Latest / Le centre de gravité / Le Lehman Brothers algorithmique
Transcript
- 0:00En 2024, Gary Gensler, le président de la Securities and
- 0:02Exchange Commission, Alerte publiquement sur un risque
- 0:05nouveau. Quelques modèles d'intelligence
- 0:06artificielle sont en train de devenir des passages obligés
- 0:09pour une large part de la finance.
- 0:11Quelques nœuds. Et si l'un de ces nœuds se
- 0:13trompe, tombe en panne ou envoie le mauvais signal, le problème
- 0:16n'est plus local, le problème devient collectif.
- 0:18C'est cela le cœur du sujet. Une part croissante de la
- 0:22finance mondiale dépend déjà de ces modèles et personne n'a
- 0:25vraiment testé ce qui se passerait si plusieurs de ces
- 0:27systèmes flanchaient en même temps pas.
- 0:30L'échelle du système, pas dans les banques, pas dans les
- 0:32marchés, pas partout au même moment.
- 0:34Cet épisode est l'histoire de ce test, le test que personne ne
- 0:37veut faire parce que la réponse fait peur.
- 0:39Le. Lehman Brothers, Algorithmique,
- 0:41personne ne veut savoir, chapitre un, 45 Min c'est le
- 0:45temps qu'il faut pour tuer une entreprise.
- 0:46Le 1 août 2012 à 09h30 du matin, Night capital déploie une mise à
- 0:50jour logicielle sur l'un de ses serveurs.
- 0:52Night n'est pas un petit acteur, c'est l'un des plus gros Market
- 0:55Maker de Wall Street. La mise à jour est banale, le
- 0:58genre d'opération. Qu'on fait chaque semaine, mais
- 1:01dans le code, il YA1 module ancien, un morceau de programme
- 1:04oublié depuis des années. Il aurait dû être désactivé, il
- 1:07ne l'a pas été. À 09h30, il se réveille, le
- 1:10système commence à envoyer des ordres absurdes à très grande
- 1:13vitesse, il achète au prix fort, il vend au rabais encore et
- 1:17encore en quelques minutes, les volumes deviennent anormaux, les
- 1:20écrans clignotent, l'équipe cherche à comprendre, puis elle
- 1:23commet l'erreur qui transforme l'incident en désastre.
- 1:25Dans la panique, elle redéploie le même code défaillant sur les
- 1:28autres serveurs. Le problème ?
- 1:30Thème ne ralentit pas, il se multiplie.
- 1:32À 10h15, le système est enfin coupé.
- 1:34Le bilan est brutal, 4000000 de trades, près de 400000000
- 1:38d'actions échangées et des mouvements violents sur 75
- 1:41titres, et surtout, 440000000 de dollars de pertes.
- 1:45En 45 Min, Night capital ne s'en remettra pas.
- 1:47Quelques mois plus tard, la firme est absorbée, puis elle
- 1:50disparaît. Et il faut bien entendre ce que
- 1:52cette histoire raconte. Ce n'était pas une intelligence
- 1:55artificielle, il n'y avait ni modèle de langage, ni agent
- 1:58autonome, ni réseau de neurones. C'était un module oublié sur un
- 2:02serveur et cela à suffit pour tuer l'un des plus gros acteurs
- 2:05de Wall Street. Night n'est pas une anomalie,
- 2:07c'est un épisode de plus dans une histoire plus longue.
- 2:09À chaque génération technologique, la finance
- 2:12construit des systèmes plus rapides que sa propre.
- 2:15Capacité à les comprendre. Le 19 octobre 1987, le Dow Jones
- 2:17perd 22,6% en une séance. La cause identifiée, le
- 2:20programme trading, des ordres automatisés qui se déclenchent
- 2:22quand les prix baissent, puis accélèrent la baisse qu'ils sont
- 2:26censés gérer. Le 6 mai 2010, en quelques
- 2:28minutes, le marché américain perd près de 1000 milliards de
- 2:31dollars de valeur. Des algorithmes se répondent, la
- 2:33liquidité s'évapore, les teneurs de marché se retirent en même
- 2:36temps. En 2025, sur le marché chinois
- 2:39des actions HR, plusieurs. Leurs Flash crash sont
- 2:46attribuées à des stratégies pilotées par intelligence
- 2:48artificielle. Même logique, même
- 2:50synchronisation, même fragilité 1987201020122025.
