Latest / True Crime : L'Heure du Crime / L'Infirmière Psychopathe : Une Arnaque à l'Assurance qui Vire au Massacre
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- 0:08Speaker 2: Une jeune femme perd la vie en tombant d'une falaise
- 0:11Speaker 2: en Californie. Des mois après son enterrement, un enquêteur croit
- 0:16Speaker 2: que sa chute n'était pas accidentelle. Des chercheurs tentent de
- 0:22Speaker 2: déterminer la cause de la mort d'une femme 3000 ans après
- 0:25Speaker 2: son décès. Parviendront-ils à pratiquer une autopsie sans détruire son
- 0:30Speaker 2: corps momifié? Afin d'arrêter un meurtrier, Des experts doivent prouver
- 0:37Speaker 2: que quelques fragments d'eau proviennent du corps d'une femme disparue
- 0:41Speaker 2: deux ans plus tôt. Le temps n'efface pas tout. Voilà
- 0:48Speaker 2: ce qui rend si tenaces les experts qui enquêtent sur
- 0:50Speaker 2: d'anciens crimes non résolus. Grâce à l'apport d'une technologie de pointe,
- 0:57Speaker 2: ils remontent le temps, parfois même des millénaires, pour obtenir
- 1:02Speaker 2: quelques révélations d'outre-tombe. La route côtière entre San Diego et
- 1:36Speaker 2: San Francisco offre une vue panoramique saisissante. Les plages du
- 1:43Speaker 2: sud et la densité du trafic laissent bientôt place à
- 1:46Speaker 2: un paysage de plus en plus escarpé. La route numéro
- 1:53Speaker 2: un serpente la péninsule de Monterey où les montagnes se
- 1:56Speaker 2: jettent majestueusement dans l'océan Pacifique. À Big Sur, en Californie,
- 2:04Speaker 2: les touristes viennent admirer le paysage grandiose du haut des falaises.
- 2:10Speaker 2: Ils contemplent l'infini et en profitent pour prendre quelques photos.
- 2:17Speaker 2: Mais parfois, ils sont pris de vertiges. Le 2 avril 1987, on
- 2:35Speaker 2: avisa le service de police de Monterey qu'un événement tragique
- 2:39Speaker 2: venait de se produire à Seal Beach. Le corps d'une
- 2:44Speaker 2: jeune femme de 20 ans du nom de Dina Harvard Wilde
- 2:47Speaker 2: gisait au pied d'un précipice de 200 mètres. Ce n'était malheureusement
- 2:53Speaker 2: pas la première fois que l'équipe de secours devait recueillir
- 2:56Speaker 2: le corps d'une personne qui avait été attirée par le vide.
- 3:03Speaker 2: Un des agents de police interrogea un couple d'âge mûr
- 3:06Speaker 2: qui se trouvait sur les lieux. Ils s'appelaient Virginia et
- 3:10Speaker 2: BJ McGinnis et venaient de San Diego. Ils déclarèrent que
- 3:15Speaker 2: leur jeune ami était tombé sans faire de bruit alors
- 3:17Speaker 2: qu'ils regardaient dans une autre direction. l'équipe de secours recueillit
- 3:24Speaker 2: le corps au pied de la falaise. Après un examen
- 3:28Speaker 2: sommaire du coroner, le corps de Dina Wild fut retourné
- 3:32Speaker 2: à sa ville natale de Louisville, au Kentucky, pour y
- 3:34Speaker 2: être enterré. Des mois après l'enterrement, la petite communauté de
- 3:41Speaker 2: Louisville ne s'était pas encore remise de cet accident tragique.
- 3:46Speaker 2: Un dimanche après la messe, la mère de Dina, Bobby Roberts,
- 3:49Speaker 2: demanda des conseils à un avocat du nom de Steve
- 3:52Speaker 2: Kinney Elle voulait toucher une prestation d'assurance à la suite
- 3:56Speaker 2: du décès de sa fille et avait besoin de son
- 3:59Speaker 3: aide. En tant que professeur, elle avait droit à un
- 4:02Speaker 3: montant d'argent pour les frais funéraires, mais la compagnie avait
- 4:04Speaker 3: refusé de lui verser la somme. Je lui ai dit
- 4:06Speaker 3: qu'une lettre d'un avocat permettrait peut-être d'accélérer le processus. On
- 4:10Speaker 3: ne perdait rien à essayer
- 4:13Speaker 2: Il commença par contacter la compagnie d'assurance afin qu'on lui
- 4:17Speaker 2: explique pourquoi on avait refusé de verser la somme. La
- 4:20Speaker 2: compagnie n'avait jamais reçu le certificat de décès de Dina.
- 4:24Speaker 2: Kenny contacta alors le bureau du coroner de Monterey et
- 4:27Speaker 2: demanda qu'on le lui envoie. Le certificat indiquait cependant qu'on
- 4:33Speaker 2: n'avait pas encore déterminé la cause du décès. Dina était
- 4:40Speaker 2: morte plusieurs mois plus tôt. Qu'est-ce qui pouvait donc occasionner
- 4:43Speaker 2: tant de délais? Kinney contacta à nouveau la compagnie d'assurance
- 4:48Speaker 2: dans l'espoir qu'on accepterait d'expédier la somme malgré tout.
