Latest / Interviews sans fard / Investigations sur sources ouvertes : les conseils pratiques de Philippe Dylewski, auteur de bestsellers sur l'OSINT
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- 0:16Bonjour Philippe Gilewski, Fabrice Matteo, pour notre petite interview.
- 0:23Oui, bonjour.
- 0:25Enchanté.
- 0:29Juste une petite précision, m'autorisez-vous à enregistrer la conversation?
- 0:34En fait, j'ai une calligraphie affreuse et je n'arrive pas à me relire.
- 0:37Et puis, je ne veux pas dénoncer vos propos.
- 0:41Voilà, je vous rassure, il n'y a pas de piège.
- 0:44Vous pouvez m'enregistrer.
- 0:44Je vais mettre mon casque.
- 0:46Si la communication ne va pas bien, je devrais mettre un autre réseau parce que j'ai deux réseaux où je suis.
- 0:51D'accord, là, je vous entends bien.
- 0:52Je vais mettre mon casque et là, je vais ouvrir mon téléphone.
- 0:55Donc, si ça coupe ou si ça lague, je changerai de réseau.
- 1:00Il me faudra deux minutes.
- 1:01D'accord.
- 1:01Pour l'instant, je suis tout à vous.
- 1:03OK.
- 1:04Alors, on peut commencer?
- 1:05Vous avez été...
- 1:06Deux, trois minutes, ça ne commence pas.
- 1:07Allez, mange.
- 1:08D'accord.
- 1:09Vous avez été recruteur, vous êtes détective.
- 1:12Est-ce que vous pouvez m'en dire un petit peu plus sur vous, s'il vous plaît?
- 1:16Alors, pour le CV en résumé, j'ai un master en psychoclinique.
- 1:22Oui.
- 1:24Voilà, dont j'ai jamais rien fait d'ailleurs, pas longtemps.
- 1:28Voilà, ça m'embête.
- 1:31Il faut pas le savoir avant de commencer.
- 1:32Les patients, c'est pas pour moi.
- 1:35Il m'énerve.
- 1:38C'est un beau métier, mais ce n'est pas pour moi.
- 1:40Donc, j'ai travaillé brièvement à la protection de la jeunesse.
- 1:44Ça ne m'allait pas non plus.
- 1:46Et donc, j'ai monté au départ en activité complémentaire du recrutement de vendeurs.
- 1:52Voilà.
- 1:56Et puis, ça a marché.
- 1:57Donc, j''ai quitté la protection de la jeunesse.
- 2:00Et donc, ça s'est développé en un cabinet de recrutement spécialisé marketing, je développais ça pendant 15 ans et je l'ai vendu 15 ans plus tard parce que j'en avais vraiment pas le bol.
- 2:14Et je suis retourné à l'école pendant deux ans après ça pour devenir détective privée et c'est ce que j'ai fait par la suite, tout en gardant une activité de consultant et de coach auprès des grandes entreprises belges et
- 2:31français.
- 2:34OK.
- 2:36Alors, pourquoi un livre sur les méthodes et astuces de la recherche d'information?
- 2:42Alors, au départ, la première édition, ce n'était pas un livre.
- 2:47J'étais débutant comme détective privé.
- 2:51J'avais été deux ans à l'école, mais c'est les cours du soir.
- 2:54Et honnêtement, la moitié de la classe pouvait être d'accord avec moi pour dire que ce qu'on faisait en deux ans, un cerveau normal l'aurait terminé en 15 jours.
- 3:04C'était nul.
- 3:09Je ne sais pas dire, école primaire peut-être?
- 3:13Bref, on sort de cette école, on ne connaît rien.
- 3:17On a juste le droit de demander une licence au ministère de l'Intérieur belge.
- 3:23Voilà, c'est ce que j'étais.
- 3:24Mais vous n'avez aucune connaissance, vous ne savez rien faire.
- 3:29Je veux dire, le professeur principal C'était un flic qui avait réussi à se faire virer.
- 3:40Déjà.
- 3:41C'est assez rare.
- 3:44Poids de souligné.
- 3:45Je ne sais pas pourquoi il s'était fait virer, mais il fallait au moins un triple meurtre.
