Latest / Le Déclic | Podcast par Alec Henry / Comment papernest a conquis 2 millions de clients dans un marché que tout le monde déteste | Philippe de la Chevasnerie | Déclic 319
Transcript
- 0:00Depuis 2017,
- 0:01j'accompagne et côtoie des entrepreneurs à succès.
- 0:03Chaque rencontre est unique et permet d'identifier ce qui crée la réussite.
- 0:07Je suis Aléganri,
- 0:08l'initiateur du mouvement Entrepreneurs.com et dans ce podcast,
- 0:12j'ai l'opportunité d'échanger avec des personnalités inspirantes qui ont su créer la différence.
- 0:16Avec Le Déclic,
- 0:17je vous offre une perspective unique afin que vous puissiez à votre tour faire la différence.
- 0:22Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Le Déclic.
- 0:26Encore une fois...
- 0:26bien accompagné.
- 0:28Je suis avec Philippe de La Chavannerie.
- 0:30J'espère que tu vas bien.
- 0:31Écoute,
- 0:32enchanté Alec,
- 0:33très bien.
- 0:33Toi aussi,
- 0:34j'espère.
- 0:35Ça va très très bien et je suis super content de t'avoir reçu sur le déclic.
- 0:38On aurait pu faire un épisode de 3 heures avec ton parcours parce que vous avez mis en place quelque chose qui me fait très très plaisir.
- 0:45Je suis,
- 0:45je te le disais en off,
- 0:47allergique à l'administratif et à plein d'autres choses que vous permettez de résoudre.
- 0:53J'adore ce que vous avez créé avec Pepper Nest.
- 0:55Et c'est surtout une aventure entrepreneuriale de dingue,
- 0:57vous avez des résultats de fou.
- 0:58Et je vais directement commencer par te présenter avant de te poser toutes les questions que j'ai envie de te poser.
- 1:03Philippe,
- 1:03tu es le cofondateur et CEO de PaperNest,
- 1:05une des scale-up les plus dynamiques de la French Tech,
- 1:08une plateforme qui aide les particuliers et les professionnels à gérer,
- 1:12optimiser et centraliser tous leurs abonnements tout au long de leur vie.
- 1:15En moins de 10 ans,
- 1:16PaperNest,
- 1:17c'est plus de 2 millions de clients en France,
- 1:19en Espagne et en Italie,
- 1:21plus de 1000 collaborateurs.
- 1:22plus de 10 000 partenaires dans le secteur de l'immobilier et du bancaire,
- 1:26un NPS de plus de 70 et une note moyenne de 4,7 sur 5 sur Trustpilot.
- 1:31Tu as été sélectionné également par Wine Combinator dès 2016,
- 1:35comme Airbnb ou Dropbox encore.
- 1:37Tu lèves ensuite 10 millions d'euros auprès de Parptech,
- 1:39Eurasio et Kim Aventures.
- 1:41Tu débutes chez Goldman Sachs en fusion acquisition,
- 1:44puis chez McKinsey & Company.
- 1:46où tu accompagnes des clients dans 7 pays différents sur des sujets d'innovation,
- 1:49de finance et d'assurance.
- 1:50Tu as aussi été officier de la Marine Nationale.
- 1:52Tu embarques pendant un an dans des missions internationales comme le contre-terrorisme,
- 1:56la piraterie et les trafics dans l'océan Indien.
- 1:59Ta mission avec Paper Nest,
- 2:01réconcilier les gens avec l'administratif,
- 2:03simplifier,
- 2:04automatiser,
- 2:04délester et construire une entreprise durable qui mêle impact,
- 2:07tech et croissance.
- 2:08Et dans cet épisode,
- 2:10on veut comprendre ce que ça signifie de bâtir une entreprise tech dans un secteur ingrat et stratégique.
- 2:14comment
- 2:15on scale dans un environnement ultra fragmenté et ce que l'entrepreneuriat t'a appris sur toi loin des paillettes du startup game.
- 2:22Bienvenue dans le Déclipe,
- 2:23Philippe.
- 2:25Merci beaucoup de nous recevoir.
- 2:26On est très heureux de pouvoir faire ça.
- 2:27Je suis un auditeur fidèle du Déclipe,
- 2:30donc très heureux d'être là avec toi aujourd'hui.
- 2:32C'est moi qui suis super heureux de t'avoir ici avec nous.
- 2:35Rapidement,
- 2:35je rentre dans le vif du sujet par rapport déjà à ton parcours.
- 2:37Tu passes de Goldman Sachs à McKinsey,
- 2:39puis à la Marine Nationale.
- 2:40À quel moment tu te dis je veux créer quelque chose de moi-même ?
- 2:44je veux me lancer dans cette aventure folle qu'est l'entreprenariat.
- 2:48Ça,
- 2:48en fait,
- 2:48je l'ai toujours su.
- 2:49Enfin,
- 2:50toujours su.
- 2:50Ça fait,
- 2:51de ce que je me souviens,
- 2:52depuis l'âge de 15 ans,
- 2:53où j'ai toujours su que c'est ça que je voulais faire.
- 2:54Je voulais créer une boîte,
- 2:55rassembler des gens,
- 2:57avoir de l'impact,
- 2:57créer un nouveau produit.
- 2:59Donc,
- 2:59je ne saurais pas trop dire pourquoi,
- 3:01mais c'est toujours quelque chose qui m'a beaucoup animé.
- 3:03Et depuis que je suis au moins au lycée,
- 3:05je me suis toujours vu comme ça.
- 3:06Alors,
- 3:07j'ai effectivement commencé par un peu des détours dans la finance et dans le conseil.
- 3:12mais voilà mais à l'école je cherchais déjà des idées de boîtes et quand je suis rentré chez Mac en fait je l'ai fait enfin chez McKinsey je l'ai fait parce que j'étais sur le point de créer une entreprise enfin une startup c'était dans les aéroports et le problème c'est qu'il y a trois startups qui sont créées sur le même concept dans
- 3:28les mois avant donc j'avais le choix de soit aller en Allemagne soit prendre ce job de consultant finalement j'ai pris le job de consultant mais voilà quand j'étais là-bas j'ai continué à créer les boîtes donc même si j'ai pris des jobs un peu classiques type conseil ou finance,
- 3:39que j'ai toujours voulu faire.
- 3:42Ok,
- 3:42donc tu t'as créé différentes boîtes en parallèle de tout ce que tu faisais chez McKinsey en consultant,
- 3:47c'est ça ?
- 3:48Alors,
- 3:48pas exactement.
- 3:49En gros,
- 3:50j'avais commencé,
- 3:51quand j'étais à Polytechnique et à HEC,
- 3:53j'avais commencé déjà à chercher des idées de boîtes et j'avais commencé à travailler un petit peu.
- 3:58Mais quand j'étais,
- 3:59donc je n'ai pas réussi à faire ce que je voulais faire quand j'étais à HEC parce qu'il y a des gens qui se sont lancés avant.
- 4:05Donc quand j'ai commencé sur McKinsey,
- 4:06j'ai continué à chercher de nouveau des idées de boîtes le soir,
- 4:09le week-end,
- 4:09à parler à des gens.
- 4:10Et en fait,
- 4:10quand avec mon associé,
- 4:11on a démissionné de nos jobs de consulting respectifs,
- 4:15on a lancé la boîte le lendemain.
- 4:16En fait,
- 4:17on travaillait déjà depuis deux mois,
- 4:18le week-end et la nuit dessus.
- 4:19Donc ouais,
- 4:20j'ai commencé à travailler sur Epanest,
- 4:22même quand on était chez McKinsey,
- 4:23en tout cas le soir et le week-end.
- 4:25C'est hyper intéressant,
- 4:26je te pose cette question,
- 4:27parce que souvent,
- 4:29on entend l'histoire de « j'ai créé cette première boîte » .
- 4:32et parce que j'en ai eu marre de ci ou de ça et directement,
- 4:36ça a été extraordinaire.
- 4:37Or là,
- 4:38c'est tout un parcours où depuis l'âge de 15 ans,
- 4:40tu te dis je suis intéressé par l'entrepreneuriat,
- 4:43tu réfléchis à différents sujets,
- 4:45tu as envie de lancer quelque chose,
- 4:46finalement,
- 4:47tu ne vas pas le faire parce que certains l'avaient déjà fait ou c'était peut-être une fausse bonne idée ou autre.
- 4:52Et puis ensuite,
- 4:53vous préparez le projet qui fait du sens et vous le lancez au bon moment.
- 4:58C'est tout un travail préparatoire en amont.
- 5:00Qu'est-ce qui fait que dès l'âge de 15 ans,
- 5:02tu te dis que tu seras entrepreneur et tu vas toute ta vie,
- 5:06en tout cas jusqu'à aujourd'hui,
- 5:08avoir cet ADN de l'entrepreneur ?
- 5:12Pour être 100%
- 5:13transparent,
- 5:13je ne sais pas vraiment.
- 5:14C'est quelque chose que j'ai toujours eu,
- 5:16ça m'a toujours habité.
- 5:18C'est de trouver une nouvelle idée,
- 5:19c'est de construire des choses,
- 5:20etc.
- 5:21Je pense que ce que j'aime bien,
- 5:23c'est la capacité de faire croître beaucoup.
- 5:25C'est toujours très intéressant de passer d'une idée que tu peux avoir la nuit ou dans la douche à,
- 5:30quelques années plus tard,
- 5:31une boîte qui occupe des centaines de personnes,
- 5:33qui a des millions de clients et qui fait du chiffre d'affaires.
- 5:37J'ai toujours trouvé ça extrêmement motivant.
- 5:41Après,
- 5:41j'ai aussi été inspiré par toutes les grandes figures de la tech.
- 5:45Je suis un grand lecteur,
- 5:46j'ai lu beaucoup de biographies de
- 5:48Steve Jobs,
- 5:49Zuckerberg,
- 5:50des fondateurs de Google,
- 5:51de nombreuses choses.
- 5:53Je ne sais pas,
- 5:53ça m'a toujours énormément motivé,
- 5:56ces histoires entrepreneuriales,
- 5:57le fait de prendre des risques,
- 5:58de traverser des hauts et des bas,
- 6:00sortir un peu des chemins battus.
- 6:02Ça m'a toujours beaucoup motivé.
- 6:04entrepreneur parce que ça ne me plaisait pas de travailler.
- 6:06D'ailleurs,
- 6:07je ne suis pas sûr que ce soit les meilleurs entrepreneurs,
- 6:09des gens qui créent des boîtes en réaction à des modes de travail.
- 6:12Moi,
- 6:12je ne suis pas du tout dérangé dans le monde du travail classique.
