Latest / À propos / Les bascules du monde #1 – La fin des certitudes
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- 0:00Le soir,
- 0:02repensons notre quotidien.
- 0:07Il y a des journalistes qui racontent les événements
- 0:10et il y a ceux qui les traversent.
- 0:11Pendant près de 50 ans,
- 0:12Pierre Haski a été témoin du moment où le monde a cessé d'être lisible.
- 0:16Il a vu les empires se défaire,
- 0:18les frontières s'effacer puis réapparaître.
- 0:21Il a vu la Chine se transformer en puissance mondiale,
- 0:23le Moyen-Orient devenir un foyer permanent de tensions
- 0:26et les certitudes de la guerre froide s'effondrer sans mode d'emploi.
- 0:30Il a été correspondant à l'étranger pour l'AFP,
- 0:33pour Libération.
- 0:34Il a fondé Rue89,
- 0:36décrypte la géopolitique pour France Inter et préside le conseil d'administration de Reporters sans frontières.
- 0:41Dans "La fin d'un monde",
- 0:43paru aux éditions Stock,
- 0:44Pierre Haski se raconte,
- 0:45raconte les transformations du monde au fil de 50 ans de carrière.
- 0:49Il est passé en studio,
- 0:50on l'a interrogé avec Béatrice Delvaux,
- 0:52notre éditorialiste en chef.
- 0:54Je m'appelle Pierre Fagnard et vous écoutez "Les bascules du monde",
- 0:58l'épisode 1,
- 0:59c'est la fin des certitudes.
- 1:05Bonjour Pieraski.
- 1:06Bonjour. Bonjour Béatrice Delvaux,
- 1:08notre éditorialiste en chef qui
- 1:09participe également à la réalisation de ce podcast.
- 1:12Pieraski, on l'a dit au lancement,
- 1:15vous revenez
- 1:16sur 50 ans de carrière dans
- 1:19"La fin d'un monde",
- 1:20votre dernier livre.
- 1:21Quand vous commencez cette carrière,
- 1:23justement, à quoi ressemble
- 1:25le monde dans lequel vous entrez ?
- 1:27Alors, c'est d'abord le monde de la guerre froide,
- 1:30puisque on
- 1:32est dans les années 70
- 1:33et que
- 1:34le monde est très binaire.
- 1:39et moi je.
- 1:42Conteste cette
- 1:43vision-là et je suis tiers-mondiste à l'époque.
- 1:46Je pense
- 1:47que le salut viendra du tiers-monde,
- 1:48comme on disait à l'époque,
- 1:50d'une 3e voie,
- 1:51d'une 3e voie et d'un
- 1:52du non-alignement de
- 1:54du fait
- 1:54que ces pays sont en train de s'émanciper
- 1:58et seront porteurs de
- 2:00d'un d'idées politiques et d'un d'une organisation du monde qui sera différente.
- 2:06Bon, c'est
- 2:07c'était un peu une illusion.
- 2:09Mais c'est à ça que ressemble le monde.
- 2:12Et moi,
- 2:12je suis très attiré
- 2:14par l'Afrique.
- 2:15C'est vers l'Afrique que je me
- 2:17dirige d'abord et je me retrouve
- 2:20dans mon premier poste en 1976 en
- 2:22Afrique du Sud.
- 2:23Et là,
- 2:23justement, vous savez,
- 2:24c'est on parlait de la guerre froide.
- 2:27J'étais, Je venais d'arriver en Afrique du Sud
- 2:29quand arrive
- 2:31Heinrich Kissinger,
- 2:33qui était encore
- 2:34aux affaires.
- 2:35Et qui vient en visite
- 2:37officielle en Afrique du Sud
- 2:39parce qu'il venait d'y avoir les émeutes de Soweto,
- 2:41y avait un une
- 2:42sorte, le
- 2:42volcan s'était
- 2:43allumé et il vient essayer
- 2:45de voir ce qui ce qu'il peut faire.
- 2:47Et donc c'est un.