- 4:54Speaker 3: Lorsque nous les avons rappelés, nous avons été très surpris
- 4:56Speaker 3: d'apprendre qu'une police d'assurance sur la vie de Dina avait
- 4:59Speaker 3: été émise au bénéfice de quelqu'un d'autre et qu'on avait
- 5:01Speaker 3: déjà réclamé l'indemnité
- 5:09Speaker 2: La bénéficiaire était nulle autre que Virginia McGinnis, la personne
- 5:12Speaker 2: avec laquelle Dina avait passé ses derniers moments. La veille
- 5:17Speaker 2: de l'accident, Virginia avait acheté une police d'assurance de 35 000 dollars
- 5:22Speaker 2: au nom de la jeune fille. Le lendemain de sa mort,
- 5:25Speaker 2: elle avait essayé d'encaisser l'indemnité. La mort de Dina n'était
- 5:30Speaker 2: peut-être pas accidentelle
- 5:38Speaker 2: Mais sans témoin ou indice, comment Kinney pourrait-il déterminer ce
- 5:42Speaker 2: qui était vraiment arrivé? L'hypothèse selon laquelle Dina avait été
- 5:54Speaker 2: poussée n'était pour le moment qu'une spéculation. Afin de prouver
- 5:59Speaker 2: qu'il y avait eu méfait, Kinney avait besoin de preuves.
- 6:03Speaker 2: Il essayait de remonter la filière en tentant d'en apprendre
- 6:06Speaker 2: davantage sur la relation entre Dina et le couple plus âgé.
- 6:16Speaker 2: Virginia et B. J. McGuinness étaient les parents d'un ami de Dina.
- 6:21Speaker 2: Il l'avait hébergé chez eux à San Diego après sa séparation.
- 6:28Speaker 2: La solitude de Dina avait été moins difficile grâce au
- 6:31Speaker 2: temps passé dans sa famille d'adoption. Dina était connue pour
- 6:36Speaker 2: sa naïveté. Avait-elle été dupée par la gentillesse des McGuinness?
- 6:47Speaker 2: Kenny obtint une copie du rapport d'autopsie du bureau du
- 6:50Speaker 2: coroner de Monterey. Quelque chose piqua sa curiosité. Une analyse
- 6:59Speaker 2: sanguine révélait la présence d'amitriptyline, soit un antidépresseur appelé Elavil.
- 7:12Speaker 2: Ce médicament n'avait jamais été prescrit à Dina, mais plutôt
- 7:17Speaker 2: à BJ, le mari de Virginia. La toxicologue Catherine Hamm
- 7:25Speaker 2: effectua une nouvelle analyse sanguine. On avait pris soin de
- 7:29Speaker 2: conserver un échantillon du sang de Dina lors de son autopsie.
- 7:34Speaker 2: Le travail consistait à évaluer la quantité d'amitriptyline. Kinney espérait
- 7:41Speaker 2: que s'il y avait eu crime, on pourrait le prouver
- 7:44Speaker 2: au laboratoire.
- 7:47Speaker 6: La plupart des criminels sous-estiment ce que nous pouvons réussir
- 7:50Speaker 6: à découvrir en laboratoire
- 7:55Speaker 2: L'analyse consiste à ajouter un solvant à l'échantillon. Le tube
- 8:01Speaker 2: est ensuite agité pendant une vingtaine de minutes, ce qui
- 8:03Speaker 2: aura pour effet de séparer le médicament du sang et
- 8:06Speaker 2: de le mélanger au solvant. On retire ensuite le solvant
- 8:10Speaker 2: et on le fait évaporer. On injecte ensuite le produit
- 8:15Speaker 2: dans un chromatographe à gaz, un instrument qui sépare les
- 8:19Speaker 2: composés d'un produit selon leurs propriétés chimiques. Catherine Hamm retrouva
- 8:25Speaker 2: les caractéristiques de l'antidépresseur dans le sang de Dina. Les
- 8:30Speaker 2: données étaient identiques. Ce médicament a des effets secondaires désagréables
- 8:37Speaker 2: tels que la confusion. Ce n'est pas le genre de
- 8:39Speaker 2: drogue qu'aurait essayé Dina pour le plaisir. Les patients qui
- 8:44Speaker 2: consomment ce médicament éprouvent souvent des sensations de faiblesse, des nausées,
- 8:48Speaker 2: des étourdissements. Ces effets sont encore plus importants chez un
- 8:52Speaker 2: sujet qui n'a pas l'habitude de prendre ce médicament régulièrement.
- 9:00Speaker 2: Aucune photo de la victime n'avait été prise par l'équipe
- 9:02Speaker 2: de secours, mais on savait ce qui s'était passé juste
- 9:06Speaker 2: avant la chute fatale. Virginia avait envoyé des photos de Dina,
- 9:11Speaker 2: prise le jour même de l'accident, à sa mère en
- 9:14Speaker 2: guise de condoléances. Ces photos recelaient-elles des informations importantes? Au
- 9:23Speaker 2: premier coup d'œil, les quinze clichés témoignaient d'un voyage touristique
- 9:26Speaker 2: des plus classiques. Dina semblait à l'aise et sereine. Mais
- 9:34Speaker 2: Kinney fit une étude plus approfondie des photos et compris
- 9:38Speaker 2: tout de suite que quelque chose se tramait. Le médicament
- 10:00Speaker 2: commençait visiblement à faire son effet sur la photo suivante.
