Latest / Québécois et Canadien / Les jeunes du NON en 1995 - Anie Perrault
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:01Canadien. On discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit Annie Perreault, exporte
- 0:06parole jeune, pour le nom en 95. On a discuté
- 0:10de l 'utilité relative du référendum de 95, de
- 0:13la triste phrase de Jacques Parizeau et de ses
- 0:15impacts sur les modifications constitutionnelles
- 0:16qu 'on aurait pu avoir et du fait que sa carrière
- 0:19a commencé avec une prise de tâche. Je suis Alexandre
- 0:22Tremblay -Michaux. Bon épisode. Annie Perreault,
- 0:38merci de participer aujourd 'hui. Bien, ça me
- 0:40fait plaisir. Très heureuse d 'être ici avec
- 0:42toi. En tant que personne qui a été très impliquée
- 0:45dans le nom en 95, j 'aimerais commencer par
- 0:48une question un peu plus, disons, drôle, on peut
- 0:50dire à ce niveau -là. Est -ce que c 'était à
- 0:52la mode être fédéraliste en 95? Bien, en tout
- 0:55cas, il y en avait la moitié qui l 'était, si
- 0:58je me fis au résultat. Fait que c 'est pas si
- 1:01pire, 50 %. 50 ,4, 50 ,6, je me souviens plus
- 1:06du résultat final. Bien, est -ce que c 'est populaire?
- 1:11C 'est sûr que si on regarde les résultats d
- 1:13'aujourd 'hui dans les sondages, on est à 30
- 1:15-31 %. Cela est peut -être un peu plus maintenant.
- 1:18Est -ce que les gens se décrivent comme fédéralistes
- 1:21ou comme des gens qui ne veulent pas laisser
- 1:24tomber le Canada, veulent pas se séparer du Canada?
- 1:26Je ne sais pas comment les gens... Fédéralistes,
- 1:28en fait, c 'est notre... notre type constitutionnel
- 1:32au pays, là, comment on pourrait être d 'une
- 1:35autre façon. Puis l 'idée, c 'est est -ce qu
- 1:37'on est Canadien et Québécois ou est -ce qu 'on
- 1:39est juste Québécois? Je vais citer un ancien
- 1:42premier ministre pour dire que quand moi, je
- 1:43me lève le matin, je n 'ai pas de problème de
- 1:45personnalité. Je suis Canadienne et je suis Québécoise.
- 1:49les souverainistes, je pense, prennent beaucoup
- 1:50de place. Ils ont dit qu 'un café souverainiste,
- 1:53les drapeaux, les rassemblements, on dirait que
- 1:56la fête nationale est quasiment toujours... c
- 1:59'est toujours des messages souverainistes qui
- 2:01sont mis de l 'avant, mais... Aujourd 'hui, j
- 2:04'imagine que l 'urgence de mettre de l 'avant
- 2:06l 'option fédérale, c 'était moins là, considérant
- 2:09le contexte actuel. On verra si un référendum
- 2:12dans les prochaines années, ça change. Mais en
- 2:1495, il y avait cette menace réelle -là de référendum.
- 2:19Est -ce que les gens s 'exprimaient plus ouvertement?
- 2:21Moi, je suis fédéraliste, je suis fier du Canada
- 2:23ou tout ça? Ou c 'était quand même plus low profile?
- 2:25Moi, en 1980, j 'avais 10 ans puis j 'avais des...
- 2:29Des macarons. Les gens s 'exprimaient. En 95,
- 2:32les gens s 'exprimaient beaucoup aussi. Surtout
- 2:35les gens qui étaient du côté du oui ou du référendum.
- 2:39On voyait les affiches du oui. On en voit même
- 2:41encore aujourd 'hui. Je pense que c 'était un
- 2:43petit peu plus difficile pour le nom. Déjà, le
- 2:47nom, c 'est... négatif, on est pour le non, et
- 2:51non pas pour le Canada, mais bon... Oui, parce
- 2:53que au Brexit, ils avaient fait le «remain»,
- 2:55au moins, ça faisait, tu sais, rester. Oui, effectivement.
- 2:58Mais non, moi, j 'ai jamais eu d 'enjeux à plaider
- 3:03la cause du Canada. C 'est certain, cependant,
- 3:05que je suis aussi québécoise, je l 'ai mentionné
- 3:07tantôt. Puis en 90, quand il y a eu l 'échec
- 3:11de l 'accord du LACME, je pense que beaucoup
- 3:13de Québécois francophones, nationalistes, qui
- 3:16se sont sentis un peu... Comment laisser son
- 3:23sens trahi, peut -être? C 'est peut -être la
- 3:26bonne expression. Ça, ça crée des émotions fortes.
- 3:31On l 'a ressentie avec le discours de M. Bourassa.
- 3:34Je pense que c 'était le 21 juin 1990, si je
- 3:37me souviens bien. Ça crée des émotions. Est -ce
- 3:42que c 'est suffisant pour dire on va se séparer,
- 3:45on va créer un nouveau pays? Pas pour moi. puis
- 3:48pour plusieurs autres Québécois, clairement.
- 3:53Mais oui, c 'est quelque chose que moi, j 'ai
- 3:55jamais eu d 'enjeu à plaider la cause du Canada
- 3:58puis à dire que je suis Canadienne aussi. J 'ai
- 4:02pas d 'enjeu avec ça. Mais pardon, j 'ai voulu
- 4:04faire un petit retour sur ton implication politique
- 4:06dans cette période -là parce que... t 'es comme
- 4:09venu au monde politiquement en même temps que
- 4:12tout le référendum. Je veux dire, c 'était vraiment
- 4:14dans la fleur de l 'âge d 'un jeune impliqué
- 4:17en politique, d 'une jeune impliquée en politique,
- 4:19parce que t 'as commencé à t 'impliquer tout
- 4:20de suite quasiment au moment de Meech. Fait que
- 4:22parlons -en un peu. Toi, t 'as commencé à t 'impliquer
- 4:26à... À 17 ans, à peu près, 16 -17 ans. Moi, je
- 4:30viens d 'une région très... très bleu, la région
- 4:34de Juliette. Ma famille était, du côté de mon
- 4:36père, était très, très impliquée. Mon grand -père
- 4:39a été organisateur politique pour Antonio Barret
- 4:43de l 'Union nationale, ça vous donne une idée.
- 4:46Puis mon père était impliqué aussi, était un
- 4:48bleu. Puis il m 'a amené à quelques congrès.
- 4:51C 'est comme, c 'est un peu là que j 'ai eu la
- 4:52piqûre pour la politique. vers l 'âge de 16 -17
- 4:55ans. Puis là, on était dans les années où M.
- 4:58Mulroney était premier ministre. On parlait...
- 5:00Pour le Parti progressiste -conservateur. Le
- 5:02Parti, oui, puis j 'aime bien dire Parti progressiste
- 5:04-conservateur, parce que le mot progressiste
- 5:06manque actuellement à ce parti. Le Parti progressiste
- 5:09-conservateur. Et puis j 'étais très fascinée
- 5:13par ça, là, toutes ces discussions qu 'il y avait
- 5:15autour du libre -échange. Il faut se rappeler
- 5:18que ça fait 40 ans qu 'on vit avec le libre -échange,
- 5:21avec les États -Unis, puis là, on en parle beaucoup
- 5:22cette semaine. Mais l 'idée, c 'est que le libre
- 5:26-échange n 'existait pas avant. Il n 'y avait
- 5:28pas ça avec les États -Unis. Alors, il y avait
- 5:30quelque chose qui était très ouvert sur le monde
- 5:34de la part de M. Mulroney. Je trouvais ça très
- 5:37intéressant, très... excuse -moi l 'expression
- 5:39en anglais, appealing. Ça venait me chercher
- 5:42et j 'ai décidé de m 'impliquer. Puis dans mon
- 5:45comté, j 'avais un député qui était. progressiste
- 5:48-conservateur. Évidemment, ce qui s 'appelait
- 5:51reclassage s 'appelait parce qu 'il est décédé
- 5:53maintenant reclassable, il était connu dans la
- 5:55région, il était ministre également. J 'ai commencé
- 5:57à m 'impliquer avec les jeunes et puis j 'ai
- 6:00décidé, je suis devenue présidente des jeunes
- 6:02de mon comté. C 'est comme ça que mon implication
- 6:06a commencé. Je sais que tu as une anecdote un
- 6:12peu croustillante sur ton début d 'implication.
- 6:14Tu peux nous le raconter. C 'est ça. Moi, en
- 6:1688, j 'en ai d 'avoir mes 18 ans. Je travaillais,
- 6:20je m 'en allais en droit, étudiais en droit.
- 6:21Moi, c 'était une année de cégep. J 'étais impliquée
- 6:23dans les jeunes. Puis mon député m 'avait dit,
- 6:27tu peux passer à mon bureau n 'importe quand.
- 6:28Il m 'avait même donné une clé, tu sais, si tu
- 6:31as besoin de faire certaines choses, des appels
- 6:34parfois. Les cellulaires existaient pas dans
- 6:36ce temps -là. J 'ai dit, OK, parfait, merci.
- 6:39Et j 'avais des trucs à faire pour les jeunes.
- 6:42Fait qu 'un matin, je décide de me rendre au
- 6:44bureau et je me suis rendue à ce bureau -là.
- 6:48Ma sœur était avec moi dans l 'auto. Elle était
- 6:50toute jeune, elle. Et puis, elle me dit, j 'espère
- 6:53que ça ne sera pas trop long. Elle déteste la
- 6:54politique encore aujourd 'hui. Fait que j 'ai
- 6:56dit non, non, je vais faire ça vite et je ne
- 6:58suis pas revenue. Puis la raison de la suivante,
- 7:00c 'est qu 'il y avait quelqu 'un qui se cachait
- 7:02dans les buissons puis qui, lui, attendait le
- 7:05député. Mais c 'est pas le député qui est arrivé,
- 7:07c 'est moi. Puis il a fait erreur sur la bève.
