un
- 19:03talkie walkie. Il prétexte des vérifications
- 19:06d'identité. C'est pas quelque chose qu'un
- 19:08faux flic ferait. Le problème, c'est qu'à
- 19:10l'époque, le sexisme est toujours bien bien présent.
- 19:14La brigade des mineurs est vue comme une pouponnière, comme le
- 19:17repère des assistantes sociales. Les agents et surtout les
- 19:21agentes qui y travaillent ne sont pas prises au sérieux par
- 19:24la brigade criminelle ou la crime.
- 19:27Et avoir l'une d'elle directement accuser ses
- 19:29collègues de commettre des horreurs, ça passe pas trop pour
- 19:33la criminelle, tout est mis en scène, ce n'est pas un vrai
- 19:36flic. Alors l'agent podot voit chacune
- 19:39des affaires devenir un cold case.
- 19:41Le dossier Cécile Block est classé en 1993, celui de Carine
- 19:44Leroy en 97. Rien de concret ne lie aucune
- 19:47des affaires entre elle, si ce n'est son intuition.
- 19:50On en a déjà parlé récemment avec l'affaire Guy Georges.
- 19:53L'a DN est découvert dès les années 50, mais il ne sera
- 19:56utilisé pour la première fois dans une enquête criminelle
- 19:59qu'en 1986, en Grande-Bretagne. Au départ, c'est une technique
- 20:07lourde et coûteuse, réservée à quelques affaires
- 20:09exceptionnelles. Mais au milieu des années 90,
- 20:12les analyses deviennent plus simples, plus rapides et
- 20:15accessibles à d'autres pays, dont la France.
- 20:17C'est en 1998 qu'est créé le FNAEG, le fichier national
- 20:20automatisé des empreintes génétiques.
- 20:22Une base qui réporterait les profils ADN enregistrés par la
- 20:25police à partir des années 2000, avec l'automatisation.
- 20:34L'a DN s'impose définitivement comme un outil incontournable de
- 20:38la police scientifique. Maintenant que le contexte est
- 20:42posé, voilà comment l'affaire du Grelet a bénéficié de ces
- 20:45avancées. En 1996, l'a DN récupéré sur
- 20:47toutes les scènes de viol est comparée et comme le pensait
- 20:50Annie Podo, ça matche quasi tout le temps.
- 20:53Le dossier Cécile Bloch est alors rouvert, elle et Sarah en
- 20:571986, Marianne en 87. Et Audrey en 94 ont bien été
- 21:06agressés par la même personne. Au lieu d'avoir plusieurs
- 21:09enquêtes ouvertes, la police peut enfin rassembler le tout
- 21:13dans un seul et même dossier, celui du grêlé.
- 21:16Malheureusement, ça ne suffit pas.
- 21:22Toujours dans le cas d'Andréa, agressé en 1987, les traces ADN
- 21:26révélées à l'époque n'ont pas survécu autant.
- 21:31Pour ce qui est de Karine Leroy, en 94, aucune trace n'a pu être
- 21:35récupérée sur les lieux du crime.
- 21:37En 2001, une nouvelle affaire vient
- 21:51basculer. Le dossier un nouveau crime que
- 21:54personne n'aurait associé au grêlé.
- 21:56L'a DN correspond à celui retrouvé sur la scène d'un
- 21:59double meurtre le 29 avril 1987. Celui d'une jeune fille au pair
- 22:05allemande, Imgard Müller, et de son employeur Gilles poletti.
- 22:10Les faits ont lieu au 7, rue Sainte Croix de la Bretonnière,
- 22:14dans le marais. C'est Madame Politi qui, en
- 22:17rentrant chez elle après le travail, découvre les corps sans
- 22:20vie de son mari et leur fille au pair.
- 22:23Lui est ligoté sur le lit conjugal, nu, pieds et mains
- 22:28liés dans le dos, un tissonnier sur la gorge, attaché au reste
- 22:32des liens pour l'étrangler ? Une méthode dite du Garot
- 22:37espagnol, barbare, complètement cruelle.
