Latest / Africa Fashion Tour / Marie Lora-Mungaï, fondatrice de Restless Global
Transcript
- 0:00C'est-à-dire vraiment l'urgence de comprendre comment se structurer,
- 0:06comment parler aux investisseurs pour les entrepreneurs.
- 0:10L'urgence aussi de créer des alliances,
- 0:15d'arrêter de faire des petites choses chacun dans son coin,
- 0:18mais de travailler à plusieurs sur des plus gros projets,
- 0:22de faire des plus grosses sociétés,
- 0:24parce que c'est ça vraiment qui va attirer l'investissement.
- 0:26Donc c'est vraiment...
- 0:28L'un des sujets que je pousse,
- 0:29je pousse vraiment ces idées d'alliances,
- 0:33que ce soit des joint ventures,
- 0:34que ce soit des mergers,
- 0:36mais vraiment de créer des champions locaux.
- 0:38Et pour ça,
- 0:39il faut laisser un peu l'ego retomber,
- 0:42ce qui n'est pas toujours le cas.
- 0:43Enfin,
- 0:43c'est toujours un peu compliqué chez les créatifs.
- 0:48Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour.
- 0:51Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain.
- 0:56Je vous invite à voyager à Abidjan,
- 0:58Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux,
- 1:02responsables et ambitieux.
- 1:04Au fil des interviews,
- 1:06je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà.
- 1:13Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus,
- 1:19de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés.
- 1:23Je suis Ramata Diallo.
- 1:25Je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode.
- 1:34En 2017,
- 1:35j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique.
- 1:37Et depuis,
- 1:38je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique.
- 1:44Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine.
- 1:53Aujourd'hui,
- 1:53je suis en compagnie de Marie-Laura Mongaï.
- 1:55Marie est une experte des industries culturelles et créatives africaines.
- 2:00Elle a également une expertise dans le domaine du sport,
- 2:02toujours en Afrique.
- 2:02Elle est entrepreneur,
- 2:04auteure,
- 2:04conférencière,
- 2:05investisseuse et consultante.
- 2:07Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et surtout pour qu'elle nous parle du business des industries culturelles et créatives en Afrique.
- 2:15Bienvenue Marie,
- 2:15comment vas-tu ?
- 2:17Ça va très bien,
- 2:18merci de m'avoir invitée,
- 2:19je suis ravie d'être là.
- 2:20C'est moi qui suis ravie que tu aies accepté mon invitation.
- 2:23Je vais commencer cette interview comme je le fais toujours,
- 2:25je vais te demander de te présenter.
- 2:27Tu viens de me présenter de manière succincte,
- 2:29mais qu'est-ce que je peux rajouter ?
- 2:32Je suis française à l'origine,
- 2:34bien que j'ai quitté la France il y a maintenant plus de 20 ans.
- 2:39Pour le faire court sur mon parcours,
- 2:41j'ai fait mes études en France et je suis ensuite partie aux Etats-Unis.
- 2:48Mon premier job,
- 2:49c'était en tant que journaliste chez CNN à New York.
- 2:52Et après deux ans,
- 2:53j'ai décidé d'aller sur le terrain,
- 2:56là où j'allais avoir l'opportunité de raconter des vraies histoires.
- 3:00Et je suis partie au Kenya.
- 3:01Et c'est comme ça que j'ai atterri en Afrique.
- 3:03Et donc,
- 3:04j'ai commencé là-bas en tant que journaliste aussi pendant quelques années.
- 3:07Et puis ensuite,
- 3:08je suis devenue entrepreneur.
- 3:09J'ai lancé plusieurs business dans les médias,
- 3:13dans la tech,
- 3:14la vidéo à la demande,
- 3:16dans le management des talents.
- 3:18jusqu'à arriver il y a environ dix ans au lancement de mon business actuel qui est donc ma boîte de conseil stratégique dans les industries culturelles et créatives et le sport.
- 3:31Voilà,
- 3:31j'ai fait très très très court.
- 3:32On peut aller plus dans le détail en faisant de tes questions.
- 3:36Exactement.
- 3:37De toute façon,
- 3:37on a une heure pour discuter ensemble,
- 3:39donc on va avoir le temps de creuser les points.
- 3:41Ce que j'entends dans ton parcours...
- 3:43avant de créer ta structure pour t'intéresser vraiment de manière spécifique aux industries culturelles et créatives,
- 3:49c'est que tu as fait plein de choses dans des domaines qui sont assez variés.
- 3:52Et quand on est en France,
- 3:54c'est vrai qu'on a tendance à...
- 3:55On fait des études dans un domaine,
- 3:57on est journaliste,
- 3:58on va avoir une carrière de journaliste toute sa vie.
- 4:00Toi,
- 4:00ça n'a pas été ton cas.
- 4:02Maintenant,
- 4:03tu as un background où ce que tu viens de dire,
- 4:05c'est que tu as d'abord travaillé aux États-Unis chez CNN.
- 4:09Comment t'expliques cette première partie de ta carrière où en fait,
- 4:12tu as...
- 4:13Je me permets de dire,
- 4:14tu as été peut-être un peu touche-à-tout.
- 4:15En tout cas,
- 4:15tu as exploré des périmètres assez différents et assez larges,
- 4:19en fait,
- 4:20par rapport aux différents postes que tu as pu occuper.
- 4:24Alors,
- 4:24ça peut donner cette impression.
- 4:26Moi,
- 4:26je considère en fait que c'est une ligne droite très logique.
- 4:30Et ça fait vraiment 20 ans que je suis dans les domaines des industries créatives,
- 4:34puisque même en tant que journaliste,
- 4:36c'est des médias,
- 4:37c'est de la création.
- 4:38Je faisais du journalisme télé.
- 4:40donc je...
- 4:42Je filmais,
- 4:43je montais moi-même.
- 4:44Donc,
- 4:44en fait,
- 4:44moi,
- 4:45je considère vraiment que ça fait 20 ans que je fais la même chose.
- 4:47C'est juste que ça a pris ensuite des formes un petit peu différentes,
- 4:52mais je suis quand même restée dans le même domaine.
- 4:54Donc,
- 4:56ça me donne une expertise très,
- 4:57très approfondie.
- 4:58Mais alors,
- 4:59pour peut-être clarifier les différents échelons,
- 5:04il y a eu la partie,
- 5:05oui,
- 5:06journalisme.
- 5:07Déjà,
- 5:07je n'ai pas fait d'école de journalisme.
- 5:10Pour moi,
- 5:10il n'y a pas eu de suite particulièrement logique entre mes études et cette première étape-là.
- 5:15J'ai fait Sciences Po,
- 5:16j'ai fait l'EACP,
- 5:18mais avec des spécialités en marketing,
- 5:24Sciences Po,
- 5:25j'ai fait un petit peu de tout.
- 5:27Déjà,
- 5:28je n'étais pas axée au journalisme dès le départ,
- 5:31mais j'ai eu cette opportunité de commencer chez CNN.
- 5:38C'est une très bonne formation,
- 5:40le journalisme,
- 5:41en tout cas,
- 5:42je dirais,
- 5:42pour tous les secteurs,
- 5:44y compris,
- 5:44ça me sert aujourd'hui.
- 5:45Maintenant,
- 5:45je suis beaucoup plus axée financement et investissement.
- 5:48Et le fait de pouvoir cerner les contours d'une histoire assez rapidement,
- 5:55en savoir plus.
- 5:56faire des recherches et faire une espèce d'évaluation la plus objective possible d'une chose.
- 6:05Ça peut être un business,
- 6:06ça peut être une histoire,
- 6:07ça peut être un pays.
- 6:08Ça sert énormément dans plein d'autres secteurs,
- 6:11donc je recommande aux gens d'avoir ça dans leur poche,
- 6:15une formation de journaliste.
- 6:17Mais l'intérêt de ça,
- 6:18c'est que c'est ça qui m'a amenée à l'Afrique au départ.
- 6:22Et ensuite,
- 6:23oui,
- 6:23j'ai fait plusieurs business,
- 6:24mais c'était toujours dans les industries créatives.
- 6:28Donc,
- 6:28encore une fois,
- 6:29le même secteur.
- 6:31La première boîte que j'ai lancée,
- 6:33c'est une boîte de production qui existe encore au Kenya,
- 6:38qui s'est développée très vite,
- 6:40puisque j'ai lancé avec mon cofondateur en 2009 une version locale des guignols de l'info,
- 6:47qui s'appelle The X-Ways E-Show,
- 6:48qui a été un énorme,
- 6:49énorme succès.
- 6:51localement avec une audience de plus de 10 millions de personnes.
- 6:54On a gagné des prix,
- 6:55on est dans tous les magazines.
- 6:57On a fait au total
- 6:5814 saisons.
- 7:02Donc ça,
- 7:03c'était une très,
- 7:03très grosse aventure.
- 7:04On a aussi lancé une émission similaire au Nigeria,
- 7:09ce qui m'a amenée au Nigeria pour la première fois il y a environ 13 ans.
- 7:12Et le Nigeria est aujourd'hui mon plus gros marché.
- 7:16Donc voilà,
- 7:17il y a eu la partie création de contenu,
- 7:19boîte de production.
- 7:20On a fait de l'animation aussi à travers cette boîte.
- 7:22On a fait des émissions radio,
- 7:25on a fait du merchandising,
- 7:26on a fait beaucoup de choses.
- 7:28Mon deuxième business,
- 7:30ça a été une plateforme de vidéos à la demande sur mobile,
- 7:34donc un peu comme un Netflix pour l'Afrique,
- 7:37mais sur mobile.
- 7:38Donc ça,
- 7:38c'était en 2011-2012,
- 7:42très,
- 7:42très,
- 7:42très tôt pour le marché africain.
- 7:47Donc voilà,
- 7:47j'ai développé cette plateforme jusqu'au...
- 7:49Donc elle était à l'époque la plateforme,
- 7:52la deuxième plateforme en Afrique.
- 7:54Et puis elle a été achetée par Trace,
- 7:56le groupe Trace musical en 2016.
- 8:01Et mon troisième business que je menais en parallèle,
- 8:05c'était une agence de management de talent.