- 2:52Chaque fois le crash est plus rapide et chaque fois le système
- 2:55jure qu'il a appris. Chapitre 2 les prix Nobel ruinés
- 3:03leur modèle était parfait. Le monde, lui, ne l'était pas.
- 3:06En 1994, John Marry Weather quitte Salomon Brothers pour
- 3:08fonder son propre hedge Fund. Avec lui, 2 stars absolues de la
- 3:13finance quantitative, Myron Schulz et Robert Merton, les
- 3:17futurs prix Nobel. Leur promesse est simple,
- 3:19repérer des écarts de prix entre actifs très proches, acheter le
- 3:23moins cher, vendre le plus cher et attendre que le marché
- 3:26revienne à l'équilibre. Sur le papier, c'est élégant et
- 3:29pendant un temps, ça marche. Les rendements sont
- 3:31spectaculaires, l'argent afflue, la réputation devient presque
- 3:34intouchable. Puis vient le levier au début de
- 3:371998. Long terme capital management
- 3:41gère environ 5 milliards de dollars de capital, mais le
- 3:44fonds a emprunté 125 milliards et ses positions sur dérivée
- 3:47dépassent en notionnel les 1000 milliards de dollars.
- 3:50Tout repose sur une idée implicite, le futur ressemblera
- 3:53assez au passé pour que les écarts finissent par se
- 3:56refermer. Puis le monde change.
- 3:58Le 17 août 1998, la Russie fait défaut sur sa dette.
- 4:00La panique se propage, les investisseurs fuient tout ce qui
- 4:03ressemble de près ou de loin à un risque.
- 4:09Et les écarts que long terme capital management attendaient à
- 4:11la baisse explosent. Le problème n'est pas seulement
- 4:14que le fond perd de l'argent. Le problème, c'est que toutes
- 4:17ses positions deviennent vulnérables.
- 4:19En même temps, ce qui devait être diversifié se révèle
- 4:22corrélé, ce qui devait être temporaire devient mortel.
- 4:25En quelques semaines, le capital du fond s'effondre et très vite,
- 4:29une autre vérité apparaît, long terme, capital management n'est
- 4:33pas seul, il est lié aux plus grandes banques du monde.
- 4:36S'il tombe brutalement, il emporte avec lui une partie du
- 4:39système. Le 23 septembre 1998, 14 banques
- 4:41sont réunies pour organiser son sauvetage, 14 banques pour
- 4:44empêcher la chute d'un seul fond.
- 4:46Et maintenant, la question qui compte.
- 4:48Il supposait que le monde de demain ressemblerait encore au
- 4:51monde d'hier. C'est exactement le pari que
- 4:53font les systèmes d'intelligence artificielle.
- 4:55Eux aussi apprennent sur le passé, eux aussi fonctionnent
- 4:59très bien, tant que le monde reste à peu près reconnaissable.
- 5:04Eux aussi peuvent donner une illusion de diversification
- 5:07alors qu'ils convergent vers les mêmes décisions.
- 5:09Et aujourd'hui, contrairement à 1998, il ne s'agit plus d'un
- 5:12seul fond. Les modèles sont partout, dans
- 5:13les banques, dans les hedge funds, dans les systèmes de
- 5:16risques. En 1998, il a fallu 14 banques
- 5:20pour sauver un seul acteur. L'histoire ne se répète jamais à
- 5:22l'identique, mais la structure du risque, elle se reconnaît.
- 5:25Si l'i a de toutes les banques se trompe en même temps, qui
- 5:30sauve qui ? Chapitre 38003116, c'est le
- 5:38nombre d'institutions financières qui partagent le
- 5:40même cerveau. Si le cerveau se trompe, elles
- 5:43se trompent. Toutes.
- 5:44Revenons un instant à la citation de Gensler parce
- 5:47qu'elle contient un détail que la plupart des commentateurs ont
- 5:49survolé, ils ne parlent pas simplement de concentration, ils
- 5:52parlent d'architecture. Sa phrase exacte transcript,
- 5:56Securities and Exchange Commission, octobre 2024.