- 22:41Elle est retrouvée ligotée au lit superposé des enfants du
- 22:44couple en croix nue, la gorge tranchée et une corde autour du
- 22:51cou. Les 2 sont attachés par des
- 22:53écharpes et cravates trouvées dans la maison.
- 22:56Ils portent des traces de brûlures de cigarettes.
- 22:58La scène est insoutenable. L'inspecteur Alain vazquez, en
- 23:02charge de l'affaire, s'en rappellera pour le reste de sa
- 23:05carrière. Le but ?
- 23:07C'était que les la personne, la personne souffre, hein, c'est de
- 23:12faire souffrir la la victime. Et ce qui semble un peu plus
- 23:18terrifiant encore, c'est qu'elle se sente mourir.
- 23:21C'est alors que la police retrouve un petit carnet tenue
- 23:24par la jeune fille. Elle y dresse une liste de noms,
- 23:28tous des hommes. Tous accompagnés d'une adresse
- 23:31et d'un commentaire sur leur performance sexuelle.
- 23:34En fait, dans ce carnet, irmgarde répertorie tous ses
- 23:39amants. Pour la police, c'est une mine
- 23:41d'or. Celui avec qui la jeune fille a
- 23:44eu un rapport avant sa mort est forcément le tueur.
- 23:48Ce qui veut dire que son nom figure certainement dans ce
- 23:50carnet. Tous les hommes du carnet sont
- 23:52retrouvés et interrogés. Tous sauf 1, 1, nom qui n'existe
- 23:58pas. Qui ne correspond à personne
- 24:01avec une adresse complètement fausse, un certain Eli l'orange
- 24:07à côté de son nom. Hermgaard précise, mauvais coup.
- 24:10Problème d'érection pour la police, ce Eli est le Rom.
- 24:15D'après les témoignages, un homme aurait passé plusieurs
- 24:17minutes à négocier à l'interphone avec Hermgaard pour
- 24:20pouvoir entrer un peu avant 11 h du matin, juste avant le
- 24:24meurtre. Un homme grand, plus d'un mètre
- 24:2781, la vingtaine. D'autres témoins affirment avoir
- 24:30vu ce même homme entrer chez et on regarde la veille une
- 24:34description, un pseudo, des traces de sperme retrouvées sur
- 24:38un tampon et un mégot de cigarette fumées par le tueur.
- 24:41Voilà tous les éléments que possède la police.
- 24:44Mais aucune autre affaire similaire n'est trouvée.
- 24:47Rien qui pourrait permettre à l'enquête d'avancer.
- 24:51Alors l'affaire devient une énième cold case.
- 24:54Jusqu'en 2001, où l'a DN retrouvé sur les différentes
- 24:58scènes de viol correspond à celui récupéré sur le tampon et
- 25:02le mégot de cigarette. Le double meurtre du marais a
- 25:05été commis par le Grêlé. Jamais sans l'a DN, l'affaire
- 25:09n'aurait pu être liée aux autres différents types de victimes,
- 25:12différentes façons de faire. Celui qui était jusqu'à présent
- 25:16considéré comme un violeur de petite fille, auteur d'un
- 25:18meurtre, devient alors un tueur en série sadique.
- 25:23L'enquête prend un tout nouveau tournant,
- 25:48mais même avec toutes ces nouvelles informations, le
- 25:51coupable reste. Introuvable, aucun suspect n'est
- 25:55arrêté. La police ne sait pas où
- 25:58chercher. Entre le premier crime et 2001,
- 26:0115 ans ont passé et depuis 1994, aucun nouveau meurtre ou viol
- 26:05n'est à signaler. Pour certains, le grêlé a été
- 26:08arrêté il y a bien longtemps, pour d'autres, il est mort.
- 26:12Pour d'autres encore, il a déménagé loin de la région
- 26:17parisienne. Pour éliminer la première
- 26:22hypothèse, l'a DN de toutes les personnes incarcérées est
- 26:25récupéré et répertorié dans une base de données.