- 7:10peut -être pas errant sur la personne, clairement,
- 7:12il savait que le député... Mais il pensait que
- 7:14je travaillais pour le député, puis il m 'a pris
- 7:16en otage. Et ça a duré trois, quatre heures,
- 7:18cette prise d 'otage -là. Ça a été... D 'ailleurs,
- 7:21à Ottawa, sur le coup, on a pensé que c 'était
- 7:23dans le bureau du ministre que ça se passait.
- 7:25Il a finalement réalisé que c 'était dans le
- 7:26bureau du comté. Et puis, bien, tous les policiers,
- 7:30il y en avait partout, là. La police de Joliette,
- 7:34la SQ, la SWAT, la GRC, parce que c 'était un
- 7:38ministre. En tout cas, il y en avait partout.
- 7:40Et ça s 'est réglé parce que j 'ai sauté en bas
- 7:43d 'une fenêtre. Je me suis échappée de ça. Et
- 7:49ça a fait en sorte que je suis très correcte
- 7:53aujourd 'hui. J 'étais très correcte à ce moment
- 7:54-là, puis je vous résume ça très vite. Mais...
- 7:57c 'est que ça s 'est terminé. Le soir, j 'ai
- 8:00eu des appels, dont celui du premier ministre,
- 8:03évidemment. Le premier ministre t 'a appelé.
- 8:04Oui, pour dire, ben, j 'ai su qu 'est -ce qui
- 8:07s 'était passé, évidemment. Tout le monde en
- 8:09parlait. En fait, c 'était dans les médias partout,
- 8:11anglais, français. Puis là, ben, comment vas
- 8:14-tu? Et tout ça. Fait que là, c 'est sûr que
- 8:16quand tu reçois un appel du premier ministre,
- 8:19c 'est le fun, hein? Fait que là, j 'ai été invitée
- 8:21au prochain congrès, puis là, je suis allée,
- 8:24puis là, on m 'a présentée. Puis là, je suis
- 8:26devenue présidente des jeunes progressistes conservateurs
- 8:28de tout le Québec, un an et demi plus tard ou
- 8:31quelque chose comme ça, ou deux. Et puis, mon
- 8:34implication a déboulé jusqu 'en 2000, 2001. J
- 8:39'ai été très impliquée. Alors, d 'une prise d
- 8:42'otage à présidente des jeunes progressistes
- 8:44conservateurs, parle -moi un peu de comment toi
- 8:47t 'aurais su ça, justement, à Meach et de Charlottetown
- 8:51comme jeune militante. Bien, Meach, ça, c 'est
- 8:55sûr que ça a été... Ça a été très émotif, je
- 8:59pense, pour beaucoup, beaucoup de Québécois,
- 9:02puis encore plus pour peut -être les militants
- 9:05du parti, parce que c 'est quelque chose auquel
- 9:07on croyait, n 'est -ce pas? On était derrière
- 9:12M. Mulroney dans cette histoire -là, et puis
- 9:14on sentait qu 'il y avait un appui pancanadien,
- 9:17puis on voyait bien qu 'il y avait des libéraux
- 9:21fédéraux qui étaient contre. dont M. Chrétien,
- 9:25dont M. Trudeau -Pair, et il y avait eu des lettres
- 9:28ouvertes, puis il y avait eu beaucoup de travail
- 9:31qui avait été fait, semble -t -il, puis on le
- 9:33voyait même par certains libéraux, auprès du
- 9:37premier ministre de Terre -Neuve, M. Clyde Wells,
- 9:40qui, dans le fond, a renié sa signature lorsqu
- 9:42'il a refusé d 'enterriner l 'accord du Lac -Mitch.
- 9:46Donc... Est -ce que c 'était vraiment un refus
- 9:48du Canada? Moi, je le vois pas comme ça, mais
- 9:51est -ce que c 'était une game politique jouée
- 9:53par les libéraux fédéraux beaucoup? Puis ça,
- 9:56j 'ai trouvé ça d 'ailleurs très difficile en
- 9:5895. Je l 'ai mentionné dans d 'autres entrevues
- 10:01que j 'ai faites où j 'ai trouvé que c 'était
- 10:03quand même difficile de travailler avec des gens
- 10:07qui avaient été contre l 'accord du Lac -Mitch,
- 10:09dans le fond, pour lesquels on était pris avec
- 10:12un référendum, là. C 'était un peu à cause de
- 10:15ça. Ça a été un backlash au Québec, là, ça, ce
- 10:18refus -là. Puis là, il fallait qu 'on travaille
- 10:21avec eux pour sauver le Canada. Tu sais, c 'était
- 10:23un petit peu complexe. Mais bon, j 'ai trouvé
- 10:28ça très difficile. Puis je peux comprendre comment
- 10:31Robert Bourassa, à ce moment -là, par la suite,
- 10:33Daniel Johnson, ont trouvé ça aussi... Tu sais,
- 10:36c 'était émotif, je pense, pour plusieurs d 'entre
- 10:40nous. Oui. C 'est particulier parce que t 'apportes
- 10:42un bon point. les gens, peut -être, ils ne pensent
- 10:46pas, mais là, c 'est le parti països conservateur
- 10:48de Brian Maroney qui met Meach de l 'avant. Meach
- 10:51est un échec, notamment à cause de l 'opposition
- 10:54de certains grands... libéraux, fédéraux dont
- 10:58je pense Pierre -Liott Trudeau s 'est opposé
- 11:00à l 'accord en disant que c 'était une trahison
- 11:02de son élève. Je me souviens bien, il y avait
- 11:04une lettre ouverte où il avait fait quelque chose.
- 11:06Il avait fait une lettre, il avait milité là
- 11:07-dessus et il avait essayé de convaincre les
- 11:09premiers ministres de province de s 'opposer
- 11:09à ça. Il avait encore beaucoup d 'influence quand
- 11:11même, il faut le mentionner. Puis après ça, on
- 11:13se ramasse à un référendum puis on est comme
- 11:15OK, travaillons tous ensemble, les fédéralistes,
- 11:17pour essayer de sauver le Canada. C 'est quand
- 11:19même particulier. Je pense qu 'il avait une vision,
- 11:22M. Trudeau du Canada, très axé sur le multiculturalisme.
- 11:26son fils, d 'ailleurs, était dans la même lignée
- 11:29par rapport à ça. Puis, pour revenir à ta question
- 11:32du début dans laquelle tu dis est -ce que c 'était
- 11:34populaire d 'être Canadien, tout ça, je pense
- 11:36que cette vision -là a fait qu 'on est devenu
- 11:38un peu moins Canadien au Québec. On a moins parlé
- 11:42de ce qui rassemblait. tous les Canadiens que
- 11:46de parler, d 'accommoder ou d 'être accueillants.
- 11:50Je ne suis pas en train de dire qu 'il ne faut
- 11:51pas l 'être. Au contraire, je trouve ça fantastique
- 11:54qu 'on ait des immigrants un peu partout qui
- 11:56forment notre pays et qui sont là maintenant
- 11:58depuis plusieurs générations. Mais je pense qu
- 12:00'il faut travailler sur tout ce qui nous rassemble.
- 12:03À cet égard -là, M. Trump aura fait beaucoup
- 12:07pour le Canada parce qu 'il nous a permis de
- 12:12réaliser qu 'est -ce que... qu 'est -ce qui nous
- 12:13rassemble comme Canadiens, qu 'est -ce qui fait
- 12:15en sorte qu 'on est fiers d 'être de ce pays
- 12:18-là? Je pense que ça, on ne l 'a pas fait assez
- 12:21dans les années 80, 90. On a été axé tellement
- 12:25sur d 'autres choses, sur une vision différente,
- 12:30que ça a fait en sorte, entre autres, au Québec,
- 12:31puis peut -être ailleurs au Canada, parce que
- 12:33j 'ai eu la chance en politique de... J 'ai travaillé
- 12:36beaucoup en politique par la suite, là, sur la
- 12:38colline parlementaire avec M. Jean Charest, avec
- 12:41Joe Clark, l 'ancien premier ministre, puis j
- 12:43'ai visité toutes les provinces, là. Puis je
- 12:46sentais vraiment une très grande fierté dans
- 12:48chacune de ces provinces -là aussi. C 'est pas
- 12:51juste au Québec, même si on a tendance à penser
- 12:54que c 'est juste au Québec que cette fierté -là.
- 12:57Moi, quand je vais à Terre -Neuve, là, je peux
- 12:59vous dire que les Terre -Neuviens sont très,
- 13:02très fiers d 'être Terre -Neuviens, vraiment.
- 13:06Et ils vont nous parler de leur différence avec
- 13:09le reste du Canada. Ils vont même dire des choses
- 13:11très drôles par rapport à ça. Puis même chose
- 13:13dans l 'Ouest canadien, énormément. Je pense
- 13:19qu 'on n 'a pas focusé assez sur ça. Puis cette
- 13:23vision -là n 'était pas du tout la vision de
- 13:27M. Mulroney. Puis je pense que ce clash -là politique
- 13:30a fait en sorte que Mitch, malheureusement, n
- 13:34'a pas passé. puis mon Dieu qu 'on serait pas
- 13:36rendu où on est aujourd 'hui, on serait pas à
- 13:38la veille d 'une élection au Québec où on parle
- 13:41encore d 'un référendum si l 'accord du Lac -Mitch
- 13:43était passé. Ça, je suis convaincue de ça. Est
- 13:46-ce que tu penses que si Mitch était passé, ça
- 13:49aurait été la fin du mouvement de souveraineté
- 13:50au Québec? La fin, non. Je pense que dans tout
- 13:53pays, il y a des mouvements révolutionnaires
- 13:57ou différents. Je pense pas qu 'on peut dire
- 13:58qu 'on aurait mis un point final à, mais certainement
- 14:02que ça aurait changé la vision peut -être des
- 14:06Québécois par rapport au Canada. Je pense que
- 14:08oui. Est -ce que tu perçois, comme quelqu 'un
- 14:10qui surtout est impliqué au fédéral, est -ce
- 14:13que tu perçois que le repatriement de 1982 puis
- 14:18son échec est un peu la raison pourquoi on a
- 14:20encore un mouvement souverainiste aujourd 'hui
- 14:21aussi? Je ne veux pas dire fort parce qu 'il...