- 2:50Il faut avoir vu
- 2:50Henry Kissinger dans sa vie
- 2:52pour comprendre ce que c'est que la puissance américaine
- 2:58quand elle arrive dans
- 2:58un pays en crise.
- 3:01C'est quelque chose d'assez
- 3:02d'assez frappant.
- 3:04quoi. C'est
- 3:04voilà, moi ça a été.
- 3:05C'est une image que je retiens
- 3:07de frappant parce que
- 3:09prétentieux ou par la puissance,
- 3:10par le
- 3:12l'impact que ça a dans
- 3:14un pays
- 3:15qui est un peu un pays paria.
- 3:16L'Afrique du Sud,
- 3:17elle deviendra encore plus
- 3:18dans les
- 3:19années suivantes,
- 3:19mais elle l'est déjà
- 3:20en partie.
- 3:22Et vous avez ce
- 3:23quand vous voyez passer la.
- 3:25La cavalcade
- 3:26de véhicules
- 3:28ou que vous voyez Heinrich Singer qui rentre dans le
- 3:30dans l'hôtel,
- 3:31et cetera.
- 3:32Vous avez ce
- 3:34tout est fait pour vous
- 3:35inspirer ce sentiment de puissance
- 3:37et les maîtres du monde arrivent.
- 3:39Quoi ? C'est vraiment comme ça que c'est.
- 3:42Que c'est
- 3:42présenté, que c'est
- 3:44ressenti, voilà,
- 3:46lancé au monde,
- 3:46mais comme une espèce de relique de l'impérialisme à ce moment-là,
- 3:49ou comme
- 3:50une queue de comète de
- 3:51l'impérialisme qui va continuer.
- 3:53Non, parce qu'on est en pleine guerre froide,
- 3:55donc c'est le leader du monde libre,
- 3:57c'est comme ça que c'est vécu.
- 3:58Et l'Afrique du Sud?
- 4:00? Joue là-dessus parce que l'Afrique du Sud,
- 4:02y a certes l'apartheid,
- 4:03mais elle joue,
- 4:04elle, sur le fait que
- 4:05nous sommes le bras avancé de la lutte contre le communisme.
- 4:09La route du Cap
- 4:11est essentielle pour la défense de l'Occident.
- 4:13Nos minerais,
- 4:14déjà les minerais à l'époque,
- 4:16étaient le
- 4:18au cœur de
- 4:19des débats.
- 4:20Et donc
- 4:21les Sud-Africains
- 4:24ont un rôle
- 4:25dans l'imaginaire de
- 4:26des Américains
- 4:27qui est celui de la défense de l'Occident.
- 4:30De postes avancés,
- 4:32exactement. Et ensuite,
- 4:33dans les années suivantes d'ailleurs,
- 4:34ça va,
- 4:35ça se
- 4:36traduira par la guerre en Angola,
- 4:40c'est tout ça.
- 4:40Ce sont des choses qui
- 4:41bouleversent le monde.
- 4:43Mais le prisme de la guerre froide s'impose
- 4:46en comme grille de lecture de
- 4:47tout. Et
- 4:49empêche de voir les conflits ou les
- 4:51crises pour ce qu'elles sont réellement.
- 4:53C'est à dire aussi
- 4:55bah le la majorité noire d'Afrique du Sud qui
- 4:57veut se libérer d'un système odieux,
- 4:59et cetera.
- 5:00Et si vous regardez ça que comme la
- 5:02par le prisme de la guerre froide,
- 5:03vous dites
- 5:03il faut défendre les
- 5:04le gouvernement sud-africain contre l'avancée du communisme.
- 5:07Et c'est évidemment pas
- 5:09la même
- 5:10lecture. Ouais,
- 5:10c'est même pas des
- 5:11œillères, c'est vraiment une espèce de
- 5:13des lunettes de vision qui font que ça
- 5:15donne une teinte à tout ce qu'on voit.