- 26:28Mais rien ne correspond à celle du Grêlé.
- 26:31Au 36, quai des Orfèvres, on se borne à penser qu'il s'agit d'un
- 26:35homme banal. Certainement pas d'un policier.
- 26:38Jusqu'à 2014, lorsque Nathalie Turquet, nouvelle juge
- 26:41d'instruction, récupère le dossier.
- 26:43Pour elle, aucun doute, le grêlé est l'un d'entre eux.
- 26:49Après 94, plus aucun crime ne lui est attribué.
- 26:52Pour elle, ce n'est pas une coïncidence.
- 26:54Si le grêlé est policier ou gendarme, alors il sait que l'a
- 26:59DN arrive et qu'avec ça, les chances de le retrouver sont
- 27:02plus grandes. Plus qu'un simple policier,
- 27:04turquet pense qu'il s'agit d'un gendarme qui aurait travaillé
- 27:07sur Paris ou en région en 1986 et 1994 en y rajoutant les
- 27:11informations sur la corpulence. L'âge et les descriptions
- 27:19physiques. Elle réduit une liste de
- 27:20quelques milliers de suspects à seulement 750.
- 27:23Mais les choses prennent du temps, il faut communiquer avec
- 27:27les différentes gendarmeries, obtenir l'accord de tout le
- 27:31monde et les adresses actuelles des uns et des autres.
- 27:34En 2015, l'affaire sur le meurtre de Karine Leroy est à
- 27:37nouveau ouverte. Cette fois-ci, elle est
- 27:40officiellement attribuée aux Grêlés.
- 27:42La strangulation est identique à celle subie par Gilles Poletti.
- 27:46Ce n'est que là que la brigade criminelle s'accorde à croire à
- 27:50l'implication de l'un des leurs. Donc il est dans cette toute
- 27:53puissance. Et bah les les mecs de la crime
- 27:56se disent C'est un mec de chez nous quoi.
- 27:58En 2021, après avoir insisté et remué ciel et terre, Nathalie
- 28:03Turquet reçoit enfin les noms des 750 gendarmes, actuels comme
- 28:08anciens. Correspondant au profil du
- 28:10grêlé, elle peut enfin le renvoyer.
- 28:12La convocation qui va tout changer ?
- 28:16Celle qui les invite à se rendre à la gendarmerie la plus proche
- 28:19pour y réaliser un prélèvement ADN sur la convocation, peu de
- 28:24précisions, mais assez pour comprendre.
- 28:28La police enquête sur plusieurs crimes commis entre 86 et 94 par
- 28:33un ancien gendarme. Avec tant d'informations
- 28:58divulguées, on se doute que ça ne peut que mal tourner.
- 29:01Le criminel est prévenu, il se sait pourchasser, il sent sa fin
- 29:07approcher. C'est comme ça que le 29
- 29:09septembre 2021, un homme de 59 ans est retrouvé mort dans un
- 29:14Airbnb loué quelques jours plus tôt.
- 29:17Il a avalé des cachets, il s'est suicidé.
- 29:21Cet homme, il s'appelle François Verov et il venait de recevoir
- 29:25sa convocation à la gendarmerie CE 29 septembre.
- 29:29Il était censé s'y présenter le lundi 27 septembre.
- 29:41François Verov annonce qu'il doit accueillir des locataires
- 29:44dans le Airbnb que possède la famille.
- 29:47Il part à 18h00 et ne reviendra. Jamais ces derniers mots à sa
- 29:53femme, bisous, au revoir ma chérie.
- 29:57C'est en remarquant qu'il a vidé ses comptes et en ne le voyant
- 30:00pas revenir ce soir-là qu'elle contacte la police pour signaler
- 30:04sa disparition. Et c'est le surlendemain, le 29,
- 30:07qu'elle se rend compte qu'il avait loué un Airbnb dans le
- 30:11Gard. En arrivant sur place, les
- 30:13gendarmes retrouvent son corps allongé sur un matelas.