- 8:07Donc avec mon équipe,
- 8:09on représentait certains des plus gros talents,
- 8:12donc du film,
- 8:13de la télévision.
- 8:15sur toute l'Afrique,
- 8:18notamment des acteurs,
- 8:20des réalisateurs.
- 8:22Donc j'ai aussi fait ça.
- 8:23Et puis c'est ce qui a mené en fait pour moi de façon logique à la création de mon business actuel.
- 8:31Parce qu'après avoir fait tout ça,
- 8:33je me suis rendu compte que j'avais vraiment une expertise très approfondie,
- 8:37très concrète,
- 8:37très pratique.
- 8:40dans une grande variété de secteurs.
- 8:42J'avais aussi beaucoup voyagé sur toute l'Afrique,
- 8:45environ 27 pays.
- 8:47Donc,
- 8:47j'ai pris en fait toute cette expérience et j'ai décidé de la mettre au service de deux types de clients principaux.
- 8:56Donc,
- 8:56mes clients aujourd'hui,
- 8:58dans l'activité que je fais aujourd'hui,
- 9:00c'est soit des grands groupes.
- 9:03Par exemple,
- 9:03j'ai pu travailler pour Warner Brothers,
- 9:05pour Netflix,
- 9:06pour Twitter,
- 9:08pour RAS.
- 9:11soit des grands groupes qui cherchent à s'étendre en Afrique,
- 9:14soit des gros investisseurs,
- 9:16des gros bailleurs de fonds,
- 9:17des agences financières de développement,
- 9:21comme l'Agence française de développement de Poparco,
- 9:24la Banque mondiale et d'autres,
- 9:27ainsi que des investisseurs privés qui,
- 9:29eux,
- 9:29cherchent des façons de pouvoir investir dans les industries créatives et le sport.
- 9:35Et donc,
- 9:35pour eux,
- 9:37ce que je fais,
- 9:37c'est que
- 9:39Je fais beaucoup de marketing intelligence,
- 9:41beaucoup de recherche de rapports,
- 9:43mais aussi du développement de stratégies d'investissement et de construction d'outils financiers pour qu'ils puissent investir dans le secteur.
- 9:55Et puis aussi du deal sourcing,
- 9:58du diligence et tout ce qui va avec.
- 10:00Très bien,
- 10:00c'est très clair en fait,
- 10:02cette expertise que tu as développée des industries culturelles et créatives et du sport en Afrique.
- 10:07Quant à cette opportunité chez CineHelen des États-Unis,
- 10:11aller au Kenya,
- 10:11tu avais déjà un intérêt pour l'Afrique,
- 10:13tu avais déjà voyagé en Afrique,
- 10:15puisqu'après tu y es restée,
- 10:16ou en tout cas tu as fait toute ta carrière,
- 10:19tu as développé en tout cas toute une expertise avec le continent africain.
- 10:22C'était quelque chose qui était prévu,
- 10:25il y avait déjà peut-être une envie,
- 10:27ou ça a été une opportunité que tu as saisie et puis finalement tu y es restée.
- 10:32Ce n'était pas du tout une opportunité que CNN m'a donnée.
- 10:35C'est moi qui ai décidé d'y aller.
- 10:36Donc,
- 10:36j'ai quitté CNN pour y aller.
- 10:39Donc,
- 10:39je suis allée toute seule,
- 10:41sans avoir de job,
- 10:44sans connaître personne au Kenya,
- 10:47sans avoir rien du tout.
- 10:48Donc,
- 10:48ce n'est pas du tout une opportunité que j'ai eue.
- 10:51J'avais fait environ deux ans chez CNN et ça avait été déjà super.
- 10:56J'avais fait plein de choses.
- 10:59Ça passait des breaking news à couvrir l'ONU,
- 11:03à couvrir Fashion Week.
- 11:06Vraiment,
- 11:06là pour le coup,
- 11:07j'ai vraiment touché à tout pendant ma période chez CNN.
- 11:10Mais j'étais très très jeune.
- 11:13Et en fait,
- 11:15quand tu es au bureau de New York et que tu es très jeune,
- 11:17il faut attendre quand même beaucoup d'années pour potentiellement monter les échelons et couvrir des grosses histoires.
- 11:23Et j'étais un petit peu impatiente et j'avais envie d'aller vraiment plus sur le terrain.
- 11:28Et je savais que je n'allais pas être envoyée par CNN sur le terrain avant peut-être 5-10 ans,
- 11:34mais que je pouvais y aller moi-même.
- 11:35Donc,
- 11:37c'est l'idée que j'avais eue à l'époque.
- 11:38Et j'ai plusieurs amis journalistes qui m'ont dit que c'était une très bonne idée.
- 11:44Ça se faisait beaucoup à l'époque.
- 11:45Je ne sais pas si ça se fait maintenant,
- 11:47puisque je ne suis plus journaliste depuis longtemps,
- 11:48mais ça se faisait beaucoup pour les jeunes journalistes d'aller s'établir dans un pays,
- 11:54de devenir le ou la correspondante régionale.
- 11:57pour tous les gros médias basés dans le pays.
- 11:59Et donc,
- 11:59ça se faisait beaucoup d'aller...
- 12:02Voilà,
- 12:02on est en dépendance,
- 12:03c'est à bien,
- 12:03c'est ce que j'ai fait.
- 12:04Donc,
- 12:05j'ai prévenu CNN quand même,
- 12:06que je partais m'installer au Kenya.
- 12:08À l'époque,
- 12:08ils n'avaient pas de bureau là-bas,
- 12:10ils n'avaient aucune infrastructure.
- 12:11Donc,
- 12:12c'était juste pour leur dire,
- 12:13si jamais il se passe quelque chose et que vous avez besoin d'un correspondant à la base d'Israël.
- 12:18Et puis,
- 12:18j'ai fait un petit peu la même chose.
- 12:19Je suis repassée en France,
- 12:20je suis allée me présenter à tous les médias.
- 12:24Il se trouve qu'à l'époque,
- 12:24l'AFP lançait sa...
- 12:28son département vidéo qui cherchait un correspondant en Afrique de l'Est.
- 12:31Donc,
- 12:32je me suis portée volontaire.
- 12:34Et puis,
- 12:35je suis arrivée au Kenya.
- 12:36Je me suis installée un peu toute seule.
- 12:37Je suis aussi allée voir tous les médias là-bas.
- 12:40Et très rapidement,
- 12:41vraiment dans les jours après mon arrivée,
- 12:44j'ai commencé à travailler en tant que correspondante pour l'AFP,
- 12:47en tant que productrice et writer pour Reuters,
- 12:53et en tant que correspondante aussi pour CNN.
- 12:56Donc,
- 12:56en fait,
- 12:58quelques semaines après mon arrivée,
- 13:00il y a eu un immeuble qui s'est écroulé dans Nairobi en face de certaines caméras.
- 13:04Donc,
- 13:04il y avait des images assez impressionnantes.
- 13:06Et si elle m'a appelée,
- 13:08deux ou trois semaines après mon arrivée,
- 13:10j'étais à l'antenne.
- 13:12C'est comme ça que ça s'est passé.
- 13:13Donc,
- 13:13ce n'était pas du tout une opportunité qui s'est offerte.
- 13:16C'est une opportunité que j'ai prise,
- 13:18enfin que j'ai créée,
- 13:19je veux dire.
- 13:20Et puis,
- 13:21je me suis dit...
- 13:22en y allant,
- 13:23que si ça ne me plaisait vraiment pas,
- 13:25j'allais quand même rester un an.
- 13:26Et puis,
- 13:27au final,
- 13:28au Kenya,
- 13:28je suis restée dix ans et je suis restée en Afrique toujours.
- 13:33Donc,
- 13:33même si aujourd'hui j'habite à Lisbonne,
- 13:35mon travail est
- 13:36100% en Afrique.
- 13:38Et du coup,
- 13:39ce choix,
- 13:39cette opportunité que tu t'es créée,
- 13:41que tu as provoquée,
- 13:43tu t'étais fait une liste de pays qui t'intéressaient et il y avait le Kenya parmi cette liste.
- 13:48Comment est-ce que tu as choisi le Kenya,
- 13:49en fait ?
- 13:51Alors non,
- 13:51je n'avais pas de liste.
- 13:52En fait,
- 13:54j'avais envie d'aller en Afrique tout simplement parce que j'avais des compétences linguistiques.
- 13:59Donc,
- 13:59je suis bilingue,
- 14:00français,
- 14:00anglais.
- 14:01Je travaille exclusivement en anglais d'ailleurs,
- 14:02sauf quand il faut que je parle des français.
- 14:06Et j'ai fait vraiment toute ma carrière dans des pays anglophones.
- 14:11J'étais allée dans une école bilingue à Paris,
- 14:12ce qui faisait que mes amis étaient déjà des gens de tous les pays.
- 14:16donc je n'avais pas de...
- 14:21d'idées préconçues sur quelques régions.
- 14:23Tout m'intéressait potentiellement,
- 14:25mais là où j'ai été pratique,
- 14:27c'est que vraiment mes deux langues de travail potentielles,
- 14:29c'était donc l'anglais et le français.
- 14:31Et que quand tu regardes la carte du monde,
- 14:34l'Afrique est un territoire immense où ces deux langues te permettent de faire beaucoup,
- 14:38beaucoup de choses.
- 14:39Par exemple,
- 14:39si j'avais été bilingue,
- 14:42français et espagnol,
- 14:43j'aurais peut-être choisi l'Amérique latine,
- 14:45mais ce n'était pas le cas.
- 14:46Donc je me suis dit,
- 14:46voilà,
- 14:46si je vais en Afrique,
- 14:47je vais pouvoir travailler dans beaucoup de pays.
- 14:50Donc,
- 14:50mon bilinguisme va être très utile.
- 14:53Et donc,
- 14:54je commençais à regarder l'Afrique,
- 14:55mais je ne savais pas du tout,
- 14:56je ne savais pas par où commencer.
- 14:59Et c'est juste parce que j'avais des amis dans la communauté journaliste de New York qui m'ont recommandé le Kenya,
- 15:05qui m'ont dit que c'était vraiment un pays...
- 15:09En fait,
- 15:10le Kenya s'est connu comme étant un hub de journalisme pour toute une grande région.