- 5:16Oui, vous savez,
- 5:17il y
- 5:17a cette série
- 5:18extraordinaire de
- 5:20Ken Burns
- 5:22sur le
- 5:22Vietnam, sur la guerre du Vietnam,
- 5:24sur les guerres du Vietnam,
- 5:25qui a
- 5:26été faite
- 5:26aux États-Unis
- 5:27pour, je crois que c'était HBO.
- 5:29Et il
- 5:30y a une interview de
- 5:32McNamara, qui était le ministre de la Défense,
- 5:34qui a fait tous les bombardements du Vietnam,
- 5:37qui a été vraiment un des
- 5:38hommes clés.
- 5:38de. des escalades,
- 5:39et cetera.
- 5:40Et à un moment,
- 5:41il dit dans cette
- 5:43dans une dans l'interview,
- 5:44il dit
- 5:45on a eu tort peut-être.
- 5:47Enfin, il y a une sorte d'aveu comme ça
- 5:49qui on a eu tort peut-être de ne regarder le Vietnam que sous l'angle
- 5:53de la guerre froide.
- 5:54Et il reconnaît qu'il y avait
- 5:56aussi un
- 5:58nationalisme vietnamien légitime qui
- 6:01voulait se débarrasser des emprises étrangères.
- 6:04Et c'est intéressant que qu'au soir de sa vie,
- 6:06des décennies après la fin de cette guerre,
- 6:09L'homme qui a
- 6:10qui a balancé le plus
- 6:12grand nombre de bombes
- 6:13sur le Vietnam
- 6:15fasse ce
- 6:16petit aveu
- 6:17que la grille de lecture de la guerre froide avait tout contaminé.
- 6:21Vous faites
- 6:21l'expérience comme ça de la guerre froide à travers votre
- 6:25vie, à travers votre pratique professionnelle.
- 6:28Quand le mur de Berlin tombe,
- 6:30vous êtes où ?
- 6:31Alors, je suis à Libération à Paris,
- 6:34mais il se
- 6:35trouve que
- 6:35peu de temps avant,
- 6:37j'étais à Prague
- 6:39et j'étais
- 6:41j'ai assisté à une scène.
- 6:43Qui, rétrospectivement,
- 6:45était extraordinaire.
- 6:46C'est que
- 6:46vous savez que pendant l'été 89,
- 6:50donc peu avant la chute du mur,
- 6:52les étudiants est-allemands ont commencé
- 6:54à occuper
- 6:56des missions diplomatiques ouest allemandes à Berlin est,
- 6:59à Budapest,
- 7:00et cetera.
- 7:00Et à Prague,
- 7:02y avait
- 7:021200 étudiants
- 7:04est-allemands qui campaient
- 7:06dans le jardin
- 7:07de la résidence de l'ambassadeur ouest allemand.
- 7:09Donc y avait une situation
- 7:12de crise.
- 7:12Tchèques ne voulaient pas
- 7:14désavouer leurs collègues,
- 7:16leurs camarades
- 7:17est-allemands et donc c'était complètement bloqué.
- 7:21Il y avait
- 7:22cette crise
- 7:23et il y a une délégation française qui devait aller à une foire commerciale.
- 7:26Et je m'étais
- 7:27immiscé dans cette délégation et je me suis retrouvé à Prague
- 7:30en septembre
- 7:33et dans ce climat de
- 7:35crise réelle.
- 7:37Et l'ambassadeur de
- 7:37France avait décidé de
- 7:39faire un dîner avec les dissidents.
- 7:42Tchèque et donc il avait invité
- 7:44Havel n'était pas là.
- 7:45Vaslav Havel,
- 7:45qui sera par la suite président,
- 7:47était pas là,
- 7:47mais c'était tous ses copains qui étaient là
- 7:49et l'ambassadeur était venu me voir.
- 7:52Il m'avait dit OK,
- 7:53je vous invite au dîner,
- 7:54mais surtout vous n'écrivez pas que vous les
- 7:56avez rencontrés à l'ambassadeur.
- 7:57Ençade de
- 7:57France, y avait une sorte
- 7:58de terreur de créer un incident diplomatique,
- 8:01et cetera.