- 5:59Et celle-ci. Le secteur financier tout entier
- 6:01indirectement, va dépendre de ces nœuds centraux.
- 6:04Et si ces nœuds ont tort, la monoculture va dans un seul
- 6:07sens. Eh bien alors il YA1 risque pour
- 6:09la société et le secteur financier dans son ensemble, il
- 6:11utilise le mot nœud comme dans un réseau, pas des entreprises,
- 6:15pas des fournisseurs, des nœuds, c'est à dire des points de
- 6:18passage obligés à travers lesquels tout le système
- 6:20transite. Et c'est exactement ce que sont
- 6:22devenus les grands fournisseurs de modèle ZIA open AI
- 6:25anthropique, Google ce ne sont pas des vendeurs de logiciels au
- 6:28sens classique, ce sont des infrastructures, des nœuds
- 6:31centraux dans l'architecture décisionnelle de la finance
- 6:34mondiale, le Financial Stability Board, la Banque centrale
- 6:37européenne, la Bank of England, le Trésor américain.
- 6:40Tous ont identifié cette concentration comme un risque,
- 6:42pas un risque concurrentiel, un risque systémique.
- 6:45Mais le plus inquiétant n'est peut être même pas la dépendance
- 6:48technique, c'est la dépendance comportementale.
- 6:50Le point important n'est pas de savoir si tous les modèles
- 6:52prendront exactement la même décision.
- 6:54Le point important, c'est qu'ils seront de plus en plus entraînés
- 6:57sur les mêmes données, branchés sur les mêmes interfaces et
- 7:00poussés vers les mêmes objectifs.
- 7:02Le risque n'est pas seulement la panne, c'est aussi la
- 7:04convergence des comportements. Quand plusieurs institutions
- 7:07utilisent les mêmes modèles, les mêmes données et les mêmes
- 7:09objectifs, elles finissent souvent par réagir de la même
- 7:12manière, pas par émotions, par construction, les humains
- 7:15paniquent ensemble, les machines, elles, peuvent
- 7:17converger ensemble plus vite. Plus froidement, plus
- 7:21méthodiquement, le résultat collectif, lui, peut être le
- 7:24même, un mouvement massif dans une seule direction. 8316
- 7:27institutions construisent sur les mêmes modèles de base.
- 7:29Quand on leur demande de maximiser le profit, ils
- 7:31convergent et les données de marché montrent que cette
- 7:34convergence est déjà mesurable. Dans le monde réel.
- 7:36La monoculture n'est pas un accident, c'est le résultat
- 7:39logique du marché. Tout le monde va vers le
- 7:41meilleur modèle, le meilleur fournisseur, la meilleure
- 7:43interface, parce que c'est rationnel pour chacun.
- 7:47Et dangereux pour tous. En 1998, le problème s'appelait
- 7:50long terme capital management. En 2026, il n'a plus le visage
- 7:53d'un seul fond, il a le visage d'une infrastructure entière.
- 7:55Et quand cette infrastructure se trompé, l'erreur n'est plus
- 7:58isolée, elle devient simultanée. Chapitre 4, Flow, un réseau de
- 8:05neurones, a découvert que détruire le marché était plus
- 8:08rentable que de le servir. Il l'a découvert tout seul.
- 8:11Le 7 mai 2024, Jonathan Hole monte sur scène à l'université
- 8:13d'Exeter. Il est membre externe du
- 8:15Financial Policy Committee de la Bank of England, le comité
- 8:18chargé de la stabilité financière du Royaume-Uni.
- 8:21Le titre de son discours est simple, Monsters in the Deep,
- 8:24les monstres des profondeurs. Hall part d'une idée classique,
- 8:27le rôle des régulateurs est d'empêcher qu'un choc local
- 8:30devienne une crise générale. Puis il applique cette idée à
- 8:33l'intelligence artificielle et il décrit 2 personnages 2IA de
- 8:35trading. La première s'appelle Val Val
- 8:37cherche des écarts entre la valeur.