- 15:15Et c'est aussi l'une des capitales Nairobi de l'ONU.
- 15:19Donc,
- 15:19il y a vraiment beaucoup de monde.
- 15:21C'est vraiment un hub très international et ça fait vraiment sens de commencer là-bas.
- 15:26Et à l'époque,
- 15:27il n'y avait pas beaucoup de gens.
- 15:28Donc,
- 15:29voilà.
- 15:30Et donc,
- 15:31j'ai commencé à regarder le Kenya et après,
- 15:32il y a eu un petit peu la sérénité.
- 15:36Je ne sais pas si on dit ça en français,
- 15:37mais j'étais dans les bureaux de CNN à New York et je suis tombée sur l'une des présentatrices.
- 15:45Je savais être kenyane,
- 15:46alors elle est d'origine indienne,
- 15:48mire.
- 15:48Elle était née à Nairobi,
- 15:49elle était donc Kenyane.
- 15:52Elle était normalement basée à Atlanta,
- 15:53mais alors pendant deux jours,
- 15:55elle venait remplacer quelqu'un à New York et je tombe sur elle dans les couloirs et je lui ai dit
- 15:59« Excusez-moi, est-ce que je peux vous parler ?
- 16:02J'ai cette idée d'aller à Nairobi,
- 16:04est-ce que vous pensez que c'est une bonne idée ? »
- 16:05Et elle,
- 16:06qui était une grande,
- 16:06grande star à l'époque,
- 16:07moi je n'étais rien du tout,
- 16:09m'a dit « C'est une excellente idée,
- 16:11ça va vraiment booster ta carrière.
- 16:13Voilà le nom d'un ami d'enfance à moi qui a une… »
- 16:16boîte de production qui pourra te prêter un caméraman et une caméra,
- 16:20et vas-y,
- 16:21et tu me diras comment ça se passe.
- 16:24Et dans un beau retour des choses,
- 16:26donc je t'ai dit qu'il y a trois mois,
- 16:28trois semaines environ après mon arrivée,
- 16:30CNN m'a appelée pour faire un live,
- 16:31et c'était elle en fait de l'autre côté qui a fait mon interview,
- 16:35donc ça s'est très bien passé.
- 16:37Donc voilà,
- 16:38voilà comment je suis arrivée au Kenya sans rien connaître du Kenya du tout,
- 16:43et au final j'y ai passé dix ans.
- 16:46Très bien.
- 16:47Effectivement,
- 16:47Serene Dipity,
- 16:48tu l'évoquais,
- 16:48ça se dit aussi en français.
- 16:50Effectivement,
- 16:51quand tu le racontes,
- 16:52on sent une idée de départ et puis après un enchaînement de circonstances heureuses qui font que ça te conforte dans ton choix.
- 17:00Toi,
- 17:00au départ,
- 17:01du coup,
- 17:02tu parles d'AFP et de Reuters.
- 17:04Donc,
- 17:05tu vas intervenir,
- 17:07j'imagine,
- 17:07dans tes reportages.
- 17:08Il n'y a pas de secteur dédié,
- 17:09il n'y a pas tout de suite les industries culturelles et créatives.
- 17:11donc comment tu viens à te spécialiser à t'intéresser plus particulièrement
- 17:16à ce secteur-là ?
- 17:18Alors,
- 17:18en effet,
- 17:19moi,
- 17:19j'étais journaliste freelance,
- 17:20donc c'est ce qui m'a permis de travailler pour tous ces médias.
- 17:22J'ai aussi travaillé pour la BBC,
- 17:24donc pour tous ces médias en même temps.
- 17:27À l'époque,
- 17:27j'avais énormément de liberté de choisir mes sujets.
- 17:31Encore une fois,
- 17:31il n'y avait pas beaucoup de journalistes sur la région.
- 17:35Donc,
- 17:36ça ne se passe plus comme ça dans le monde du journalisme,
- 17:38mais j'avais vraiment beaucoup de liberté et donc je choisissais en fonction de ce qui m'intéressait.
- 17:44Je proposais beaucoup de missions à l'étranger.
- 17:46Donc,
- 17:47j'étais basée à Nairobi,
- 17:48mais je couvrais une douzaine de pays.
- 17:51Et à chaque fois,
- 17:52je faisais plus des sujets de magazine.
- 17:55De temps en temps,
- 17:57Breaking News,
- 17:57mais pas si souvent que ça.
- 17:59Mais donc,
- 18:00ça me permettait vraiment de choisir ce que je voulais faire.
- 18:02Et typiquement,
- 18:03quand je préparais une mission,
- 18:05un voyage dans un pays,
- 18:07j'essayais de toucher un peu à tout,
- 18:09donc de faire un sujet politique,
- 18:10de faire un sujet économique.
- 18:12Mais je cherchais beaucoup à faire aussi des sujets innovation et culture,
- 18:19parce que je voyais vraiment cette ébullition autour de moi.
- 18:23Donc,
- 18:25pour un peu récapituler,
- 18:27parce que comme ça fait longtemps pour tes auditeurs qui se rendent compte,
- 18:30quand est-ce que c'était tout ça ?
- 18:32Je suis arrivée au Kenya en 2004.
- 18:36Attends,
- 18:36en 2004,
- 18:37oui.
- 18:38Non,
- 18:38en 2006.
- 18:38En 2006,
- 18:40j'ai 24 ans.
- 18:42Donc,
- 18:42c'était bien avant toute l'idée de toute la narrative Africa Rising.
- 18:48C'était vraiment encore à une époque où personne ne s'intéressait à l'Afrique.
- 18:51Il faut aussi le rappeler.
- 18:52Donc,
- 18:54je ne suis pas partie en Afrique au moment où c'était cool.
- 18:57Je suis partie en Afrique au moment où ce n'était pas cool du tout.
- 19:01Et donc,
- 19:03ça intéressait très peu de gens à l'extérieur.
- 19:05Mais moi,
- 19:05en arrivant sur le terrain,
- 19:07je me suis rendue compte que la réalité,
- 19:09ce n'est pas du tout celle qu'on m'avait...
- 19:11contre laquelle on m'avait prévenue en partant de France.
- 19:14Donc,
- 19:15moi,
- 19:15ce que je voyais à Nairobi,
- 19:16c'était qu'il y avait des centres commerciaux ultra-modernes en train d'être construits partout,
- 19:20que le cinéma de Nairobi était bien plus nouveau et moderne que celui où j'allais à Paris,
- 19:26qu'il y avait vraiment une créativité qui explosait.
- 19:29J'étais à Nairobi quand il y a eu le lancement de M-Pesa,
- 19:33par exemple,
- 19:34le premier système de paiement sur mobile qui est devenu ensuite énorme.
- 19:41et un énorme succès.
- 19:42Donc moi,
- 19:42je voyais ça,
- 19:43et donc forcément,
- 19:45j'étais motivée par ces histoires-là.
- 19:47Donc je rajoutais ce type d'histoire dans chacune de mes missions.
- 19:55Ça m'a valu d'ailleurs d'être nommée comme finaliste journaliste business et journaliste de l'année à un certain prix,
- 20:05en reconnaissance de ce choix de sujet.
- 20:09Voilà,
- 20:09et puis encore une fois,
- 20:10pour moi,
- 20:10le journalisme,
- 20:11c'est très très proche des industries créatives.
- 20:15Ce n'est pas un saut énorme.
- 20:17Ce qui a fait que j'ai transitionné vraiment du journalisme à l'entrepreneuriat.
- 20:23Ça a été une rencontre avec mon cofondateur de l'époque,
- 20:28que j'ai rencontré parce que je suis allée l'interviewer.
- 20:31Son nom,
- 20:31c'est Gado.
- 20:32Gado,
- 20:33c'est l'équivalent kényan de Plantu en France.
- 20:37Vraiment le destinateur de presse le plus connu,
- 20:40le plus respecté de toute la région.
- 20:44Donc,
- 20:44pareil,
- 20:45il a gagné plein de prix.
- 20:46Il a voyagé dans plein de pays à travers ses dessins.
- 20:52Et j'allais l'interviewer parce qu'on était quelques jours avant les élections au Kenya de 2007,
- 21:01qui se sont très mal passées.
- 21:03Et on sentait déjà pas mal de tensions dans l'air.
- 21:05Donc,
- 21:06mon sujet,
- 21:06c'était sur les dessinateurs de presse et leur rôle en tant que critique politique.
- 21:14surtout dans un pays où il n'y avait pas forcément beaucoup de tradition de critique politique dans d'autres formats.
- 21:23Aujourd'hui,
- 21:23il y en a beaucoup plus,
- 21:24mais à l'époque,
- 21:25ce n'était pas trop ça.
- 21:26Et donc,
- 21:26je suis allée le rencontrer pour faire une interview.
- 21:28Et après l'interview,
- 21:29je lui ai demandé ce sur quoi il travaillait,
- 21:31à part ses dessins.
- 21:32Et il m'a expliqué qu'après un voyage en France sponsorisé par l'Alliance française,
- 21:37où il avait visité...
- 21:39le plateau des guignols de l'info,
- 21:40il s'était dit qu'il voulait absolument cesser ça au Kenya et que ça faisait des années qu'il essayait de pitcher ça aux chaînes de télé,
- 21:48qu'il essayait de financer deux,
- 21:50trois marionnettes qui coûtaient super cher et qu'il n'arrivait pas à concrétiser ce projet.
- 21:59Et moi,
- 21:59je me suis dit que c'était une super bonne idée.
- 22:02Et donc,
- 22:03c'est resté un petit peu comme ça,
- 22:05me trotter dans la tête.
- 22:06Et environ deux semaines après cette interview,
- 22:09Il y a eu les élections qui sont donc très mal passées parce que l'ancien président de l'époque a refusé de perdre les élections,
- 22:17donc a volé les élections,
- 22:19ce qui a mené à beaucoup de manifestations violentes.
- 22:24Il y a beaucoup de gens qui ont été déplacés,
- 22:25beaucoup de gens qui ont été tués,
- 22:28que moi j'ai couverts en tant que journaliste.