- 6:16Ça ne m'a jamais été un problème pour moi,
- 6:19mais c'était vraiment pour créer quelque chose et créer une nouvelle idée.
- 6:23C'est ça qui me motivait.
- 6:25Justement,
- 6:25cette idée,
- 6:26Pepper Nest,
- 6:28comment elle vous vient avec ton associé ?
- 6:29Parce que finalement,
- 6:31sur le papier,
- 6:32ce n'est pas une idée ultra sexy à première vue et comment on construit une mission autour d'un sujet que pratiquement tout le monde fuit ou est-ce que c'est ça justement l'idée de génie,
- 6:41c'est le fait que ça répond à une douleur tellement forte pour la plupart des gens que ça en fait le succès que c'est aujourd'hui alors l'idée elle est née en deux temps elle est née initialement quand j'étais en fusion acquisition chez
- 6:57Goldman
- 6:59En gros,
- 6:59c'est le flux d'inquisition,
- 7:00c'est le rythme extrêmement intense.
- 7:02J'arrivais au bureau à
- 7:039h ou 10h et les bonnes journées,
- 7:05je partais à 1h du matin.
- 7:07Les journées classiques,
- 7:07je partais à 3h du mat et les journées un peu dures,
- 7:09je partais à 6h du mat.
- 7:10Je faisais ça tous les jours,
- 7:11le samedi,
- 7:11je travaillais jusqu'à 8h du soir et le dimanche,
- 7:14je travaillais au moins l'après-midi.
- 7:15Donc en fait,
- 7:16voilà,
- 7:16c'était mon premier job.
- 7:18Et en parallèle,
- 7:19c'était aussi mon premier appart et comme j'étais étudiant,
- 7:22enfin comme je venais d'être étudiant,
- 7:23je ne savais pas qu'il fallait mettre l'électricité,
- 7:24je savais pas que c'était sur externe.
- 7:26Donc j'ai failli me faire mettre dehors par mon bailleur.
- 7:28parce qu'en fait,
- 7:28je n'avais pas l'assurance habitation.
- 7:30Or,
- 7:30c'est illégal et donc,
- 7:31il a failli me mettre dehors parce que je n'avais pas réussi à produire l'assurance.
- 7:34Et je me suis fait couper l'énergie parce que je n'étais pas occupé de ça.
- 7:38Et le problème,
- 7:39c'est que comme je travaillais comme un forcené,
- 7:41même la nuit,
- 7:42à l'époque,
- 7:43c'était en 2012,
- 7:44il n'y avait pas forcément de capacité à souscrire en ligne.
- 7:47Et donc,
- 7:47j'ai eu énormément de mal à faire ça et ça m'a semblé être un enfer.
- 7:50Je me suis dit,
- 7:51mais ce n'est pas possible qu'il n'existe pas de solution pour tout souscrire à la fois,
- 7:53etc.
- 7:54Parce que c'était infernal de devoir contacter tous les gens.
- 7:57Donc ça,
- 7:57c'était la première chose.
- 7:58Et ensuite,
- 7:58quand j'étais en cabinet de conseil,
- 8:00je me suis rendu compte qu'en fait,
- 8:00c'était des très gros marchés,
- 8:02l'énergie,
- 8:02l'assurance,
- 8:03la boxe.
- 8:03Et puis,
- 8:04je me suis rendu compte aussi que les fournisseurs étaient prêts à payer pour acquérir des clients parce que je me suis toujours dit que le service,
- 8:10il serait intéressant à produire.
- 8:12Mais j'avais demandé à des gens chez un parc de Luxembourg avec mon petit calepin,
- 8:16j'avais demandé aux gens est-ce que vous seriez prêts à payer pour qu'on s'occupe de démarches administratives ?
- 8:19Et les gens m'avaient tous dit non.
- 8:20Donc,
- 8:20j'avais un peu abandonné l'idée.
- 8:21et en le temps consulting j'ai découvert que les boîtes étaient prêtes à payer des coûts d'acquisition
- 8:26ce qui évidemment n'est pas une découverte révolutionnaire,
- 8:28mais ce que je ne savais pas à l'époque.
- 8:30Et donc c'est comme ça qu'on s'est dit,
- 8:32si on fournit un service gratuit,
- 8:33mais qu'en fait on fait payer par les fournisseurs ou qu'ils vont accueillir des nouveaux clients,
- 8:37ça ne peut marcher pas.
- 8:38Et c'est comme ça qu'idée est née sur cette base d'armes.
- 8:42Ensuite,
- 8:42c'est vraiment né d'une expérience personnelle où je me suis vraiment dit,
- 8:45mais ce n'est pas possible de fonctionner comme ça,
- 8:47il doit exister un service,
- 8:49puisque j'ai regardé en ligne partout,
- 8:50il n'existait rien.
- 8:52Mais après,
- 8:52je ne sais pas si forcément les meilleures idées qui naissent comme ça,
- 8:54parce que souvent,
- 8:55quand on est étudiant ou quand on est en école,
- 8:59on pense un peu à des idées qui viennent de ses problèmes persos,
- 9:02qui en fait n'ont souvent pas beaucoup de rapport avec le monde du travail.
- 9:05Donc,
- 9:06je pense que c'est pas mal aussi d'avoir travaillé un petit peu pour se rendre compte d'autres problématiques que peuvent avoir les entreprises pour pouvoir créer des B2B.
- 9:11Nous,
- 9:12ce n'est pas le cas d'avoir créé des B2C en mode,
- 9:15on a eu un problème,
- 9:16on l'a résolu.
- 9:17C'était assez simple.
- 9:17Après,
- 9:18ça nous a aussi causé des problèmes parce que l'idée qui est belle sur le papier,
- 9:21elle est souvent compliquée à mettre en œuvre dans la réalité.
- 9:24Mais c'est quand même ça qui a marché pour moi.
- 9:26Très clair.
- 9:27Et aujourd'hui,
- 9:29par tes mots,
- 9:30en tant que CEO fondateur,
- 9:33qu'est-ce que PaperNest ?
- 9:34Qu'est-ce que ça résout ?
- 9:35C'est quoi sa mission exactement ?
- 9:37Qu'est-ce que vous faites au quotidien ?
- 9:38Et qu'est-ce qu'un auditeur qui nous écoute aujourd'hui,
- 9:41qui sont pour la plupart des entrepreneurs,
- 9:43mais aussi
- 9:44par définition des particuliers qui ont une vie personnelle,
- 9:47privée,
- 9:48des assurances et tout ce qui s'en suit,
- 9:52peuvent tirer comme bénéfice d'utiliser cette solution.
- 9:57Oui.
- 9:57C'est très simple.
- 9:58C'est parti d'un constat que tout le monde a fait,
- 10:01plus ou moins.
- 10:01C'est que gérer l'ensemble de ses souscriptions,
- 10:04que ce soit l'électricité,
- 10:04le gaz,
- 10:05l'assurance,
- 10:06la box,
- 10:07le crédit,
- 10:08l'assurance du crédit,
- 10:09Deezer,
- 10:10Spotify,
- 10:11Netflix,
- 10:11HelloFresh.
- 10:12Je pourrais continuer des heures et des heures.
- 10:14C'est un enfer.
- 10:15C'est parfois très compliqué.
- 10:16Individuellement,
- 10:16chaque souscription,
- 10:17ça se gère bien.
- 10:18Mais en fait,
- 10:18collectivement,
- 10:19c'est un mot de passe,
- 10:21un identifiant,
- 10:22une interface utilisateur qui est différente à chaque fois.
- 10:25Et donc,
- 10:25dès qu'on veut faire une démarche,
- 10:27en fait,
- 10:27on a un peu la flemme et tout le monde a encore des souscriptions que les gens n'utilisent pas.
- 10:32Tout le monde sait qu'on peut optimiser les souscriptions actuelles,
- 10:35avoir un forfait mobile moins cher ou un abonnement d'énergie moins cher.
- 10:38Mais en fait,
- 10:38les gens ne le font pas parce qu'en fait,
- 10:40c'est que c'est en pénible.
- 10:41Il faut regarder les prix sur plein de sites différents,
- 10:44comparer,
- 10:45ensuite appeler,
- 10:46faire les démarches.
- 10:47Donc voilà,
- 10:47ça c'est vraiment le problème qu'on essaie de résoudre.
- 10:50Et la solution,
- 10:51c'est simple,
- 10:51c'est une plateforme.
- 10:52unique sur laquelle gérer l'intégralité de ces souscriptions.
- 10:56On permet aux gens de centraliser les souscriptions,
- 10:58de les souscrire et résilier d'une manière universelle,
- 11:01c'est-à-dire qu'en un clic je peux souscrire,
- 11:02en un clic je peux tout résilier,
- 11:04et j'ai accès à toutes mes souscriptions au sein d'un seul et même endroit.
- 11:07Et donc ce qu'on fait concrètement,
- 11:08c'est que quand les gens notamment déménagent ou quand ils veulent optimiser leur facture,
- 11:11ils viennent chez paypalinvest.com pour leur poser quelques petites questions sur leur foyer,
- 11:16sur leur adresse,
- 11:17les caractéristiques de leur maison,
- 11:19leur appartement.
- 11:20Et à partir de là,
- 11:20on va leur proposer des offres qui peuvent leur convenir,
- 11:22soit parce qu'ils déménagent dans un autre logement,
- 11:24soit parce qu'ils veulent optimiser le logement actuel.
- 11:26Et les gens vont accepter telle ou telle offre.
- 11:28Et à partir de là,
- 11:29nous,
- 11:29on va s'occuper de
- 11:30100% de la souscription.
- 11:31C'est-à-dire que le client,
- 11:31il y a une interaction avec nous et nous uniquement.
- 11:33Et on va lui trouver un bon contrat d'électricité,
- 11:36de gaz,
- 11:36d'assurance,
- 11:37de box internet,
- 11:38de mobile.
- 11:39Ce qui permet de faire en sorte que lors du déménagement,
- 11:42il va s'occuper de tout en une fois.
- 11:44Il n'a pas à faire des Ausha avec SFR.
- 11:47faire le suite,
- 11:48la souscription,
- 11:48le rendez-vous de la fibre,
- 11:49le rendez-vous à Enedis,
- 11:51essayer de comparer les différents prix d'énergie.
- 11:53On fait tout ça pour lui,
- 11:54c'est gratuit.
- 11:56Et pareil,
- 11:57s'il veut réduire ses factures,
- 11:58on peut lui permettre d'économiser jusqu'à 480 euros.
- 12:00Et ça,
- 12:01les clients,
- 12:01ils aiment vraiment.