- 10:05Speaker 2: Le regard brillant de Dina s'était éteint Elle semblait incapable
- 10:09Speaker 2: de se tenir debout toute seule. Lorsque Kenny vit la
- 10:23Speaker 2: photo numéro 11, il fut convaincu que Dina savait ce qui
- 10:27Speaker 2: se tramait. Ce qui à première vue ressemblait à une
- 10:32Speaker 2: banale promenade s'avérait être les derniers moments de la vie
- 10:36Speaker 2: de Dina.
- 10:40Speaker 3: Sur le bord de cette falaise, on peut voir les
- 10:43Speaker 3: pieds de Dina pointer en direction des rochers, du côté
- 10:46Speaker 3: de la route
- 10:48Speaker 3: Mais sa tête est floue parce qu'elle se tourne et
- 10:51Speaker 3: réalise qu'on la
- 10:51Speaker 4: pousse.
- 10:57Speaker 3: Et elle regarde comme nous le ferions dans la direction
- 10:59Speaker 3: où elle est poussée. Et ce mouvement rend sa tête floue.
- 11:04Speaker 3: On ne peut pas discerner son visage. Mais ses pieds
- 11:08Speaker 3: pointent en direction de BJ, l'homme à qui elle faisait confiance.
- 11:18Speaker 2: Quelques moments plus tard, elle allait perdre la vie. Pour Kenny,
- 11:36Speaker 2: les circonstances étranges de la mort de Dina ne pouvaient
- 11:39Speaker 2: mener qu'à une seule conclusion. Mais ces quelques photos et
- 11:48Speaker 2: son intuition suffiraient-elles à le prouver? Kenny devait maintenant aller
- 11:54Speaker 2: chercher l'aide d'experts. Steve Kinney relut le rapport d'autopsie de
- 12:05Speaker 2: Dina Wilde à la recherche d'un indice qui corroborerait l'hypothèse
- 12:09Speaker 2: d'un homicide. Le coroner de Monterey avait déterminé que le
- 12:14Speaker 2: décès de Dina avait été causé par une fracture du crâne.
- 12:18Speaker 2: Sans doute avait-elle perdu pied à cause de ses talons hauts.
- 12:22Speaker 2: Selon lui, il n'y avait rien d'anormal dans cet accident.
- 12:28Speaker 2: Mais Keeney n'en était pas aussi sûr et quelque chose
- 12:31Speaker 2: dans le rapport du coroner indiquait peut-être que ce n'était
- 12:33Speaker 2: pas le cas. Il apporta les photos de l'autopsie au
- 12:39Speaker 2: médecin légiste Barbara Weakley-Jones. Parviendrait-elle à déterminer s'il y avait
- 12:45Speaker 2: eu meurtre ou non
- 12:48Speaker 6: Steve Keeney était plutôt surpris quand je lui ai montré
- 12:50Speaker 6: que certaines blessures permettaient de croire que ce n'était peut-être
- 12:53Speaker 6: pas une mort accidentelle.
- 12:59Speaker 2: Ce qui avait tué Dina était un coup qu'elle avait
- 13:01Speaker 2: reçu à la tête. Mais il y avait de longues
- 13:04Speaker 2: égratignures sur le côté droit de son corps. Pour Barbara Wickley-Jones,
- 13:10Speaker 2: ces lacérations indiquaient que la victime n'était pas tombée tête première,
- 13:13Speaker 2: mais plutôt qu'elle avait glissé. Les blessures les plus éloquentes
- 13:18Speaker 2: étaient celles que Dina avait aux mains. Ce n'était pas
- 13:21Speaker 2: le genre de blessure produite lors d'une chute normale. Ses
- 13:25Speaker 2: faux ongles avaient été arrachés, cassés, Et il y avait
- 13:28Speaker 2: des traces de granit dessous. Elle s'était agrippée sur le
- 13:32Speaker 2: bord de la falaise avant de tomber. Peut-être même s'était-elle débattue.
- 13:40Speaker 2: Ses deux mains avaient aussi d'autres blessures étranges.
- 13:49Speaker 3: Il y avait de gros bleus autour de ses jointures.
- 13:51Speaker 3: Le genre d'hématome qu'on pourrait avoir si on vous marchait
- 13:54Speaker 3: sur la main pendant que vous vous agrippez au rebord
- 13:56Speaker 3: d'une
- 13:57Speaker 4: falaise.