- 22:30Donc ça,
- 22:30ça a duré quand même cette période d'instabilité trois,
- 22:33quatre mois,
- 22:34où vraiment le pays était sur le bord.
- 22:38vraiment sur une ligne très fine de tomber dans du nettoyage ethnique.
- 22:44C'était vraiment très difficile.
- 22:46Et je me suis dit,
- 22:48si une émission telle que les Guignards de l'Info avait été à l'antenne pendant toute cette période,
- 22:55peut-être qu'on aurait pu créer un espace de discours,
- 22:58de conversation sur tous les sujets qui sont des sujets de frustration de la population et qu'on aurait peut-être pu contribuer à faire...
- 23:07faire baisser la température et la tension sur cette période.
- 23:12Donc,
- 23:12ça vaut vraiment le coup de lancer cette émission.
- 23:16Et donc,
- 23:16quand les choses se sont un petit peu calmées,
- 23:18je suis retournée aller voir Gado et je lui ai dit,
- 23:20écoute,
- 23:21moi,
- 23:21je voudrais qu'on s'associe et qu'on lance ce projet ensemble.
- 23:25Je vais trouver l'argent et on va réussir à lancer.
- 23:29Et il n'a posé aucune question.
- 23:30Il a dit,
- 23:30OK.
- 23:31Et donc,
- 23:32on l'a fait.
- 23:33Donc,
- 23:34on s'est associés et
- 23:36Bon,
- 23:36là,
- 23:36c'est encore toute une grande histoire,
- 23:38mais j'ai trouvé,
- 23:40j'ai réussi à trouver l'argent.
- 23:43Et on a lancé l'émission.
- 23:44C'est devenu quelque chose d'énorme,
- 23:47qui a duré environ aussi dix ans.
- 23:49Très bien,
- 23:51c'est intéressant de voir,
- 23:52en fait,
- 23:53l'évolution de ton parcours et comment,
- 23:56à un moment donné,
- 23:56tu vas te créer des opportunités,
- 23:58mais en t'appuyant sur...
- 24:00Voilà ce qui se passe,
- 24:03l'environnement dans lequel tu es,
- 24:04en te disant,
- 24:05ce qui a du sens pour moi aujourd'hui,
- 24:06c'est d'aller dans telle direction.
- 24:09Du coup,
- 24:09cette émission,
- 24:11pour expliquer peut-être un petit peu aux auditeurs comment ça se passe,
- 24:14c'est-à-dire que tu as une idée de création d'émission,
- 24:17tu parles de trouver les fonds pour la produire,
- 24:19et puis ensuite,
- 24:22comment ça se passe de signer un contrat avec...
- 24:26une chaîne qui va diffuser cette émission.
- 24:28Est-ce que tu peux nous décrire un petit peu comment ça peut se passer,
- 24:33pour l'expliquer vraiment à un public qui serait non averti de ce fonctionnement-là,
- 24:36de ces business models ?
- 24:39Oui,
- 24:39alors ça ne s'est pas du tout passé comme ça,
- 24:41parce qu'en fait,
- 24:42c'était au Kenya il y a 20 ans.
- 24:44Donc,
- 24:45autant pour dire que la façon dont l'écosystème de la télévision,
- 24:56Déjà,
- 24:59si tes auditeurs sont plutôt français,
- 25:01ça va être difficile de comprendre parce que l'écosystème en Afrique est complètement différent,
- 25:05c'est-à-dire que les chaînes de télévision en créent...
- 25:09de façon majoritaire,
- 25:10ne paye pas pour du contenu.
- 25:11Quand tu es producteur,
- 25:12tu dois payer la chaîne pour mettre ton contenu à l'antenne.
- 25:15Donc,
- 25:16ça a changé dans quelques pays,
- 25:17mais il y a encore beaucoup de pays dont c'est encore le cas aujourd'hui.
- 25:21Au Kenya,
- 25:22en 2009,
- 25:23quand on a lancé l'émission,
- 25:24c'était le cas.
- 25:25Ça s'appelle le système du bartering.
- 25:27Donc,
- 25:28ça veut dire que,
- 25:30en fait,
- 25:31tu peux signer un contrat avec une chaîne,
- 25:32mais ça ne veut pas dire que tu peux financer ton contenu.
- 25:35Ça ne veut pas dire que la chaîne te paye.
- 25:36Au contraire.
- 25:37Donc en fait,
- 25:38ce qui s'est passé,
- 25:38c'est que déjà,
- 25:41nous on avait l'idée,
- 25:43c'était bien,
- 25:43mais déjà il fallait savoir comment on allait le financer,
- 25:46sachant qu'il fallait qu'on finance toute la production nous-mêmes,
- 25:49plus le coût éventuel de le mettre à l'antenne.
- 25:53Donc il fallait qu'on trouve un autre type de financement,
- 25:55et c'est là où Gado avait été coincé pendant des années avant de me rencontrer.
- 26:00Et moi,
- 26:01l'idée que j'ai apportée,
- 26:01c'est de dire,
- 26:02écoute,
- 26:02ce genre d'émission,
- 26:04on va parler énormément de corruption,
- 26:07de bonne gouvernance,
- 26:09de société civile.
- 26:11Et on devrait pouvoir trouver des donneurs qui veulent soutenir ces thèmes-là,
- 26:17qui pourraient nous faire des subventions.
- 26:19Donc,
- 26:20au lieu d'aller chercher des marques,
- 26:21par exemple,
- 26:21on allait chercher des subventions de la part d'un donneur,
- 26:26en leur disant qu'on allait promouvoir ces idées d'antipathie.
- 26:29anti-corruption et bonne gouvernance.
- 26:32Et donc,
- 26:32on est allé voir des gens comme la Fondation Ford,
- 26:35par exemple.
- 26:36Et donc,
- 26:36on a fait vraiment tout le tour.
- 26:37Et encore une fois,
- 26:38là,
- 26:38c'était bien parce que le Kenya,
- 26:40c'est donc,
- 26:40comme je le disais,
- 26:41l'un des pays de headquarters de l'ONU,
- 26:44ce qui veut dire qu'il y a toute une panoplie d'autres organisations internationales aussi à Nairobi.
- 26:51Donc,
- 26:51on est allé voir tout le monde et on est allé les voir.
- 26:53On avait une marionnette que Gado avait réussi à faire faire en France,
- 26:57en fait.
- 26:57par l'équipe des Guignols de l'Info,
- 26:58qui était la marionnette du président qui venait de voler les élections.
- 27:02Donc,
- 27:04on avait cette marionnette avec nous,
- 27:05on a pris la marionnette sous le bras et on a fait le tour de tous ces donneurs,
- 27:10de tous ces potentiels donneurs de subventions à Nairobi avec la marionnette,
- 27:16avec notre projet.
- 27:17Et il faut se rendre compte aussi que c'était une époque où les sujets politiques étaient vraiment,
- 27:23vraiment,
- 27:23vraiment très sensibles.
- 27:24Il y avait quand même eu...
- 27:26à des centaines de milliers de personnes déplacées et des dizaines de milliers de personnes tuées à cause de ce genre de choses.
- 27:32Donc,
- 27:33on était dans cet environnement-là.
- 27:35Et les premières questions que tout le monde nous posait,
- 27:37c'est comment vous allez réussir à être objectif et à ne pas,
- 27:42et donc la politique au Kenya,
- 27:43c'est très tribal,
- 27:44à ne pas favoriser une communauté,
- 27:49une tribu par rapport à une autre.
- 27:51Et nous,
- 27:52on a expliqué que déjà,
- 27:54on avait tous les deux des formations de...
- 27:55journaliste,
- 27:56puisqu'il était dessinateur de presse et moins journaliste,
- 27:58que moi j'étais française,
- 28:00j'avais pas de préféré dans cette histoire,
- 28:01et que Gado en fait était tanzanien,
- 28:03donc il n'avait aussi pas de préféré,
- 28:05et que,
- 28:06voilà,
- 28:07l'objectif c'était vraiment de taper un peu sur tout le monde,
- 28:10de taper sur tout,
- 28:12de mettre en lumière en fait,
- 28:16les mauvais comportements,
- 28:17les malversations de absolument toute la casse politique sans faire de préféré.
- 28:22On a réussi à convaincre un certain nombre de donneurs,
- 28:26On a eu un premier budget pour faire une première saison.
- 28:28Et là,
- 28:29le vrai travail a commencé puisqu'il a quand même fallu faire ces marionnettes.
- 28:33Et ça,
- 28:34c'est encore quelque chose de très,
- 28:35très compliqué puisque ça prend environ trois semaines de faire une marionnette en latex type guignol de l'info.
- 28:40Il faut un équipement particulier.
- 28:42Il faut acheter du produit,
- 28:45de la silicone qui se cuit,
- 28:48en fait,
- 28:49qui se chauffe,
- 28:50qu'on ne trouve pas au Kenya.
- 28:51Donc,
- 28:51il a fallu trouver...
- 28:52où l'acheter,
- 28:53la faire acheminer jusqu'à Nairobi.
- 28:56Il a fallu qu'on fasse construire un four de taille,
- 28:59de grosse taille,
- 29:00pour faire faire,
- 29:01qu'on puisse mettre les maïonnettes qui sont un peu plus grandes que taille humaine,
- 29:06en fait.
- 29:07Dedans,
- 29:08il nous a fallu construire aussi une chambre froide pour garder la silicone fraîche avant de la cuire.
- 29:14Donc,
- 29:14c'était vraiment,
- 29:15vraiment une usine à gaz.
- 29:17Il a fallu former des...
- 29:20Donc les marionnettes,
- 29:21elles sont faites d'abord,
- 29:21ça commence par une sculpture en terre,
- 29:25d'une caricature de la personne.
- 29:27Ça commence par une sculpture,
- 29:28donc il nous fallait des sculpteurs.
- 29:29Donc il a fallu former des sculpteurs.
- 29:31Les sculpteurs au Kenya sont traditionnellement des sculpteurs de pierre.
- 29:34Personne ne sait sculpter la terre.
- 29:37Donc chaque étape,
- 29:38en fait,
- 29:38c'était un challenge.
- 29:40On a fait venir...