- 12:01On a un Net Promoter Score,
- 12:03qui est en gros le score qui est à la réponse « Est-ce que vous recommanderiez Paper Nest à votre famille et à vos amis ? »
- 12:09Le Net Promoter Score,
- 12:10c'est le pourcentage des gens qui répondent entre
- 12:139 et 10,
- 12:13moins le pourcentage des gens qui répondent entre 0 et 6.
- 12:16et bah on se retrouve
- 12:17notre score c'est plus de 70 c'est-à-dire que c'est au-dessus d'un Apple ou d'un Netflix par exemple et c'est vraiment des scores qui sont extrêmement forts dans l'industrie,
- 12:23on est plutôt à
- 12:240 pour l'assurance,
- 12:26moins 7 pour l'énergie moins 1 pour les télécoms ce qui montre que les gens apprécient vraiment qu'on s'occupe de tout pour eux,
- 12:31c'est ça aujourd'hui notre proposition on s'occupe vraiment de tout pour eux gratuitement c'est assez dingue parce que t'évoquais au départ juste cette notion de centralisation mais finalement ça va bien au-delà
- 12:42parce que vous arrivez avec l'ensemble de la data et l'ensemble des partenariats que vous avez conçus à proposer aussi des solutions adaptées à chaque utilisateur et donc ça te donne un gain de temps considérable,
- 12:54ça t'enlève une charge mentale importante et en plus de ça,
- 12:57et je le vois sur votre site,
- 12:58parce qu'avant l'épisode,
- 12:59je suis retourné également sur le site,
- 13:01etc.
- 13:02pour préparer tout ça,
- 13:03où c'est ultra simple et vous mettez clairement en avant les bénéfices où certains peuvent économiser jusqu'à un millier d'euros par an sur certaines charges.
- 13:11juste en utilisant la solution et en mettant ça en place.
- 13:15Du coup,
- 13:15tu dis que c'est gratuit.
- 13:17Hyper intéressant.
- 13:18C'est quoi le modèle économique ?
- 13:19Alors,
- 13:19le modèle est très simple.
- 13:20C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'on va apporter un client à un fournisseur,
- 13:24lui va nous rétribuer une commission fixe,
- 13:27généralement,
- 13:28par client.
- 13:29Et le client paie le même prix.
- 13:31C'est-à-dire que s'il était allé en direct,
- 13:32il ne paierait pas moins cher.
- 13:33C'est exactement le même prix.
- 13:34On lui souscrit des offres,
- 13:36soit des offres publiques,
- 13:37soit parfois des offres privées qui sont plus intéressantes que ceux à qui il aurait accès directement.
- 13:41Et en fait,
- 13:41pour le fournisseur,
- 13:42c'est un canal d'acquisition.
- 13:43Je pense que tu as pas mal d'auditeurs qui sont des entrepreneurs.
- 13:45Et en fait,
- 13:46tout le monde cherche à acquérir généralement des nouveaux clients,
- 13:48à faire de la croissance.
- 13:49Et donc,
- 13:50les fournisseurs d'énergie,
- 13:51de télécommunications,
- 13:52d'assurance,
- 13:53ils ne sont pas différents.
- 13:54Ils veulent trouver des nouveaux clients.
- 13:55Et pour ça,
- 13:56ils sont prêts à payer.
- 13:57C'est comme ça qu'on a rendu le service gratuit.
- 13:59Et ça,
- 13:59c'est important parce que moi,
- 14:00j'avais eu l'idée assez rapidement de ce service.
- 14:04Mais assez rapidement,
- 14:05je suis allé dans un parc,
- 14:07au parc du Luxembourg.
- 14:07Et j'ai pris mon petit calepin,
- 14:08j'ai posé des questions aux gens.
- 14:10Tout le monde était hyper saucé par le service,
- 14:12mais derrière,
- 14:12personne n'était prêt à payer pour.
- 14:14Et donc,
- 14:14c'était clé d'arriver à le grand gratuit parce que sinon,
- 14:16aujourd'hui,
- 14:16le service n'existerait pas s'il n'était pas gratuit.
- 14:19Clairement.
- 14:19Et donc,
- 14:20en fait,
- 14:21la vision que j'en ai,
- 14:22c'est que vous êtes une marketplace simplifiée qui vient en plus permettre à l'utilisateur de ne pas avoir à choisir ses prestataires,
- 14:29mais vous lui choisissez ses prestataires à sa place et le tout gratuitement.
- 14:34Alors,
- 14:34oui,
- 14:35à ce détail près,
- 14:36on va quand même lui poser des questions sur est-ce qu'il veut une offre ?
- 14:38pas cher,
- 14:39un super client,
- 14:40est-ce qu'il veut telle option télé,
- 14:42est-ce qu'il veut Netflix intégré ?
- 14:43Et à partir de ces questions-là,
- 14:45on va essayer de lui fournir des offres qui sont adaptées à ses besoins.
- 14:47Il a toujours le choix de choisir les offres.
- 14:49Parfois,
- 14:49il nous dit,
- 14:49non mais je veux celle-là ça c'est pour le faire ils n'ont pas quand même lui souscrire
- 14:53Voilà,
- 14:53mais donc on essaie de lui préconiser des offres en fonction de ses besoins,
- 14:56mais encore une fois,
- 14:57les clients sont libres de souscrire l'offre qu'ils veulent.
- 15:00Donc s'il nous indique,
- 15:00non mais je veux souscrire à tel fournisseur,
- 15:02on le fera pour eux aussi et gratuitement.
- 15:04Très clair.
- 15:05Et ce modèle économique que tu me détailles aujourd'hui,
- 15:07est-ce qu'il a été constamment le même depuis la création de Paperness jusqu'aujourd'hui ou au fur et à mesure du temps,
- 15:15ça a évolué ?
- 15:16Parce que souvent,
- 15:16on raconte l'histoire d'une startup,
- 15:19d'une scale-up ou d'une entreprise sur le déclic.
- 15:22mais ce qu'on ne dit pas souvent suffisamment,
- 15:25c'est que ça a évolué au fur et à mesure du temps et c'est normal.
- 15:29C'est la vie d'une entreprise.
- 15:31Dans votre cas,
- 15:31est-ce que ça a toujours été ça ou est-ce qu'il y a eu des ajustements ?
- 15:34Si oui,
- 15:34lesquels ?
- 15:35Alors,
- 15:35on a fait plein d'ajustements chez Paper Nest.
- 15:37Après,
- 15:37sur le business model,
- 15:38sur ce principe-là d'être rémunéré par les fournisseurs,
- 15:40globalement,
- 15:41ça n'a pas trop changé.
- 15:42C'était là depuis le début et c'était vraiment l'idée initiale.
- 15:45En revanche,
- 15:46on a testé beaucoup de choses au début quand on s'est lancé et la plupart n'ont pas marché,
- 15:50donc on a pas mal
- 15:50pivoté notamment au début,
- 15:51donc ça c'est des choses qu'on a beaucoup fait.
- 15:53Le business model lui est resté relativement le même depuis le début.
- 15:57Et aujourd'hui c'est plus de 2 millions de personnes qui utilisent la solution,
- 16:03qui sont inscrites à la solution pour ne plus subir l'administratif entre autres,
- 16:07mais au fond avec toute la data que vous avez accumulée,
- 16:10c'est quoi le vrai combat,
- 16:12le vrai problème que vous résolvez s'il y en a un autre que vous avez identifié ?
- 16:19Nous,
- 16:19ce qu'on essaie de faire,
- 16:20c'est d'aider les phobiques administratifs qui ne veulent pas s'occuper de leurs contrats ou qui voudraient bien,
- 16:27mais ont un petit peu la flemme.
- 16:28Aujourd'hui,
- 16:30on a moins de 3%
- 16:32du marché en France,
- 16:33en Estonie et en Italie.
- 16:34On est encore à une très faible pénétration.
- 16:37On a encore beaucoup de phobiques administratifs à aller aider et pour lesquels on pourrait libérer beaucoup de temps.
- 16:44Nous,
- 16:44le problème fondamental qu'on adresse à la fin,
- 16:46c'est le temps.
- 16:47ou la perte de contrôle c'est à dire que soit les gens ils savent qu'ils peuvent avoir mieux ou qu'ils devraient optimiser leur contrat mais ils le font pas parce que il faut se soucier de son numéro de compte il faut se loguer il faut envoyer une lettre de réalisation et ces jeux ne sont pas compliqués individuellement mais en fait dès qu'on doit le faire on procrastine ou
- 17:04alors tout simplement les je vais dire les perdus parce que ça prend des heures et des heures de faire toutes les souscriptions et donc nous on a calculé qu'avec les 2 millions de clients qu'on a eu on a fait économiser plus de...
- 17:16de 12 millions d'heures et c'est plus de 4000 ans d'administratif ultra pénible qui est économisé.
- 17:22Parce qu'aujourd'hui,
- 17:23les fournisseurs,
- 17:24à chaque fois,
- 17:24c'est un peu fait pour,
- 17:25il y a un espace qui est différent,
- 17:26etc.
- 17:26En fait,
- 17:27il y a des heures qui sont consommées pour chaque démarche parce que chaque fournisseur va avoir une interaction avec le client.
- 17:31Et en fait,
- 17:31les gens se font voler des précieuses heures de vie et c'est ça qu'on essaye de résoudre.
- 17:36Très clair.
- 17:36Et vous communiquez sur votre chiffre d'affaires ou pas ?
- 17:45On a eu plus de 70%
- 17:47de croissance,
- 17:47ne serait-ce qu'entre 2024 et 2023.
- 17:51Et voilà,
- 17:52il se compte largement plusieurs dizaines de millions d'euros de chiffre d'affaires.
- 17:56Ok.
- 17:56Et alors justement,
- 17:57tu parles de croissance,
- 17:5875%
- 17:59de croissance en deux années.
- 18:02Alors que ça fait dix ans que vous êtes en place,
- 18:04qu'est-ce qui explique cette croissance ?
- 18:06Est-ce que c'est grâce à cette levée de fonds que vous aviez fait ou pas du tout ?
- 18:10Est-ce qu'il y a d'autres choses,
- 18:11d'autres leviers marketing ?
- 18:12parce que pour autant,
- 18:14vous n'avez que 2 à 3 points.
- 18:16du marché en termes de pénétration actuelle de marché sur ces trois pays ?
- 18:19Vous avez choisi d'être présent sur ces trois pays.
- 18:21Est-ce qu'il y a des raisons stratégiques pour lesquelles vous n'êtes entre guillemets que sur ces trois pays par rapport peut-être à d'autres solutions que je ne connais pas,
- 18:30mais que vous connaissez j'imagine dans votre analyse de marché ?
- 18:35Toutes ces questions finalement très stratégiques que se posent tous les entrepreneurs et pour autant,
- 18:41vous avez déjà,
- 18:42comme tu le dis,
- 18:42plusieurs dizaines de millions de chiffres d'affaires.