- 14:00Speaker 2: Kenny se demandait si la fracture du crâne de Dina
- 14:03Speaker 2: était le résultat ou la cause de sa chute. Le
- 14:07Speaker 2: haut de la falaise était en pente douce sur quelques mètres. Normalement,
- 14:12Speaker 2: Dina aurait lutté pour ne pas tomber et se serait
- 14:14Speaker 2: agrippée aux pierres et aux racines, mais les paumes de
- 14:17Speaker 2: ses mains n'avaient pas la moindre trace de blessure. Rien
- 14:20Speaker 2: n'indiquait qu'elle s'était cramponnée à quoi que ce soit. L'analyse
- 14:24Speaker 2: de Barbara Wickley-Jones confirmait l'hypothèse de Kinney selon laquelle la
- 14:29Speaker 2: victime avait été poussée et que son corps était tombé
- 14:32Speaker 2: mollement
- 14:35Speaker 3: Mais cela ne prouvait pas qu'il y avait eu homicide
- 14:38Speaker 3: Alors que faire? Il y a un proverbe qui dit
- 14:42Speaker 3: que ce ne sont pas les circonstances qui mentent, mais
- 14:44Speaker 3: les
- 14:44Speaker 2: gens. Kinney devait maintenant tourner son attention sur les deux suspects,
- 14:51Speaker 2: Virginia et B. J. McGuinness. Ce couple sympathique avait-il pu préméditer
- 14:56Speaker 2: le meurtre de Dina? Avait-il pu pousser la jeune femme
- 15:00Speaker 2: du haut d'une falaise de 200 mètres? En fouillant le passé
- 15:06Speaker 2: de ces suspects, Kenny découvrit une série de morts inexpliquées
- 15:10Speaker 2: et de du prix. Il ne s'attendait pas à ce
- 15:16Speaker 2: que la feuille de route de Virginia fût si sanglante.
- 15:20Speaker 2: Cette infirmière retraitée à l'allure mielleuse avait pourtant un passé
- 15:24Speaker 2: de psychopathe, de mythomane et de pyromane. Elle avait aussi
- 15:28Speaker 2: torturé des animaux. Sa fille et son second mari étaient
- 15:33Speaker 2: morts accidentellement. Ses parents et certains de ses patients étaient
- 15:37Speaker 2: morts de causes inconnues. Elle avait touché des indemnités d'assurance-vie
- 15:43Speaker 2: à maintes reprises. Kinney dressa un rapport élaboré de ses découvertes.
- 15:52Speaker 2: Cela ne ferait pas arrêter Virginia et BJ McGinnis, mais
- 15:55Speaker 2: cela permettrait au moins que l'enquête soit rouverte. La police
- 16:01Speaker 2: d'assurance de Dina avait été achetée à San Diego. C'est
- 16:05Speaker 2: donc le bureau du procureur de cette juridiction qui poursuivit l'enquête.
- 16:10Speaker 2: Le détective Scott Lawrence prit la relève de Steve Kinney.
- 16:15Speaker 2: Tout comme l'avocat de Louisville, il était résolu à découvrir
- 16:18Speaker 2: la vérité. Dina était morte un an et demi plus tôt.
- 16:23Speaker 2: Il ne restait plus ni indice ni trace de sang.
- 16:28Speaker 2: La seule donnée précise dont disposait Lawrence était l'emplacement du
- 16:32Speaker 2: corps après la chute. Il devait maintenant déterminer où Dina
- 16:36Speaker 2: se trouvait juste avant de tomber
- 16:40Speaker 7: Nous devions déterminer l'endroit où elle se trouvait au moment
- 16:43Speaker 7: de sa chute. Elle était ici, à environ un mètre
- 16:45Speaker 7: de ma position actuelle. Ceci est basé sur les interrogatoires
- 16:48Speaker 7: et les photos.
- 16:52Speaker 2: L'emplacement déterminé par Lawrence n'était pas un endroit d'où quelqu'un
- 16:56Speaker 2: pouvait perdre pied, même s'il portait des talons hauts. La
- 17:01Speaker 2: première partie de la falaise était en pente douce. Si
- 17:05Speaker 2: Dina avait fait une chute accidentelle à cet endroit, elle
- 17:08Speaker 2: serait certainement parvenue à s'agripper et elle aurait poussé des cris.
- 17:15Speaker 2: Après la pente douce du début, la falaise descend à pic.
- 17:20Speaker 2: Lawrence tenta d'établir la vitesse et la trajectoire de la
- 17:23Speaker 2: chute de Dina.
- 17:28Speaker 7: On prend une pierre et on la lance au bas
- 17:30Speaker 7: de la
- 17:30Speaker 3: falaise.
- 17:33Speaker 7: Cela nous indique quelle sera l'accélération du corps après la
- 17:36Speaker 7: pente douce sur environ 15 ou 20 mètres en direction de la
- 17:40Speaker 3: mer
- 17:43Speaker 2: Si Dina était tombée en chute libre, elle aurait fracassé
- 17:46Speaker 2: le sol à une vitesse de 190 km à l'heure. Pourtant,
- 17:51Speaker 2: son corps était encore en une seule pièce, n'avait pas
- 17:54Speaker 2: subi de blessures importantes ou de fractures. Les découvertes de
- 17:59Speaker 2: Lawrence concordaient avec l'analyse du corps faite par Barbara Wickley-Jones.
- 18:04Speaker 2: Dina avait fait une chute lente et molle et non
- 18:07Speaker 2: pas une dégringolade à haute vitesse. La reconstitution détaillée de
- 18:12Speaker 2: Lawrence n'avait rien à voir avec le témoignage de McGuinness.