- 30:18Avec lui, 2 lettres. Une adressée à quiconque
- 30:23trouvera son corps. C'est une demande de non
- 30:26réanimation. Une autre adressée à sa famille
- 30:29dont le contenu changera leur vie à tout jamais.
- 30:33Dans sa lettre, François Verov dit être un grand criminel qui a
- 30:37commis des faits impardonnables. Il ne dit pas qui il est ni qui
- 30:42ont été ses victimes. Il explique simplement avoir
- 30:46suivi ses pulsions de l'époque. Je traînai une rage folle qui a
- 30:50fait de moi un criminel. Il me fallait détruire, salir,
- 30:54tuer quelqu'un d'innocent. Des pulsions liées à son enfance
- 30:59qu'il ne savait pas comment faire taire.
- 31:01Des pulsions qu'il a su finalement maîtriser en créant
- 31:05sa propre famille. Une vie sombre qu'il a
- 31:08définitivement mise au placard en 97, selon lui.
- 31:11En voilà un extrait, je ne pouvais pas effacer le passé.
- 31:16Après plus de 30 ans, le système judiciaire m'a rattrapé afin
- 31:20d'éviter un procès qui aura des conséquences sur vous, j'ai pris
- 31:23la décision de partir. Je ne pourrai jamais effacer le
- 31:26mal que j'ai fait à ma famille ainsi qu'aux familles des
- 31:29victimes. C'est mon plus grand regret.
- 31:31Je ne souhaite plus aucun pardon parce que tout ceci est
- 31:35impardonnable. Je vous aime plus que tout au
- 31:37monde et je déteste le criminel que j'ai été.
- 31:40Une lettre d'aveu, un suicide. 2 jours avant sa convocation à la
- 31:45gendarmerie pour une vieille affaire de meurtre, la police a
- 31:49comme un pressentiment, l'a DN de François est prélevé sur les
- 31:53lieux et après 35 ans de questions sans réponse, la
- 31:56vérité éclate enfin. L'a DN de François Verov
- 32:00correspond à celle retrouvée sur les scènes de crime de Cécile,
- 32:04Sarah, Marianne, Ingrid, Audrey et tant d'autres avant François
- 32:10verov. Est le grêlé.
- 32:21La question qu'on se pose tout de suite, c'est quoi est ce
- 32:25François verov et pourquoi est ce qu'il aura fallu tant de
- 32:29temps pour le retrouver ? François verov, né le 22 janvier
- 32:331962 dans le nord de la France, plus précisément à Gravelines.
- 32:38Entre Calais et Dunkerque, enfant unique, il grandit très
- 32:42proche de sa mère qui malheureusement décède d'un
- 32:45cancer en 1972. Alors que François n'a que 10
- 32:47ans, c'est son père qui l'élève. Ensuite, il se remarie
- 32:50rapidement et le père et son fils déménagent pour vivre avec
- 32:54sa nouvelle femme et ses 2 filles.
- 32:56On ne sait pas grand chose de son éducation, mais on comprend
- 32:59que la relation avec son père était compliquée.
- 33:02Ancien de la Marine marchande. Le père de François est très
- 33:08strict. Dans certains articles, on croit
- 33:10comprendre que François subit des attouchements, voire des
- 33:13viols, de la part de son père, mais rien de confirmé à 100%.
- 33:17Ça expliquerait pourquoi, dès l'adolescence, François est vu
- 33:21comme un jeune dépressif. Il n'a pas énormément d'amis.
- 33:25En même temps, quand on sait qu'il propose à sa meilleure
- 33:27amie de l'époque de se suicider avec lui, on comprend pourquoi.
- 33:32Sa vie prend un tournant en 1982 quand il fait son service
- 33:35militaire. Il s'engage ensuite dans l'armée
- 33:37en 1983 et est nommé gendarme avant d'être affecté à la Garde
- 33:40républicaine en août 1983. En île de France, il devient
- 33:43policier à cheval. Il défile au 14 juillet devant
- 33:46la France entière, fait des rondes dans les bois de Boulogne
- 33:50et Vincennes. Puis en 86, François est mis à
- 33:53pied pour une sombre affaire de mœurs.