- 18:451000 collaborateurs,
- 18:46ce qui est énorme,
- 18:46et on va en parler tout à l'heure,
- 18:47parce qu'on parle aussi de culture d'entreprise quand on scale aussi rapidement.
- 18:51Toutes ces questions,
- 18:51j'imagine que vous les êtes posées,
- 18:53vous les posez peut-être même au quotidien.
- 18:57Comment on explique cette croissance aussi énorme ?
- 19:00Oui,
- 19:00alors ça,
- 19:01il y a pas mal de facteurs.
- 19:03La levée de fonds a aidé,
- 19:04bien sûr,
- 19:05après ça date de
- 19:062017, donc ça commence à abder un petit peu.
- 19:09En fait,
- 19:10nous,
- 19:10une de nos...
- 19:11Tu parlais de culture aussi.
- 19:13La croissance,
- 19:13elle est très liée à une valeur cardinale qu'on a chez Pepperdash,
- 19:16qu'on appelle le Lean Startup.
- 19:18Lean Startup,
- 19:19ça vient d'un bouquin qui a été écrit par Eric Ries,
- 19:21qui est The Lean Startup,
- 19:23et qui est vraiment la bible de Pepperdash.
- 19:25Je pense que si on n'avait pas lu ce bouquin aujourd'hui,
- 19:26on serait dix fois plus petit.
- 19:28Et concrètement,
- 19:29ça veut dire quoi ?
- 19:30Ça veut dire qu'on est tout le temps à la recherche de nouvelles idées,
- 19:32de nouvelles manières de marketer la solution,
- 19:34de nouveaux produits à lancer,
- 19:35etc.
- 19:36Et qu'au lieu de passer beaucoup de temps...
- 19:38de temps en chambre à faire de la stratégie d'analyse,
- 19:41faire des slides et des diapositives comme je le faisais quand j'étais consultant,
- 19:45faire des analyses des modèles.
- 19:48on va essayer de les tester.
- 19:49C'est-à-dire qu'en fait,
- 19:49on fait énormément de tests dans lesquels on met assez peu d'argent,
- 19:52on teste avec très peu de moyens et 9 fois sur 10,
- 19:55ça échoue lamentablement.
- 19:56Pas parce que l'idée était mauvaise,
- 19:58pas parce que l'exécution était mauvaise,
- 19:59mais parce qu'en fait,
- 20:00la vie,
- 20:00c'est dur et que la plupart des bonnes idées vont se fracasser contre le mur de la réalité.
- 20:04De même temps,
- 20:05ça échoue.
- 20:06Mais une fois sur 10,
- 20:07ça va être le nouveau relais de croissance de l'entreprise.
- 20:10Et ça,
- 20:10c'est une culture qu'on a vraiment diffusée dans toute la boîte,
- 20:12ce qui fait que ce n'est pas juste nous les fondateurs qui descendons avec les tables de la loi pour dire
- 20:16allons dans cette direction,
- 20:17voici la vision.
- 20:17On le fait,
- 20:18évidemment.
- 20:19On encourage,
- 20:19et ce n'est même pas juste encourager,
- 20:21c'est un prérequis de tous les départements.
- 20:23Tous les départements doivent consacrer 10 à 15%
- 20:25de leur temps à tester de nouvelles idées,
- 20:27des nouveaux canaux de croissance qui vont permettre à la boîte de faire x10 dans les années à venir.
- 20:32Et donc ça,
- 20:33on l'a fait,
- 20:34et ce qui est amusant,
- 20:35c'est que souvent la croissance vient de l'endroit où on ne l'attend pas.
- 20:39Moi,
- 20:39au début,
- 20:40j'avais fait du conseil,
- 20:41et donc j'avais ordonné des idées entre leurs coûts,
- 20:45leurs...
- 20:45probabilité de succès,
- 20:47l'impact qu'elle pouvait avoir.
- 20:48Et en fait,
- 20:48souvent,
- 20:49ce dont on s'aperçoit,
- 20:49c'est que c'est vraiment des idées qui sont un peu au milieu de ce qu'on pensait qu'il y avait marché,
- 20:55qui réussissent vraiment,
- 20:56alors que les idées les plus prometteuses,
- 20:57en fait,
- 20:58se fracassent contre la réalité.
- 20:59Et voilà.
- 21:00C'est assez intéressant.
- 21:01Et ça,
- 21:01c'est quelque chose qu'on fait tout le temps.
- 21:02Et ce qui est amusant,
- 21:03c'est que ce n'est pas juste nous,
- 21:04les fondateurs,
- 21:04c'est qu'en fait,
- 21:05c'est chaque personne dans la boîte qui le fait.
- 21:07Et on a très régulièrement une personne qui trouve un nouveau levier de croissance incroyable,
- 21:11avec très peu de moyens.
- 21:13dès qu'on voit que ça marche,
- 21:14là...
- 21:14on va descendre un peu comme des faucons sur la proie et on va mettre énormément de ressources pour scaler l'idée.
- 21:21Et ça c'est important,
- 21:22tester un peu de frais et par contre scaler les idées qui sont très prometteuses avec beaucoup de ressources,
- 21:27c'est un peu le succès de notre croissance.
- 21:29Alors c'est hyper intéressant,
- 21:30merci pour cet exemple,
- 21:32parce qu'en plus tu viens donner l'exemple de ton expérience en consultance où là souvent,
- 21:39tu parlais de McKinsey par exemple,
- 21:40ou peut-être dans une de tes autres expériences,
- 21:42je ne sais pas,
- 21:42mais
- 21:43Les clients de McKinsey Woods sont souvent des grosses corporations qui font des centaines de millions,
- 21:48des milliards de chiffres d'affaires.
- 21:50Et donc,
- 21:51elles perdent ce côté un peu pirate et ce côté beaucoup plus mobile,
- 21:57beaucoup plus lean que tu évoquais avec le livre d'Eric Rice que je recommande aussi.
- 22:03Et pour autant,
- 22:04aujourd'hui,
- 22:04vous êtes mille.
- 22:05Ce n'est pas anodin,
- 22:06c'est énorme.
- 22:07Vous commencez à être vraiment gros,
- 22:09nombreux.
- 22:10Souvent,
- 22:11à partir de 100,
- 22:12200 personnes maximum,
- 22:14on perd un peu ce côté lean,
- 22:19pirate et cette culture de l'innovation,
- 22:23cette culture de la performance ou alors on la garde qu'auprès de quelques dizaines de collaborateurs.
- 22:29Comment vous,
- 22:29concrètement,
- 22:30vous faites pour intégrer et inculquer cette culture au quotidien auprès de tous les collaborateurs ?
- 22:36C'est ce que tu évoques justement.
- 22:37pour faire en sorte que cette innovation,
- 22:39cette recherche et cette volonté d'aller chercher de la croissance et de la performance soit le leitmotiv de chacun et qu'ensuite,
- 22:47il y ait cette perception et cette capacité à identifier là où ça peut fonctionner pour que vous fassiez le mode faucon,
- 22:54pour reprendre ton propos,
- 22:56et que vous alliez deep dive dans le sujet et aller chercher à faire de la performance.
- 23:03Ça peut être hyper intéressant pour celles et ceux qui nous écoutent si peut-être tu as même une anecdote.
- 23:07un exemple concret de ce sujet et surtout comment on arrive à motiver tous ces collaborateurs quand on devient aussi gros à garder cette culture de l'innovation ?
- 23:18Oui,
- 23:18effectivement,
- 23:19c'est une bonne question,
- 23:19je pense.
- 23:20Alors,
- 23:20un des vaches,
- 23:21je pense qu'effectivement,
- 23:21on est mille aujourd'hui dans la structure,
- 23:23mais je pense qu'on est largement plus agile et largement plus lean que même des startups où ils sont 40,
- 23:2850,
- 23:29parce qu'on a vraiment cette culture et que c'est chevillé au corps.
- 23:31C'est-à-dire que je pense qu'on peut pivoter,
- 23:32on l'a déjà fait durant l'espace de quelques mois,
- 23:34on a lancé de nouveaux produits,
- 23:35lancé de nouveaux tests.
- 23:36et on les a scalés très rapidement,
- 23:38beaucoup plus rapidement que les startups que je vois.
- 23:40Tu vois,
- 23:40ils sont 40,
- 23:4050,
- 23:41ils font 20%
- 23:41de croissance par an.
- 23:42Voilà,
- 23:43nous,
- 23:43on est toujours dans les croissances de 70 à 100%
- 23:45par an parce qu'on a cette culture.
- 23:47Donc,
- 23:48je pense que le premier élément,
- 23:50c'est un,
- 23:51on l'inscrit dans la culture.
- 23:52C'est très clair qu'on cherche,
- 23:53c'est quelque chose qu'on valorise chez les gens,
- 23:55c'est le lean et on a pas mal de gens qui sont,
- 23:57en fait,
- 23:59incentivés sur la croissance et sur les nouvelles idées.
- 24:02C'est vrai que ça fait partie intégrante des objectifs.
- 24:04qu'on donne à la fois aux dirigeants,
- 24:07mais aussi à tous les gens dans la boîte.
- 24:09Ça fait partie de leurs objets.
- 24:11Deux,
- 24:12la culture,
- 24:13c'est un élément important.
- 24:13C'est que moi,
- 24:14souvent,
- 24:14je donne tous les trimestres pour les nouveaux arrivants un peu un cours sur quelle est la culture dans la boîte.
- 24:19Et j'insiste très lourdement sur le côté Lean.
- 24:22Et il y a un cours qui est dédié à comment être Lean au sein de Peppermast.
- 24:28Attirer les gens sur le ligne,
- 24:29c'est plutôt simple.
- 24:31Globalement,
- 24:32la plupart des gens sont extrêmement réceptifs au fait de pouvoir tester de manière agile.
- 24:35Ça,
- 24:35c'est quelque chose qui est plutôt très attirant pour tout le monde.
- 24:37Ensuite,
- 24:38là où commence le vrai combat,
- 24:40c'est que tout le monde est d'accord pour tester,
- 24:41mais en fait,
- 24:43tout le monde est d'accord pour tester avec beaucoup de ressources et beaucoup de préparation.
- 24:47Quand on dit aux gens,
- 24:47en fait,
- 24:48non,
- 24:48non,
- 24:48non,
- 24:48vous n'allez pas passer une semaine à faire une plateforme monocode où on ne va pas créer une équipe avec 5 devs et un product et un manager et un sales,
- 24:56et tu vois.
- 24:57on va plutôt dire,
- 24:57tu as une idée,
- 24:58tu vas la tester tout seul.