- 3:50En dessous, il n'y a pas.
- 3:53Bref.
- 3:54Et donc, comme je ne savais rien faire, j'ai commencé à regarder sur Internet ce qui existait comme méthode d'enquête et des choses comme ça.
- 4:03Donc, à la base, je n'écrivais pas un livre.
- 4:06Je me faisais un manuel pour moi.
- 4:09C'est ça que je voulais faire.
- 4:12Et la charmante et délicieuse madame avec qui je vivais à l'époque, qui avait sans doute un sens financier plus aigu que le mien, elle a vu ce que je faisais, elle a dit mais ça n'existe pas.
- 4:29Et donc j'ai été en faire imprimer 50 exemplaires aux copies du point.
- 4:36Et c'est parti dans la semaine.
- 4:39D'accord.
- 4:40Oui, je vois.
- 4:41J'ai vu sur les bouquins d'espionnage.
- 4:44Enfin, ça a peut-être changé parce que ça évolue pas mal.
- 4:46Vous étiez deuxième vente, je crois, des bouquins d espionnage.
- 4:49Vous êtes dans le top.
- 4:53C'est ça.
- 4:53Je suis toujours premier.
- 4:54La première ou deuxième, comme pour sécurité informatique.
- 4:58Là, par contre, je comprends un tout petit peu moins.
- 5:01Ça m'apporte plus l'emmerdement que d'être premier en sécurité informatique.
- 5:05J'ai tous les geeks de la planète qui m'envoient des messages que je ne comprends pas.
- 5:09Vous n'avez pas des hackers non plus qui veulent se payer?
- 5:15Si, je me suis barbé de sécurité.
- 5:19Je me dis qu'ils vont vouloir faire comme à l'école.
- 5:22Ils vont m'emmerder.
- 5:25Jusque-là, ça va.
- 5:27En plus, je ne suis pas un maître.
- 5:29Le hacking, je ne connais pas.
- 5:31Ma formation de base, ce n'est pas ingénieur, je suis psychologue.
- 5:35Quand je change une ampoule, j'ai l'impression que je suis le roi du monde.
- 5:39Oui, d'ailleurs, à la lumière de votre livre, quand on voit les informations qu'on peut récolter sur Internet et Google en particulier de manière artisanale, on tremble un peu de ce que Google peut savoir sur nous de manière automatisée.
- 5:54Le premier but, c'était de me faire un manuel, mais ça, c'était pour la première édition.
- 6:00La deuxième, c'est parce que c'est un monde qui me plaît.
- 6:05Je recevais régulièrement des messages pour les gens qui voulaient voir si le bouquin, qui par la suite a été publié chez L'Express parce que j'en avais marre de l'auto-édition, s'ils pouvaient l'acheter.
- 6:18Alors que moi, j'ai demandé expressément à L'Express d'arrêter les rééditions, parce que c'est trop vieux, ça vieillit trop vite.
- 6:27Donc j'ai demandé à l'Express, ils ont accepté sans problème de ne plus rééditer.
- 6:34Mais je reçois...
- 6:35C'est impressionnant, ça fait dix ans que je continue à recevoir des messages de ce qu'on pouvait, ce qu'on peut trouver.
- 6:42Et puis je me suis dit...
- 6:43Et puis le Covid a fait beaucoup, puisque je me suis retrouvé en vacances avec plein de gens en Thaïlande, Je suis parti avec des copains pour m'entraîner.
- 6:57Je suis venu pour faire un combat, en fait.
- 7:00Un combat de?
- 7:02De boxe-thaï.
- 7:03De boxe-thaï, d'accord.
- 7:04J'avais un combat prévu le 28 mars 2020.
- 7:10Il a été annulé.
- 7:13De toute façon, les entraînements aussi étaient annulés.
- 7:18Heureusement qu'il a été annulé, sinon je serais en chaîne roulante.
- 7:22Et j'ai raté mon avion de retour.
- 7:28Parce que les frontières entre les provinces en Thaïlande ont été fermées.
- 7:33Et j'étais parti avec une amie dans une autre province.
- 7:38J'ai pas pu rentrer.
- 7:40J'ai raté l'avion.