- 34:00Dans le bois de Boulogne, on n'en connaît pas les détails,
- 34:03mais ça aurait peut être pu être perçu comme un signe
- 34:05avant-coureur auquel personne n'a jamais fait attention.
- 34:10Il passe entre les mailles du filet et continue à travailler
- 34:13en tant que gendarme. Jusqu'en 1988, il passe de la
- 34:16cavalerie à la moto. Côté vie privée, il rencontre
- 34:51une jeune femme étudiante en psychologie en 1984.
- 34:56Les 2 tombent amoureux et se marient en juin 85 dans le Nord.
- 35:00Fin 1987, ils emménagent dans le 7e arrondissement de Paris, dans
- 35:03un appartement plus grand, où ils pourront accueillir leur
- 35:06premier enfant, une petite fille qui naît en janvier 1988.
- 35:13Cette même année, François Verov démissionne de la gendarmerie
- 35:17pour rejoindre la police nationale.
- 35:20En septembre 1989, la petite famille déménage à nouveau pour
- 35:22s'installer dans un appartement à châtenay malabry, allée des
- 35:26Frères Wright dans les Hauts de Seine. 2 ans plus tard, le
- 35:30couple accueille un 2e enfant, un petit garçon né en août 1991.
- 35:34On remarque que ces dates la naissance de ses 2 enfants et le
- 35:38début de sa vie de famille. Correspondent à la période de
- 35:43creux observée entre les affaires Marianne et Carine
- 35:47Leroy, entre 1987 et 1994. C'est d'ailleurs en Seine et
- 35:50Marne que les crimes reprennent. Là où la famille verhof a élu
- 35:53domicile vers 1994, il entre en grave dépression.
- 35:56Il va même jusqu'à dire à un de ses voisins qu'il veut se
- 36:00suicider. À partir de 1997, les choses
- 36:02commencent à changer. François après avoir enchaîné
- 36:03les dépressions. Entre en thérapie, Il est suivi
- 36:14par un psychiatre et s'ouvre sur sa vie, pas sur ses meurtres,
- 36:19mais sur son enfance, sur sa relation avec son père, sur son
- 36:23désir de le tuer, de le faire souffrir comme lui l'avait fait
- 36:27souffrir toute sa vie. Pour François, c'est le déclic.
- 36:31Après ça, il ne ressent plus ses pulsions.
- 36:34François est muté dans le sud de la France et quitte la région
- 36:38parisienne. C'est une nouvelle vie qui
- 36:40commence. Il intègre d'abord la formation
- 36:42motocycle urbaine de Martigues, à côté de Marseille et habite
- 36:46une maison à Fos sur mer avec ses enfants qui sont maintenant
- 36:50adolescents. Puis, au bout de quelques
- 36:53années, il déménage à nouveau. Verov devient chef d'une des
- 36:56brigades de Montpellier. Selon certains, il aurait même
- 37:00travaillé dans une brigade des mineurs.
- 37:02En 2011, la famille Emménage à Prague le Lez.
- 37:06Juste à côté de Montpellier. Alors désolé si je me trompe sur
- 37:10les prononciations, il y a pas mal de noms de villes et je les
- 37:13connais pas forcément toutes. Bref, ils y font construire une
- 37:16grande maison. Mais la belle vie est vite
- 37:19chamboulée lorsqu'ils tombent à moto en se rendant au travail.
- 37:22La même année, il échappe de peu à l'amputation de la jambe et il
- 37:27ne pourra plus retrouver son poste de motard.
- 37:30Il continue à travailler pour la police.
- 37:32Mais de façon moindre, François a du mal à se tenir debout sans
- 37:36sa canne, et c'est là qu'il se trouve un nouveau hobby, la
- 37:40politique. En 2014, il rejoint la liste du
- 37:56maire de Prades Lelez pendant les élections municipales.