- 24:59C'est là où ça commence à être un peu plus dur parce que les gens se rendent compte qu'ils vont devoir parler aux clients,
- 25:03qu'ils vont devoir mettre les mains dans le cambouis.
- 25:05Donc ça,
- 25:05nous,
- 25:06on est très clair en entretien que c'est des qualités qu'on recherche,
- 25:08qu'on ne veut pas des gens qui sont juste des project managers et qui vont un petit peu gérer d'autres personnes.
- 25:14On est convaincus que pour tester le Lean,
- 25:15il faut qu'il y ait une personne qui mette les mains dans le cambouis partout et qui fasse les choses elles-mêmes.
- 25:20Pourquoi ?
- 25:21Parce que quand on teste en Lean,
- 25:23on a besoin d'itérer
- 25:24extrêmement souvent,
- 25:25on a besoin de faire 200,
- 25:26300 changements.
- 25:27Et si on commence à vouloir faire ces changements en coordonnant,
- 25:30en mettant une personne qui va coordonner 3 ou 4 départements sur ces choses-là,
- 25:33entre le produit,
- 25:33la tech,
- 25:34les opérations,
- 25:35le marketing,
- 25:36en fait,
- 25:36le temps de dire,
- 25:38OK,
- 25:39il faut faire tel changement,
- 25:39de l'écrire,
- 25:40de le communiquer à l'autre équipe,
- 25:41l'autre équipe qui aura peut-être compris le travail,
- 25:43et puis ensuite qui va le prioriser deux semaines plus tard,
- 25:45et qui ensuite va le produire,
- 25:46eh bien,
- 25:46il se passe deux semaines,
- 25:48un mois.
- 25:49Et donc,
- 25:49ça ne marche pas.
- 25:51Les 200 itérations vont se faire en 20 ans.
- 25:52Ce n'est pas possible.
- 25:53Quand une personne est seule,
- 25:55elle peut itérer toute seule très rapidement parce qu'elle n'a pas à se coordonner,
- 25:57à prendre les décisions elle-même.
- 25:59Elle le fait hyper rapidement.
- 26:00Le deuxième point,
- 26:01c'est que quand on est lean,
- 26:02il ne faut surtout pas faire de l'AB testing.
- 26:05Souvent,
- 26:06les gens sont hyper fiers de faire de l'AB testing,
- 26:08etc.
- 26:08Ça,
- 26:08ça marque quand on fait des choses à l'échelle.
- 26:10Mais quand on est lean,
- 26:11on a très peu de clients.
- 26:12Nous,
- 26:12on a testé plein de choses.
- 26:13On a surtout pris des décisions d'investir des millions en ayant eu juste une dizaine de clients.
- 26:18On n'a fait que quelques centaines d'euros de chiffre d'affaires.
- 26:20Et en fait,
- 26:21on est capable de le faire parce que comme on connaît tout,
- 26:22enfin,
- 26:23comme il y a une personne qui sait ce que les clients ont dit,
- 26:25les messages marketing qui ont été envoyés,
- 26:27qui a fait elle-même la data,
- 26:28qui a parlé au client,
- 26:29et bien en fait,
- 26:29on peut remplacer des erreurs statistiques qui sont liées à la loi des grands noms,
- 26:34etc.
- 26:34Au lieu d'avoir 1000 personnes pour pouvoir tester deux versions,
- 26:38avec juste les insights qu'on a eus en parlant au client,
- 26:40en connaissant tout le funnel de A à Z,
- 26:42et bien on est capable de savoir exactement ce que les clients veulent,
- 26:45donc d'itérer beaucoup plus rapidement,
- 26:46sans avoir à avoir des volumes énormes qui prennent énormément de temps quand on est au début.
- 26:50Donc voilà,
- 26:51ça c'est un combat.
- 26:54Et ensuite,
- 26:55après,
- 26:55en tant que fondateur,
- 26:57nous,
- 26:57on s'implique extrêmement fortement sur les différents tests.
- 27:01C'est-à-dire que moi,
- 27:01ça m'arrive de travailler avec des stagiaires,
- 27:04des vendeurs,
- 27:05etc.
- 27:05Je vais au niveau zéro de l'hierarchie parce qu'en fait,
- 27:09il faut travailler avec des gens qui sont dans les tranchées.
- 27:11Il faut être prêt à aller prendre son téléphone,
- 27:14appeler les clients,
- 27:16aller les rencontrer.
- 27:17Parce que souvent,
- 27:17les gens sont prêts à faire du test and learn.
- 27:19mais dès qu'il s'agit d'aller parler réellement aux clients d'aller vendre un produit qui n'existe pas etc ça c'est beaucoup plus dérangeant et en fait il faut montrer l'exemple et le faire donc c'est un peu comme ça aujourd'hui qu'on structure ça et ça marche plutôt pas mal les gens sont contents on les recrute sur la base de ça on est très transparent sur le fait que c'est un peu dur mais que ça rapporte énormément et
- 27:38après en termes d'anecdotes en fait j'en ai plein c'est à dire que on a fait des un moment on a fait des partenariats avec des banques moi je pensais que ça ne virait à rien.
- 27:46Quand on s'est créé on a fait plein de partenariats avec...
- 27:48plein de groupes,
- 27:50des agences immobilières,
- 27:51des réseaux immobiliers,
- 27:52etc.
- 27:53On a fait des choses avec des grands groupes et en fait,
- 27:55on s'est aperçu que ça ne marchait pas bien parce qu'on ne savait pas parler aux clients,
- 27:58etc.
- 27:58Donc,
- 27:58on signait un truc avec le siège mais derrière,
- 28:00il ne se passait rien,
- 28:00ça ne faisait pas de clients.
- 28:02Et donc,
- 28:02on a été approché par des banques qui voulaient tester des solutions.
- 28:05À l'époque,
- 28:05j'étais convaincu que ça ne marcherait pas parce qu'on a déjà eu plein d'échecs avec des grands groupes et on ne savait pas trop les faire marcher.
- 28:11« Non,
- 28:12ici,
- 28:12je vais le tester,
- 28:13tu verras,
- 28:13ça ne me prendra pas beaucoup de temps. »
- 28:14Donc,
- 28:14j'ai dit,
- 28:14« Ok,
- 28:15très bien,
- 28:15vas-y,
- 28:15je n'y crois pas,
- 28:16mais vas-y. »
- 28:17Et en fait,
- 28:18ça a vachement bien marché,
- 28:19ça a fait 10 clients.
- 28:20Et paradoxalement,
- 28:22quand le salarié à l'époque a vu que ça avait 10 clients,
- 28:25il ne m'a pas dit que c'était une énorme victoire.
- 28:27Il pensait que ce n'était pas ouf,
- 28:29qu'il fallait mieux abandonner.
- 28:30Je lui ai dit,
- 28:30non,
- 28:31regarde tes ratios,
- 28:32regarde,
- 28:32ça fait 10 clients.
- 28:33Au contraire,
- 28:33on va mettre énormément de ressources dans la boîte,
- 28:35on va prioriser ça pendant les 6 prochains mois,
- 28:37parce que c'est hyper intéressant.
- 28:39Et donc souvent,
- 28:39les salariés ne se rendent pas compte eux-mêmes de la valeur de ce qu'ils ont fait,
- 28:43parce que quand on est mis dans une boîte,
- 28:45faire 10 clients ça paraît rien par rapport au nombre de clients qu'on fait tous les jours mais en fait il faut être capable de déceler un petit peu les pépites les signes les premiers signes et ça c'est quelque chose qu'on voit souvent avec l'expérience et qu'on essaie de transmettre aux différents collaborateurs très clair très clair et il
- 29:01y a plein de questions que j'aimerais te poser à l'issue de ce que tu viens de partager mais surtout je me rends compte à quel point finalement votre boîte c'est avant tout une boîte de data et la capacité à pouvoir interpréter collecter
- 29:14centraliser,
- 29:15interpréter la data pour prendre les meilleures décisions.
- 29:19Quand vous avez autant d'offres,
- 29:22autant de clients,
- 29:23autant de portes d'entrée,
- 29:24qu'en plus vous êtes sur trois pays différents,
- 29:26alors ça paraît...
- 29:28Peu pour certains,
- 29:29mais finalement,
- 29:29c'est énorme parce que c'est multiplier trois pays par toutes les portes d'entrée potentielles et toutes les complexités administratives,
- 29:35pro comme perso,
- 29:37pour chacun de ces pays,
- 29:38plus d'autres variables encore.
- 29:42Donc,
- 29:42c'est énorme,
- 29:43j'imagine,
- 29:43la data que vous collectez.
- 29:46Comment est-ce que vous faites pour ségréguer la data et...
- 29:55prendre les bonnes décisions basées sur celle-ci parce que je sais que c'est un vrai sujet pour
- 30:00100% des entrepreneurs qui nous écoutent.
- 30:02On veut tous cette data drive-on,
- 30:03on veut tous analyser les bonnes KPI,
- 30:06on veut tous pouvoir prendre les meilleures décisions par rapport à ça et pour autant,
- 30:11malgré toute la data que vous cumulez,
- 30:12tu dis,
- 30:13on va parfois tenter 200 initiatives avant de trouver la bonne,
- 30:17identifier la bonne et se concentrer sur celle-ci.
- 30:20Est-ce qu'il y a une secret sauce ou un système ?
- 30:23que vous avez mis en place pour réussir à identifier les bons signaux et justement se concentrer uniquement sur les bons signaux faibles que
- 30:39parfois on va éroder et aller chercher de la croissance via ces intermédiaires ou même du résultat ou autre.
- 30:48Yes.
- 30:49alors
- 30:50Pour la question de data,
- 30:50je pense que je séparerais en deux points,
- 30:53entre la data pour passer de 0 à 1 quand on fait une phase test,
- 30:56et la data pour passer de 1 à 10 pour le scaling.
- 30:59Pour passer de 1 à 10,
- 31:00aujourd'hui,
- 31:00on a plus de 30 personnes en data.
- 31:03Donc on a vraiment un gros département data.
- 31:04Mon associé et moi,
- 31:05on est tous les deux de formation ingénieur,
- 31:07et on a tous les deux fait du conseil.
- 31:08Donc ils sont des environnements qui sont très data-friendly,
- 31:12on va dire.
- 31:13Et donc je pense que Paperless,
- 31:14on est vraiment une boîte extrêmement data-driven.
- 31:17Tout le monde se dit data-driven,
- 31:18mais je pense que chez nous,
- 31:19c'est vraiment vrai.
- 31:20Aujourd'hui,
- 31:20nous,
- 31:21en termes de politique data,
- 31:23on respecte strictement tout ce qui est la GDPR,
- 31:25la CNA,
- 31:26etc.