- 7:42Qui fait que je me suis retrouvé rentré.
- 7:44J'ai rien décidé du tout.
- 7:47J'ai rien décidé, je me suis retrouvé coincé là.
- 7:52Au bout de quelques semaines, au bout de deux mois, on pouvait rentrer.
- 7:56Mais pendant deux mois, c'était pas possible de rentrer.
- 7:59Je crois deux mois peut-être, je sais pas.
- 8:02Et donc, ce que je fais de mes journées, parce que je suis à Pattaya, alors à Pattaya, à part les prostituées et l'alcool, Alors, il y en a qui s'amusent, tant mieux, je ne critique pas.
- 8:16Mais il se fait que malheureusement, moi, je m'ennuie.
- 8:20Je fais quelque chose, et donc je me suis remis à écrire.
- 8:23Tout le temps.
- 8:25Mais alors, dès que j'ai commencé, ça a été 12 heures par jour, 7 jours par semaine.
- 8:31Voilà.
- 8:32Et puis la question s'est posée, est-ce que je cherche un éditeur?
- 8:37Et la réponse a été toute vide dans ma tête, non, je n'ai même pas cherché.
- 8:41Je n'ai pas cherché parce que je ne voulais pas qu'un éditeur me dise qu'on va couper parce que c'est too much, qu'on va se faire attaquer.
- 8:54Alors que moi, Philippe Lievski, personne ne va m'attaquer.
- 8:58Il n'y a rien à gagner.
- 8:59Mais si je suis chez L'Express, il y a des gens qui vont sentir le pognon.
- 9:07D'où que je n'ai pas demandé à personne, je ne sais même pas si l'Express m'a envoyé des bouquins, ni aux autres éditeurs avec qui j'ai travaillé pendant le passé.
- 9:17Je me suis dit, je vais le faire moi-même.
- 9:18En plus, je n'ai que ça à faire.
- 9:20Voilà.
- 9:23Ça, c'est la naissance du bouquin.
- 9:27Et puis le 2 mars, il est sorti.
- 9:29Et voilà.
- 9:31Ah oui, c'est récent.
- 9:33Oui, il est sortit le 2 mars.
- 9:36Je le vends en Belgique, France, Luxembourg, Suisse.
- 9:41Oui, les pays francophones.
- 9:43Voilà, un tout petit peu au Canada, mais presque rien.
- 9:47Je pense même pas que j'ai dix ventes au Canada, mais peut-être dix ventes en Afrique francophone.
- 9:53Vous n'avez pas voulu le traduire en anglais, non?
- 10:01Ça, c'est la femme avec qui je vis maintenant, qui est anglophone.
- 10:04Elle est très pigne.
- 10:07Elle veut le faire.
- 10:09Elle veut le traduire en anglais.
- 10:11Mais autant, il faut le dire, c'est facile pour moi sur le marché francophone, parce qu'il n'y a pas d'autre.
- 10:18Il n'y a pas de comment faire ceci ou cela.
- 10:22J'ai plein de bouquins sur l'espionnage, sur les espions.
- 10:27Sur le français, non mais alors c'est des bouquins philosophico-éthico-historico, ce que vous voulez.
- 10:33Moi c'est comment est-ce qu'on fait.
- 10:35C'est pratique, c'est du pratique.
- 10:38C'est du pratique, alors en français j'ai pas de concurrence, donc même si je suis à bout du monde à Pattaya, ça va, ça marche, ça marche même très bien.
- 10:47Mais si je le fais traduire en anglais, je me retrouve en compétition avec des gens à très sérieux calibres.
- 10:58Donc oui, pourquoi pas.
- 11:01Donc ma femme voulait le traduire.
- 11:04Elle a juste oublié un petit détail.
- 11:05Elle ne parle pas français.
- 11:07Mais il y a des outils, DeepL, c'est quand même pas mal, non?
- 11:12Ouais, ouais, ouais.
- 11:13Elle pourrait faire une première traduction avec DeepL.
- 11:17Et puis voir ce qui ne va pas, effectivement.
- 11:20Ouais, ouais, surtout.
- 11:27Effectivement, elle pourrait partir de la traduction d'« elle».