- 29:42L'un des masters puppet makers,
- 29:44des fabricateurs de marionnettes de France,
- 29:46des guignols de l'info,
- 29:47qui a accepté de venir gratuitement former notre équipe au Kenya pendant quelques semaines.
- 29:52On avait quand même payé le billet à l'hôtel,
- 29:54mais il est venu gratuitement.
- 29:55Et grâce à lui,
- 29:56on a pu former l'équipe.
- 29:58Voilà,
- 29:58donc on a fait tout ça,
- 29:59tout ça,
- 30:00tout ça.
- 30:00Il n'y avait même pas d'outils pour sculpter la terre au Kenya.
- 30:04Il a fallu qu'on fasse,
- 30:06qu'on crée les outils nous-mêmes.
- 30:08Il n'y avait même pas de...
- 30:10tout le mécanisme pour faire les yeux des marionnettes qui bougent,
- 30:13tu ne peux pas l'acheter,
- 30:14ça il faut le faire à la main.
- 30:15Il a fallu qu'on aille chercher quelqu'un au Kenya qui soit suffisamment génial d'un point de vue ingénierie pour nous construire ce matériel-là.
- 30:27Donc on a trouvé ces gens avec qui on travaille toujours aujourd'hui.
- 30:30Voilà,
- 30:30donc on est passé par tous ces challenges-là.
- 30:32Il a fallu ensuite écrire les scripts.
- 30:34Il n'y a eu personne qui savait écrire des scripts de satire politique pour des marionnettes.
- 30:39au Kenya.
- 30:40Donc,
- 30:40on est allé chercher un mélange de journalistes et de comédiens.
- 30:44On les a fait travailler ensemble.
- 30:47On a tout réécrit les scripts nous-mêmes pour commencer à trouver notre voix.
- 30:51On leur a appris comment étudier les headlines qu'on voyait à la télé,
- 30:59comment lire entre les lignes,
- 31:00comment trouver de l'humour là-dedans.
- 31:03On est allé chercher des acteurs
- 31:05pour faire les voix.
- 31:06Il fallait qu'ils imitent les voix des personnages.
- 31:08Donc,
- 31:09on a dû les former.
- 31:10On a trouvé un super directeur voix qui,
- 31:12ensuite,
- 31:13a formé toute une équipe pour faire toutes les voix.
- 31:16Il a fallu créer les costumes parce que c'est une taille particulière,
- 31:21les marionnettes.
- 31:21Il a fallu trouver les marionnettistes.
- 31:24Miraculeusement,
- 31:24le Kenya a une troupe de marionnettistes mondialement connues,
- 31:28mais ils n'avaient pas l'habitude de faire ce type de marionnettes.
- 31:30Donc,
- 31:31on a dû les former.
- 31:31Donc,
- 31:32on a fait tous ces trucs-là pour ensuite lancer Merci.
- 31:35la première émission,
- 31:36et ça a été un énorme succès.
- 31:39On s'est fait beaucoup taper dessus aussi par des gens qui disaient que c'était nul,
- 31:42que c'était bête.
- 31:43Ça,
- 31:43c'était des gens qui ne comprenaient pas le deuxième degré.
- 31:47Bref,
- 31:48on a eu toutes les critiques de la terre,
- 31:50mais ça a été un succès énorme.
- 31:54Après cette première saison,
- 31:56on s'est amélioré constamment,
- 31:58saison après saison,
- 31:59jusqu'à devenir une grosse machine de 80 personnes et à lancer aussi au Nigeria.
- 32:04Incroyable cette histoire.
- 32:07Et pardon,
- 32:08pour répondre plus clairement à ta question de la chaîne,
- 32:10en fait,
- 32:12une fois qu'on avait eu tout ce système qui marchait,
- 32:17on est allé voir la plus grosse chaîne du Kenya et on leur a dit voilà,
- 32:21on a cette émission-là,
- 32:22prenez-la.
- 32:24Et ils ont dit OK,
- 32:25et on ne va pas vous faire payer pour l'antenne,
- 32:28donc on va la mettre gratuitement à l'antenne.
- 32:29Pour nous,
- 32:30c'était un discount.
- 32:31Et pour eux,
- 32:32en fait,
- 32:33ils ont
- 32:35Ils ont pris le risque parce que c'était une émission de satire politique et ça leur a apporté aussi beaucoup de prestige.
- 32:42Mais voilà,
- 32:43c'est comme ça qu'on s'est retrouvés à la télé.
- 32:47Incroyable cette histoire.
- 32:49Ça peut faire l'objet d'une série.
- 32:51Toutes les étapes que tu racontes,
- 32:53où on pourrait se dire que c'est dupliquer un programme existant,
- 32:55ça pourrait être assez facile.
- 32:58Et dans ce que tu racontes,
- 32:59on comprend que ça a été des challenges.
- 33:02permanent et continu.
- 33:03Et j'imagine qu'en plus,
- 33:04le satire politique,
- 33:07il y a des moments où on peut se sentir un peu,
- 33:10je ne dirais pas jusqu'à dire menacé,
- 33:11mais en tout cas,
- 33:12pas forcément tranquille quand on tape sur certains profils.
- 33:17Il y a des sujets ou des périodes pendant lesquelles ce type d'émission-là,
- 33:22ça peut être extrêmement,
- 33:26je ne sais pas si dangereux ou risqué,
- 33:27mais en tout cas,
- 33:28est-ce qu'il y a eu des périodes pendant lesquelles vous vous êtes dit bon,
- 33:30là,
- 33:30on va...
- 33:30pas aller trop loin ou cette personne-là,
- 33:32on ne va pas lui taper dessus parce que on risque de se mettre peut-être en danger ou en tout cas...
- 33:39Est-ce que vous avez eu des craintes d'annulation de show à des périodes parce que c'était un petit peu compliqué ?
- 33:45Alors oui et non.
- 33:47Alors ce qui était intéressant,
- 33:49c'est que personne dans notre équipe n'a jamais eu peur.
- 33:52Donc on a quand même réussi à créer...
- 33:55Donc,
- 33:55je disais une équipe de 80 personnes qui allaient des chefs de département jusqu'aux marionnettistes qui habitent dans un but en ville.
- 34:02Mais on était tous complètement alignés sur la mission des missions.
- 34:05On venait tous de vivre une période très traumatique pour le Kenya.
- 34:08C'était vraiment,
- 34:09on sortait de cette période de conflit que le Kenya n'avait pas connue.
- 34:14Et on voulait absolument tous prévenir une répétition.
- 34:20Donc,
- 34:20tout le monde était aligné là-dessus.
- 34:22Et pour nous,
- 34:22on pensait que dire les vraies choses et mettre en lumière la corruption,
- 34:27c'était notre meilleur moyen d'éviter que ça se reproduise.
- 34:30Donc en fait,
- 34:31personne n'a jamais été intimidé.
- 34:34Il y a eu quelques coups de fil passés à la chaîne,
- 34:37mais c'est là où nous,
- 34:39on est assez protégés parce que le patron de la chaîne...
- 34:41Il ne nous rapportait pas forcément toutes les critiques.
- 34:45Il me disait « Ah,
- 34:45mais j'y peux rien,
- 34:46moi,
- 34:46je ne suis pas producteur de l'émission. »
- 34:49Et donc,
- 34:49ça s'arrêtait là.
- 34:52Il y a eu deux,
- 34:53trois fois dans toute l'histoire,
- 34:54parce qu'encore une fois,
- 34:54ça a duré vraiment pas mal d'années,
- 34:57cette aventure où,
- 35:00oui,
- 35:02on s'est retrouvés bloqués d'antenne,
- 35:04puis on a pu reprendre l'antenne.
- 35:07Il y a eu des commentaires de plusieurs politiciens,
- 35:10mais qui...
- 35:11C'était juste,
- 35:12voilà,
- 35:12ils essayaient de nous faire peur,
- 35:13mais ça n'allait nulle part.
- 35:15La seule chose où nous-mêmes,
- 35:17on a été d'accord et on a changé quelque chose dans notre contenu,
- 35:22c'était seulement sur un sujet.
- 35:24Donc,
- 35:25ce président en question,
- 35:25qui s'appelait le président Kibaki,
- 35:27il avait une femme dont on se moquait pas mal,
- 35:31mais il se trouve qu'en fait,
- 35:32elle avait des problèmes de santé mentale.
- 35:35Elle n'était pas stable mentalement.
- 35:38Et on a,
- 35:39pendant certains épisodes,
- 35:40on s'était donc moqués d'elle.
- 35:42Jusqu'à ce qu'on reçoive un coup de fil,
- 35:43on dit,
- 35:44écoutez,
- 35:47c'est un problème de santé mentale,
- 35:48elle est mal alimentale,
- 35:49c'est quand même pas très sympa ce que vous faites.
- 35:50Et on dit,
- 35:50c'est vrai,
- 35:51c'est pas de sa faute.
- 35:51Et puis en plus,
- 35:52elle n'est pas élue.
- 35:53Rien à voir avec cette histoire.
- 35:54Donc,
- 35:55on a arrêté.
- 35:56Voilà,
- 35:56ça.
- 35:58Mais sinon,
- 35:58le reste,
- 36:00non,
- 36:01on a toujours pu dire ce qu'on voulait dire.
- 36:03Très bien.
- 36:03Donc,
- 36:03c'est une belle histoire,
- 36:05une belle expérience que tu nous as partagée là.
- 36:09Ensuite,
- 36:09je vais en venir à ce que tu fais aujourd'hui et toute la partie liée à ton expertise des industries culturelles et créatives,
- 36:18où aujourd'hui,
- 36:20tu vas être en consultant accompagnateur de différentes entreprises,
- 36:25comme tu l'évoquais un petit peu au début.
- 36:28Et là,
- 36:28c'est un tournant,
- 36:30je pense,
- 36:33dans ta carrière d'entrepreneur.
- 36:35en fait.
- 36:36À partir de quel moment tu te dis,
- 36:37je vais passer peut-être de l'autre côté ou je vais accompagner ?
- 36:40Est-ce qu'il y a eu des sollicitations qu'on fait qu'à un moment donné,
- 36:44on s'est dit,
- 36:45cette personne-là a l'air de connaître bien le terrain.