- 14:23Alors, je ne sais pas. Moi, les jeunes à qui
- 14:26je parle, j 'ai deux filles chez moi, mes deux
- 14:28filles de 28 ans, de la repatriement de la constitution
- 14:31de 1982. Ils en ont entendu parler, là, mais
- 14:35ça ne fait pas partie de leur quotidien, là,
- 14:36mais vraiment pas. Je ne suis pas certaine. Peut
- 14:39-être pour les vieux de 55 ans et plus, comme
- 14:41moi, c 'est encore quelque chose dont on parle.
- 14:43Je pense que dans le mouvement souverainisse
- 14:45actuel, dans le 30 % qui reste, il y a beaucoup
- 14:48de ces gens -là, de 55, 60, 65 ans, qui ont vécu
- 14:51les années de 1980 et de 1995, puis qui ont encore
- 14:56cette fibre -là. Mais chez les plus jeunes, je
- 15:00ne vois pas ça. Je ne vois pas ça. Puis les sondages
- 15:02lundi... D 'ailleurs, si on coupe par tranche
- 15:05d 'âge, c 'est assez surprenant de voir que les
- 15:082035 ne sont pas très favorables à la souveraineté
- 15:11dans les derniers sondages. Alors, 1982, ça a
- 15:16été une erreur, puis je pense qu 'à un moment
- 15:19donné, il va falloir la gérer. Meech était une
- 15:22réponse à ça, dans ce sens -là. On ne parlerait
- 15:26plus encore aujourd 'hui de 82, si Mitch était
- 15:29passé. Tu sais, on peut pas... Avec Desi, on
- 15:33va loin, là, puis on va à Paris, c 'est ce qu
- 15:35'ils disent. Mais on ne sait pas. On sait que
- 15:39les Québécois sont émotifs. On sait qu 'ils peuvent
- 15:42réagir. L 'étincelle de la souveraineté, ça peut
- 15:45revenir très vite. Ou du mouvement. Donc, est
- 15:48-ce que ce serait passé quelque chose entre...
- 15:52qu 'on ne sait pas parce qu 'on ne pourra jamais
- 15:54savoir, peut -être. Mais une chose est certaine,
- 15:56on ne serait pas en train de parler de 1982,
- 15:59ça, je pense. Puis dis -moi, en 95, comment tu
- 16:02te ramasses à être impliquée dans la campagne
- 16:05de 95? En 95, j 'ai 25 ans, je suis une jeune
- 16:10avocate. J 'ai étudié en droit, j 'ai fait mes
- 16:13stages, j 'ai fait mon barreau, puis là, je suis...
- 16:18dans un bureau, un grand bureau de Montréal.
- 16:22Mais la politique, quand on a touché à ça, c
- 16:25'est comme une drogue, ça, et ça nous manque.
- 16:28Quand on est une jeune qui a fait beaucoup de
- 16:30politique, qui a eu la chance d 'être mêlée un
- 16:33peu à l 'actualité, puis à voyager, puis là,
- 16:36on se retrouve dans un grand bureau d 'avocats
- 16:37où on est junior, puis tout ce qu 'on fait, c
- 16:40'est de la recherche dans les bibliothèques,
- 16:42puis c 'est... mettons que c 'est pas le même
- 16:44beat. Ça nous manque. Et à ce moment -là, M.
- 16:51Charest est le chef du Parti progressiste conservateur
- 16:55d 'un parti qui ne reste que deux députés. Il
- 16:59a pris une dégelée en 93. Exact, grosse dégelée.
- 17:02Moi, j 'étais là à son leadership, évidemment
- 17:04pro -charret en 93, puis là, on avait perdu.
- 17:07C 'est pour ça que j 'étais retournée pratiquer
- 17:08le droit. Et là, bien, on sait que le référendum
- 17:13s 'en vient. On est très conscients de ça, puis
- 17:16finalement, on m 'a demandé de recommencer à
- 17:19m 'impliquer, puis j 'ai quitté la pratique du
- 17:22droit pour faire le référendum et la m 'impliquer
- 17:26en... en politique, là, recommencer à m 'impliquer
- 17:29en politique. Et comme M. Charest était le chef
- 17:32du Parti progressiste conservateur, mais qui
- 17:35était très populaire à ce moment -là, au Québec,
- 17:36il faut retourner aux années 90. M. Charest était
- 17:40toujours d 'ailleurs un très bon tribun, un excellent
- 17:43conférencier. Encore ce matin, quand on enregistre
- 17:45l 'entrevue, ce matin, j 'ai entendu une entrevue
- 17:47à Radio -Canada avec M. Charest. Oui, il est
- 17:50drôle, puis il a des bonnes... Je pense qu 'il
- 17:52est capable de bien vulgariser des dossiers compliqués.
- 17:57C 'était la même chose dans ces années -là. Il
- 17:58était très populaire. puis qu 'il est devenu
- 18:01rapidement une figure du camp du nom. Mais il
- 18:04était seul, je viens de dire. Il était chef de
- 18:06partie 2. Alors, je suis devenu un petit peu...
- 18:10J 'avais pas de titre de présidente des Jeunes
- 18:12-PC dans ce temps -là. J 'étais plus vraiment
- 18:14là, mais j 'étais encore très impliquée, bien
- 18:16entendu. J 'étais peut -être encore la présidente.
- 18:18Je sais plus, j 'oublie... Je pense pas qu 'à
- 18:2125 ans, je l 'étais encore. Je l 'étais peut
- 18:22-être encore, mais en tout cas, me semble qu
- 18:24'il y avait un nouveau président des Jeunes,
- 18:26mais peu importe. Puis Jean, bien, il m 'avait
- 18:29dit, si tu t 'impliques, tu vas t 'impliquer
- 18:32parce que j 'ai besoin d 'aide d 'une certaine
- 18:34façon. Il peut pas être partout. Fait que tout
- 18:36d 'un coup, je suis devenue un peu... la figure
- 18:39des jeunes pour le nom. J 'étais une jeune fille
- 18:42aussi. Il faut dire que du côté du oui, les deux
- 18:46qui étaient le visage du camp du oui, c 'était
- 18:49Éric Bédard et Pierre -Luc Desgany. Éric est
- 18:52devenu historien avec qui je suis restée très
- 18:54amie et Pierre -Luc avec qui je suis restée très
- 18:56amie aussi, qui se présente aux élections cette
- 18:59année. Donc deux gars. Puis du côté du camp du
- 19:03non... C 'était Claude -Éric Gagné, qui était
- 19:06le président des jeunes libéraux du Québec. Puis
- 19:08le Parti libéral était, de par la loi, chef du
- 19:12camp du nom. Et il y avait probablement quelqu
- 19:15'un du Parti libéral du Canada. Je pense que
- 19:17c 'était François Lebel qui avait cette responsabilité
- 19:21-là. Puis il y avait moi. Mais là, moi, je suis
- 19:23la seule fille, là. Fait que là, c 'est le fun.
- 19:26J 'ai pris ma place, on va dire ça comme ça.
- 19:29Puis j 'avais des contacts à RDI parce que je
- 19:31connaissais... quelques médias, puis j 'avais
- 19:33réussi à parler à Geneviève Asselin, puis...
- 19:39Comment il s 'appelait? Il est plus là. Michel...
- 19:42Ah, j 'oublie, là, j 'ai un blanc de mémoire.
- 19:44Ça va me revenir peut -être, en tout cas. Un
- 19:46journaliste, puis je leur avais dit... Pourquoi
- 19:48pas faire un débat des jeunes? Puis ils avaient
- 19:50embarqué dans l 'idée. Je me souviens d 'être
- 19:52allé à la rencontre avec la production puis la
- 19:55direction de celui qui s 'occupait. Martin Cloutier,
- 19:58je pense, à ce moment -là, qui s 'occupait de
- 19:59toute la salle de mes infos. Puis l 'idée a passé.
- 20:04Fait que c 'était mon idée. Fait que c 'était
- 20:05sûr que c 'était moi qui faisais le débat. On
- 20:07s 'entend? Alors, tous les samedis, on était
- 20:11en direct. Puis on avait le débat des jeunes.
- 20:13Du camp du oui, du camp du non. face à face,
- 20:16face à face, en direct, une heure. C 'était assez
- 20:20populaire. Vous débattiez de quoi? Chaque semaine,
- 20:23il y avait un enjeu. Ça pouvait être avec les
- 20:25enjeux économiques, les enjeux culturels, peu
- 20:28importe. Il y avait des questions qui venaient
- 20:30de partout et on a eu beaucoup de plaisir à faire
- 20:34ça. cultiver des amitiés, malgré notre différence
- 20:38d 'opinion sur la souveraineté. Et puis, on est
- 20:43restés amis. J 'y vois encore, je vois tout le
- 20:45monde encore, d 'ailleurs, mais c 'est ça. Ça,
- 20:48ça durait une heure, puis c 'était visible. Les
- 20:51gens écoutaient ça. Le référendum, le taux de
- 20:54participation a été extrêmement élevé. Plus de
- 20:5794 -95%, c 'est énorme. Ça fait que les gens
- 21:00étaient... écoutaient. Moi, j 'en entendais parler.
- 21:04Là, je retournais sur le terrain après, puis
- 21:06ils savaient que j 'avais fait des débats. J
- 21:07'ai fait les débats dans les cégeps. J 'ai tenu
- 21:10à aller faire le débat dans le cégep de Joliette.