- 38:00Puis en 2019, il devient conseiller municipal de la
- 38:04ville. François Verov est actif dans sa
- 38:07commune. Il connaît presque tout le monde
- 38:09et tout le monde le connaît. C'est le voisin idéal qui dit
- 38:13tout le temps Bonjour, celui que personne ne soupçonne.
- 38:17C'est aussi en 2019 que François Verov prend officiellement sa
- 38:22retraite. Et décide de s'installer à la
- 38:24Grande Motte, près de Montpellier toujours.
- 38:28Ses enfants sont grands, il est même déjà grand-père et il n'a
- 38:33plus besoin d'une aussi grande maison.
- 38:35C'est donc là que vit le couple jusqu'au 27 septembre 2021.
- 38:41Jusqu'à ce que la vérité éclate. La police fouille également du
- 38:58côté de son entourage. Qu'est ce que les gens pensaient
- 39:01de lui ? Quel genre de personnes, de
- 39:04collègues, de voisins, de pères étaient ils ?
- 39:06Du côté des gens qui le côtoyaient, un changement
- 39:09important dans son humeur avait été remarqué.
- 39:12Il y a clairement eu un avant et un après la prise de conscience
- 39:15en 1997. Un comportement qui ne change
- 39:17pas. C'est son besoin de respecter
- 39:21les règles et de les faire obéir.
- 39:23Pas d'entorse possible. Ce côté sévère, tous le remarque
- 39:28aussi dans ses tenues, costume, cravate, chemise tous les jours.
- 39:33Une rigidité presque militaire, gardée de ces années de
- 39:37gendarmes à Martigues, il est même surnommé le ministre.
- 39:41Mais ce côté un peu vieillot pour un motard.
- 39:44C'est ce qui fait son charme auprès de ses collègues.
- 39:47Ce qui est sûr, c'est que la découverte de sa véritable
- 39:50identité arrive comme une onde de choc.
- 39:54Impossible à croire. Un homme exemplaire, un couple
- 39:58lié. François était apprécié même de
- 40:01sa hiérarchie. Ça nous a complètement liquéfié
- 40:07quoi, jamais on se serait imaginé une chose pareille.
- 40:12Ni sa femme ni ses enfants n'ont eu aucun soupçon pendant toutes
- 40:17ces années. Les enfants déclarent n'avoir
- 40:19jamais été maltraités, n'avoir jamais subi aucune violence
- 40:23quelconque. C'est comme si le Grêlé et
- 40:26François Verov étaient 2 personnes différentes et en même
- 40:29temps, est ce que c'est pas ce qui ressort dans chaque affaire
- 40:32criminelle ? Le fameux ouais non on n'a rien
- 40:35vu venir, non il était super sympa, franchement le voisin là
- 40:38il était top. Ce qui perturbe les enquêteurs,
- 40:40c'est son profil bien particulier.
- 40:42D'abord, il ne suit pas un schéma clair, bien fixe, on
- 40:46retrouve des éléments communs, la carte de police, les viols,
- 40:49mais pas que. Il fait au moins un écart dans
- 40:52le profil de ses victimes. Avec le double meurtre du
- 40:55marais, il tue une petite épargne les autres, s'attaque à
- 40:58des enfants et des adultes, il est imprévisible.
- 41:01Or, avec les tueurs en série, c'est plutôt l'inverse, chaque
- 41:04crime porte la signature de son auteur.
- 41:07Les tueurs en série ne s'arrêtent en général jamais.
- 41:10À moins d'y être forcé d'une manière ou d'une autre, les
- 41:13pulsions meurtrières ne se stoppe pas en claquant des
- 41:15doigts. Et c'est pour ça que pour tout
- 41:17le monde, le grêlé était soit mort, soit parti commettre ses
- 41:21crimes ailleurs. Un autre élément découvert en
- 41:24mars 2024, qui vient encore plus mystifier le personnage, est son
- 41:29passage dans l'émission tout le monde veut prendre sa place,
- 41:33présentée par Nagui. Il y apparaît sourire aux lèvres
- 41:43pour la diffusion du 13 mai 2019.