- 11:31On en parlait justement ces derniers jours.
- 11:34Je ne sais pas.
- 11:36Mais ça veut dire que moi, je ne suis pas capable de faire le marketing.
- 11:40Voilà, rien.
- 11:41Je parle anglais, mais je n'écris pas l'anglais parce que je fais trop de fautes.
- 11:44OK.
- 11:48On verra.
- 11:49C'est à l'étude.
- 11:51J'ai d'autres projets.
- 11:54D'accord.
- 11:57Une question, oui.
- 12:00À combien est-ce que vous évaluez les sources ouvertes par rapport aux sources fermées?
- 12:04Parce que quand on lit votre livre, on se rend compte que la grande majorité des infos sont accessibles pourvu qu'on se donne la peine de les chercher.
- 12:13Et puis, sources fermées, ça dépend pour qui.
- 12:16Oui, bien sûr, c'est les sources où il faut sortir de la ligne jaune pour avoir les informations.
- 12:23Voilà.
- 12:24Alors si vous questionnez les détectives privés, que ce soit en France ou en Belgique, ils vous diront tous non, nous jamais.
- 12:32Bien sûr.
- 12:33Et c'est pas vrai.
- 12:35Alors si, il y en a beaucoup qui ne dépassent jamais la ligne jaune.
- 12:39Et il y en a beaucoup qui sont des amis.
- 12:42Voilà.
- 12:45Dans les services.
- 12:47Dans les services, voilà.
- 12:52En France, je ne sais pas, mais en France, ça coûte cher, si vous faites prendre, mais en Belgique, non.
- 12:58Ah bon?
- 12:59La législation est plus clémente en Belgique?
- 13:03Je ne sais pas, mais je connaissais un détective en Belgique.
- 13:08Lui, il passait au ministère des Finances, sans se cacher, avec des enveloppes.
- 13:14Il déposait les enveloppes sur les bureaux.
- 13:19Il a fait toute sa carrière comme ça, mais sans jamais se cacher, tout le monde était au courant.
- 13:23Là, il y en a un de temps en temps qui s'est fait prendre, un fonctionnaire, et comme punition, il a été changé de bureau.
- 13:29En France, on démarre à un an de prison.
- 13:38Ça existe dans tous les pays du monde.
- 13:41C'est ça les sources.
- 13:42En Belgique, vous avez un registre qui n'existe pas en France, qui est ce qu'on appelle le registre national, où tous les citoyens vivant en Belgique sont inscrits avec leur date de naissance, leur adresse présente et passée, etc.
- 13:58Officiellement, c'est pas...
- 14:01Il faut être fonctionnaire pour y avoir accès.
- 14:04Mais avec le temps, il y a les fonctionnaires qui ont accès, les huissiers, les avocats, les employés des mairies, les compagnies d'assurance, enfin bon bref,.
- 14:16Tout le monde quoi.
- 14:19Oui, en fait, ce que je disais tout à l'heure sur le fait que de manière artisanale, on peut récupérer énormément d'informations.
- 14:29Ce n'est pas nouveau.
- 14:30Ce n'est pas nouveau, en fait, parce que...
- 14:34Oui, vous m'entendez?
- 15:09Bonne journée!
- 15:45Je vous rappelle dans deux minutes, maximum.
- 15:47D'accord, ça marche.
- 15:52Ils.
- 16:10Sont supposés être fermés et confidentiels.
- 16:13Enfin, pas tous, il y a des pays où c'est d'accord.
- 16:15À partir du moment où vous créez une base de données, il y aura toujours quelqu'un pour la vendre.
- 16:20Pour la forfiter et la vendre.
- 16:24Oui, toujours.
- 16:25Vous pouvez dire ce que vous voulez.
- 16:27Vous pouvez mettre des gens qui contrôlent les bases de données.
- 16:31Ce sont les contrôleurs qui voudront.
- 16:32Il n'y a pas de problème.
- 16:34Il y en a toujours un.
- 16:35Toujours.
- 16:36Mais pour répondre à votre question initiale, est-ce qu'on doit forcément devenir un prudent des fonctionnaires ou voir parfois des agents des services de renseignement pour faire des enquêtes, non.