- 21:13Puis s 'il y a une place qui est souverainiste,
- 21:15je pense plus que le Saguenay -Lac -Saint -Jean
- 21:17-Céjoliette. Alors... Mais il y avait un respect,
- 21:20je pense, pour les gens qui se tiennent debout
- 21:23puis qui croient à leurs idées. Puis j 'ai jamais
- 21:25été insultée, moi, par ma communauté à Joliette
- 21:28parce que j 'avais une vision différente. des
- 21:31gens, de la majorité dans ce cas -ci, à Joliette,
- 21:34c 'était majoritaire, souverainiste. Et dis -moi,
- 21:38là, tu parles de la campagne et des débats. Dans
- 21:40les mois qui précèdent la campagne elle -même,
- 21:43est -ce que tu sens, parmi la population générale,
- 21:47tes amis, ta famille, les gens proches de toi,
- 21:49est -ce qu 'il y a une fébrilité en lien avec
- 21:52ça ou c 'est un sujet comme Nebraska? Ah non,
- 21:54non, non, non. En 95, là, c 'est fébrile. C 'est...
- 22:0080, j 'étais jeune. Je me souviens qu 'on portait
- 22:02nos macarons, comme je l 'ai dit. Les gens ont
- 22:05pris ça très à cœur. Mais en 95 aussi, d 'ailleurs,
- 22:11les résultats le démontrent. Dans nos familles,
- 22:14on a tous, je pense, au Québec, des familles
- 22:17qui étaient séparées, dans le sens où il y avait
- 22:21des idées différentes. La division. Ça l 'a créé.
- 22:26de la division dans certaines familles. C 'est
- 22:29pas tout le monde qui était capable de gérer
- 22:31les débats sans émotion. Il y avait de l 'émotion
- 22:35pour tout le monde. Ça a pas été... Ça a été
- 22:40une belle campagne, oui, mais quoique il y a
- 22:43des moments peut -être qu 'on ferait différemment,
- 22:45en tout cas pour moi, du côté du nom, mais ça
- 22:49a été quand même où il y avait plus qu 'une fébrilité.
- 22:52Il y avait une excitation, un intérêt. même pour
- 22:56les gens qui ne suivaient pas la politique, on
- 22:58sentait que c 'était un moment crucial pour l
- 23:02'avenir, peu importe le résultat. Et ça, ça a
- 23:04commencé quand, cette fébrilité -là? Dès l 'élection
- 23:07du Parti québécois? Oui, je pense qu 'on l 'a
- 23:08senti dès l 'élection de M. Parizeau en 94, puis
- 23:12M. Parizeau, il avait un plan, puis il était
- 23:16ordonné, son plan, puis il était structuré, puis
- 23:20on voyait bien qu 'il le mettait en place, fait
- 23:23que c 'était pas comme... ou on ne sait pas trop,
- 23:26il va peut -être reporter ça. Non, non, c 'était
- 23:28assez clair qu 'il ne reportait pas ça. D 'ailleurs,
- 23:30c 'était en début de mandat, non pas en fin de
- 23:34mandat, comme d 'autres veulent le faire, et
- 23:37c 'était en début de mandat, puis ça allait amener
- 23:42une certaine... un sentiment d 'urgence peut
- 23:46-être, certainement, du côté du nom. Est -ce
- 23:50que... Bien d 'ailleurs, le camp du nom avait
- 23:53déjà commencé à... l 'année avant, en tout cas,
- 23:59il avait mis en place le Conseil de l 'Unité
- 24:02canadienne, quelque chose comme ça, le CUC. Moi,
- 24:04j 'ai travaillé au Conseil de l 'Unité canadienne
- 24:06un petit peu parce que, comme je vous dis, j
- 24:08'ai quitté le droit, fait que en préparation
- 24:10du référendum, on m 'avait recruté là aussi,
- 24:13là, comme bien des jeunes qui avaient été impliqués
- 24:16dans le référendum de 92 pour Charlottetown.
- 24:19On était tous comme de retour, entre guillemets.
- 24:21Il y avait le groupe Génération 1835. que j 'ai
- 24:25fondé avec d 'autres, puis le groupe Des 100,
- 24:30dans lequel j 'étais un peu impliquée moins parce
- 24:33que j 'étais impliquée ailleurs, mais j 'y connaissais
- 24:34tous, dont Marc -André Blanchard qui est le chef
- 24:36de cabinet de Monsieur Kearney maintenant, et
- 24:39plein d 'autres autour, Bernard Amiot et d 'autres.
- 24:42Il y avait beaucoup de groupes qui se mettaient
- 24:44en place chez les jeunes en amont dès 13 -14,
- 24:50quand on a vu... l 'élection de M. Parzeau. Fait
- 24:53que la fin du mandat, là, c 'est Daniel Johnson
- 24:56qui est là à la fin. Fait que durant ce parti
- 25:00-là, on signe. Inévitablement, il va y avoir
- 25:02probablement un référendum qui s 'en vient. On
- 25:04le sent, oui. Fait que là, on commence à se préparer
- 25:06tranquillement, pas vite. M. Johnson avait fait
- 25:08mieux qu 'on pensait, par contre. Dans les sondages,
- 25:11c 'était très populaire, là, M. Parizou et le
- 25:13PQ, justement, parce que la cause l 'acminge
- 25:16était mort. Mais on sentait quand même, là, que...
- 25:20C 'est -à -dire, on a vu quand même que M. Johnson
- 25:22avait fait mieux que ce qu 'on pensait à ce moment
- 25:25-là. Fait que, déjà, on voyait bien qu 'il y
- 25:28avait un espace... qu 'il pouvait être occupé
- 25:31et qu 'il était possible. Parce que malgré le
- 25:33mit chez Charlottetown, avant l 'élection du
- 25:35Parti québécois, il y a déjà des militants fédéralistes
- 25:38qui se mettent ensemble pour se préparer. C 'est
- 25:40clair. Et là, je mène que cette préparation parce
- 25:43que il y a différentes narratifs qui sont mises
- 25:46de l 'avant. Il y en a qui vont dire que le camp
- 25:49fédéraliste était mal préparé en 95. Est -ce
- 25:53qu 'on... Est -ce qu 'on avait fait toutes les
- 25:55préparations qu 'on avait besoin de faire? Moi,
- 25:56j 'étais jeune, là. Là, j 'étais pas dans le
- 25:57secret des dieux, certainement pas à Ottawa.
- 26:00Le parti qui était au pouvoir à Ottawa était
- 26:02pas le mien, puis c 'était celui qui était responsable
- 26:04de la... C 'était ce parti qui était responsable
- 26:08de l 'éclatement de la cause du lac Meech. Alors,
- 26:11je sais fort bien que ces gens -là ont commencé
- 26:14à se préparer, mais l 'ont -ils fait de la bonne
- 26:16manière? disons que je ne suis pas celle qui
- 26:19va. Je n 'irai pas témoigner de tout ça, je n
- 26:21'étais pas impliquée. On a eu à gérer tout le
- 26:26monde les conséquences du travail de certains
- 26:31d 'entre eux qui avaient travaillé très fort
- 26:33à mettre à terre l 'accord de l 'Acmeach. Mais
- 26:36bon. Est -ce que, oui, ils ont commencé à presque
- 26:40qu 'on aurait pu être mieux préparés? Peut -être.
- 26:46Est -ce qu 'on aurait pu donner plus de place?
- 26:50On a donné quand même beaucoup de place à M.
- 26:52Charest, mais tu sais, c 'était difficile. La
- 26:54réalité, c 'était qu 'il était le chef d 'un
- 26:56parti de deux. M. Johnson était moins un communicateur
- 27:02naturel que M. Charest, mais je trouvais quand
- 27:05même qu 'il faisait une bonne campagne, qu 'il
- 27:08a fait une bonne campagne. Je pense qu 'on n
- 27:11'a peut -être pas voulu donner à M. Charest tout
- 27:14l 'espace possible. On sentait bien le souffle
- 27:17chaud de M. Charest à Ottawa. Puis on était très
- 27:20politisés là -bas. Puis on ne voulait pas trop
- 27:23lui donner de corne puis de visibilité. Il y
- 27:26avait une élection qui s 'en venait. Oui, parce
- 27:31qu 'il y avait une élection. M. Johnson, je pense
- 27:33qu 'on en parlait pas à ce moment -là. C 'était
- 27:36l 'élection fédérale qui s 'en venait. C 'était
- 27:3897. C 'était très proche de 95, fin 95. Là, tu
- 27:44viens de sauver le Canada, puis après ça, tu
- 27:45te présentes aux élections. C 'est ça, exactement.
- 27:48Ça, moi, on m 'enlèvera pas de la... Tu sais,
- 27:50les calculs politiques, ce sont les experts...
- 27:55Je pourrais mettre dans la catégorie des experts
- 27:57du calcul politique, M. Chrétien. Il n 'y a aucun
- 27:59doute là -dessus. Ça peut être une grande qualité
- 28:02d 'être un politicien et de savoir comment ça
- 28:05marche, la politique, mais ça l 'a mené aussi
- 28:09à l 'échec de l 'accord du Lac -Miche. Mais je
- 28:11ne serais pas surprise de voir que ça peut être
- 28:15mené aussi au fait que M. Charest ne faudrait
- 28:17pas trop lui donner de place. L 'exemple de ça...
- 28:21Il y a des gens qui disent, Annie, il va falloir
- 28:22que t 'en reviennes un jour. Mais moi, j 'ai
- 28:25animé les résultats du référendum au Métropolis,
- 28:29le soir du 30 octobre. J 'étais pas seule, on
- 28:32était deux. Et dans l 'ordre des choses, il y
- 28:35a un protocole qui parle en premier. Là, le Candouille
- 28:39avait perdu, donc c 'était M. Bouchard, ensuite
- 28:42M. Parisot. M. Dumont, en fait, j 'ai oublié.