- 41:45On y voit François verov faire un grand coucou en arrivant sur
- 41:49le plateau, puis répondre aux questions de Nagui.
- 41:51C'est complètement incroyable. Je ne sais pas si vous vous
- 41:56rendez compte de la chose, on a une personne qui a commis des
- 42:00atrocités. Une affaire qui date de plus de
- 42:0335 ans à ce moment-là. Et le gars.
- 42:08Est en train de passer donc tout le monde veut prendre sa place,
- 42:12présenté par Nagui devant des 1000000 de téléspectateurs.
- 42:17Vous fûtes policier, vous n'avez plus ?
- 42:19Non on arrête ça d'accord ? En moto et à cheval à moto, la
- 42:23question reste ouverte et d'ailleurs bah vous pouvez aussi
- 42:26répondre dans les commentaires, je trouve ça trop intéressant.
- 42:28Est ce que verove a choisi d'apparaître publiquement par
- 42:31provocation pour se prouver peut être à lui même qu'il était plus
- 42:34malin ? Ou est ce que dans sa tête.
- 42:37Le tueur n'existait plus et la page était définitivement
- 42:40tournée, lui permettant de se comporter comme un citoyen
- 42:43normal. Difficile, voire même impossible
- 42:47d'avoir une réponse. En creusant un peu plus, on se
- 43:03rend compte que ces 35 ans d'enquête auraient pu être
- 43:06évités. Ou du moins raccourci, comme
- 43:09assez souvent, forcément hein, avec les si on refait le monde,
- 43:13vous connaissez ? Depuis le début, l'agent podo
- 43:16était persuadé que le tueur était un gendarme, mais personne
- 43:19ne l'a prise au sérieux. La police n'a pas voulu croire
- 43:22en l'application de l'un des leurs, tout était pourtant sous
- 43:25leurs yeux. Luc Block reproche également à
- 43:28la police la mort de François Vérand.
- 43:30Pour lui, la stratégie mise en place n'a fait que pousser le
- 43:33tueur vers la dernière échappatoire possible.
- 43:36C'est à dire le suicide que. Ce qu'aurait espéré Cécile,
- 43:39c'est qu'on punisse cet individu là.
- 43:43En envoyant les convocations en avance, en prévenant les anciens
- 43:46gendarmes de l'affaire dont il était question, ils ont laissé
- 43:49une porte ouverte aux grêlés, ils ont clairement annoncé au
- 43:53coupable qu'il était pris et évidemment, après 35 ans de
- 43:56cavale, à se cacher aux yeux de tous.
- 43:58Il était hors de question pour lui de tomber maintenant, avec
- 44:02la mort du Grêlé, énormément de questions restent en suspens.
- 44:05Et surtout, jamais les familles n'auront la chance de le voir
- 44:08payer pour ces crimes. C'est pour ça que Luc décide
- 44:11d'attaquer l'État pour faute lourde.
- 44:13Je vis avec mes fantômes qui sont là, mes fantômes.
- 44:17J'entends des drôles d'expressions, faire son deuil,
- 44:21tourner la page, les gens qui savent faire ça.
- 44:33Ce sont toutes les victimes, survivantes et leurs familles
- 44:37qui doivent vivre avec la frustration de ne jamais
- 44:40connaître le fin mot de l'histoire, de ne jamais pouvoir
- 44:43regarder le monstre dans les yeux alors qu'il reçoit sa
- 44:46peine. Ce n'est qu'une fois l'affaire
- 44:48classée que Luc récupère les effets personnels de sa sœur
- 44:51retrouvée sur la scène de crime. Ses chaussures, des crayons.
- 44:56Ses souvenirs et le violon de Cécile, c'est tout ce qu'il lui
- 45:00reste. Avec ses réponses, le Grêlé en
- 45:12porte aussi des secrets. Combien de victimes ?
- 45:15AT il vraiment fait sans lui ? Plus d'aveu possible.
- 45:19Alors il faut creuser. Dans sa lettre d'aveux, François
- 45:22Verov dit avoir arrêté ses crimes en 1997.