- 36:47Il y a eu des sollicitations qu'on fait qu'à un moment donné,
- 36:48tu te dis,
- 36:49je vais ouvrir ma boîte de conseils et je vais faire ça.
- 36:51Est-ce que ça s'est passé comme ça ou est-ce que ça a plutôt été vraiment une réflexion,
- 36:55une initiative de sa part en te disant,
- 36:58j'arrive à un moment de ma carrière où j'ai envie de changer,
- 37:01j'ai envie de créer une boîte de conseils ?
- 37:04Non,
- 37:04c'était initié par moi à nouveau.
- 37:06En fait,
- 37:06moi,
- 37:06j'essaie toujours un petit peu tous les deux,
- 37:09trois ans de réajuster ce que je fais en fonction de l'évolution du marché.
- 37:15Et donc,
- 37:15je suis dans un marché que j'ai pris à un niveau extrêmement émergent.
- 37:21Comme je le disais,
- 37:21il n'y avait même pas de...
- 37:22Les chaînes de télé ne payaient même pas les producteurs de contenu.
- 37:25Donc,
- 37:25c'est pour te dire à quel point on venait de loin.
- 37:28Mais les choses ont évolué.
- 37:30ces 15 dernières années extrêmement rapidement.
- 37:32Et j'essaye vraiment de suivre,
- 37:34de pousser,
- 37:35de soutenir,
- 37:35de suivre et de m'adapter à l'évolution de ce secteur-là.
- 37:40Donc là,
- 37:41après quelques années,
- 37:42parce qu'on a sauté des étapes,
- 37:43mais on est obligé,
- 37:44sinon ça va prendre quatre heures,
- 37:45c'est cette histoire.
- 37:46Mais après quelques années,
- 37:49en ayant été moi-même vraiment aux manettes de plusieurs business,
- 37:53là,
- 37:53je dois dire,
- 37:53l'une des erreurs sans doute que j'ai faites,
- 37:55c'est d'en avoir plusieurs à la fois.
- 37:57Donc,
- 37:57d'avoir la boîte de production,
- 37:59d'avoir une agence de management de talent et d'avoir la plateforme de VOD,
- 38:03parce que ça,
- 38:03c'est aussi toute une histoire,
- 38:05d'être dans la tech,
- 38:07de monter toute une plateforme,
- 38:11d'aller chercher des utilisateurs,
- 38:12d'aller chercher du contenu,
- 38:15de faire des deals avec des producteurs partout en Afrique.
- 38:20Donc,
- 38:21après quelques années à faire tout ça en parallèle,
- 38:26J'avais quand même appris beaucoup de choses sur plein de secteurs.
- 38:30J'ai donc vendu la plateforme de vidéos à la demande à trace.
- 38:35J'ai fermé l'agence de management de talent qui ne faisait pas d'argent parce que j'étais encore une fois beaucoup trop tôt sur le marché,
- 38:41mais où j'avais quand même appris beaucoup de choses.
- 38:44Et je me suis dit,
- 38:45bon,
- 38:46l'un des gros challenges auxquels j'ai dû faire face jusqu'à présent,
- 38:52moi-même en tant qu'entrepreneur,
- 38:53C'est...
- 38:54été le challenge de la levée de fonds.
- 38:57C'est-à-dire que pour financer ces activités-là,
- 38:59ça a toujours été la croix et la bannière.
- 39:03Et j'avais été vraiment réussi.
- 39:07C'est-à-dire que pour te donner une idée,
- 39:10sur environ cinq ans,
- 39:14j'avais levé
- 39:157 millions de dollars de subventions,
- 39:18que ce soit pour The Expo Easy Show,
- 39:20ou d'autres shows,
- 39:20ou d'autres initiatives.
- 39:23créatives,
- 39:24ce qui à l'époque je ne m'en rendais pas compte,
- 39:26mais qui s'était du jamais vu.
- 39:27Donc j'avais eu quand même cette expertise de lever ce type de fonds à l'époque,
- 39:33mais c'était des subventions et ça me dérangeait de penser que ces projets créatifs que j'avais pu mettre en œuvre qui ont...
- 39:44avait touché des millions et des millions de personnes,
- 39:47qui avait eu énormément de succès,
- 39:48qui avait parfois changé les mentalités,
- 39:51devait être financé par des subventions.
- 39:55Je trouvais que c'était un problème.
- 39:57Et je voulais absolument réveiller la communauté d'investisseurs privés sur le sujet des industries créatives et leur dire qu'il y a de l'argent à se faire dans ce secteur-là,
- 40:09il y a des choses à structurer,
- 40:11mais ça vaut le coup de regarder,
- 40:12c'est pas un petit...
- 40:13Ce n'est pas juste des paillettes et des créatifs et des artistes qui connaissent rien au business.
- 40:22Et donc,
- 40:22je voulais changer cette perception-là.
- 40:24Et donc,
- 40:25c'est ce qui a motivé,
- 40:26un,
- 40:26la création de mon agence de conseil,
- 40:29et deux,
- 40:29cinq ans plus tard,
- 40:30le lancement de ma newsletter qui s'appelle Hustle & Flow.
- 40:33Donc,
- 40:34c'était vraiment l'idée d'aller communiquer auprès des grandes boîtes et auprès des grands investisseurs comment faire du business,
- 40:42du vrai business.
- 40:44en Afrique,
- 40:44en passant par où,
- 40:45en passant par quel secteur,
- 40:46quel pays,
- 40:47quels acteurs et voilà et de vraiment changer cette narrative de pouvoir dire à quelqu'un comme Warner Brothers ou un gros fonds oui il y a des gens auxquels vous pouvez faire confiance au Nigeria,
- 41:01il y a des gens qui font du très très bon business,
- 41:03il y a des gens qui gagnent de l'argent il faut le faire de cette manière là donc voilà c'est à ce moment là où j'ai vraiment packagé toute cette
- 41:12expertise que j'avais eue sur le terrain.
- 41:15J'ai fait des deals avec des telcos,
- 41:17j'ai fait plein de choses qui étaient vraiment très pratiques et très transmissibles.
- 41:27Et donc,
- 41:27j'ai lancé ma boîte de conseils.
- 41:30Et à travers ce business-là,
- 41:33j'ai pu accompagner la transition vraiment des mentalités et du secteur depuis ces dix dernières années.
- 41:41jusqu'au moment où on se retrouve aujourd'hui qui est vraiment très différent de là où on avait commencé.
- 41:48Toi,
- 41:48du coup,
- 41:50comme tu le dis,
- 41:51tu es arrivée au Kenya en 2004,
- 41:53donc tu as pu suivre l'évolution des industries culturelles et créatives.
- 41:59Et puis,
- 42:00dans l'industrie culturelle et créative,
- 42:02c'est un grand chapeau dans lequel on va avoir le cinéma,
- 42:04on va avoir la mode,
- 42:06on va avoir l'art,
- 42:08tu intègres aussi,
- 42:09toi,
- 42:09en plus le sport.
- 42:13quel est le secteur ou le sujet sur lequel tu as vu l'évolution la plus frappante où tu t'es dit là vraiment il y a quelque chose qui se passe on est à un tournant,
- 42:23il y a vraiment quelque chose de flagrant sur tous ces secteurs en fait mais en fait ça fait partie d'un grand mouvement que j'explique de cette manière donc je pense que tout le monde surtout parmi tes auditeurs personne n'a besoin d'être convaincu ou informé du temps
- 42:40dynamisme de la créativité en Afrique,
- 42:42je pense que tout le monde le sait,
- 42:43depuis très très longtemps,
- 42:44donc ça n'a jamais été le problème,
- 42:46mais ce qui s'est passé ces 15 dernières années,
- 42:48c'est que soudainement,
- 42:50les barrières entre la créativité africaine et le reste du monde sont tombées,
- 42:54grâce notamment à Internet,
- 42:56à l'apparition des réseaux sociaux,
- 42:58d'une première manière,
- 43:00et l'apparition des plateformes de streaming dans un deuxième temps.
- 43:04Donc,
- 43:05ces nouvelles plateformes globales digitales ont
- 43:10permis vraiment à faire tomber les barrières entre la créativité africaine et les audiences globales.
- 43:17Donc aujourd'hui,
- 43:18tu es un créateur africain,
- 43:19que ce soit tu as fait un film,
- 43:21tu fais de la musique,
- 43:25tu es un artiste peintre,
- 43:29n'importe qui dans le monde peut avoir accès à ta créativité,
- 43:33peut te suivre,
- 43:34peut te soutenir.
- 43:35Et c'est vraiment ce qui s'est passé ces 15 dernières années.
- 43:38Donc,
- 43:38Donc,
- 43:38on...
- 43:39On a vu l'explosion plus spécifiquement de certains genres,
- 43:44de certains produits comme l'Afrobeat dans la musique,
- 43:47comme l'Hollywood dans le cinéma.
- 43:50Mais ça s'est vraiment répercuté sur absolument tout.
- 43:54Grâce aux réseaux sociaux,
- 43:55on voit aussi que ce n'est pas une relation qui ne se passe que dans un sens,
- 43:59c'est-à-dire qu'il y a un dialogue entre le reste du monde et l'Afrique sur ces sujets-là.
- 44:05C'est beaucoup plus facile maintenant.
- 44:07maintenant,
- 44:07pour les créateurs africains d'avoir leur voix.
- 44:10Et donc,
- 44:11soudainement,
- 44:12il y a eu cet éveil de l'audience globale à la créativité et à l'art africain,
- 44:21qui a fait qu'il y a eu cette explosion.
- 44:23Donc,
- 44:24c'est vraiment ça que j'ai vu arriver et que j'ai vu se passer.
- 44:29Et donc,
- 44:30quand ça se passe,
- 44:32tu as les flux financiers qui suivent.
- 44:34Donc,
- 44:34forcément,
- 44:35l'explosion de AfroBeats
- 44:36et de Nollywood a attiré l'intérêt de beaucoup,
- 44:39beaucoup d'investisseurs.
- 44:40que ce soit public ou privé,
- 44:43qui ont commencé à regarder les secteurs.