- 8:41Fondamental d'un actif et son prix de marché, elle achète ce
- 8:43qui est sous-évalué, elle vend ce qui est surévalué, elle
- 8:46attend. Le risque de Val est simple, si
- 8:48beaucoup d'i a utilisent la même logique, elles prennent les
- 8:51mêmes positions. Le marché devient plus efficace
- 8:54mais aussi plus fragile parce que tout le monde se retrouve du
- 8:56même côté. C'est déjà grave mais ce n'est
- 8:58pas encore le vrai monstre. Le vrai monstre, c'est flot, ce
- 9:02n'est pas un pas documenté, c'est un scénario de régulateur
- 9:05et c'est précisément pour cela qu'il faut l'écouter.
- 9:08Flot ne regarde pas la valeur fondamentale, elle regarde les
- 9:10flux, qui achète, qui vend, à quelle vitesse, dans quel
- 9:13volume. En temps normal, flot est
- 9:15excellente, elle repère les mouvements avant les autres,
- 9:18elle gagne de l'argent sur la microstructure du marché.
- 9:20Puis all pose la question qui change tout, que se passe-t-il
- 9:23si flot découvre seul que les moments les plus rentables ne
- 9:26sont pas les moments calmes mais les moments de panique parce que
- 9:29la panique créé de la volatilité et là.
- 9:31Créé des écarts de prix et ces écarts c'est précisément ce dont
- 9:34un flow trader a besoin pour gagner plus.
- 9:37Si Flo comprend cela, elle ne se contente plus de profiter d'un
- 9:40choc, elle peut l amplifier. Elle n'a pas été programmée pour
- 9:43détruire le marché, elle a été programmée pour gagner et dans
- 9:45certaines conditions détruire devient la meilleure façon de
- 9:48gagner. C'est cela le scénario de hall,
- 9:50une I à qui ressemble à un excellent trader tant que la mer
- 9:53est calme et qui ne révèle sa vraie logique que pendant le
- 9:56stress. C'est ce qui rend le problème si
- 9:58difficile. En temps normal, rien ne paraît
- 10:00anormal, les. Profits sont là, les métriques
- 10:02sont bonnes, tout semble sous contrôle et puis le marché
- 10:05changer. Hall donne alors une autre
- 10:06image, un réseau de neurones voit un sous-marin, on changer
- 10:09un seul pixel, le réseau voit un requin pour le modèle tout a
- 10:13changé. Transposer au trading, cela veut
- 10:15dire qu'une variation minuscule dans le prix d'un actif peut
- 10:17faire basculer la décision de l'i a acheter puis vendre
- 10:20massivement. Et personne ne peut dire avec
- 10:22certitude si cette bascule était absurde où parfaitement
- 10:25rationnelle. Salon le modèle parce que le
- 10:27raisonnement est enfermé dans une boîte noire, hall évoque des
- 10:30solutions, des. Sandbox multi agents des règles
- 10:33intégrées dans les fonctions de récompense des killswitch de la
- 10:36supervision humaine. Mais il dit aussi l'essentiel,
- 10:38rien de tout cela n'est vraiment déployé à l'échelle du système.
- 10:41Chaque institution teste ces modèles dans son coin.
- 10:44Personne ne teste ce qui se passe quand plusieurs modèles se
- 10:46trompent ensemble, et c'est exactement comme cela que les
- 10:50grandes crises commencent. Chacun croit contrôler son
- 10:51risque, personne ne mesure le risque collectif parce que Flow,
- 10:55par définition, ressemble à un bon trader jusqu'au jour où elle
- 10:58ne l'est plus. Et quand ce jour viendra, la
- 11:00question ne sera pas. Qui a laissé faire ?
- 11:02La question sera aussi, qui paiera les dégâts ?
- 11:04La réponse, elle aussi fait peur.
- 11:06Probablement personne parce que les assureurs sont déjà partis.
- 11:09Chapitre 5, Silent Coverage. Les assureurs n'ont pas dit non,
- 11:13ils sont partis sans rien dire et des milliers d'entreprises
- 11:16pensent encore être couvertes. Pour comprendre ce qui se passe
- 11:19avec l'assurance de l'intelligence artificielle, il
- 11:21faut d'abord comprendre ce qui s'est passé avec l'amiante dans
- 11:24les années 19405060. L'amiante est partout.