- 8:01On est en septembre
- 8:03et donc
- 8:04on arrive au dîner,
- 8:05une ambiance de
- 8:07joie, de
- 8:08gaieté. Ils buvaient comme des trous,
- 8:10c'était très joyeux
- 8:11et la raison pour laquelle ils étaient joyeux,
- 8:14c'est que
- 8:15ils nous disaient.
- 8:16Nous savons que ce régime est foutu,
- 8:17ça prendra peut-être encore 10
- 8:19ans, mais ils sont,
- 8:20mais c'est
- 8:20bientôt fini.
- 8:20quoi. Et
- 8:212 mois après,
- 8:23ils étaient au palais
- 8:24de Prague
- 8:26avec Vaclav Havel,
- 8:26président, qui
- 8:28demandait à Frank Zappa de redessiner
- 8:30les costumes de la garde
- 8:32royale, et il faisait
- 8:33du roller dans les longs couloirs du palais
- 8:36pour aller d'un bureau à l'autre,
- 8:38et il pensait que les
- 8:40acteurs mêmes
- 8:41de cette situation
- 8:43n'étaient pas du tout dans la temporalité
- 8:45qui allait être.
- 8:47Cette accélération incroyable,
- 8:49c'est ça fait rêver sur la manière dont les choses se produisent parfois
- 8:52sans qu'on,
- 8:54sans qu'on les maîtrise,
- 8:55sans qu'on les
- 8:56voit venir.
- 8:57Donc voilà,
- 8:57Ben c'est
- 8:59mon mur de Berlin à moi.
- 9:00C'est cette anecdote
- 9:01qui montre à quel point parfois ça se,
- 9:05ça va très vite.
- 9:06L'autre chose,
- 9:07dans cette période que moi qui
- 9:08m'avait marqué,
- 9:10j'étais à Dresde,
- 9:11donc en Allemagne de l'Est,
- 9:13en RDA encore.
- 9:15En décembre
- 9:1689, lorsqu'il
- 9:18y a eu la première manifestation
- 9:20où les gens ont crié le slogan de la réunification,
- 9:23donc y avait
- 9:24le mouvement était déjà bien lancé,
- 9:27y avait,
- 9:28mais y avait encore une incertitude
- 9:30sur quoi ça allait déboucher.
- 9:32Et pour la première fois dans cette manifestation,
- 9:34qui était un rituel tous les
- 9:36tous les lundis,
- 9:37je crois,
- 9:37ou vendredis,
- 9:38je sais plus.
- 9:38Une fois par semaine en tout cas,
- 9:39y avait cette manifestation,
- 9:41les gens se sont mis à lancer des slogans pour la réunification.
- 9:45Et il se trouve que Mitterrand,
- 9:47François Mitterrand,
- 9:47président français à l'époque,
- 9:49arrivait à Berlin Est ce jour-là.
- 9:51Donc je
- 9:52fonce, je quitte la manifestation,
- 9:54je fonce à Berlin Est pour
- 9:56être là au moment de l'arrivée de la délégation française.
- 9:59Et je
- 10:00raconte à des membres de la délégation,
- 10:02les conseillers que
- 10:03je connais,
- 10:04je leur raconte ce que je viens de voir
- 10:07à quelques
- 10:07heures plus tôt le
- 10:07slogan pour la réunification.
- 10:09Et il y en a pas un qui m'a cru.
- 10:11Pour eux,
- 10:11c'était 3 zozos qui avaient lancé un slogan,
- 10:14que ça n'avait aucune chance,
- 10:15aucune réalité,
- 10:16que personne
- 10:17ne permettrait cette réunification et que
- 10:20c'était peine perdue et qu'il fallait surtout oublier ça.
- 10:23Et d'ailleurs,
- 10:24cette visite a été un désastre parce que Mitterrand y était allé pour
- 10:27conforter la RDA
- 10:31dans une relation très complexe avec Helmut Kohl,
- 10:34le chancelier allemand de l'époque,
- 10:35parce que
- 10:36Mitterrand avait peur que
- 10:38une réunification
- 10:39trop rapide.