- 28:46M. Bouchard, M. Parisot. Après ça, c 'était le
- 28:49quart du nom. Dans l 'ordre, il y avait M. Johnson,
- 28:53M. Charest et M. Chrétien. Alors, les gens s
- 28:57'en souviennent peut -être pas, mais des gens
- 28:59comme moi s 'en souviennent. On a coupé le discours
- 29:02de M. Charest. On a donné le signal à Ottawa
- 29:06où était M. Chrétien comme premier ministre.
- 29:10Il était là, il n 'était pas sur la scène du
- 29:13métropolisme. C 'est correct. Comme premier ministre
- 29:15du Canada... Ouais. Un instant, là. Il a commencé
- 29:20son speech plus tôt, puis on va me dire qu 'il
- 29:22y avait des raisons techniques. Moi, je crois
- 29:24pas à ça. Pas dans un soir où on est passé à
- 29:28ça, de briser le pays. On donne pas... On laisse
- 29:33pas... J 'en serais terminée. C 'est drôle si
- 29:36c 'est le seul. On lui laisse pas terminer son
- 29:39discours. Moi, j 'ai trouvé ça... très insultant
- 29:42et très calculateur, à l 'image de ce que je
- 29:44m 'étais dit, c 'était très calculateur d 'un
- 29:48point de vue politique. Et pas très reconnaissant
- 29:51pour le travail qui avait été fait. Et le rôle
- 29:54des jeunes, concrètement, pendant la campagne
- 29:57de 95, j 'imagine qu 'il y avait quand même pas
- 30:00mal de jeunes impliqués, beaucoup de travail
- 30:02de terrain? Beaucoup. Beaucoup de travail de
- 30:04terrain. Il y avait des débats partout dans les
- 30:08cégeps, puis les universités. Tout le monde s
- 30:13'activait. Les campus étaient très politisés.
- 30:18Alors, il y en avait à faire. Il y avait une
- 30:20équipe, j 'en faisais partie, mais il y avait
- 30:22plein d 'autres jeunes. Il y avait Kandui, évidemment,
- 30:25qui avait sa façon de faire. Je pense qu 'il
- 30:27avait même organisé une tournée, si je me souviens
- 30:29bien, à vélo. Quelque chose comme ça, puis il
- 30:32se promenait, puis bien nous, on n 'a pas fait
- 30:34ça à vélo. On essayait d 'arriver avant eux autres.
- 30:36On était en auto et autrement, mais j 'en ai
- 30:40fait plusieurs, mais Claude -Éric Granier était
- 30:42vraiment très impliqué là -dedans, puis il y
- 30:45avait... on était dans les... Le bureau de campagne
- 30:55du camp du nom officiel, on était là pas mal
- 30:57dans tous les meetings, on était présents dans
- 31:00tous les rassemblements, on avait un rôle d 'aller
- 31:03chercher le plus de jeunes possible, un peu comme
- 31:05on fait dans une élection bien entendu, d 'aller
- 31:08les chercher, d 'aller les amener dans les grands
- 31:11événements. On était très présents, c 'était
- 31:14non -stop, c 'était tous les jours. pendant plus...
- 31:18on a commencé avant que le déclenchement officiel
- 31:21se fasse jusqu 'au 30... le soir du 30 octobre,
- 31:23bien entendu. Et là, plus c 'est sûr que c 'est...
- 31:26je veux dire, on n 'a pas toutes les informations,
- 31:28puis on a juste une perspective, là, mais qu
- 31:31'est -ce qui a fait la différence? Parce qu 'on
- 31:32est quand même... ça a passé très, très proche
- 31:34en 95. C 'est où qu 'on a été gagnés, ce référendum
- 31:38-là? Moi, je vais te dire deux... je vais te
- 31:43dire deux choses. La première, c 'est le grand
- 31:50truc du 27 octobre, le grand événement d 'amour
- 31:54du Canada envers le Lovin. Je pense qu 'on a
- 31:58perdu des votes. Je pense qu 'il y a des gens
- 32:02qui ont pris ça comme « hey, là, pas mal à la
- 32:06dernière minute votre affaire! » Il y avait un
- 32:10malaise qui existait dans le camp du nom. particulièrement
- 32:15des gens comme moi, progressistes -conservateurs,
- 32:19particulièrement de certains libéraux provinciaux,
- 32:24puis ça avait pas mal été organisé par des libéraux
- 32:28fédéraux, puis du monde qui tout d 'un coup prenait
- 32:31ça en charge, puis qui ont pris peur, en fait,
- 32:33peut -être. Je pense qu 'il y a eu un backlash
- 32:37de cet événement -là à quelques jours du vote.
- 32:41D 'ailleurs, si cet événement -là avait eu lieu
- 32:43avant, ça n 'aurait peut -être pas eu le même
- 32:45impact. Là, on était à trois jours, deux jours
- 32:47et demi du vote, ou à peu près. Moi, je pense
- 32:50que ça, ça a eu un impact. Par contre, les francophones
- 32:54de la région de Québec ont voté pour le nom.
- 32:59Quand les résultats ont commencé à rentrer, on
- 33:02sait comment ça marche. Au Québec, ça commence
- 33:03par les idées de la Madeleine. Puis là, habituellement,
- 33:07on part des idées de la Madeleine, puis on s
- 33:09'en va de l 'Est vers l 'Ouest dans les résultats.
- 33:12Et là, ça rentrait, puis c 'était le oui, pas
- 33:14mal. Puis je vois encore les images, puis les
- 33:17gens disent oui, ils étaient contents, puis nous
- 33:19autres, on commençait... Mais c 'est ça, parce
- 33:19qu 'au début de la soirée, ils gagnaient, puis
- 33:21après, c 'est ça... Bien oui, absolument. Et
- 33:23là où... Personnellement, moi, j 'ai commencé
- 33:26à dire, oh mon Dieu, ça va revirer. Je pense
- 33:29qu 'on va être corrects. C 'est quand les résultats
- 33:32de la région de Québec, la capitale nationale,
- 33:35ont rentré. Et ce n 'était pas majoritaire pour
- 33:39le oui. Les francophones de la région de Québec
- 33:43ont voté pour le non. Alors, nous, on savait,
- 33:46là, qu 'on s 'en allait vers Montréal puis qu
- 33:49'il y avait plus de noms dans la région de Montréal.
- 33:51Fait que c 'est... C 'est ça, parce que c 'était
- 33:52universel. Le vote, il n 'y avait pas de comté,
- 33:54là. C 'était vraiment... Toutes les votes, peu
- 33:56importe, sont où, ont la même valeur. Exactement.
- 33:58Mais c 'est toujours comme ça que ça... Par contre,
- 34:00ça nous était présenté par région. Je me souviens
- 34:03qu 'on avait les résultats par région. T 'as
- 34:06raison, c 'était pas des députés qu 'on était
- 34:07dit, là. C 'est ça. Non, mais dans ça, je veux
- 34:09dire, contrairement à une élection générale...
- 34:10Non, non, mais t'sais, c 'était pas le comté
- 34:122, le comté 2. C 'est ça pour que les gens qui
- 34:13connaissent un peu moins ça. c 'est ça, contrairement
- 34:15à une élection générale où... T 'as raison. C
- 34:17'était pas dédié. À NDG, un vote de plus libéral...
- 34:20On y allait pas par compté. On n 'avait pas les
- 34:21résultats par compté. Chaque vote compte, là.
- 34:24C 'est ça. Mais on avait les régions... on avait
- 34:25les résultats par région. Et la région de Québec
- 34:28a voté, si vous retournez dans les résultats,
- 34:31vous allez voir, la région de Québec a voté pour
- 34:34le nom. Puis évidemment, on savait qu 'on s 'en
- 34:37allait dans des régions un peu plus fédéralistes,
- 34:39là, avec la région de Montréal, l 'Outaouais.
- 34:42Donc... On ne pensait pas gagner à 60 %. C 'était
- 34:46clair que c 'était serré, puis on était tous
- 34:49estomaqués de voir à quel point, des deux côtés,
- 34:52je pense, c 'était serré. Mais moi, en tout cas,
- 34:56j 'ai commencé à avoir l 'espoir qu 'on gagnait
- 34:58quand même. quand j 'ai vu la région de Québec.
- 35:01Je pense sincèrement que si la région de Québec
- 35:04avait voté plus pour le oui, on serait pas en
- 35:07train de se parler de la même chose aujourd 'hui.
- 35:09Alors, pour apprendre la phrase célèbre et malheureuse
- 35:12de Jacques Parisot, l 'argent, les votes ethniques
- 35:14et la région de Québec. Oui, mais l 'argent,
- 35:18il n 'a pas eu tort, hein, parce qu 'il y a eu
- 35:21une commission d 'enquête, puis il y en a eu
- 35:24des sous qui ont été dépensés de façon... par
- 35:28le comité du nom. Il n 'y a jamais eu trop d
- 35:31'enquête sur le comité du oui. Je pense que chacun
- 35:33des deux bords, il y a eu des exagérations. Je
- 35:36ne serais pas surprise qu 'on en trouve de l
- 35:37'autre côté. Puis je ne veux pas accuser. Ce
- 35:39n 'est pas ce que mon but. Mais je pense qu 'ils
- 35:41ont raison de dire que le lovin, entre autres,
- 35:44tu sais, ça n 'a pas été, mettons, tout calculé,
- 35:48en tout cas. Le vote ethnique, ça, ça a été une
- 35:51grosse erreur de M. Parisot, je pense, hein,
- 35:55et... Ça ne le faisait pas très inclusif comme...
- 35:57Ça n 'était pas inclusif, c 'était une erreur.