- 16:48Avec les sources ouvertes et votre imagination, c'est-à-dire l'imagination, c'est le renseignement de source humaine, vous pouvez rester dans la légalité.
- 17:01Il n'y a pas besoin d'être dans l'illégalité.
- 17:04Une des raisons pour lesquelles j'ai quitté le boulot il y a quelques années puis que je l'ai repris, c'est parce que moi j'étais, avec mon associé de l'époque, dans l'illégalité et que ça ne m'occupe pas.
- 17:16Vraiment, ça ne m'occupait pas.
- 17:17Dès que j'entendais un ping-pong dans la rue, je me disais «ça y est, c'est bon».
- 17:20Ça attire la paranoïa.
- 17:23Non, je devenais fou.
- 17:25Je devenais littéralement fou.
- 17:27Pour rien en plus.
- 17:29Ça ne valait pas le coup.
- 17:31Et donc j'ai dit à mon associé que j'en avais marre.
- 17:33Il est parti avec les clients qui utilisaient ce genre de prestations et moi j'ai arrêté.
- 17:38J'ai continué exclusivement dans la légalité.
- 17:42Ce n'est pas parce que je suis gentil, c'est parce que j'en avais marre de sursauter dès que j'entendais la pompe.
- 17:49J'ai eu un peu la même histoire.
- 17:51Moi, dans une autre vie, j'ai bossé pour Kroll.
- 17:54Vous savez, le grand méchant loup.
- 17:57Et donc, c'était il y a presque 20 ans maintenant.
- 18:03Et effectivement aussi, j'étais dans la paranoïa et j'étais dans Dans le début de folie, hein, parce que...
- 18:13Ouais, ouais, ouais.
- 18:14On y passe tous.
- 18:15On y passe tous.
- 18:17Et moi, quand j'ai commencé dans le métier, que je voyais les autres, qui y étaient depuis des années, je me suis dit, mais c'est quoi ces connards?
- 18:24Genre, ils roulent en voiture, ils regardent dans le rétroviseur, ils regardent devant toi, imbécile.
- 18:28Et à un moment, je me suis aperçu qu'ils faisaient ça aussi.
- 18:31Je passais mon temps à regarder dans le rétroviseur.
- 18:35Quand je marchais dans la rue, je regardais dans les vitrines des magasins, pour voir s'il n'y avait pas quelqu'un.
- 18:45Inversement, quels sont les types d'informations qui échappent encore à la voracité des moteurs de recherche?
- 18:55Qu'est-ce qui échappe?
- 18:58Tout ce qui est à l'intérieur des portails, la plupart des portails ne sont pas référencés par Google.
- 19:05L'annuaire, c'est un portail.
- 19:08Il n'est pas référencé.
- 19:09Il ne faut pas imaginer des trucs top secret.
- 19:11Beaucoup de portails ne sont pas référencées.
- 19:14Ou alors l'entrée du portail est référencée mais son contenu ne l'est pas.
- 19:18Il y en a plein.
- 19:20La plupart des informations ne sont pas indexées par Google.
- 19:24On dit que c'est 10% à peu près.
- 19:26Vous le soulignez dans le livre.
- 19:3120% de mon cerveau, mais il n'y a jamais un grand maître de la psychopathie qui me l'a démonté.
- 19:36C'est possible.
- 19:37Pour avoir l'entièreté du web, il faut aller sur le dark web.
- 19:44Il faut y aller.
- 19:48Amusez-vous.
- 19:49Avec Thor, il n'y en a plus de préférence.
- 19:53Avec Thor, vous n'avez pas le choix.
- 19:58Le VPN ne vous protège pas quand vous êtes à l'intérieur de port.
- 20:06Enfin, il vous protège de la localisation, mais il ne vous protège pas des attaques.
- 20:12Donc, oui, le dark web, oui, j'y ai passé beaucoup de temps.
- 20:19Et je n'ai jamais rien acheté de ma vie.
- 20:24Jamais.
- 20:29C'est excitant, c'est pas ça?
- 20:32Je vois qu'il y a même des sites d'évaluation de tueurs professionnels.