- 18:19Speaker 2: En septembre 1989, la police disposait d'indices suffisants pour procéder à
- 18:23Speaker 2: l'arrestation des McGuinness. L'aventure commencée par Steve Kinney se termina
- 18:31Speaker 2: lorsque le jury trouva Virginia McGuinness coupable de complot, de
- 18:35Speaker 2: meurtre au premier degré, de fraude et de contrefaçon. Elle
- 18:41Speaker 2: fut condamnée à la prison à perpétuité, sans possibilité de
- 18:45Speaker 2: libération conditionnelle. B. J. McGuinness, quant à lui, était mort d'une
- 18:49Speaker 2: pneumonie avant le début du procès. Malgré le fait qu'on
- 18:54Speaker 2: ne disposait pas du corps de la victime et que
- 18:57Speaker 2: la scène du crime n'ait pas été conservée, on avait
- 19:00Speaker 2: pu démontrer que Dina Harbord-Wilde avait été assassinée. Sans le
- 19:08Speaker 2: travail acharné des détectives et des analystes, ce meurtre n'aurait
- 19:13Speaker 2: pu être résolu. Et justice n'aurait jamais été rendue. Pendant
- 19:24Speaker 2: sept ans, Susan Davis fut prisonnière d'un mariage difficile avec Ralph,
- 19:29Speaker 2: un agent d'assurance sans le sou. Elle avait toujours voulu
- 19:33Speaker 2: le quitter, mais ne s'éloignait jamais vraiment de leur maison
- 19:36Speaker 2: de Columbia, dans le Missouri. Puis, un soir de juin 1985,
- 19:43Speaker 2: après une longue journée de travail, elle monta à bord
- 19:46Speaker 2: de sa Ford Escort et partit. Ses collègues ne la
- 19:49Speaker 2: revirent plus jamais. Lorsque sa mère constata qu'elle ne répondait
- 19:53Speaker 2: pas au téléphone et apprit qu'elle ne s'était pas présentée
- 19:56Speaker 2: au travail le lendemain, elle appela la police. Les agents
- 20:01Speaker 2: du service de police du comté de Boone interrogèrent les
- 20:04Speaker 2: proches de Susan et fouillèrent sa résidence, mais rien n'indiquait
- 20:08Speaker 2: qu'elle avait été enlevée. Certains amis de Susan croyaient que
- 20:15Speaker 2: son départ était sa façon de recommencer une nouvelle vie
- 20:18Speaker 2: après tant d'épreuves. Au moment de sa disparition, Susan avait
- 20:25Speaker 2: finalement décidé d'opérer de grands changements dans son existence. Elle
- 20:30Speaker 2: avait enfin quitté Ralph et envoyé leurs deux enfants, Robbie
- 20:33Speaker 2: et Angela, vivre chez ses parents dans l'Iowa. Peut-être avait-elle
- 20:38Speaker 2: décidé de commencer une nouvelle vie dans un autre état.
- 20:43Speaker 2: C'est le commissaire Larry McRae qui menait cette enquête
- 20:48Speaker 3: Ralph Davis a déclaré que Susan avait un nouveau petit
- 20:50Speaker 3: ami lorsqu'elle l'avait quitté, qu'elle était certainement partie au Texas
- 20:54Speaker 3: et qu'elle referait surface un jour ou l'autre
- 20:58Speaker 2: Susan fut portée disparue officiellement. Pendant son absence, Ralph réintégra
- 21:04Speaker 2: sa résidence et alla chercher ses enfants chez ses beaux-parents.
- 21:08Speaker 2: Il commença sa nouvelle vie de père célibataire. La famille
- 21:11Speaker 2: attendait en vain le retour de Susan. Mais McCree découvrit
- 21:17Speaker 2: bientôt que Ralph jouait le numéro de l'époux abandonné. Certains
- 21:24Speaker 2: dossiers de la police indiquaient qu'il avait été violent avec
- 21:27Speaker 2: sa femme à maintes reprises. Susan avait vécu une vie
- 21:34Speaker 2: de violence pendant toute la durée de son mariage. Puis
- 21:39Speaker 2: un soir, en 1985, elle avait atteint un point de non-retour.
- 21:46Speaker 2: Craignant pour sa vie et pour la sécurité de ses enfants,
- 21:49Speaker 2: elle avait enfin trouvé le courage de contacter la police.
- 21:52Speaker 2: Ralph fut alors arrêté
- 21:56Speaker 3: Nous avons analysé un cas où Ralph l'avait battu
- 22:00Speaker 3: On avait alors photographié Susan et pris sa déposition
- 22:05Speaker 3: Ralph n'avait plus le droit de se présenter à la maison.
- 22:09Speaker 3: Il devait se tenir loin de Susan et des enfants
- 22:14Speaker 2: Le court séjour en prison de Ralph attisa sa colère.