- 10:41fasse tomber Gorbatchev.
- 10:43Et Mitterrand avait vu Gorbatchev peu de temps avant,
- 10:46et il était revenu avec cette phrase.
- 10:48Il racontait que Gorbatchev lui avait dit
- 10:51"S'il y a la réunification allemande,
- 10:52il y aura un général à ma place."
- 10:54Alors il y a eu un coup d'État,
- 10:56tenté deux
- 10:57ans plus tard,
- 10:57mais ça n'avait plus rien à voir.
- 11:00Et donc
- 11:01il y avait,
- 11:01voilà, c'était le contexte de l'époque.
- 11:03Donc la chute du mur,
- 11:03pour moi,
- 11:04c'est un.
- 11:04Ça veut dire
- 11:05vraiment incroyable.
- 11:06que les hommes politiques,
- 11:07finalement, sont
- 11:08les moins bien placés pour comprendre le monde quand ils
- 11:11Quelqu'un comme
- 11:12François Mitterrand
- 11:14était d'une autre époque.
- 11:15Il était de
- 11:17marqué encore de cette génération qui était marquée par
- 11:19la Seconde Guerre mondiale.
- 11:21Il était d'accord avec
- 11:23François Mauriac qui disait "J'aime tellement l'Allemagne que je préfère qu'un ait deux."
- 11:26C'est cette
- 11:27phrase très célèbre dans le à
- 11:30l'époque. Et il avait.
- 11:34Très peur que
- 11:35l'ordre international
- 11:38s'écroule, mais il
- 11:39s'est, il a été
- 11:41échangé, mais il a
- 11:42et qu'il s'écroule dans le chaos.
- 11:45En décembre,
- 11:47pareil, 89,
- 11:49j'ai accompagné Mitterrand
- 11:51à Kiev,
- 11:52qui était encore l'u rss,
- 11:54pour rencontrer Gorbatchev.
- 11:57Et y a ces,
- 11:58vous savez,
- 11:58c'est ces petits détails qui font le miel des journalistes,
- 12:02qui nous
- 12:04permettent de
- 12:04raconter une ambiance.
- 12:06Donc, on est en décembre,
- 12:07il fait très froid.
- 12:08Mitterrand descend de la passerelle de son avion
- 12:11et Gorbatchev l'attend
- 12:12en bas.
- 12:13Et le premier geste que fait Gorbatchev,
- 12:14c'est de lui prendre la chapka que
- 12:16Mitterrand avait sur la tête et la mettre à
- 12:17l'endroit parce que Mitterrand l'avait mise à l'envers.
- 12:19Et ce geste
- 12:21affectueux montrait
- 12:23l'enjeu de la rencontre qui était.
- 12:25De concocter ensemble
- 12:28une façon de
- 12:29tenir tête à Kohl qui voulait accélérer le processus.
- 12:32Et voilà,
- 12:34vous imaginez
- 12:36le contexte.
- 12:36On a oublié tout ça
- 12:38parce qu'aujourd'hui
- 12:39tout ça s'est bien terminé,
- 12:41sans drame,
- 12:42qu'on avait en plus des dirigeants
- 12:44responsables, Gorbatchev,
- 12:45Kohl, Mitterrand,
- 12:48Bush père
- 12:49à Washington.
- 12:50Ils ont.
- 12:51Su gérer la période d'incertitude qui a été majeure
- 12:56ensemble, alors que voilà,
- 12:58y avait a beaucoup de craintes.
- 13:00À l'époque,
- 13:01on se disait,
- 13:02mais les ingénieurs
- 13:03du nucléaire soviétique ne sont plus payés,
- 13:06les têtes nucléaires vont se retrouver entre les mains de terroristes,
- 13:08et cetera.
- 13:08Y avait plein de
- 13:09fantasmes. y avait.
- 13:11Le risque
- 13:13de guerre,
- 13:14de réveil des querelles frontalières.