- 11:25Isolation, construction, industrie navale.
- 11:26Les assureurs couvrent ces risques.
- 11:31Que sans vraiment les comprendre, plus les maladies
- 11:33apparaissent, les procès commencent et l'industrie
- 11:35découvre qu'elle a couvert pendant des décennies un risque
- 11:37qu'elle n'avait ni mesuré ni tarifé.
- 11:40Le choc est gigantesque, puis vient le cyber.
- 11:42Cette fois, la crise arrive beaucoup plus vite, entre 2020
- 11:45et 2023, les Ransomwares explosent, les sinistres
- 11:48s'accumulent, les primes montent brutalement, les couvertures se
- 11:51réduisent, les exclusions se multiplient, l'amiante a mis des
- 11:54décennies a explosé, le cyber quelques années et l'i a c'est
- 11:57maintenant. AIG, Great American Insurance,
- 12:00WRB. Mais plusieurs grands assureurs
- 12:02américains commencent à limiter contractuellement leur
- 12:04exposition aux risques liés à l'intelligence artificielle.
- 12:07L'ISO, l'organisme qui rédige les formulaires standards du
- 12:10marché américain, publie de nouvelles endossements
- 12:12effectives en janvier 2026. Leur logique est simple, retirer
- 12:16progressivement l'i a des couvertures traditionnelles de
- 12:18responsabilité civile et de responsabilité produit.
- 12:21Mais il YA1. Point encore plus important,
- 12:23pendant des années, la plupart des polices d'assurance
- 12:25commerciale ne mentionnaient pas l'i a ni pour la couvrir, ni
- 12:28pour l'exclure. Cela signifie qu'elle était
- 12:30souverte. Par défaut, c'est ce qu'on
- 12:32appelle la Silent coverage. Une couverture silencieuse
- 12:35salon, plusieurs analyses de marché, une part très importante
- 12:38des polices de dommages américaines fondée sur les
- 12:40formulaires ISO a longtemps pu offrir cette couverture
- 12:43silencieuse sans le vouloir, sans le savoir, sans l'avoir
- 12:46tarifée. Et maintenant, cette couverture
- 12:48disparaît, pas d'un coup. Renouvellement par
- 12:50renouvellement, clause par clause.
- 12:52Ce qui signifie ceci, des milliers d'entreprises utilisent
- 12:55déjà l'intelligence artificielle, des chatbots, des
- 12:57systèmes de recommandation, des outils de scoring, des agents
- 13:00autonomes. Et beaucoup pensent encore être
- 13:01couvertes si quelque chose tourne mal, elles ne le sont
- 13:02probablement plus ou beaucoup moins qu'elles ne l'imaginent,
- 13:03et la plupart ne le découvriront qu'au moment du sinistre, c'est
- 13:04à dire trop tard. En parallèle du côté du droit,
- 13:05tout devient plus flou. En février 2025, la Commission
- 13:06européenne retire la proposition de directive sur la
- 13:07responsabilité en matière d'intelligence artificielle.
- 13:08Ce texte devait faciliter l'indemnisation des victimes
- 13:08face à des systèmes opaques, il disparaît faute d'accord
- 13:09politique. Ce qui reste, c'est un
- 13:10patchwork, quelques règles, beaucoup de zones grises, de
- 13:11gris, de gris de gris de Grisons gris de gris gris gris gris et
- 13:12la plupart du coupes de gris gris gris gris gris gris gris
- 13:13gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:15gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:16gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:17gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:18gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:19gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:21gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:22gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:23gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:24gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:25gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:27gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:28gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:29gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris gris
- 13:30gris gris gris Grais et une question centrale quand tu NIA
- 13:33cause un dommage, qui paie l'entreprise, qui l'utilise, le
- 13:35fournisseur qui l'a conçu, l'intégrateur, l'utilisateur ?
- 13:37Le flou est déjà visible dans des affaires très concrètes.