- 31:26Mais dans la mesure où on respecte ça,
- 31:28on aspire toutes les datas qu'on peut,
- 31:30c'est-à-dire qu'on historise toutes les données,
- 31:33on ne les revend jamais,
- 31:34ça c'est hyper important,
- 31:35on n'a aucune data qui part à l'extérieur pour des émonuments,
- 31:39parce que dans les faits,
- 31:39la data,
- 31:39ça ne rapporte pas tant de soin,
- 31:40et puis surtout parce qu'en fait,
- 31:41nos clients,
- 31:42on veut leur fournir le meilleur service,
- 31:43le but,
- 31:44c'est pas qu'ils soient spammés derrière,
- 31:45donc on ne revend aucune data.
- 31:47Mais ensuite,
- 31:47on analyse énormément la data,
- 31:49Pour ça,
- 31:49il n'y a pas de secret.
- 31:50Avoir un bon data lake et des bons outils de data,
- 31:54c'est beaucoup d'efforts,
- 31:55c'est assez long,
- 31:56mais ça vaut le coup parce qu'une fois que c'est là,
- 31:58on peut prendre des bonnes datas,
- 31:59faire des bons calculs d'héroïdes,
- 32:01bien structurer la boîte.
- 32:02Donc ça,
- 32:02il n'y a pas de secret.
- 32:03Il faut vraiment investir dedans,
- 32:05avoir une excellente équipe data,
- 32:07à la fois data analyst,
- 32:08mais aussi data engineer pour arriver à avoir les bons pipes de data.
- 32:12Être rigoureux.
- 32:12Il faut commencer par ce qui n'est pas très sexy,
- 32:14c'est-à-dire pluguer tous ces outils ensemble pour déverser
- 32:18toute la data au sein d'un outil unique et à partir de là,
- 32:21on peut commencer à faire des analyses.
- 32:23Et voilà,
- 32:24nous c'est ça qu'on fait.
- 32:25Ça c'est excellent pour passer de 1 à 10,
- 32:27le scaling,
- 32:27faire plein d'optimisations,
- 32:28faire des tests extrêmement compliqués,
- 32:30aller chercher des pourcentages d'amélioration,
- 32:32etc.
- 32:33Ensuite,
- 32:33pour le passage de 0 à 1,
- 32:34on parlait du Lean tout à l'heure,
- 32:36là par contre,
- 32:37je pense que c'est pas forcément ultra utile,
- 32:38c'est-à-dire que moi la data,
- 32:39quand on fait ça,
- 32:40on la fait sur un Excel un peu dégueu.
- 32:42et c'est ce que je préconise aux équipes,
- 32:44c'est ne passez pas 1000 ans à faire des requêtes SQL extrêmement complexes,
- 32:47tout mettre en BI,
- 32:48ça ne sert à rien de passer longtemps là-dessus,
- 32:51faites un Excel où vous suivez à la main les clients,
- 32:55et tirez-en les données.
- 32:57Quand on est au tout début,
- 32:58généralement je pense qu'on n'a pas besoin de data extrêmement élaborée,
- 33:03parce que moi personnellement,
- 33:05mon expérience c'est qu'on peut améliorer les funnels,
- 33:07mais c'est très rare d'arriver à prendre un truc qui ne marche pas,
- 33:10et il y a de l'amélioration
- 33:12itérative et beaucoup d'analyse de données et d'amélioration de produits,
- 33:16d'arriver à améliorer graduellement un pourcentage par-ci,
- 33:18un pourcentage par-là,
- 33:19d'arriver à prendre quelque chose qui ne marche pas et à le faire marcher.
- 33:21C'est soit ça marche dès le début et on peut l'améliorer,
- 33:24mais prendre un truc qui n'est pas passé de 0 à 1 et essayer de le faire passer à 10 avec de la data,
- 33:28moi j'ai toujours trouvé que ça ne marchait jamais.
- 33:31Pour passer de 0 à 1,
- 33:31moi je conseille de faire du quick and dirty pour être très agile et par contre pour passer de 1 à 10,
- 33:36investir très fortement dans la data.
- 33:38Clairement,
- 33:39je suis...
- 33:41Je suis assez aligné,
- 33:42100%
- 33:42aligné.
- 33:43Un autre point toujours sur cette partie culture et recrutement,
- 33:51structuration,
- 33:51il y a un truc qui me fascine et qui est hyper important,
- 33:56tu l'as évoqué,
- 33:57lorsque vous faites tes entretiens,
- 33:58vous lui dites clairement quel type de profil vous recherchez,
- 34:02quel type de profil vous ne recherchez pas,
- 34:03de façon à garder cet esprit d'innovation,
- 34:07de performance,
- 34:08etc.
- 34:09Quand on atteint un certain palier,
- 34:10100 personnes,
- 34:11200 personnes,
- 34:11500 personnes,
- 34:121000 personnes,
- 34:13c'est quoi le vrai sujet pour maintenir cette culture ?
- 34:17C'est recruter ?
- 34:18C'est aligner les gens à cette culture au fur et à mesure ?
- 34:22Est-ce que c'est déléguer correctement et créer différentes pôles et structurer les choses ?
- 34:27Est-ce que c'est trancher ?
- 34:29Souvent,
- 34:29on dit recruter lentement,
- 34:31remercier rapidement.
- 34:33Certains disent recruter rapidement et remercier rapidement aussi.
- 34:36Certains,
- 34:36c'est d'autres choses.
- 34:38toi,
- 34:38de toute l'expérience que tu as accumulée sur ces dix années,
- 34:42ce serait quoi le ou les conseils que tu partagerais aux entrepreneurs qui peut-être font face ou vont faire face à un scaling assez agressif ?
- 34:51Parce que c'est clairement le cas,
- 34:52c'est de l'hyperscale.
- 34:54Quelles sont les erreurs que tu as pu faire ?
- 34:56Quelles sont les leçons que tu retiens ?
- 34:58Et quels sont les conseils que tu peux partager à cet égard ?
- 35:02Yes.
- 35:03Alors,
- 35:04tu parles de recrutement,
- 35:05donc ça,
- 35:05effectivement,
- 35:05c'est une des choses les plus importantes.
- 35:10On voit souvent ça un peu sur LinkedIn,
- 35:11Medium,
- 35:12Substack,
- 35:13et c'est un peu une vérité un peu commune,
- 35:15mais je pense que ça reflète vraiment une vraie réalité.
- 35:18Moi,
- 35:18je pense que globalement,
- 35:19plus de 50%
- 35:20du succès d'une boîte,
- 35:21c'est la qualité des gens qui est recruté.
- 35:24Parce qu'à la fin,
- 35:25les entrepreneurs,
- 35:26dès qu'on commence à scaler,
- 35:27par définition,
- 35:28c'est plus l'entrepreneur qui fait le taf.
- 35:31c'est même plus c'est n-1 c'est l'ensemble de la boîte donc on peut avoir les meilleurs procès c'est la meilleure stratégie mais si en fait on a des gens qui ne peuvent pas exécuter ou qui en fait ont peu d'idées ou pas des bonnes idées etc et bien en fait la boîte elle ne va jamais avancer donc la boîte c'est vraiment les gens une entreprise c'est un groupe de personnes qui vont travailler dans une direction pour essayer de réaliser une mission enfin c'est ni plus ni moins ça et
- 35:53donc il faut vraiment s'assurer d'avoir les bonnes personnes pour bien réaliser l'émission.
- 35:56Donc,
- 35:56avoir les bonnes personnes est très exigeant sur le recrutement.
- 35:59mettre en place des bons process de recrutement pour avoir plein de CV,
- 36:03pouvoir bien sélectionner,
- 36:05bien former les managers sur le recrutement.
- 36:07Et même,
- 36:08moi d'ailleurs,
- 36:08c'est quelque chose que je fais quand je recrute des managers.
- 36:10Une des premières questions que je leur pose,
- 36:12c'est en fait,
- 36:13quelle est leur expérience du recrutement ?
- 36:15Parce que moi,
- 36:16je recherche des managers qui ont une capacité à attirer,
- 36:19détecter les bonnes personnes et les attirer.
- 36:21Parce qu'encore une fois,
- 36:22plus de 50%
- 36:23de leur succès,
- 36:23ce sera le recrutement qu'ils font.
- 36:24Donc le recrutement,
- 36:25je pense,
- 36:25c'est absolument clé.
- 36:27tu parlais ensuite de recruter lentement et remercier rapidement je pense que c'est vrai même si on est en phase d'hyperscaling nous on est passé on a fait des années,
- 36:38on a fait plus de 150%
- 36:40de croissance du recrutement,
- 36:41on est passé par exemple post-covid de 200 personnes dans la boîte à 600 en moins de 15 mois ça a été extrêmement violent mais même dans cette période là on n'a pas baissé la barre en termes d'exigence de recrutement Merci.
- 36:54Parce que tout recrutement qu'on fait maintenant,
- 36:56on peut se dire,
- 36:57ok,
- 36:58ça va m'accélérer pendant les trois prochaines semaines ou les trois prochains mois,
- 37:01mais une mauvaise personne,
- 37:02ça va te ralentir pendant les 18 prochains mois,
- 37:05voire plus.
- 37:06Donc voilà,
- 37:06je pense que si vous vraiment recrutez les bonnes personnes,
- 37:08ne serait-ce aussi que par correction envers les personnes qu'on recrute,
- 37:12parce que recruter rapidement et remercier rapidement,
- 37:15je trouve que ce n'est pas honnête par rapport aux personnes qui postulent.
- 37:18Quand une personne postule,
- 37:19elle peut changer de job,
- 37:20elle va changer sa situation.
- 37:21Je trouve que ce n'est pas bien de recruter des gens sans avoir une bonne conviction qui peuvent vraiment être les bonnes personnes pour la boîte.
- 37:26Moi,
- 37:26je préfère passer du temps.
- 37:28Après,
- 37:28quand ça ne se passe pas bien,
- 37:29il faut remercier parce que c'est bon ni pour la personne ni pour l'entreprise.
- 37:35Après,
- 37:36je dirais que quand on scale,
- 37:37c'est quand même important d'avoir la bonne stratégie.
- 37:39Une bonne partie du temps des dirigeants,
- 37:41ça va être de se poser la question sur quoi on bosse,
- 37:43plus tellement faire le travail eux-mêmes et s'assurer que les ressources sont allouées dans les bons endroits.