- 22:18Speaker 2: Il était furieux lors de sa libération conditionnelle. Peu de
- 22:22Speaker 2: temps après, Susan disparut. Le comportement violent de Ralph justifiait
- 22:29Speaker 2: peut-être que Susan ait choisi de disparaître complètement afin de
- 22:32Speaker 2: se protéger. Mais McRae n'en était pas convaincu. Pourquoi cette
- 22:38Speaker 2: mère aimante n'avait-elle pas cherché à contacter ses enfants? Pourquoi
- 22:42Speaker 2: n'avait-elle pas rassuré sa mère qui était folle d'inquiétude? Quelque
- 22:47Speaker 2: chose dans cette histoire ne tournait pas rond. McCrae était
- 22:55Speaker 2: convaincu que Ralph Davis ne lui avait pas dit toute
- 22:58Speaker 2: la vérité. Mais sans indice, la police était sans recours.
- 23:03Speaker 2: Il n'y avait pas de corps, aucune piste. Même la
- 23:06Speaker 2: voiture de Susan avait disparu. La seule option de McRae
- 23:12Speaker 2: était d'attendre en espérant qu'un jour on découvrirait un nouvel indice.
- 23:18Speaker 2: L'attente fut plus longue que prévue. Deux années s'étaient écoulées
- 23:29Speaker 2: depuis le départ de Susan Davis. Personne n'était parvenu à
- 23:35Speaker 2: découvrir ce qui lui était arrivé. L'enquête du commissaire McRae
- 23:41Speaker 2: était bloquée. Puis, un jour, un propriétaire d'espace d'entreposage enleva
- 23:49Speaker 2: le cadenas d'un local loué par un client qui ne
- 23:52Speaker 2: payait plus. À l'intérieur, il découvrit une voiture de marque
- 23:56Speaker 2: Ford Escort. La vitre du côté du conducteur avait été enfoncée.
- 24:03Speaker 2: Le client fautif s'appelait Ralph Davis. On contacta le commissaire McGray.
- 24:10Speaker 2: Une vérification de routine confirma que la voiture appartenait bien
- 24:14Speaker 2: à Davis. McGray jeta un œil à l'intérieur du véhicule
- 24:19Speaker 2: et fut saisi par ce qu'il vit
- 24:25Speaker 3: Lorsque nous nous sommes approchés de la voiture et que
- 24:27Speaker 3: nous avons regardé à l'intérieur, nous avons tout de suite
- 24:29Speaker 3: compris que quelqu'un y était mort.
- 24:33Speaker 2: Le tableau de bord, les sièges et les pare-soleil étaient
- 24:37Speaker 2: couverts de sang et de tissus humains. La moquette de
- 24:42Speaker 2: l'auto était recouverte d'éclats de verre et de cartouches de balles.
- 24:50Speaker 2: Après deux années d'attente, McGray pouvait enfin tenter de mettre
- 24:53Speaker 2: la main au collet de son suspect principal, Ralph Davis.
- 25:00Speaker 2: Davis avait une explication à la voiture accidentée. Susan lui
- 25:04Speaker 2: avait rendu visite une dernière fois avant de quitter la ville.
- 25:07Speaker 2: Elle était armée. Ralph était parvenu à la maîtriser. Il
- 25:12Speaker 2: l'avait sortie de la voiture et avait pris sa place.
- 25:15Speaker 2: Alors qu'il démarrait, Susan avait fracassé la vitre avec son
- 25:19Speaker 2: bras et y avait laissé du sang. La version de
- 25:22Speaker 2: Davis n'expliquait cependant pas pourquoi on avait découvert des fragments
- 25:26Speaker 2: de tissu humain dans la voiture. Davis fut arrêté. McCrae
- 25:33Speaker 2: savait par expérience qu'il venait d'arrêter un meurtrier violent, mais
- 25:37Speaker 2: qu'il lui faudrait le démontrer. Ce qui serait difficile deux
- 25:42Speaker 2: ans après que le meurtre se soit produit. L'équipe d'experts
- 25:49Speaker 2: légistes devait procéder en deux étapes. D'abord, il faudrait démontrer
- 25:53Speaker 2: qu'un meurtre s'était bel et bien produit dans la voiture,
- 25:56Speaker 2: puis on tenterait d'identifier la victime. Même si McRae était
- 26:02Speaker 2: convaincu qu'il s'agissait des restes de Susan Davis, il n'en
- 26:06Speaker 2: avait pas encore fait la preuve. Selon l'analyse des gouttes
- 26:12Speaker 2: de sang, la victime avait reçu un coup de feu
- 26:15Speaker 2: alors qu'elle se trouvait à l'intérieur du véhicule. Le coup
- 26:21Speaker 2: de feu avait traversé la vitre et la balle avait
- 26:23Speaker 2: atteint la victime à la tête. Sous la force de
- 26:26Speaker 2: la décharge, le corps avait été projeté du côté du
- 26:29Speaker 2: passager mais la tête avait d'abord fracassé le rétroviseur et
- 26:33Speaker 2: le pare-brise s'était fissuré. Grâce à la quantité de sang
- 26:40Speaker 2: et de tissu humain qu'il y avait dans l'auto, le
- 26:43Speaker 2: médecin légiste démontra qu'une personne y était bien morte. La
- 26:59Speaker 2: voiture fut remorquée à la fourrière de la police où
- 27:01Speaker 2: l'équipe de McRae put poursuivre son travail d'analyse. Comme on
- 27:11Speaker 2: ne savait pas encore quels éléments étaient importants, l'équipe prit
- 27:14Speaker 2: soin d'en recueillir et d'en conserver le plus grand nombre possible.