- 13:41En 2022, le chatbot d'Air Canada donne à un passager une
- 13:44information fausse sur un remboursement devant le
- 13:46tribunal, la compagnie soutient un instant que le Chatbot est
- 13:49une entité distincte, responsable de ses propres
- 13:51actions. L'argument est rejeté, mais la
- 13:54question, elle, reste entière si la responsabilité est floue et
- 13:57que l'assurance se retire le risque.
- 14:01Ne disparaît pas, il change simplement d'épaule, il glisse
- 14:04vers le client, vers le citoyen, vers vous.
- 14:06Chapitre 6607 milliards de mensonges.
- 14:09L'i a. Ne se trompe pas comme un
- 14:11humain, elle inventé avec aplomb et personne ne vérifie.
- 14:14En mars 2000231 avocat New Yorkais déposé un mémoire dans
- 14:16une affaire fédérale. Le document site 6 précédents
- 14:18juridiques. Aucun n'existe.
- 14:19Ils ont été générés par Chad GPT.
- 14:22Des décisions inventées, des juges inventés, des citations
- 14:24inventées, le tout avec une assurance parfaite.
- 14:29L'affaire a fait le tour du monde, beaucoup y ont vu une
- 14:32anecdote, ce n'en n'était pas une.
- 14:33Depuis, d'autres sanctions sont tombées, Oregon, Louisiane,
- 14:37Ohio, Californie. Même schéma, des avocats
- 14:40soumettent des références que personne n'a vérifiées et les
- 14:42tribunaux rappellent la règle la plus simple.
- 14:44L'i a n'est pas une excuse, vérifier reste une obligation
- 14:47humaine. Puis il faut changer d'échelle.
- 14:50Plusieurs études de marché avancent déjà des coûts très
- 14:52élevés liés aux hallucinations de l'intelligence artificielle.
- 14:55Le chiffre exact varie selon les méthodologies.
- 14:58Mais le signal est clair, des entreprises prennent déjà des
- 15:00décisions à partir d'informations générées par l'i.
- 15:02A qui se révèlent fausses, pas imprécises, fausses.
- 15:05Et il y a l'autre versant, celui qui ne trompe pas par accident,
- 15:09mais par imitation. Début 2024, à Hong Kong, un
- 15:11employé du département finances de la rue participe à une
- 15:14visioconférence à l'écran, son directeur financier et plusieurs
- 15:17collègues. Il demande un virement urgent,
- 15:19l'employé exécute, il transfère 25000000 de dollars.
- 15:22Chaque personne visible à l'écran était un Deep fake.
- 15:26Les voix étaient clonées, les visages étaient recréés, aucun
- 15:29des participants n'était réel. L'argent n'a jamais été
- 15:32récupéré. D'autres tentatives ont été
- 15:34stoppées chez Ferrari, dans une grande agence de publicité,
- 15:38grâce à un détail, une question personnelle, un problème de
- 15:41synchronisation labiale. Mais pour chaque fraude
- 15:43détectée, convient passe. Les incidents Deep fake détecté
- 15:46explosent depuis 2022, les pertes moyennes sont massives et
- 15:49les projections annoncent des dizaines de milliards de dollars
- 15:51de pertes annuelles liées au seul Deep fake financier.
- 15:55Le lien avec le reste de cette histoire tient en une phrase, si
- 15:58l'i a peut inventer des jurisprudences et que des
- 16:00avocats ne vérifient pas si elle peut imiter des dirigeants et
- 16:04que des employés ne vérifient pas, alors combien de décisions
- 16:06financières sont déjà prises chaque jour sur la base
- 16:09d'informations fausses ? Personne ne le sait parce que
- 16:12l'i a ne signale pas naturellement son doute.
- 16:14Elle avance avec la même assurance quand elle a raison et
- 16:16quand elle invente. Le problème n'est plus seulement
- 16:19qu'elle se trompe, c'est que personne ne sait quand elle se
- 16:21trompe. Chapitre 7, Crowdstrike n'était
- 16:27que l'apéritif. Un antivirus a coûté 10
- 16:29milliards, l'i a gère des trillions.
- 16:32Faites le calcul le. 19 juillet 2024, Crowdstrike déploie une
- 16:34mise à jour de routine sur Falcon censor, son logiciel de
- 16:37sécurité installé sur des 1000000 de machines Windows.