- 37:49c'est-à-dire investir dans tel ou tel domaine avoir telle ou telle stratégie ça je pense c'est hyper important et ensuite s'assurer d'avoir les bons process c'est-à-dire faire en sorte que les personnes recrutées adhèrent à la culture que la culture soit bien connue que les personnes les collaborateurs aient à disposition les bons outils les
- 38:04bonnes structures par leur revue de performance pour bien travailler voilà absolument le job le plus fun ça dépend des gens je sais qu'on l'associe ils adorent faire ça moins à moins mais voilà mais c'est pour ça aussi fois ça c'est avec des gens complémentaires
- 38:17Mais mettre en place les bonnes structures dans la boîte,
- 38:20ça prend beaucoup de temps,
- 38:21mais c'est quelque chose qui accélère la croissance de la boîte dans les années à venir.
- 38:25Tu parles justement de complémentarité avec ton associé.
- 38:28Comment est-ce que vous avez réparti vos deux rôles ?
- 38:31Est-ce que par exemple,
- 38:32il y en a un qui est sur plus la partie vision,
- 38:35stratégie,
- 38:37commercial,
- 38:37marketing,
- 38:38l'autre qui est plus sur la partie structuration,
- 38:40recrutement,
- 38:41opération et autres,
- 38:43ou d'autres choses peut-être ?
- 38:45Je sais que ça intéresse beaucoup de gens.
- 38:47cette partie associée ou complémentarité,
- 38:49même pas forcément avec ton associé,
- 38:50mais ne serait-ce qu'avec ton comex ou différentes parties de l'entreprise.
- 38:57Nous,
- 38:57on a toujours cru au fait qu'il fallait avoir des rôles et responsabilités assez clairement définis,
- 39:02c'est-à-dire qu'on sait exactement ce que chacun fait et on a nos petits périmètres,
- 39:05et on agit au sein de ces périmètres.
- 39:07Le but étant d'être deux à travailler sur le même sujet et de ne pas être deux à délaisser les mêmes sujets.
- 39:12Je pense que c'est pour ça que c'est très important d'être complémentaire parce que
- 39:15J'ai déjà vu des associés qui étaient très similaires,
- 39:17qui étaient potes,
- 39:18qui se sont associés entre eux.
- 39:19Mais souvent,
- 39:20il s'avère qu'ils aiment bien faire la même chose.
- 39:22Ils n'aiment pas aussi faire la même chose.
- 39:24Et donc,
- 39:24ils vont passer beaucoup de temps à pinailler sur des trucs où ils vont se mettre tous les deux dessus parce qu'ils ont envie de le faire.
- 39:28Et inversement,
- 39:29ils vont complètement délaisser des sujets qui n'intéressent ni l'un ni l'autre.
- 39:32Donc nous,
- 39:32on est très complémentaires.
- 39:33Normalement,
- 39:33l'associé s'occupe de tout ce qui est opération,
- 39:35tech,
- 39:36produits,
- 39:37data,
- 39:38RH et tout ce qui est finance.
- 39:39Comme moi,
- 39:40je travaille sur tout ce qui est marketing,
- 39:41stratégie,
- 39:43financement.
- 39:44Et puis il y a un peu tout ce qui est relation extérieure et tout ce qui est relation avec nos fournisseurs,
- 39:49qui nous payent type énergie,
- 39:51box,
- 39:51télécom.
- 39:52Donc on a un râteau qui est,
- 39:56des scopes qui sont très clairement définis,
- 39:58on a des sea levels qui sont sur chacun de ces...
- 40:01de ces différents scores.
- 40:04Et c'est comme ça qu'on se répartit.
- 40:06Après,
- 40:06on a fait évoluer nos répartitions dans le temps.
- 40:12C'est-à-dire qu'au début,
- 40:13c'était tout le monde associé qui,
- 40:14au tout début,
- 40:14le marketing type SEO qui s'est revenu chez moi.
- 40:17C'est moi qui faisais le produit au début et puis c'est allé chez lui.
- 40:19Il ne faut pas hésiter,
- 40:20je pense aussi,
- 40:22à reconnaître que parfois tel ou tel associé est moins bon dans tel ou tel domaine et réajuster en fonction de ça.
- 40:27Je pense qu'il faut pas mal le prendre.
- 40:28Au contraire,
- 40:31Moi,
- 40:31je conseille d'être très clair sur qui fait quoi,
- 40:33de s'associer avec des gens qui sont complémentaires et ensuite de ne pas hésiter à faire évoluer graduellement les différents rôles et responsabilités parce qu'en fonction du développement de la boîte,
- 40:42certaines fonctions deviennent trop lourdes ou au contraire,
- 40:44certaines fonctions sont plus utiles.
- 40:45Et donc,
- 40:46de se répartir ça constamment pour optimiser la croissance.
- 40:49J'entends.
- 40:49Je vois clairement l'organisation et la structure et l'évolution des choses.
- 40:53Dans le scope que tu couvres,
- 40:55je vois de la stratégie,
- 40:57je vois de la performance,
- 40:58je vois de l'exigence.
- 41:00sur la nécessité de devoir aller chercher du résultat pour négocier de nouveaux deals avec certains partenaires et donc potentiellement avoir des produits bien plus rentables pour aller pouvoir passer de 2 à 2,5,
- 41:113 millions d'utilisateurs à terme et aller chercher plus de couverture sur certains marchés.
- 41:18Comment tu gères avec tes équipes l'équilibre entre performance,
- 41:24bienveillance,
- 41:25exigence et humain ?
- 41:27parce que...
- 41:29Quand on a envie d'aller vite et qu'on va déjà vite et qu'on est dans un momentum,
- 41:33dans une inertie et qu'on voit que peut-être un élément ou deux ou un pôle n'a pas été suffisamment performant,
- 41:41comment est-ce que toi,
- 41:42tu le gères intérieurement ?
- 41:44Comment tu gères cette frustration peut-être ?
- 41:46Ou comment tu communiques derrière ?
- 41:48Je sais que c'est une vraie douleur pour beaucoup d'entrepreneurs,
- 41:51surtout lorsqu'ils scalent,
- 41:53et que derrière,
- 41:53on n'a pas envie de faire moins bien que l'année précédente.
- 41:56etc.
- 41:57C'est peut-être quelque chose que tu vis ou que tu as vécu.
- 41:59Comment tu le gères ?
- 42:01Alors,
- 42:02nous là-dessus,
- 42:03ce qu'on fait,
- 42:04c'est qu'on met en place des objectifs chiffrés,
- 42:08très clairs.
- 42:09On peut dire,
- 42:10vous devez faire tant de croissance,
- 42:11vous devez mener tel KPIs de temps à temps.
- 42:14Les équipes ont des objectifs chiffrés,
- 42:16ce qui permet un petit peu d'objectiver la discussion parce que s'il n'y a pas ça,
- 42:20les équipes vont dire oui,
- 42:21mais c'est très compliqué parce que le marché,
- 42:23parce que le contexte,
- 42:24parce que telle équipe a pas si ou que ça.
- 42:26Le but de communiquer clairement nos objectifs au début,
- 42:29c'est de faire en sorte que les gens soient,
- 42:31ce qu'on dit en anglais,
- 42:31accountable,
- 42:33mais qu'ils se sentent responsables.
- 42:35Et deux,
- 42:36quand on fait aussi des objectifs en fin d'année pour l'année suivante,
- 42:40moi,
- 42:40ce que je dis toujours aux équipes,
- 42:41c'est que vous devez me fournir des améliorations que vous pouvez exécuter en indépendance.
- 42:48Parce que sinon,
- 42:49les équipes marketing vont toujours dire qu'elles vont faire plus de croissance.
- 42:52si les équipes opérationnelles augmentent leurs performances,
- 42:55parce qu'elles convertiront mieux et inversement les équipes opérationnelles vont dire je vais faire un meilleur taux de transformation si on sélectionne mieux mes leads il faut être très clair sur le fait que les performances doivent venir individuellement des équipes et ne pas se reposer sur les améliorations des équipes tierces,
- 43:10ça ne veut pas dire qu'ils ne peuvent pas collaborer sur certains sujets mais il faut les forcer à améliorer des métriques chez eux,
- 43:18plutôt que se reposer sur les autres équipes pour améliorer leur propre métier
- 43:22Une fois qu'on a fait ça,
- 43:24on va pouvoir très objectivement dire que telle métrique est passée de temps à temps,
- 43:27est-ce que la performance est bonne ou est-ce qu'elle ne l'est pas.
- 43:29Ensuite,
- 43:30ce qu'il faut quand même avoir en tête,
- 43:31c'est que notamment quand on est lean,
- 43:33quand on teste des choses nouvelles,
- 43:34et ça nous arrive très régulièrement,
- 43:36on ne sait pas.
- 43:37C'est impossible de prédire si tel ou tel nouveau projet va réussir.
- 43:40En gros,
- 43:40quand on passe de 1 à 10,
- 43:42là c'est plutôt facile de mettre en place des objectifs de croissance,
- 43:45parce qu'on sait à peu près comment ça marche,
- 43:46on peut prédire.
- 43:47Par contre,
- 43:48quand on passe de 0 à 1,
- 43:49en fait,
- 43:49sur
- 43:5010 projets,
- 43:51il y en a probablement 9 qui vont échouer lamentablement.
- 43:53Et c'est un peu binaire.
- 43:54Ce n'est pas qu'ils vont en moyenne être à
- 43:57X, c'est qu'il y en a un qui va faire 10 X et les autres seront à 0.
- 44:01Et donc,
- 44:01c'est là où il faut avoir un peu de bienveillance.
- 44:04Il y a des objectifs chiffrés,
- 44:05mais il faut aussi prendre en compte la difficulté de l'atteinte de l'objectif et parfois donner un peu de temps.
- 44:10Et donc,
- 44:11moi,
- 44:12sur les...
- 44:13Nous,
- 44:14chez nous,
- 44:14quand on passe de 1 à 10,
- 44:15on regarde les chiffrés,
- 44:16là c'est aux différents managers de les atteindre,
- 44:19et s'ils n'atteignent pas,
- 44:20par contre,
- 44:21on va faire des plans,
- 44:22et si ça ne marche pas,
- 44:24on va probablement diverger avec les salariés.
- 44:29Mais inversement,
- 44:29par contre,
- 44:30quand on fait des nouveaux tests,
- 44:32on doit accepter qu'ils ne puissent pas avoir de résultats pendant 12 mois,
- 44:3615 mois,
- 44:37et là,
- 44:37au lieu de regarder les résultats,
- 44:38on va plutôt regarder la méthode,
- 44:39c'est-à-dire,
- 44:39est-ce qu'ils ont fait des bonnes choses,
- 44:41est-ce qu'ils ont travaillé dur,
- 44:42etc.