- 36:00Plusieurs personnes pour le oui ont... ont été
- 36:03déçus de cette déclaration -là parce que je pense
- 36:07que plusieurs avaient travaillé très fort pour
- 36:09aller chercher et inclure de plus de nouveaux
- 36:14Québécois et d 'immigrants qui étaient au Québec
- 36:17dans ce projet de pays. Je pense que tout le
- 36:20monde le voulait. Mais malgré tout, je pense,
- 36:23malgré les efforts peut -être un peu trop exagérés
- 36:28à Ottawa de s 'assurer qu 'il y ait plus de votes
- 36:31au Québec des migrants plus rapidement, je pense
- 36:35pas que ça aurait fait la différence. Je pense
- 36:36qu 'il y a même un chercheur qui a fait une étude
- 36:38là -dessus, si je me souviens bien, puis une
- 36:42analyse que même malgré si ce vote -là avait
- 36:44été vers le oui à tel pourcentage, ça aurait
- 36:46pas changé un résultat serré. plus favorable
- 36:50au nom. Alors moi, je pense que ça, c 'était
- 36:52une grosse erreur, puis je pense pas que ça aurait
- 36:54fait une différence si marquée, je pense pas.
- 36:58C 'est toujours drôle, je dis pas drôle dans
- 37:00les contextes, mais je dis toujours une drôle
- 37:02de phrase, de dire à quelqu 'un, j 'aurais gagné
- 37:05X ou Y l 'élection si ce n 'était pas de ces
- 37:10électeurs -là. Oui, c 'est sûr. C 'est drôle
- 37:12parce que ce soir -là, moi, quand je l 'ai entendu,
- 37:14j 'ai quand même eu de l 'empathie pour M. Parizot.
- 37:19parce que, tu sais, j 'avais des amis de l 'autre
- 37:21côté, là, puis beaucoup, puis je comprenais,
- 37:25là, que c 'était leur rêve, puis c 'est... puis
- 37:27il y avait de l 'émotion là -dedans et tout ça,
- 37:29puis il était sous le choc, peut -être, M. Parisot,
- 37:32là, fort probablement. Je pense qu 'il y avait
- 37:34des gens autour de lui qui lui ont dit, on va
- 37:37gagner, puis ça y est, c 'est l 'é, puis on l
- 37:40'a. Puis ils ont cru, puis là, tout d 'un coup,
- 37:43ce rêve -là prenait fin, hein, de façon assez
- 37:47abrupte. Fait que je peux comprendre, mais ça
- 37:50n 'excuse pas les propos. Je pense que quelqu
- 37:52'un à ce niveau -là aurait dû se tenir au -dessus
- 37:55de ça, puis être certainement inclusif. Parce
- 37:59que c 'est sûr que les gens qui choisissent de
- 38:01venir habiter au Canada puis ensuite choisissent
- 38:05le Québec, ils font un choix qui mérite d 'être...
- 38:12solliciter pour expliquer c 'est quoi ce projet
- 38:15que les souverainistes ont, puis ils auraient
- 38:17pu aller en chercher plus malgré tout. Alors,
- 38:22mais bon, c 'est le choix qu 'il a fait. Ça a
- 38:24été une déclaration malheureuse, je pense. Je
- 38:26pense qu 'il y a une nuit par la suite et qui
- 38:28nuit probablement encore. Oui, puis ça a probablement
- 38:32gaspillé une chance de remettre de l 'avant des
- 38:35discussions constitutionnelles parce que... Ça
- 38:37l 'a délégitimisé, je pense, les... La suite
- 38:41des choses. La suite des choses, puis les revendications
- 38:43du Québec, parce que... Mais tu as raison là
- 38:45-dessus, hein, parce que, tu sais, on est assis
- 38:47sur la clôture, le 30 octobre, là. Il y a personne
- 38:50qui fête, là, dans les rues, là, à Montréal.
- 38:52Si quelqu 'un veut dire qu 'on a besoin d 'une
- 38:53discussion constitutionnelle, je pense que tu
- 38:54as les arguments valides pour faire ça, mais
- 38:56on dirait que cette déclaration -là de Paris
- 38:58-Aube a détruit toute chance. Oui. En fait, le
- 39:00vote, clairement, envoie un message de changement.
- 39:03On veut un changement. Les Québécois disent non,
- 39:09mais, non, mais. C 'est ça qu 'ils disent. Non,
- 39:12mais on veut quelque chose. On veut une reconnaissance.
- 39:15On veut pas se séparer, mais on fait attention.
- 39:21Puis ce message -là, il est important. M. Chrétien
- 39:23en parle dans son discours dans lequel il promet
- 39:26de faire des changements et tout ça. Il y a eu
- 39:28la loi sur la clarté référendaire, mais... t
- 39:31'as raison de dire que le discours précédent
- 39:34de M. Parizeau a probablement fait en sorte que
- 39:36ça l 'a déligitimé. Il a probablement gaspillé
- 39:39une chance de s 'asseoir pour trouver une solution.
- 39:42Oui, c 'est sûr. Mais, parlons un peu parce que
- 39:46là on parle d 'inclusion et tout ça, le mouvement
- 39:49souverainiste en 95, je me demande, il est somme
- 39:51toute assez progressiste ou pas vraiment? Est
- 39:53-ce qu 'il est progressiste? Le mouvement souverainiste
- 39:55en 95 est plus progressiste. que ce que je constate
- 40:00aujourd 'hui, je pense. Aujourd 'hui, malheureusement,
- 40:05quand j 'entends des gens du Parti québécois,
- 40:11des fois, ça me fait peur un petit peu. Je sens
- 40:13un peu un nationalisme à l 'européenne qui n
- 40:17'est pas nécessairement... Identitaire, disons.
- 40:19Identitaire. C 'est une belle façon de... Merci.
- 40:22Parce qu 'au Québec, le mot nationaliste a toujours
- 40:24été très positif. Même les fédéralistes québécois
- 40:28se définissaient comme ça, moi, la première.
- 40:30Moi, je suis fédéraliste, mais je suis nationaliste
- 40:32dans le sens où je suis fière de ma langue, je
- 40:34suis fière de ma culture et tout ça. Alors qu
- 40:36'en Europe, le mot, il faut faire attention,
- 40:38d 'ailleurs, quand on l 'utilise en Europe parce
- 40:40que c 'est pas perçu de la même façon. Fait que
- 40:42c 'est pour ça que j 'ai utilisé ce mot -là.
- 40:44Mais t 'as raison, c 'est plus... Et ça, ça m
- 40:46'inquiète un petit peu parce que ça fait pas
- 40:49très inclusif, ça. Est -ce que c 'est les relents
- 40:52de, justement, la déclaration de M. Parisot en
- 40:5595? Je sais pas, mais ça fait pas très inclusif
- 40:58pour un pays qui se veut moderne ou qui se voudrait
- 41:02moderne. Ça, ça m 'inquiète. En 95, c 'était
- 41:06pas ça. C 'était pas ça que je voyais. Je voyais
- 41:09des jeunes qui étaient fiers Québécois de leur
- 41:12culture, mais qui parlaient d 'économie, qui
- 41:16croyaient, qui étaient... optimiste, qui n 'était
- 41:21pas dans la... comme si on se refermait sur nous
- 41:26pour gérer nos affaires, puis on n 'a pas besoin
- 41:28des autres. Il était plus ouvert sur les autres,
- 41:30puis on va être capable, on est capable. Je sentais
- 41:34un discours plus positif de la part de mes amis
- 41:37du Parti québécois. D 'ailleurs, je suis restée
- 41:40amie avec plusieurs d 'entre eux parce que je
- 41:41trouvais qu 'on se rejoignait beaucoup. Il y
- 41:43avait beaucoup de progressistes conservateurs
- 41:45qui se sentaient... près du Parti québécois au
- 41:48Québec. Tu sais, il faut se souvenir du débat
- 41:50sur l 'accord de libre -échange. C 'était unanime
- 41:54au Québec. Le Parti québécois et le Parti libéral
- 41:57du Québec étaient pour le libre -échange, étaient
- 41:59pour l 'ouverture. Il y avait beaucoup d 'atombe
- 42:02crochues avec M. Mulroney. On le sentait beaucoup
- 42:06sur plein d 'enjeux, sauf sur cette question
- 42:09-là. Alors, il y avait, tu sais, la création
- 42:13de la francophonie, par exemple. M. Mulroney
- 42:15a été très important là -dedans, tout comme les
- 42:17partis politiques au Québec. Il y avait une ouverture
- 42:20sur le monde auquel on participait des deux côtés.
- 42:23Fait qu 'on se retrouvait peut -être plus sur
- 42:27plein enjeu, sauf celui -là. Et aujourd 'hui,
- 42:33en 2026... Tu penses qu 'au niveau constitutionnel,
- 42:37on en est où? Est -ce qu 'on est dû collectivement
- 42:40pour une tentative de refermage? Je ne connais
- 42:45pas grand monde que ça leur tente de réouvrir
- 42:47le débat constitutionnel. Cependant, la question
- 42:57avec les Américains actuellement fait en sorte
- 43:00qu 'on doit se poser des questions sur comment
- 43:02on peut être meilleur au Canada. On a parlé beaucoup,
- 43:06par exemple, d 'enlever les barrières commerciales
- 43:10entre les provinces, les enjeux qui rendent les
- 43:15échanges avec les provinces plus difficiles.
- 43:19On parle des barrières commerciales, il y en
- 43:20a plein d 'autres, il y en a par rapport aux
- 43:23ordres professionnels, on en a par rapport à
- 43:25est -ce qu 'on peut pratiquer une profession
- 43:27dans chacune des provinces, est -ce qu 'il y
- 43:30en a au niveau de la santé énormément? On a en
- 43:341867 décidé que la santé serait de juridiction
- 43:37provinciale pour la gestion des hôpitaux. En
- 43:402026, ça prend parfois les choses plus difficiles,
- 43:45mais le fédéral n 'est pas du tout organisé.
- 43:49et n 'a pas du tout d 'expérience pour faire
- 43:51de la gestion de la santé, les provinces l 'ont,
- 43:54mais comment on peut mieux faire ça comme pays
- 43:56parce qu 'il y a des distorsions au Canada entre...