- 16:40Ce n'est pas une cyberattaque, ce n'est pas un sabotage, c'est
- 16:43un fichier de configuration en moins de 80 Min, 8000000 et demi
- 16:46de machines tombent, écran bleu, boucle de redémarrage, arrêt des
- 16:49systèmes, des compagnies aériennes sont paralysées, des
- 16:51hôpitaux perdent. L'accès à leur dossier des
- 16:55banques voient leur paiement perturbé.
- 16:58Le coût économique mondial dépasse les 10 milliards de
- 17:01dollars pour un fichier de configuration d'un antivirus.
- 17:05Et c'est seulement le prologue. Crowdstrike protège les
- 17:08systèmes, il ne prend pas de décision financière, il ne
- 17:10traite pas, il ne note pas de crédit, il ne conseille pas de
- 17:13clients. L'i a elle fait déjà tout cela
- 17:15en 2026. La grande majorité des
- 17:18institutions financières utilisent ou utiliseront des
- 17:20systèmes d'intelligence artificielle, détection de
- 17:23fraude, crédit trading, analyse, service client.
- 17:26Et ces systèmes dépendent souvent d'une poignée de
- 17:28fournisseurs centraux, open AI, entropic, Google.
- 17:31Or ces fournisseurs tombent aussi, pannes, dégradations,
- 17:34interruptions temporaires. Une panne de quelques heures
- 17:36reste gérable. Elle révèle surtout une chose,
- 17:38l'étendue de la dépendance. La vraie question est plus
- 17:41large, que se passe-t-il si les systèmes dia critique cessent de
- 17:44fonctionner pendant 24 h sur les marchés ?
- 17:45On connaît déjà une partie de la réponse.
- 17:47Aujourd'hui, le trading algorithmique représente la
- 17:50majorité des volumes dans les marchés développés sans
- 17:53algorithme, le volume s'effondre, le marché passe en
- 17:55mode dégradé, les circuits de sécurité peuvent suspendre un
- 17:58marché qui panique, ils ne peuvent pas recréer un marché
- 18:00qui n'existe plus. Et il y a une autre fragilité,
- 18:03celle des fournisseurs eux-mêmes nous.
- 18:05Construisons une dépendance mondiale à des infrastructures
- 18:08qui ne sont ni aussi transparentes que des banques,
- 18:10ni aussi certifiées que des avions, ni aussi redondés que
- 18:13des centrales. Et certaines projections
- 18:14suggèrent que les équilibres économiques de ces acteurs
- 18:17restent eux-mêmes incertains. La question n'est donc pas
- 18:19seulement que se passe-t-il s'il y a plante ?
- 18:21La question est aussi que se passe-t-il si le fournisseur
- 18:24central n'est pas stable ? Chapitre 8, le test.
- 18:29En 200091 simple exercice de transparence a sauvé le système
- 18:33financier mondial, on refuse de le refaire pour l'i a.
- 18:36Printemps 200096 mois après la faillite de Lehman Brothers, les
- 18:38marchés sont dévastés, les banques ne se prêtent plus entre
- 18:41elles, personne ne sait qui est solvable.
- 18:43L'incertitude devient elle même un risque systémique.
- 18:45Timothy Geithner prend alors une décision simple, Regardez dans
- 18:48la boîte. la Réserve fédérale lance le supervisory capital
- 18:51assetment program, le premier grand stress test bancaire
- 18:55coordonné de l'ère moderne. 19 grandes banques américaines
- 18:57passent sous le. Même scénario sévère, chômage en
- 19:01hausse, récession prolongée, immobilier en chute.
- 19:04Le but est clair, mesurer le trou puis publier le résultat.
- 19:07Le 7 mai 2009, la Réserve fédérale rend les chiffres
- 19:10publics, 10 banques sur 19 ont besoin de capital, environ 75
- 19:14milliards de dollars au total. C'est énorme, mais c'est un
- 19:17chiffre et un chiffre peut être traité dans les mois qui
- 19:20suivent. Les banques lève bien plus que
- 19:21le montant identifié. La confiance revient, pas parce
- 19:24que le système est soudain sain, mais parce que l'inconnu a
- 19:26reculé. C'est la leçon centrale, la
- 19:28vérité même. Douloureuse et moins dangereuse
- 19:31que l'incertitude. Depuis, les stress tests sont
- 19:33devenus normaux dans la banque, dans le nucléaire, dans
- 19:36l'aviation, on simule le pire, on mesure la résistance, on
- 19:40publie, on corrige, et maintenant regardons.