- 44:43Donc voilà,
- 44:44c'est un mix des deux,
- 44:44entre regarder les objectifs et être très result-driven,
- 44:48mais quand on fait des choses risquées,
- 44:50aussi regarder ce que les gens ont fait,
- 44:52et les juger à l'aume de sable,
- 44:54parfois,
- 44:54même si quelqu'un fait les choses bien,
- 44:56il n'y aura pas forcément de résultat.
- 44:58Merci pour ces éléments et je pourrais parler pendant des heures avec toi sur tous ces sujets,
- 45:03surtout que tu rentres dans les détails de chaque réponse et il y a énormément de choses encore où je sens que tu en as sous la pédale et qu'on pourrait aller encore plus loin.
- 45:15J'ai deux questions encore à te partager la première c'est,
- 45:19est-ce qu'à un moment donné tu t'es senti dépassé en interne tu évoquais le fait que yeah yeah
- 45:26À certains moments où vous avez changé d'axe avec ton associé,
- 45:30notamment par rapport à des pôles que vous supervisiez,
- 45:33ou est-ce que peut-être lié à une croissance ou à un échec,
- 45:37ou que sais-je,
- 45:38tu as dû changer de posture en tant que dirigeant,
- 45:40tu as eu une grande leçon qui fait qu'aujourd'hui tu aimerais la partager.
- 45:45Oui,
- 45:45alors dans les deux sens.
- 45:46Un,
- 45:47positivement,
- 45:47c'est que parfois tu vas dans un bureau de la boîte,
- 45:52par les équipes avec qui t'as pas beaucoup parlé parce que t'es pas en relation directe,
- 45:55etc.
- 45:56Elles te présentent ce qu'elles font et là tu dis c'est incroyable ce qu'ils ont fait,
- 45:59j'aurais jamais pensé à faire ça.
- 46:01Je pensais pas du tout qu'ils étaient aussi avancés et tu dis wow,
- 46:03c'est vraiment impressionnant,
- 46:04tu te sens un peu dépassé et tu dis wow,
- 46:05si c'est comme ça dans toute la boîte,
- 46:07en fait on a construit un truc fantastique et voilà,
- 46:09ça c'est des moments de grande fierté et ça arrive de temps en temps où t'es vraiment soufflé par ce qu'ils ont réussi à réaliser.
- 46:18négativement t'as aussi des moments où tu te dis la boîte croit vraiment j'ai jamais eu ce genre de responsabilité donc voilà est-ce que je serai à la hauteur etc donc voilà et après par contre tu m'utilises toujours un peu parce que la boîte va toujours un peu plus lentement que ce que tu voudrais donc c'est vrai que je me projette beaucoup dans le futur donc je suis toujours un peu un an en avance de la boîte en termes d'expectations donc c'est vrai que quand ça arrive on se sent relativement légitimé ensuite
- 46:42on a eu aussi des moments très difficiles on a connu la crise de l'énergie
- 46:46Parce que les prix d'énergie ont explosé,
- 46:48ils ont fait x50 sur le prix d'énergie française à cause de la guerre en Ukraine et à cause de l'incurie d'EDF qui avait mis la moitié de ses réacteurs nucléaires hors service au pire moment.
- 46:58Et donc,
- 46:59ça a été très dur pour nous.
- 47:00En quelques jours,
- 47:02les fournissants ont arrêté d'acheter des nouveaux clients.
- 47:04Et donc,
- 47:05on a perdu
- 47:0540% du chiffre d'affaires en l'espace d'une semaine.
- 47:09Et ça,
- 47:09ça a été extrêmement dur à gérer parce que là,
- 47:11en fait,
- 47:11la boîte perdait plusieurs millions par mois et il nous restait quasiment plus de cash.
- 47:16donc on a dû prendre des décisions difficiles et nous on a toujours été une boîte où on s'est toujours dit on essaie de ne pas suivre trop les tendances de marché on ne s'est pas emballé pendant la bulle de 2021 comme on fait beaucoup de startups qui l'ont beaucoup regretté et inversement on s'est dit on n'a jamais licencié on a toujours essayé d'être les
- 47:31plus straight et square avec les gens,
- 47:34les plus droits et là on est arrivé à ce jour là où j'ai dû venir à Barcelone et devant 600 personnes dire Merci.
- 47:43qu'on allait devoir supprimer des postes.
- 47:46Ça a été extrêmement difficile.
- 47:48Alors moi,
- 47:49c'est toujours,
- 47:49je pense,
- 47:49beaucoup plus difficile pour les gens de l'entendre et de se faire sortir que de devoir le dire en tant que dirigeant.
- 47:55Mais il n'empêche,
- 47:55ça,
- 47:55ça a été quelque chose qui,
- 47:56moi,
- 47:57m'a beaucoup marqué parce que je n'ai vraiment pas créé une boîte pour licencier des gens à tour de bras.
- 48:02On n'avait pas le choix parce qu'en fait,
- 48:03c'était la pire crise de l'énergie depuis la Seconde Guerre mondiale en Europe.
- 48:07Donc,
- 48:07on a dû prendre cette décision-là.
- 48:09Voilà,
- 48:09donc on...
- 48:10C'était un moment très dur,
- 48:12à la fois pour les équipes,
- 48:14surtout pour les équipes,
- 48:16mais aussi pour nous en tant qu'entrepreneurs.
- 48:18Voilà,
- 48:19donc ça,
- 48:19je pense,
- 48:20ça remet les pieds sur terre quand on va faire face à ça.
- 48:23Et là,
- 48:23on a dû aussi trouver des trésors de créativité et d'innovation pour arriver à surpasser cette crise.
- 48:30Et ensuite,
- 48:30c'était très dur,
- 48:31parce qu'on a dû se séparer de personne.
- 48:32Et c'est aussi très dur,
- 48:33parce qu'avec les personnes qui restent en interne,
- 48:36il faut les remobiliser,
- 48:37les remotiver,
- 48:38et il faut repartir sur un bon pied,
- 48:39et bisous
- 48:40la boîte reste abattue,
- 48:41en fait la boîte va mourir.
- 48:42Donc c'est très important d'avoir beaucoup de compassion et de faire ça avec tact pour les gens qui doivent sortir,
- 48:48mais aussi de remuniser les gens en interne et de ne pas se laisser abattre.
- 48:51Depuis bien sûr,
- 48:52la boîte s'est largement rétablie,
- 48:54on a fait plus de 70%
- 48:56de croissance depuis cette crise,
- 48:58et on est largement au-dessus du niveau avant crise,
- 49:01et ça a même permis à la boîte d'être...
- 49:02encore plus forte,
- 49:03parce qu'on a réussi à pivoter,
- 49:05à diversifier nos sources de revenus et à être beaucoup plus résilient.
- 49:07Mais voilà,
- 49:08c'est vrai que ça a été un moment qui a été compliqué,
- 49:11dont la boîte est ressortie beaucoup plus forte et même beaucoup plus grosse,
- 49:13et donc qui a quasiment été bénéfique,
- 49:15mais qui sur le moment a été compliqué.
- 49:17Mais aujourd'hui,
- 49:18on en est vraiment sortis bien plus fort.
- 49:19Très clair.
- 49:20Ouais,
- 49:20effectivement,
- 49:21ça doit être quelque chose,
- 49:22et tu fais bien de le mettre en lumière.
- 49:24Ce ne sont jamais des moments faciles,
- 49:26c'est bien de le mettre en lumière et d'appuyer sur cet élément-là.
- 49:30Merci Philippe.
- 49:31Pour tout ce que tu as pu partager et pour cet épisode,
- 49:34c'était un immense plaisir que de t'accueillir sur le Déclic.
- 49:38Comme déjà dit plusieurs fois,
- 49:39j'aurais pu encore te parler pendant des heures.
- 49:42D'ailleurs,
- 49:43pour ceux qui nous écoutent,
- 49:44si vous avez eu autant de plaisir à nous écouter que je n'ai eu à animer cet épisode,
- 49:47faites-le nous savoir comme à chaque fois en mettant 5 étoiles sur votre plateforme de streaming préférée,
- 49:53en partageant également cet épisode autour de vous,
- 49:56auprès de ceux qui auraient besoin de l'écouter.
- 50:00et aussi en interagissant directement sur le post LinkedIn qu'on va faire.
- 50:03D'ailleurs,
- 50:03on mettra le lien de Pepper Nest directement en bio de l'épisode si vous voulez aller plus loin et puis découvrir la solution si,
- 50:13comme moi,
- 50:13vous êtes allergique à l'administratif.
- 50:16Philippe,
- 50:16j'ai une dernière question à te poser que je pose à chacun de mes invités du Déclic.
- 50:20Est-ce que tu peux nous partager le Déclic ?
- 50:23qui a fait toute la différence pour toi,
- 50:25que ce soit professionnellement comme personnellement,
- 50:27que tu n'as pas partagé encore dans cet épisode,
- 50:29que peut-être tu n'as jamais partagé.
- 50:31Ça peut être une anecdote,
- 50:33une situation,
- 50:34une frustration,
- 50:34quelque chose de positif,
- 50:35quelque chose de moins positif.
- 50:36Peu importe,
- 50:37tu as carte blanche pour le mot de la fin.
- 50:40J'en ai parlé un tout petit peu à un moment,
- 50:42mais je pense que c'est quand même important de le mentionner.
- 50:44Le déclic pour moi et aussi pour ma société,
- 50:46je pense,
- 50:46a été la lecture du livre « The Lean Startup »
- 50:48de Eric Ries.
- 50:50Parce que c'est vraiment ça qui nous a...
- 50:53qui a changé totalement notre manière de faire et je pense qu'aujourd'hui,
- 50:55la boîte serait un dixième de sa taille si on ne l'avait pas lu et si on ne l'avait pas appliqué.
- 50:59Je pense vraiment que toute personne qui veut devenir entrepreneur doit impérativement lire ce livre et pas juste son résumé parce qu'appliquer le Lean réellement,
- 51:08c'est très dur.
- 51:09Quand on crée une startup,
- 51:10on a envie de faire le meilleur produit et ensuite de le montrer au monde et avec de la viralité,
- 51:15de le faire marcher.
- 51:16La dure réalité,
- 51:17c'est qu'il ne faut surtout passer quasiment pas de temps sur la conception et le tester directement d'un point de vue marketing.
- 51:21pour voir si les gens,
- 51:22ça les intéresse.
- 51:23Et en fait,
- 51:24c'est l'opposé de ce que font tous les entrepreneurs au début.
- 51:27Donc,
- 51:27je vous conseille vraiment de le lire et de vraiment l'appliquer parce que pour nous,
- 51:30ça a été game changer et on ne serait pas entrepreneurs,
- 51:33on n'aurait pas construit ce qu'on a construit aujourd'hui si on n'avait pas lu.
- 51:37Merci Philippe.
- 51:38Merci beaucoup Alec.