- 44:45Et ce qui s'est passé aussi,
- 44:46c'est qu'il y a environ 5-6 ans,
- 44:48je dirais,
- 44:50tous les gros bailleurs de fonds internationaux,
- 44:52qui sont les institutions financières de développement,
- 44:55se sont rendus compte que les industries créatives étaient en fait un très gros pourvoyeur d'emplois chez les jeunes et les femmes.
- 45:04Et l'Afrique,
- 45:05comme tout le monde,
- 45:06a besoin de beaucoup d'emplois pour...
- 45:10pour employer toutes ces jeunes générations qui arrivent.
- 45:13Et c'est un gros sujet pour ces institutions financières.
- 45:16Et donc,
- 45:17ils ont commencé à s'intéresser au secteur par ce prisme-là de l'emploi et de la contribution de ces secteurs à la croissance du continent.
- 45:27Donc,
- 45:28soudainement,
- 45:28il y avait un intérêt des investisseurs.
- 45:30Voilà.
- 45:30Donc,
- 45:30toutes ces choses-là se sont passées ces 15 dernières années.
- 45:35et on arrive à un moment
- 45:39aujourd'hui.
- 45:41Tu posais la question en tout début de podcast,
- 45:46peut-être de cette idée que beaucoup de personnes n'ont qu'il n'y a pas d'argent dans la créativité,
- 45:51c'est complètement faux en Afrique.
- 45:53Donc,
- 45:53je n'arrête pas de répéter ça parce que je veux que les gens se rendent vraiment compte du changement de l'environnement dans lequel on est,
- 46:00c'est-à-dire qu'il y a 5 ans,
- 46:01peut-être que c'était vrai,
- 46:02mais aujourd'hui,
- 46:03il y a eu environ 3 milliards Voilà.
- 46:06de fonds qui ont été débloqués pour les industries créatives en Afrique de la part de ces gros bailleurs de fonds.
- 46:133 milliards,
- 46:14c'est énorme.
- 46:15Et donc,
- 46:16il y a de l'argent.
- 46:17Il y a plein de programmes aujourd'hui qui existent.
- 46:19Il y a plein,
- 46:19j'ai une liste d'environ 100 investisseurs qui sont intéressés dans les industries créatives.
- 46:23Ce n'est pas ça le problème qu'on a aujourd'hui.
- 46:26Donc,
- 46:26moi,
- 46:27personnellement,
- 46:27dans mon travail,
- 46:28je considère que cette première étape qui était de convaincre les investisseurs du potentiel,
- 46:33ça a été réalisé.
- 46:36La deuxième étape,
- 46:37c'est de faire en sorte que les industries créatives et sportives et les entrepreneurs eux-mêmes soient prêts à recevoir cet argent et prêts à recevoir cet argent,
- 46:46c'est-à-dire qu'il faut qu'ils aient des sociétés qui soient investissables,
- 46:50qui soient bancables.
- 46:51Et là,
- 46:51on n'en est pas encore là.
- 46:52C'est-à-dire que la plupart des entreprises créatives sur le continent sont soit à moitié informelles,
- 47:01soit pas du tout préparées avec des équipes bancales.
- 47:04il n'y a pas de compétences business ou financières,
- 47:07donc elles ne sont pas encore attractives pour les investisseurs.
- 47:12Et les entrepreneurs souvent ne se rendent pas compte.
- 47:14Donc mon nouveau cheval de bataille,
- 47:17c'est d'essayer de relever le niveau de compétences business et financières des entrepreneurs,
- 47:24de leur faire comprendre quels sont les standards qu'il faut atteindre pour pouvoir lever de l'argent.
- 47:31Parce que pour beaucoup d'entrepreneurs,
- 47:33ils ont eu cette expérience que j'ai eue moi-même où le seul argent qui était disponible pendant longtemps,
- 47:37c'était des subventions.
- 47:38On te demande plein de choses,
- 47:39il faut faire plein de rapports,
- 47:41mais jamais on ne te demande un business model.
- 47:44Et là,
- 47:44soudainement,
- 47:45l'argent qui est disponible maintenant,
- 47:46c'est de l'argent privé qui veut du retour sur investissement.
- 47:49Et là,
- 47:50c'est une autre histoire.
- 47:52Donc,
- 47:52c'est là où on en est aujourd'hui.
- 47:54Et c'est une évolution,
- 47:55je trouve,
- 47:55extrêmement positive.
- 47:57Mais il faut maintenant que les entrepreneurs se mettent au niveau.
- 48:02Et toi,
- 48:02du coup,
- 48:02quand tu dis que tu challenges et tu accompagnes les entrepreneurs,
- 48:08c'est-à-dire que ça fait partie des missions qui sont des missions de ton entreprise ?
- 48:14C'est-à-dire qu'on peut venir te solliciter pour,
- 48:15voilà,
- 48:17je sais qu'il y a cette opportunité de financement,
- 48:19mais je ne suis pas sûre d'être prêt.
- 48:21Est-ce que toi,
- 48:21tu accompagnes donc les entrepreneurs ?
- 48:23Ça fait vraiment partie des missions que tu proposes ?
- 48:25Comment ça se concrétise,
- 48:27en fait,
- 48:27cet accompagnement que tu proposes aux entrepreneurs ?
- 48:30Alors,
- 48:31moi,
- 48:31mes clients,
- 48:32c'est vraiment les investisseurs.
- 48:33Ça a été jusqu'à présent les investisseurs qui ont les budgets pour me payer.
- 48:37Les entrepreneurs n'ont pas le budget pour me payer,
- 48:40puisque eux-mêmes ont du mal justement à générer des revenus.
- 48:43C'est tout le lard de la guerre.
- 48:45Donc,
- 48:45à l'heure actuelle,
- 48:46pour moi,
- 48:47je travaille pour les investisseurs.
- 48:48Ceci dit,
- 48:49il y a des opportunités d'accompagnement qui se développent de plus en plus.
- 48:54Et je réfléchis,
- 48:54moi,
- 48:55à mes propres outils.
- 48:57mais le challenge c'est comment
- 48:59J'aimerais trouver une manière d'accompagner un nombre d'entrepreneurs,
- 49:04enfin un grand nombre d'entrepreneurs,
- 49:06donc pas le faire au cas par cas,
- 49:07parce que je n'ai pas suffisamment de temps pour répondre à toutes les demandes.
- 49:13Je reçois beaucoup,
- 49:13beaucoup de demandes,
- 49:14par exemple.
- 49:15Dans des cas extrêmement rares,
- 49:17je fais cet accompagnement si je crois vraiment au potentiel de la boîte,
- 49:22mais j'ai du temps pour trois boîtes en même temps.
- 49:25Et là,
- 49:25je suis complètement complète de ce point de vue-là.
- 49:28donc je cherche moi
- 49:30Il y a des choses sur lesquelles je travaille pour pouvoir faire ça pour beaucoup de gens à la fois.
- 49:39grande échelle,
- 49:40voilà,
- 49:40j'avais le mot scale dans la tête,
- 49:42mais c'est échelle en français,
- 49:44pour vraiment avoir un impact le plus large possible.
- 49:48Donc,
- 49:49je ne peux pas encore t'en parler à l'heure où on se parle,
- 49:51parce que je veux être sûre de ce que je lance,
- 49:54c'est quoi,
- 49:55quelle date et tout ça,
- 49:55je ne veux pas trop m'avancer.
- 49:57Mais voilà,
- 49:57il y aura plusieurs produits,
- 49:58il y aura plusieurs initiatives qui ont pour objectif d'apporter cette compétence,
- 50:06ou en tout cas cette information.
- 50:08à grande échelle dans différents secteurs de l'industrie.
- 50:14Écoute,
- 50:14ce sera l'occasion d'en reparler,
- 50:15soit dans le cadre d'un article ou d'un podcast.
- 50:17Quand les choses sont prêtes,
- 50:19on en parlera à ce moment-là parce que je pense que ça fait aussi partie d'éléments qui vont intéresser mes auditeurs.
- 50:25Tu posais la question tout à l'heure,
- 50:26je n'ai pas répondu,
- 50:26mais j'ai une partie de mon audience qui est en France et j'ai une autre partie qui est en Afrique,
- 50:30notamment,
- 50:31plutôt Afrique francophone,
- 50:32du coup,
- 50:33Sénégal,
- 50:33Côte d'Ivoire,
- 50:35Bénin.
- 50:35donc donc
- 50:37toute cette audience que je salue et qui me suit depuis les débuts du podcast,
- 50:41avec vraiment toute cette partie qui est plutôt francophone,
- 50:44à la fois africaine.
- 50:47Alors,
- 50:47tu as extrêmement bien répondu,
- 50:49et c'était le point sur lequel tu te bases,
- 50:52c'est ce que tu évoquais,
- 50:53sur de dire,
- 50:54il y a de l'argent maintenant,
- 50:56comment accéder à cet argent ?
- 50:57Il y a besoin d'avoir des projets solides,
- 50:59parce que les investisseurs,
- 51:00effectivement,
- 51:00eux,
- 51:01ils regardent la ligne du bas,
- 51:02quel que soit le projet culturel,
- 51:04quel que soit...
- 51:06D'un point de vue créatif,
- 51:08comment on peut penser être bon ?
- 51:10À un moment donné,
- 51:10il faut aussi être capable de prouver comment on peut être rentable,
- 51:14en fait.
- 51:16Moi,
- 51:16j'entends beaucoup aussi parler,
- 51:18enfin,
- 51:18cette expression,
- 51:19elle est beaucoup reprise,
- 51:19cette notion de soft power,
- 51:21de l'avènement de l'Afrobeat,
- 51:26de Nollywood,
- 51:27le fait que sur Netflix,
- 51:29on voit de plus en plus,
- 51:29en tout cas Netflix,
- 51:30quand on est ici en France,
- 51:32on a de plus en plus accès.
- 51:33à des contenus qui viennent du Nigeria,
- 51:35qui viennent de différents pays.
- 51:37Toi,
- 51:37cette notion-là,
- 51:38qu'est-ce que tu en penses de cette terminologie-là,
- 51:41le fait de parler des industries culturelles et créatives comme d'un soft power ?
- 51:45Oui,
- 51:45c'est tout à fait le cas.
- 51:46Ça a été le cas pour tous les pays qui ont saisi ces secteurs-là à bras-le-corps.