- 44:00Je vais parler de la santé parce que j 'ai fait
- 44:01ma carrière là -dedans après, mais les Canadiens,
- 44:05on devrait avoir accès aux mêmes soins, aux mêmes
- 44:07traitements, aux mêmes médicaments, peu importe
- 44:09où on reste. C 'est ça que la loi dit, mais c
- 44:11'est pas ça qui arrive, pas du tout. Il y a des
- 44:13provinces qui intègrent des médicaments dans
- 44:15leur régime. d 'assurance médicaments, d 'autres,
- 44:19non. Il y a juste le Québec qui a un régime d
- 44:22'assurance médicaments si t 'as pas d 'assureur.
- 44:25Ça n 'existe pas dans les autres provinces. Tout
- 44:27ça nécessiterait des discussions constitutionnelles,
- 44:31juste la santé. Alors, on est un peu forcé d
- 44:35'avoir, je pense, je ne suis pas présent, puis
- 44:38je n 'ai pas de petite souris, je n 'ai pas vu
- 44:40les discussions entre les premiers ministres
- 44:41des provinces depuis un an et demi. depuis le
- 44:44retour de M. Trump, mais j 'ai l 'impression
- 44:46que si on veut vraiment être meilleur, plus fort,
- 44:49si on veut vraiment développer des ententes plus
- 44:52solides avec le reste du monde pour être moins
- 44:54dépendants des États -Unis et plus autonomes,
- 44:58tout en reconnaissant qu 'ils vont toujours demeurer
- 45:00notre partenaire, le plus important, parce que
- 45:02géographiquement, on ne changera pas le Canada
- 45:04de place, ni les États -Unis. Je pense qu 'il
- 45:07va falloir avoir des discussions constitutionnelles.
- 45:09Elles ne toucheront peut -être pas le Québec,
- 45:11mais elles vont toucher d 'autres... d 'autres
- 45:12enjeux. Maintenant, est -ce qu 'on a le courage
- 45:14ou on aura le courage, parce que ça prend du
- 45:16courage politique pour le faire? Je ne sais pas.
- 45:19Mais oui, juste en santé, moi, en tout cas, je
- 45:22travaille beaucoup dans le domaine des médicaments.
- 45:24Je pense que c 'est certain que quand une industrie
- 45:30tente de développer des médicaments et veut les
- 45:34rendre accessibles aux patients canadiens, bien...
- 45:37partout dans le monde, elle gère, même avec des
- 45:40fédérations comme l 'Allemagne, comme l 'Australie,
- 45:43elle gère un gouvernement. Quand elles arrivent
- 45:46au Canada, elle gère 10 provinces, 3 territoires.
- 45:50Ça rend compliquer les affaires. Alors, est -ce
- 45:54qu 'on serait prêts à... à travailler mieux ensemble?
- 45:59Est -ce que ça prend nécessairement des discussions
- 46:01constitutionnelles pour le faire? Peut -être
- 46:02pas. Mais une chose est certaine, Donald Trump
- 46:05nous a donné toutes les raisons de mieux se tenir
- 46:09ensemble. Et j 'ai lu le livre de Chantal Hébert
- 46:14et de Jean Lapierre, qui s 'appelait, je penserais,
- 46:17Confession 95 ou post -référendaire, quelque
- 46:19chose comme ça. Oui. Puis il y avait une entrevue
- 46:21avec Daniel Johnson, et dans l 'entrevue avec
- 46:23Daniel Johnson... qui, selon ce que Chantal Hébert
- 46:27disait, ça lui tentait pas trop d 'être là sur
- 46:29une entrevue, mais disait que, en 95, ça a été
- 46:31une grosse perte de temps, que tout le monde
- 46:33a perdu son temps, qu 'on a perdu toutes les
- 46:36ressources à faire un référendum, puis à débattre
- 46:38de ce question -là, puis on peut finalement faire
- 46:39autour de nos vies. Est -ce que t 'as l 'impression
- 46:42que, en 95, ça a été une grosse perte de temps?
- 46:47Pour le Québec, pour le Canada? Non. Non? Non.
- 46:50Là -dessus, je pense que je suis en désaccord
- 46:52avec M. Johnson. Pourquoi avec moi? C 'est la
- 46:55première fois qu 'on me pose cette question -là,
- 46:56fait que je vais essayer de répondre à chaud.
- 46:58Oui, oui, oui, c 'est ça, de chaud. Parce que
- 47:02je pense que les circonstances politiques, puis
- 47:06l 'échec de l 'accord de l 'Acme, je rendais
- 47:08cette discussion -là obligatoire. Je pense qu
- 47:11'il fallait que les Québécois regardent ce qui
- 47:13venait de se passer, puis ils répondent, puis
- 47:15ils envoient un message. J 'aurais souhaité que
- 47:18le message ne soit pas «Je suis assis sur la
- 47:21clôture et je me sens bien». Mais en même temps,
- 47:24les Québécois n 'étaient peut -être pas assis
- 47:25sur la clôture pour rien. Ils étaient en train
- 47:28d 'envoyer un message de «On veut rester Canadien,
- 47:32mais on a besoin de sentir que vous voulez...».
- 47:35qu 'on reste Canadien. C 'est un message important.
- 47:39C 'est peut -être la suite des choses qui a été
- 47:41une perte, puis ce qui s 'est passé avant aussi.
- 47:45Je pense qu 'il y a des politiciens, puis je
- 47:46reviens là -dessus, mais je suis convaincue qu
- 47:50'il y a des politiciens avant qui ont fait du
- 47:53stratagème politique pour tuer l 'accord du Lac
- 47:55-Mitch pour des raisons politiques partisanes
- 47:58et non pas pour le bien du pays. Quand on siège
- 48:01sur un conseil d 'administration? On n 'est pas
- 48:04là pour nos intérêts personnels, il faut penser
- 48:07aux intérêts de l 'organisation. Ça n 'empêche
- 48:09pas que des fois, il y a des petites guégares
- 48:13personnelles. Mais à un moment donné, il faut
- 48:16que tu penses à l 'organisation puis à la survie
- 48:18de l 'organisation pour ce qu 'il y a de mieux
- 48:21pour l 'organisation. Je pense que c 'est la
- 48:23même chose quand il arrive des discussions comme
- 48:25ça aussi importantes pour un pays que celles
- 48:28qu 'on a eues dans les années 90 avec l 'accord
- 48:31du Lac -Mitch. où M. Mulroney a dit, on va réparer
- 48:341982, puis on va repartir sur des meilleures
- 48:39bases. Ça, c 'était au -delà de la partisannerie,
- 48:41puis j 'aurais souhaité que certains comprennent
- 48:44ça. Puis je pense qu 'on vit ça actuellement
- 48:47aussi, 31 ans plus tard avec ce qui se passe
- 48:52avec les Américains. Il y a des moments comme
- 48:54ça où il faut s 'élever au -dessus. Fait que
- 48:58la discussion de 95, à cause de ça, n 'est pas
- 49:03une perte de temps pour moi. Elle est un peu...
- 49:06Elle aura été nécessaire, puis j 'espère qu 'elle
- 49:08va avoir un impact sur les prochaines discussions,
- 49:13peut -être sur les prochaines élections, peut
- 49:16-être sur un prochain moment, s 'il y en a un.
- 49:20Fait que c 'était comme une occasion pour les
- 49:22Québécois de réfléchir à l 'avenir du Québec
- 49:25suite à l 'échec de Meech. Tout à fait. Oui,
- 49:28puis j 'espère... pour les Canadiens aussi, de
- 49:31réfléchir à l 'avenir de leur pays avec ce qui
- 49:34venait de se passer. Moi, ça m 'est arrivé souvent
- 49:37de rencontrer des gens qui ont dit, on aurait
- 49:41dû... la Corte du Lac -Mitch, là, on aurait dû
- 49:44signer ça, là, puis passer à autre chose, puis
- 49:46construire le Canada différemment, là. Est -ce
- 49:48que tu penses qu 'un référendum en 2026 aurait
- 49:50la même utilité? Je pense qu 'il y a même des
- 49:51libéraux fédéraux qui seraient prêts à dire ça.
- 49:54Est -ce que tu penses qu 'un référendum en 2026
- 49:55aurait, disons, des... En 2019, disons, ou en
- 50:012030. En tout cas, s 'il avait lieu aujourd 'hui,
- 50:02je pense que c 'est clair que ça serait non.
- 50:03Je pense que la préoccupation des Canadiens...
- 50:05Je pense qu 'il y a des inquiétudes trop grandes
- 50:07par rapport à créer des inquiétudes additionnelles.
- 50:10Oui, bien, un des arguments à midi -l 'avant
- 50:12par le mouvement souverainiste en général, c
- 50:14'est qu 'un référendum est un grand exercice
- 50:16de démocratie, puis permet à la population de
- 50:19s 'exprimer sur des enjeux importants. Fait qu
- 50:21'un peu comme tu le dis pour... Oui, mais là,
- 50:23on l 'a fait deux fois, là. OK. On s 'est exprimé
- 50:25deux fois. Et puis... Je pense que ce qui serait
- 50:29peut -être une perte de temps, c 'est de recommencer
- 50:31à négocier avec le reste du Canada quelque chose
- 50:34qu 'on a déjà avec eux. Je veux dire, on a rapatrié
- 50:37beaucoup de pouvoirs au Québec, plus que bien
- 50:41d 'autres provinces, et pourtant, on a beaucoup
- 50:44d 'enjeux avec les dossiers sur lesquels on a
- 50:49des pouvoirs, l 'éducation, nos routes, la santé,
- 50:54comme je parlais tout à l 'heure. Quelqu 'un
- 50:57m 'a déjà soulevé, ah oui, mais on pourrait en
- 50:59récupérer plus en santé parce qu 'on pourrait
- 51:01peut -être mieux impliquer le privé de façon
- 51:04différente. Il n 'y a rien qui nous en empêche.