- 20:47Est-ce qu'on vit l'âge d'or dans l'espionnage?
- 20:53Parce que tout le monde peut s'improviser espion maintenant, et notamment de la pire des manières qui est peut-être l'espionnage conjugal.
- 21:03On ne vit pas du tout l'âge-d'or dans l''espionnage parce que ce qui a de la valeur c'est ce qui est rare.
- 21:10Avec le nage dehors de l'espionnage, puisque tout le monde croit pouvoir le faire.
- 21:16C'est comme les mecs qui gagnaient des fortunes en faisant des photos de célébrités.
- 21:20Tout le monde a un téléphone portant maintenant.
- 21:23Le gars dont c'était le job, c'est plus compliqué.
- 21:27Pour les paparazzis,.
- 21:31Ça doit être un peu plus compliqué, la vie.
- 21:34Moi, dans l'investigation, je suis dans un créneau où...
- 21:40Particulier où je risque pas que quelqu'un vienne me marcher dessus.
- 21:44Donc moi je vois aucune différence en rien parce que le thème de ma boîte c'est on vous retrouve une personne que vous recherchez si elle n'est pas dans votre pays.
- 21:58Là par contre ça devient un peu compliqué de s'amuser tout seul avec son laptop.
- 22:09Est-ce que notre vie privée est-elle d'ores et déjà condamnée?
- 22:15Ça fait longtemps qu'il n'y a plus.
- 22:18Je vois des gens qui disent que c'est une attaque sur la vie privée.
- 22:23Déjà la première édition, c'était en 2010, je crois, c'était évident que ça n'existait plus.
- 22:33Là, non, il n'y a pas.
- 22:37La seule façon d'avoir une vie privée, c'est de ne pas être sur les réseaux sociaux.
- 22:43Si vous êtes sur les réseaux sociaux, c'est aussi de trouver où vous travaillez, où vous habitez.
- 22:48J'ai une journaliste là, il y a deux semaines, qui m'a proposé un jeu.
- 22:55Pour Planète.fr.
- 22:59Pardon, je n'ai pas entendu.
- 23:02C'est pour Planète.fr, et j'ai vu que c'était un gros truc d'enfant.
- 23:08Et elle me dit, ben voilà, qu'est-ce que vous pouvez trouver sur moi en une heure?
- 23:16J'ai trouvé d'abord qu'elle ne s'appelait pas tout à fait comme elle dit, j'ai trouvé sa date de naissance, j'ai trouvé deux adresses où elle ne vit plus, c'est vrai, son réseau familial, le fait qu'elle est actionnaire dans différentes
- 23:35entreprises, C'est beaucoup.
- 23:38À partir de là, ça c'est en une heure.
- 23:41À partir de là, vous avez tellement de filles à tirer que...
- 23:43Ah oui, et plein de photos d'elles.
- 23:46Plein, plein, plein.
- 23:49Oui.
- 23:50Dont certaines faisaient du porno.
- 23:52C'était pas du porno, loin de là.
- 23:54Mais ça faisait pas trop...
- 23:56Je suis journaliste économique.
- 23:58Ok.
- 24:01Il y avait rien de choquant, hein.
- 24:03Attention.
- 24:05Je recherche des infos sur les data brokers, vous savez, sur ces boîtes-là, type Axiom ou Experian, et j'avoue qu'ils sont très discrets.
- 24:20Est-ce que vous auriez des pistes, vous, ou est-ce que vous avez travaillé dessus?
- 24:23Non.
- 24:25Déjà parce que je n'ai pas le sentiment que ces gens vendent de la donnée personnelle.
- 24:32Ils vendent de la data de masse.
- 24:35Ça peut passer dans mon métier.
- 24:38Donc ces gens-là, ils sont très intéressants pour les marketeurs parce qu'ils vont vous faire un fichier de gens qui aiment le football et la moutarde.
- 24:51Moi, ça ne m'intéresse pas.
- 24:55Ça pourrait peut-être m'intéresser, mais alors pour mon propre marketing, Mais dans le cadre de mon boulot, non, parce qu'ils ne vendent pas des informations uniques.
- 25:06Vous, c'est du sur-mesure, pratiquement, on pourrait dire.