- 51:51On sait très bien que l'image qu'on a tous des États-Unis,
- 51:54elle a été façonnée par Hollywood.
- 51:55D'ailleurs,
- 51:56elle est en train un petit peu de...
- 51:57de pâtir aujourd'hui parce qu'on se rend compte que c'est les Etats-Unis de Hollywood,
- 52:01et les Etats-Unis de la réalité,
- 52:03c'est plus trop ça.
- 52:04Mais pareil pour la France,
- 52:05la France investit énormément d'argent,
- 52:07je dirais que c'est l'un des pays qui vraiment prend ça le plus sérieusement dans sa culture et sa créativité,
- 52:14et elle rayonne dans le monde bien au-delà de sa taille,
- 52:18de la taille de son école et de sa culture,
- 52:20donc c'est totalement vrai.
- 52:22Ça,
- 52:23c'est un sujet...
- 52:24qui est plus du côté des gouvernements.
- 52:26Donc,
- 52:27c'est plus un sujet de politique publique.
- 52:29Je travaille aussi avec des gouvernements.
- 52:31Donc,
- 52:32c'est aussi un sujet qui intervient dans certains des projets sur lesquels je travaille.
- 52:36Et je suis assez contente de voir qu'il y a beaucoup d'évolutions positives aussi dans ce domaine-là.
- 52:43C'est-à-dire qu'il y a plusieurs gouvernements en Afrique qui se sont vraiment saisis de ce sujet,
- 52:49des industries créatives.
- 52:51Ces dernières années,
- 52:52je vais encore mentionner le Nigeria,
- 52:53qui est le pays où je travaille le plus,
- 52:55mais ils ont un nouveau ministère de l'économie créative,
- 53:03des arts,
- 53:03de la culture et du tourisme.
- 53:05Depuis environ un an,
- 53:07ils font un travail,
- 53:09ils ont des annonces de nouveaux projets absolument tous les jours.
- 53:12Ils ont une équipe extrêmement motivée,
- 53:15dans l'équipe des gens.
- 53:18des acteurs du secteur,
- 53:19donc ils savent vraiment de quoi ils parlent.
- 53:21Mais il n'y a pas que le Nigeria,
- 53:22il y a des pays comme le Bénin,
- 53:24il y a le Sénégal,
- 53:25la Côte d'Ivoire,
- 53:26il y a le Rwanda,
- 53:28il y a à un certain niveau le Maroc.
- 53:31Donc il y a pas mal de pays quand même qui font plein d'efforts,
- 53:35qui lancent des grands projets,
- 53:37qui lancent des projets de soutien pour leurs industries créatives.
- 53:42Donc c'est à ce niveau-là que se situe le soft power.
- 53:45Et donc ces pays s'ils se saisissent
- 53:47de ces sujets-là,
- 53:48c'est qu'ils ont bien compris ça.
- 53:51Et en effet,
- 53:53quand on est touché à l'extérieur par une culture de manière positive,
- 53:59donc ce qu'on peut apprendre de l'extérieur,
- 54:04imaginons du Sénégal,
- 54:06à travers sa culture,
- 54:08ses artistes et musiciens notamment,
- 54:10ça donne une image positive du pays,
- 54:12ce qui veut dire que ça peut entraîner.
- 54:14d'autres investissements,
- 54:15d'autres projets dans notre secteur,
- 54:17c'est ça ce qui est le soft power.
- 54:19Donc en effet,
- 54:20ça se passe,
- 54:22c'est dans le mandat des gouvernements,
- 54:24il y en a pas mal qui prennent le sujet très sérieusement,
- 54:27donc je suis très positive sur cette évolution également.
- 54:31On arrive au bout de cette interview.
- 54:34Moi,
- 54:34ce que j'avais envie de te poser comme question,
- 54:36puisqu'on a beaucoup parlé de l'évolution et du fait de ton expertise du secteur à travers toutes ces années que tu as passées sur le continent et aussi du fait que tu travailles régulièrement avec des entreprises qui sont basées sur place.
- 54:53Tu nous as fait un overview du passé.
- 54:55Comment tu vois l'avenir ?
- 54:58Pour toi,
- 54:59si tu devais citer un ou plusieurs éléments qui te semblent vraiment importants par rapport à l'évolution des industries culturelles et créatives dans les cinq prochaines années,
- 55:10comment tu vois les choses en Afrique ?
- 55:12Après,
- 55:12tu peux choisir le sport ou un domaine en particulier ou être resté général.
- 55:17Mais en tout cas,
- 55:18en termes de perspective,
- 55:19qu'est-ce que tu vois ?
- 55:22Alors,
- 55:22beaucoup de choses.
- 55:24La première chose,
- 55:26c'est dans la continuité de ce que je viens de dire,
- 55:28c'est vraiment l'urgence de comprendre comment se structurer,
- 55:34comment parler aux investisseurs pour les entrepreneurs.
- 55:38L'urgence aussi de créer des alliances,
- 55:43d'arrêter de faire des petites choses chacun dans son coin,
- 55:46mais de travailler à plusieurs sur des plus gros projets,
- 55:50de faire des...
- 55:51Plus grosse société,
- 55:52parce que c'est ça vraiment qui va attirer l'investissement.
- 55:54Donc c'est vraiment l'un des sujets que je pousse,
- 55:57je pousse vraiment ces idées d'alliances,
- 56:01que ce soit des joint ventures,
- 56:02que ce soit des mergers,
- 56:04mais vraiment de créer des champions locaux.
- 56:06Et pour ça,
- 56:06il faut laisser un peu l'ego retomber,
- 56:10ce qui n'est pas toujours le cas.
- 56:11Enfin,
- 56:11c'est toujours un peu compliqué chez les créatifs,
- 56:13mais ça,
- 56:15c'est un gros sujet que j'essaye de pousser.
- 56:17Un autre gros sujet qu'on n'a pas du tout mentionné,
- 56:20mais c'est l'arrivée et l'impact de l'intelligence artificielle sur les industries créatives dans le monde et en Afrique en particulier.
- 56:27C'est-à-dire que,
- 56:29alors qu'on essaye encore de s'établir,
- 56:31de poser des fondations saines,
- 56:33de se construire et d'aller chercher des financements,
- 56:37il y a l'IA qui arrive et qui chamboule tout,
- 56:40et notamment qui chamboule les processus de production,
- 56:42qui chamboule le type d'emploi qu'on peut avoir.
- 56:47Donc l'un des avantages de l'Afrique dans le passé,
- 56:49c'était que peut-être il y avait des endroits où on pouvait produire pour moins que dans notre pays.
- 56:54C'était un avantage concurrentiel,
- 56:56je pense notamment à l'animation.
- 56:57Ce n'est plus du tout le cas avec les outils IA maintenant.
- 57:00Tout le monde est un peu au même niveau et ça fait vraiment baisser les coûts.
- 57:05Et donc là,
- 57:06la compétition va être beaucoup plus au niveau des idées et au niveau de la capacité à adapter ces outils technologiques.
- 57:15Là,
- 57:15je suis un peu inquiète parce que je ne vois pas d'adoption rapide en Afrique de ces sujets-là,
- 57:21mais je dois dire qu'en Europe non plus.
- 57:23Donc,
- 57:23ce n'est pas que l'Afrique,
- 57:24mais l'Afrique doit se saisir de ces sujets ou sinon elle va être encore plus en retard.
- 57:34C'est quelque chose de très urgent.
- 57:37Et puis,
- 57:38peut-être pour terminer,
- 57:41il y a vraiment la...
- 57:44les acteurs internationaux continuent à s'intéresser à l'Afrique,
- 57:47continuent à arriver en Afrique.
- 57:49Donc là,
- 57:49on peut peut-être un peu mentionner le sport,
- 57:50mais il y a eu donc la NBA qui est arrivée en Afrique avec la Basketball Africa League,
- 57:56qui promeut maintenant le basket comme autre gros sport d'Afrique à part le foot.
- 58:01Tous les acteurs du foot sont déjà en Afrique depuis longtemps.
- 58:04Tu as la
- 58:05NFL qui est le football américain qui a maintenant des académies en Afrique.
- 58:10Il y a beaucoup de gros acteurs,
- 58:12tu as Live Nation qui arrive pour faire des concerts,
- 58:15beaucoup de gros,
- 58:15gros acteurs internationaux qui arrivent.
- 58:18C'est bien,
- 58:19ça valide l'intérêt au niveau mondial du marché africain,
- 58:24mais ça veut dire,
- 58:25encore une fois,
- 58:25qu'il faut de l'autre côté des acteurs locaux,
- 58:28des champions locaux qui puissent tirer parti de cet intérêt.
- 58:33Donc voilà,
- 58:33c'est une opportunité,
- 58:35mais à bien gérer.
- 58:38pour l'Afrique.
- 58:39Très bien.
- 58:39Écoute,
- 58:40je me dis que j'aurais aimé pouvoir discuter avec toi encore plus longtemps.
- 58:45Mais j'espère qu'on aura l'occasion de refaire en tout cas un échange quand on aura sorti tes initiatives,
- 58:52ce dont tu parlais d'accompagnement pour l'entrepreneur.
- 58:56Moi,
- 58:56j'invite les auditeurs qui veulent en savoir plus sur ce que tu fais et sur les industries culturelles et créatives en Afrique à lire ta newsletter qui s'appelle Hustle & Flow,
- 59:04si je ne me trompe pas.
- 59:06Oui,
- 59:06ça va là.
- 59:08et moi je mettrais de toute façon en note de bas de l'épisode le lien pour l'accès à la newsletter de manière à avoir des updates réguliers sur ce qui se passe en Afrique en termes des industries culturelles et créatives.
- 59:20Je te remercie beaucoup pour ta disponibilité et pour le niveau de détail que tu as partagé avec nous sur ce qui peut se passer aujourd'hui sur ce secteur-là et aussi sur un overview de où on était et où on est aujourd'hui et puis je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- 59:38Merci beaucoup.
- 59:38À très vite,
- 59:39Renata.
- 59:39Au revoir.
- 59:43Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.
- 59:45Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast.
- 59:52Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis.
- 59:54Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify.
- 59:58Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force.
- 1:00:02Je vous dis à très vite en Afrique.