- 51:07Au contraire, c 'est le Québec qui a le plus
- 51:08de privés dans tout son système de santé à travers
- 51:10le Canada. Donc, on a beaucoup de coûts défranches
- 51:15au Québec. Ce qu 'on nous propose, en fait, c
- 51:18'est de se retirer de plusieurs... nous entendre
- 51:24qu 'on a avec le reste du fait, en fait, de plusieurs
- 51:27dossiers fédéraux, puis de recommencer en renégociant
- 51:31ça. Moi, ça, je trouve que c 'est une perte de
- 51:33temps. Ça, je trouve que c 'est une perte de
- 51:36temps. On va vraiment s 'asseoir là, on va renégocier
- 51:39la dette... Comment on va séparer la dette? Bon,
- 51:42c 'est bien beau dire, on paye des taxes, on
- 51:44va récupérer ça, mais on a une dette aussi depuis
- 51:46plusieurs années. On va la séparer comment? Là,
- 51:48je sais, j 'entends mes amis du Parti Québécois
- 51:50dire, vous avez encore les mêmes arguments de
- 51:52peur, puis tout ça. C 'est des faits. Juste qu
- 51:56'on soit clair, là, c 'est des faits. Il va falloir
- 51:58s 'asseoir, négocier tout ça, là. Les actifs,
- 52:01les passifs, la dette. Moi, perso, je n 'ai pas
- 52:05le temps de ça, là. En plus que je l 'aime bien,
- 52:07mon pays, là. Moi, je suis très bien au Canada.
- 52:10Je n 'ai pas de problème. Je n 'ai pas de problème
- 52:13avec les gens. Je me retrouve dans bien des provinces.
- 52:17On a beaucoup de liens, même culturels, avec
- 52:20les provinces de l 'Atlantique. grâce aux communautés
- 52:23irlandaises et écossaises qui ont aussi migré
- 52:26au Québec. Donc, on se retrouve là, on se retrouve...
- 52:28Je me retrouve en Colombie -Britannique, en Alberta
- 52:30même, en Alberta pour certaines choses. Je n
- 52:33'en ai pas dans le jeu, moi, avec le Canada.
- 52:35Je l 'ai dit au début, je me lève le matin, je
- 52:37n 'ai pas de crise de personnalité. Mais est
- 52:40-ce que, par contre, je veux recommencer, perdre
- 52:44mon temps? Non, j 'aimerais bien mieux continuer
- 52:45à bâtir quelque chose de positif. On a plein
- 52:48de belles choses qu 'on peut faire comme pays.
- 52:51Le reste du monde vient nous visiter, puis ils
- 52:53nous trouvent hotes, puis chanceux de vivre ici.
- 52:56Pourquoi je voudrais défaire ça, puis recommencer
- 52:58pendant combien de temps? C 'est pas vrai qu
- 53:00'on va négocier ça en deux temps, trois mouvements,
- 53:02puis regarder le Brexit, les gens, ils ont encore
- 53:05mal à la tête, dix ans plus tard, parce que c
- 53:08'est loin d 'être réglé avec la Fédération européenne.
- 53:12Et quand on parle aux Britanniques, aux gens
- 53:15de la Grande -Bretagne, la plupart voteraient
- 53:17bien différemment. Ça fait que c 'est pas réglé
- 53:21dix ans plus tard. Puis leur économie a eu beaucoup
- 53:25de difficultés. Pourquoi je recommencerais ça?
- 53:29Certains m 'ont dit, ah, il y a des pays en Europe
- 53:31qui ont acquis leur souveraineté grâce au mur
- 53:36de Berlin qui est tombé, puis à la chute évidemment
- 53:38de l 'URSS telle qu 'on la connaissait. C 'est
- 53:41vrai, ils n 'ont jamais regretté de retourner
- 53:45certainement pas sous le joug de l 'URSS ou de
- 53:48la Russie actuelle, mais comment va leur économie
- 53:51et tout ça? Combien d 'années ça prend? Ils ont
- 53:54accepté ça parce que leur liberté puis leurs
- 53:56droits personnels humains étaient dans certains
- 54:00cas vraiment en jeu. Je ne pense pas que c 'est
- 54:03le cas du Québec, là. Fait que si on se résume,
- 54:07en 1995, sur Tami, tu étais un processus qui
- 54:09était utile, parce qu 'on se pose des questions,
- 54:11aujourd 'hui, on est ailleurs. La perte de temps,
- 54:14c 'est de se séparer et de recommencer. Pour
- 54:17moi. En terminant, je veux juste faire un petit
- 54:20crush sur ta vie professionnelle. Fait que t
- 54:22'es présidente du conseil d 'examen du prix des
- 54:25médicaments à breveté. Vite, vite, c 'est quoi
- 54:28que ça mange en hiver? Qu 'est -ce que ça mange
- 54:30en hiver, ça? Ben justement, c 'est le fun, on
- 54:32va faire le lien. Quand l 'accord du libre -échange
- 54:34a été signé, au Canada, on n 'avait pas de brevets.
- 54:38Sous le gouvernement de M. Trudeau, on avait
- 54:40mis en place des licences compulsives qu 'on
- 54:42appelle, en fait, on généricisait tout. Ça n
- 54:45'accueillait pas l 'innovation au pays. M. Moloney
- 54:48a voulu changer ça puis donner, en signant des
- 54:50accords de libre -échange, a voulu accueillir
- 54:53de façon plus grande l 'innovation au pays en
- 54:56mettant en place des brevets, une protection.
- 55:00sur les brevets pharmaceutiques, mais... Fait
- 55:01que si tu développes un nouveau médicament, tu
- 55:03peux le développer de façon exclusée par un certain
- 55:04nombre d 'amis. Exact. Ça prend 10 à 17 ans,
- 55:07développer un médicament, là, et puis les brevets
- 55:09sont de 20 ans. Fait que souvent, quand t 'arrives
- 55:11sur le marché, il te reste encore 10 ans de protection
- 55:14pour récupérer ton investissement. Ça coûte à
- 55:16peu près au moins un milliard, développer un
- 55:19médicament de A à Z avec les essais cliniques.
- 55:21C 'est un... Avec l 'aéronautique, c 'est extrêmement
- 55:24réglementé. Donc en... En contrepartie de ça,
- 55:28M. Moroni a dit, on va créer le CEPMB, le conseil
- 55:31d 'examen du prix du médicament à breveté, pour
- 55:34finalement être un peu un watchdog, un ombudsman.
- 55:37Parce que ça, on n 'émane pas essentiellement
- 55:39sur le médicament. Bien oui. Pour s 'assurer
- 55:41qu 'il n 'y aura pas d 'abus de brevets par des
- 55:43prix excessifs. Donc nous, on surveille les prix
- 55:46et on regarde si un prix d 'un médicament est
- 55:50excessif ou non. Puis comment on fait ça? Bon,
- 55:51on le compare avec un panier de pays qui ressemble
- 55:55au Canada par leur structure et leur système
- 55:57de santé. Et on compare puis on regarde si le
- 56:00prix est plus bas que le prix élevé, le prix
- 56:03le plus... élevé de ces pays -là. Donc si, je
- 56:06te donne un exemple, l 'Allemagne, la France,
- 56:08la Grande -Bretagne, l 'Australie, la Suède,
- 56:11la Norvège font partie de ces pays, on compare
- 56:13un médicament X. bien, s 'il est plus bas, bien,
- 56:16probablement qu 'il n 'est pas excessif, entre
- 56:18guillemets, puis on va considérer que le prix
- 56:22est révisé. Mais ça, c 'est de façon annuelle,
- 56:25on fait ça, ça empêche pas les médicaments d
- 56:27'être vendus, c 'est rien de ça, c 'est pas un
- 56:29stop, là, c 'est pas un stop, c 'est comme une
- 56:31organisation au -dessus de tout ce qui se passe.
- 56:33Les médicaments, eux, procèdent et sont négociés
- 56:36avec les provinces pour être intégrés dans le
- 56:39système de santé de chacune des provinces. Nous,
- 56:41on n 'est pas un stop à ça. Donc, on est comme,
- 56:43on est un tribunal. de cette manière -là, parce
- 56:46qu 'on peut déterminer, je peux déterminer comme
- 56:49présidente, qu 'il y a un dossier qui, dans...
- 56:52l 'intérêt du public devrait aller en audience
- 56:55pour déterminer si le prix est excessif ou non.
- 56:58Alors, je détermine et je nomme des membres de
- 57:01mon conseil comme adjudicateurs, puis c 'est
- 57:04un procès, une audience qui a lieu. Les décisions
- 57:07sont appelables à la Cour fédérale. Donc, on
- 57:08a un tribunal commercial, puis en même temps,
- 57:11on fait des rapports aussi pour tous les gouvernements
- 57:13provinciaux et fédérals sur les médicaments,
- 57:17l 'état du système de santé, les budgets, qu
- 57:20'est -ce qui va coûter cher, qui s 'en vient,
- 57:22des médicaments personnalisés biosimilaires.
- 57:25Ça permet aux provinces de se préparer dans leur
- 57:27budget. C 'est eux qui gèrent le budget parce
- 57:29que la Constitution a déterminé que c 'était
- 57:31les provinces qui faisaient ça. Donc, on est
- 57:33un organisme fédéral, mais qui a un impact sur
- 57:36toutes les provinces. Merci beaucoup, Annie,
- 57:39d 'avoir participé à l 'exercice. C 'est vraiment
- 57:41apprécié. Merci à toi. Merci. Merci d 'avoir
- 57:44été avec nous. Si vous aimez l 'épisode, abonnez
- 57:46-vous, laissez nos commentaires pour qu 'on puisse
- 57:48s 'améliorer. Également, vous pouvez vous joindre
- 57:50à notre chaîne YouTube pour avoir les épisodes
- 57:52deux semaines d 'avance. À la semaine prochaine.