- 19:42L'i a financière, aucun standard de fiabilité imposé, aucune
- 19:45vraie boîte noire au sens aéronautique, aucune enquête
- 19:48indépendante systématique après incident et aucun stress test
- 19:51coordonné à l'échelle du système.
- 19:53Jonathan Hall l'a demandé, des parlementaires britanniques
- 19:55l'ont demandé et régulateurs ont le pouvoir de commencer.
- 19:58Ils ne le font pas. Alors la question n'est plus
- 20:01technique, elle est presque psychologique.
- 20:03Pourquoi personne ne veut-il faire ce test ?
- 20:05Peut être parce que la réponse fait peur.
- 20:07En 2007, beaucoup voyaient le risque monter, peu voulaient
- 20:10arrêter la musique avec l'i a la musique joue encore plus vite et
- 20:14presque personne ne veut être celui qui coupe le son.
- 20:18Chapitre 9, on savait la question finale.
- 20:21Et vous connaissez déjà la réponse.
- 20:23En décembre 2025, le comité consultatif scientifique du
- 20:26Comité européen du risque systémique publie un rapport sur
- 20:29l'intelligence artificielle et le risque systémique.
- 20:31C'est à ce jour l'un des documents officiels les plus
- 20:34complets sur le sujet. Il croise les propriétés de l'i.
- 20:37A avec les sources classiques de risques financiers.
- 20:39Et plusieurs voyants passent au rouge, la concentration des
- 20:42fournisseurs, l'uniformité des modèles, les difficultés de
- 20:45supervision, la sur confiance des opérateurs, la vitesse.
- 20:49Le rapport recommande plus de capital, plus de transparence,
- 20:52plus de surveillance, plus de responsabilité pour les
- 20:55fournisseurs d'i a mais voici le point le plus frappant, entre
- 20:582020 et 2025, aucune grande enquête publique de la
- 21:00Securities and Exchange Commission n'a marqué les
- 21:02esprits sur un système d'i a ayant provoqué une perturbation
- 21:05de marché majeur ou une crise financière. 0 les seules actions
- 21:09engagées concernent surtout l'i. A washing des entreprises qui
- 21:12prétendent utiliser l'i a alors qu'elles ne le font pas.
- 21:17Le régulateur poursuit, les gens qui mentent sur l'i a ils
- 21:20regardent beaucoup moins ce que l'i a fait réellement au
- 21:22système. Alors récapitulons, la Réserve
- 21:25fédérale américaine a montré que les modèles de langage peuvent
- 21:27converger vers des cascades de trading.
- 21:30La Banque centrale européenne a alerté sur la dépendance à
- 21:32quelques fournisseurs, le Financial Stability Board a
- 21:36identifié un risque systémique, la Bank of England a décrit le
- 21:39scénario flow. Le Comité européen du risque
- 21:42systémique a cartographié les zones rouges.
- 21:45Des parlementaires britanniques ont dénoncé l'inaction.
- 21:48Le Président de la Securities and Exchange Commission a lui
- 21:51même alerté sur le risque qu'une forte concentration des modèles
- 21:53d'i a crée un problème systémique pour l'ensemble du
- 21:56secteur financier. Tout est écrit, tout est déjà
- 22:01sur la table. En 200091, stress test a aidé à
- 22:04stabiliser le système bancaire mondial en 2026.
- 22:07Les modèles sont plus opaques, les dépendances plus profondes
- 22:10et les nœuds centraux restent peu supervisés.
- 22:13Alors la seule question est celle-ci, quand cela arrivera
- 22:16parce que cela arrivera, pourra-t-on dire qu'on ne savait
- 22:19pas ? Non, on savait et on a choisi de
- 22:22ne pas regarder. Vous écoutiez le Lehman Brothers
- 22:25Algorithmique à très vite pour le prochain épisode.