- 25:09C'est-à-dire que, je ne sais pas, vous avez peut-être eu une petite amie de vacances au Liban il y a 15 ans, et vous vouliez savoir si elle est toujours belle et célibataire.
- 25:21Mais je voulais quand même le savoir.
- 25:24Voilà, je vais la trouver.
- 25:26De préférence, le moins cher possible.
- 25:31En général, c'est plutôt des gens qui doivent de l'argent.
- 25:36Oui, c'est la recherche de débiteurs.
- 25:40Oui.
- 25:41C'est principalement de la recherche de débiteurs.
- 25:45Et ça peut être aussi l'inverse.
- 25:48Ça peut être aussi de la recherche d'héritiers pour donner de l'argent, où il y a trois semaines, j'ai eu un...
- 25:56Là, c'était rigolo.
- 25:57J'ai un cabinet d'avocats sud-africains qui me contacte J'ai trouvé un médecin pakistanais qui a travaillé en Afrique du Sud et qui est maintenant chirurgien à Dubaï.
- 26:07Pourquoi?
- 26:08Parce qu'il a fait des travaux en Afrique du Sud, il n'a jamais été payé et que si l'argent ne lui est pas viré tel jour, ça va dans les caisses de l'État Sud-Afrique.
- 26:18C'est sympa.
- 26:19Ça fait voyager et puis en plus c'est pour une bonne cause.
- 26:25C'est pour une bonne cause.
- 26:27Bon, je sais pas s'il a eu son argent, je suppose que oui.
- 26:32Mais moi, je m'arrête à la localisation.
- 26:34Je vais jamais plus loin.
- 26:34Je localise et c'est bon.
- 26:36D'accord.
- 26:38Et sur Palantir, vous avez des infos, peut-être, non?
- 26:41Vous avez travaillé un peu avec eux?
- 26:42Enfin, peut-être pas, mais Palantir.
- 26:48C'est une société qui vend, qui est proche des services américains, qui vend du moulinage de données pour les services de renseignement, et notamment...
- 27:00C'est Palantir, non, c'est pas comme ça que ça s'appelle.
- 27:03Palantir, oui.
- 27:05Oui, enfin bref, c'est un site, c'est des gens qui m'ont inspiré.
- 27:13En fait, eux, ils font de la recherche cartographique ou par photo.
- 27:20C'est formidable.
- 27:22Moi, je lisais leurs enquêtes.
- 27:24J'étais un peu déçu que leur truc de réseau de bénévoles dans le monde entier, ce n'était pas vrai.
- 27:32Mais bon,.
- 27:34Il n'en reste pas moins que le contenu.
- 27:37Vous m'avez dit que vous avez lu des enquêtes de Palantir.
- 27:41Elles sont disponibles sur le net ou vous les avez...
- 27:44Leur site?
- 27:45Il me semble que leur nom c'est pas Palantir, c'est autrement.
- 27:48C'est Palantir, comme P comme Papa.
- 27:51Pardon...
- 27:52Je confonds peut-être avec autre chose.
- 27:57C'est un...
- 27:58Mais non, c'est eux.
- 27:59En tout cas non, j'ai jamais été en contact avec eux.
- 28:01D'accord, d'accord.
- 28:03J'ai jamais été en contact.
- 28:06Merci beaucoup Philippe.
- 28:11Et votre livre, c'est quoi?
- 28:14C'est un livre sur les données personnelles et la vie privée pour les éditions de Noël que je rends le 1er septembre de cette année, donc j'ai encore le temps, et qui va être publié début 2022.
- 28:30Donc c'est une commande de Donald?
- 28:32Oui, c'est une commande.
- 28:33J'ai une avance, la moitié de l'avance pour l'instant et puis la moitié à l'acceptation du texte.
- 28:42Félicitations, c'est une belle maison.
- 28:47Ça sera le cas quand il sera terminé.
- 28:49Pour l'instant, je suis encore en train et j'interview des personnes.
- 28:55Ok, écoutez, toutes mes félicitations et une excellente continuation.
- 29:00A vous aussi.
- 29:02Merci beaucoup.
- 29:04Bonne journée.
- 29:05Au revoir.