- 45:25Or le dernier crime répertorié est l'agression d'audrey en
- 45:281994. S'il s'agissait vraiment de son
- 45:31dernier crime, alors pourquoi dater la fin de son activité à
- 45:341997 ? Que s'est il passé pendant ces 3
- 45:37ans et combien d'autres victimes AT il pu faire ?
- 45:51En fouillant les vieux cold case et en comparant les modes
- 45:53opératoires, d'autres affaires refont surface.
- 45:56Le dossier reste ouvert et régulièrement, de nouveaux
- 45:59meurtres lui sont imputés, sans qu'on sache vraiment s'il en est
- 46:03l'auteur. On a par exemple le cas d'une
- 46:05petite de 11 ans, Nathalie M Violet, dans le 13e
- 46:08arrondissement le 10 avril 1986, ou encore l'enlèvement et le
- 46:11meurtre de Virginie Delmas, une petite de 10 ans.
- 46:14La fillette disparaît le 9 mai 1987.
- 46:19À Neuilly sur Marne et est retrouvée morte 5 mois plus tard
- 46:23à Mareuil les Meaux. À l'époque, 2 amies de la petite
- 46:26avaient dit l'avoir vu parler avec un homme grand et jeune
- 46:29dans la vingtaine, juste avant sa disparition.
- 46:32Le lendemain, elle aurait vu le même homme à moto.
- 46:36À cette époque, François verhof, qui correspond à la description
- 46:39physique, est gendarme à moto. En août 2024, on s'intéresse
- 46:44également à l'affaire de l'enlèvement et du meurtre de
- 46:47Perrine vigneron. Âgée seulement de 7 ans, elle
- 46:50disparaît le 3 juin 1987 avant d'être retrouvée sans vie 3
- 46:53semaines plus tard dans un champ dans la ville de Chelles.
- 46:57L'affaire ressemble étrangement à la précédente.
- 47:00Puis, en septembre 2024, c'est l'affaire du meurtre de Gilbert
- 47:04Gaudry qui est rouverte. L'homme de 43 ans, dessinateur
- 47:06industriel et retrouvé ligotée à un arbre, une balle dans la
- 47:11tête. Le 6 juin 1990, dans le bois de
- 47:16Saint Aubin en région parisienne, après réflexion,
- 47:17plusieurs éléments viennent accuser le grêlé.
- 47:21D'abord, les nœuds utilisés pour ligoter la victime rappellent
- 47:24ceux présents sur les précédentes scènes de crime.
- 47:26La balle de pistolet utilisée, un pistolet automatique Mac 50,
- 47:30correspond à celle utilisée par les gendarmes et justement, le
- 47:34pistolet qui a servi à tirer sur Gilbert Gaudry.
- 47:38Et retrouvé au domicile de François Verov.
- 47:40À l'époque, le grêlé n'a pas été soupçonné car il n'était
- 47:44recherché que pour le meurtre de Cécile et les viols d'autres
- 47:48petites filles. Aujourd'hui, la police s'attend
- 47:50à tout. Officiellement, le grêlé est
- 47:52accusé de 4 meurtres et 6 viols entre 86 et 94.
- 47:57En réalité, ce sont 28 faits qui pourraient lui être attribués.
- 48:0828 à faire pour lesquelles on ne connaîtra jamais la vérité.
- 48:11À ce jour, le meurtre de Karine Leroy lui est toujours imputé.
- 48:16Le Grêlé, C'est l'histoire d'un homme qui a traversé les
- 48:19décennies en laissant derrière lui une traînée de sang, de peur
- 48:24et de silence. En choisissant la mort, il s'est
- 48:27offert le luxe de disparaître sans jamais affronter la vérité,
- 48:31privant les victimes et leurs familles d'un dernier aveu.
- 48:37Aujourd'hui encore, son nombre plane sur la justice française,
- 48:40comme le rappelle, amer, que certains monstres emportent
- 48:44leurs secrets jusque dans la tombe.
- 48:50Mesdames et Messieurs, c'était néoxy.