- 27:20Speaker 2: À l'aide d'outils spéciaux, les experts démantèlèrent la voiture pièce
- 27:24Speaker 2: par pièce, en prenant soin de consigner chaque fragment d'os,
- 27:29Speaker 2: de tissu et chaque tache de sang. On préleva des
- 27:37Speaker 2: balles à l'intérieur du véhicule. Ces projectiles correspondaient à des
- 27:42Speaker 2: douilles découvertes dans la résidence de Davis. On utilisait ensuite
- 27:48Speaker 2: un aspirateur équipé d'un filtre spécial pour recueillir les indices
- 27:52Speaker 2: les plus petits. Tel un gang de voleurs professionnels, l'équipe
- 27:57Speaker 2: démantela la voiture pièce par pièce, du volant jusqu'à la moquette,
- 28:00Speaker 2: puis les emballa pour les emmener au laboratoire. Quelques fragments
- 28:13Speaker 2: furent envoyés au laboratoire d'identification de restes humains de l'université
- 28:17Speaker 2: du Missouri. Parmi les fragments de métal et de verre
- 28:20Speaker 2: se trouvaient d'autres fragments qui n'avaient pu être identifiés. ils
- 28:24Speaker 2: furent remis à l'anthropologue Sam Stout. S'il y avait des
- 28:29Speaker 2: os humains parmi eux, Stout parviendrait peut-être à en tirer
- 28:32Speaker 2: des informations.
- 28:39Speaker 7: Ma tâche en tant qu'anthropologue était importante dans cette enquête
- 28:44Speaker 7: On demande souvent aux anthropologues d'analyser des
- 28:46Speaker 8: os.
- 28:51Speaker 7: Nous sommes les spécialistes les plus familiers avec les ossements.
- 28:54Speaker 7: Qu'il s'agisse de fossiles de 2 millions d'années ou d'eau provenant
- 28:57Speaker 7: d'un cimetière moderne
- 0:00Speaker 2: 33 fragments dont la longueur ne dépassait pas un centimètre
- 29:08Speaker 2: furent placés dans de petits contenants spéciaux
- 29:12Speaker 2: Ils étaient si petits qu'il était pratiquement impossible de déterminer
- 29:16Speaker 2: à l'œil nu s'il s'agissait d'os. Afin de s'en assurer,
- 29:21Speaker 2: Stout devait les examiner au microscope. L'analyse des coupes transversales
- 29:29Speaker 2: révéla à Stout qu'il s'agissait bien d'os humain. Les fragments
- 29:34Speaker 2: provenaient d'un crâne. Les quelques débris découverts dans la voiture
- 29:40Speaker 2: de Susan Davis étaient donc des fragments d'os et ils
- 29:44Speaker 2: provenaient d'un visage humain. Stout devait maintenant tenter de découvrir
- 29:51Speaker 2: des particularités qui permettraient de déterminer si les ossements étaient
- 29:54Speaker 2: ceux de Susan Davis. Il remarqua d'abord qu'il y avait
- 29:59Speaker 2: des petites taches sur les fragments d'os. Il les envoyait
- 30:02Speaker 2: au département de géologie de l'université du Missouri. L'analyse au
- 30:06Speaker 2: microscope électronique révéla qu'il y avait des traces de plomb
- 30:09Speaker 2: sur les os. Il y avait aussi de l'antimoine, ce
- 30:16Speaker 2: qui indiquait qu'il y avait eu de la poudre explosive.
- 30:19Speaker 2: La victime avait été tuée par balles. L'examen des fragments
- 30:23Speaker 2: permettait enfin de conclure à un meurtre. Mais comment Stout
- 30:28Speaker 2: parviendrait-il à prouver qu'il s'agissait des os de Susan Davis?
- 30:34Speaker 2: Il remarqua alors un détail étrange. Sous l'étage de plomb,
- 30:38Speaker 2: l'os était un peu décoloré. Cela indiquait que la victime
- 30:42Speaker 2: avait déjà consommé de la tétracycline.
- 30:46Speaker 7: Nous avons observé la fluorescence caractéristique de la tétracycline. Lorsque
- 30:50Speaker 7: j'ai vu ça, j'ai suggéré qu'on examine le dossier médical
- 30:53Speaker 7: de Susan Davis afin de voir si on lui en
- 30:55Speaker 7: avait déjà prescrit.
- 30:58Speaker 2: La victime avait pris l'antibiotique pendant au moins trois mois
- 31:02Speaker 2: avant son décès. De son côté, McCrae avait découvert, lors
- 31:10Speaker 2: de la fouille de la résidence de Susan Davis, qu'elle
- 31:12Speaker 2: avait de la tétracycline chez elle. Stout était parvenu à
- 31:19Speaker 2: démontrer que les fragments d'os de la voiture provenaient du
- 31:22Speaker 2: visage d'une personne qui avait consommé de la tétracycline. Mais
- 31:27Speaker 2: McCrae voulait une preuve irréfutable qu'il s'agissait bien de Susan Davis.