- 13:16Les Hongrois voulaient récupérer
- 13:18un bout de la Roumanie qui leur avait
- 13:21été enlevé
- 13:21après la Première Guerre mondiale.
- 13:23Tout ça aurait pu très mal
- 13:25tourner, comme
- 13:26ça a
- 13:27mal tourné en Yougoslavie,
- 13:28et ça aurait pu être ça.
- 13:31À l'échelle européenne,
- 13:32et ça n'a pas été le cas.
- 13:34Voilà, et c'est la grande différence avec aujourd'hui,
- 13:36c'est qu'on a
- 13:36la remise en cause de l'ordre mondial aujourd'hui,
- 13:39mais avec
- 13:39des gens
- 13:40qui sont beaucoup moins responsables que
- 13:42ceux de
- 13:43que j'ai cités.
- 13:44Donc que
- 13:44ce soit Poutine ou.
- 13:46Ou Trump,
- 13:46ou d'autres,
- 13:50et un monde
- 13:52dans lequel il y a des guerres majeures qui se déroulent.
- 13:54Donc c'est un
- 13:54c'est un contexte très
- 13:56différent. Juste
- 13:57en un mot pour finir cette partie,
- 13:59vous l'avez dit à ce moment-là,
- 13:59on a un peu.
- 14:00C'est difficile en tout cas de se rendre compte à quel point est-ce que
- 14:03l'histoire s'accélère autour de nous.
- 14:04est-ce que
- 14:05il y
- 14:05a quand même une partie de vous qui se dit
- 14:08ça devient de plus en plus difficile à lire et le monde se complexifie
- 14:12à l'époque ?
- 14:13Ouais. Il fallait inventer une nouvelle
- 14:16grammaire du monde,
- 14:17comme on dit,
- 14:18parce que
- 14:19tous les repères qu'on avait,
- 14:20Ben comme je disais tout à l'heure,
- 14:22qui étaient ceux de la guerre froide,
- 14:23se sont écroulés.
- 14:24Donc il fallait réinventer
- 14:26les la compréhension du monde.
- 14:29Et ça
- 14:29a été d'ailleurs une période.
- 14:32Les années 90 ont été,
- 14:33de ce point de vue là,
- 14:34formidables parce que
- 14:35c'est la seule période dans laquelle
- 14:37il y avait plus
- 14:39de il
- 14:41y avait plus ce verrou de
- 14:42la guerre froide et tout était.
- 14:44Est redevenu possible.
- 14:45Et d'ailleurs,
- 14:45c'est le seul moment
- 14:46où les Nations
- 14:47unies ont véritablement joué leur rôle.
- 14:48Il y a eu des grandes avancées comme
- 14:50la Cour pénale internationale,
- 14:52toutes les
- 14:52la justice internationale.
- 14:53Il y a eu la fin de guerre
- 14:56qui était.
- 14:57maintenus en éveil
- 14:58par la guerre froide.
- 14:59On a eu l'indépendance de la Namibie,
- 15:02on a
- 15:03eu la fin de l'apartheid,
- 15:04on a
- 15:05eu le départ des Cubains d'Angola.
- 15:07Tout ça a
- 15:08été rendu possible
- 15:09par le
- 15:12fait d'enlever
- 15:15cette chape
- 15:16de la guerre froide.
- 15:17Oui, c'est ça,
- 15:17ce duel permanent
- 15:18qui régissait tout.
- 15:19Et tout d'un coup,
- 15:19la Namibie,
- 15:20ça devenait
- 15:21une guerre de
- 15:22décolonisation d'un territoire qui s'était retrouvé
- 15:25entre les mains de l'Afrique du Sud
- 15:26pour des mauvais
- 15:32Vous venez d'écouter l'épisode
- 15:341 des bascules du monde,
- 15:35un podcast en quatre épisodes dans lequel le journaliste Pierre Haski
- 15:38retrace la marche du monde à travers ses bouleversements historiques.
- 15:41Tous les épisodes et tous nos podcasts sont à écouter sur votre plateforme préférée,
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