- 31:32Speaker 2: Sans cette preuve, Ralph Davis avait toujours des chances d'être
- 31:35Speaker 2: remis en liberté. Quelques taches de sang permettraient-elles de déterminer
- 31:43Speaker 2: l'identité d'une victime deux ans après son meurtre? Il était
- 31:47Speaker 2: du ressort de l'experte en sérologie Laurie Maloney de le découvrir.
- 31:53Speaker 2: La moquette? Les pare-soleil et le tissu qui recouvraient les
- 31:57Speaker 2: sièges lui furent envoyés au laboratoire du service de police
- 32:00Speaker 2: de l'état du Missouri. Si Laurie Maloney parvenait à prouver
- 32:06Speaker 2: que le sang était bien celui de Susan Davis, Ralph
- 32:10Speaker 2: n'aurait pratiquement aucune chance d'échapper à une poursuite judiciaire. La
- 32:17Speaker 2: première tâche de Maloney consistait à prélever des échantillons à
- 32:20Speaker 2: l'aide de languettes de coton pour s'assurer qu'il s'agissait bien
- 32:24Speaker 2: de sang. Quand il y a du sang, l'échantillon devient vert.
- 32:35Speaker 2: Il faudrait ensuite vérifier que le sang était humain. Elle
- 32:41Speaker 2: ajouta un anticorps à l'échantillon. Lorsque le sang humain et
- 32:45Speaker 2: l'anticorps entrent en contact, il y a une réaction et
- 32:48Speaker 2: il se crée une très fine ligne blanche. Les résultats
- 33:00Speaker 2: de Laurie Maloney correspondaient à l'hypothèse de meurtre de McCray
- 33:08Speaker 6: J'ai découvert du sang humain sur la moquette et sur
- 33:11Speaker 6: les boucles de ceinture de sécurité. J'ai également découvert des
- 33:15Speaker 6: protéines humaines sur
- 33:17Speaker 9: les pare-soleils
- 33:21Speaker 2: Mais comment parviendrait-elle à prouver que ces fragments provenaient de
- 33:24Speaker 2: Susan Davis? Il aurait fallu qu'elle dispose d'échantillons de son
- 33:28Speaker 2: sang ou de tissus humains pour faire la comparaison. On
- 33:34Speaker 2: peut prouver la paternité d'un homme en comparant son ADN
- 33:38Speaker 2: à celui de la mère et de l'enfant. L'application de
- 33:45Speaker 2: cette procédure permettrait peut-être à Maloney de retrouver le code
- 33:49Speaker 2: génétique de Susan Davis à partir de celui de ses enfants.
- 33:55Speaker 2: L'ADN de chaque enfant est constitué de la moitié du
- 33:58Speaker 2: code de sa mère et de la moitié de celui
- 34:01Speaker 2: de son père. En éliminant les parties communes à l'enfant
- 34:05Speaker 2: et au père, elle obtiendrait le code génétique de la
- 34:08Speaker 2: mère
- 34:11Speaker 6: Le code obtenu pourrait ensuite être comparé à celui de
- 34:13Speaker 6: la scène du crime. Si le code génétique est le même,
- 34:16Speaker 6: cela prouverait que le sang était bien celui de Susan Davis.
- 34:22Speaker 2: On effectuait l'analyse en notant à l'ADN des enfants celui
- 34:25Speaker 2: de Ralph Davis. Le code obtenu fut comparé à celui
- 34:31Speaker 2: des échantillons découverts sur la moquette de la Ford Escort.
- 34:36Speaker 2: Ils étaient identiques. Susan Davis avait été tuée dans sa voiture.
- 34:45Speaker 2: Elle avait laissé l'empreinte qui permettrait de résoudre son meurtre
- 34:50Speaker 2: deux ans plus tard.
- 34:54Speaker 3: Je crois que Susan Davis avait décidé de quitter la
- 34:56Speaker 3: région et de trouver un refuge sécuritaire parce que Ralph
- 35:00Speaker 3: la harassait et la
- 35:01Speaker 5: pourchassait.
- 35:05Speaker 3: Elle était probablement en train de mettre ses choses dans
- 35:08Speaker 3: la voiture devant chez elle lorsque Ralph est arrivé par derrière.
- 35:12Speaker 3: Elle l'a vue, est montée à bord de sa voiture,
- 35:14Speaker 3: a fait marche arrière et Ralph l'a rejointe et lui
- 35:17Speaker 3: a tiré un coup de feu à travers la vitre
- 35:19Speaker 3: du côté du conducteur.
- 35:24Speaker 2: Grâce à un savant travail d'analyse et à une reconstitution
- 35:27Speaker 2: minutieuse de la scène du crime, le procureur parvint à
- 35:30Speaker 2: convaincre le jury que Ralph Davis avait tué sa femme
- 35:34Speaker 2: alors qu'elle se trouvait dans sa voiture. C'était la première
- 35:39Speaker 2: fois dans l'histoire de l'état du Missouri qu'un homme était
- 35:41Speaker 2: condamné à la peine de mort sans que le corps
- 35:43Speaker 2: de la victime ait été retrouvé. On ignore encore aujourd'hui
- 35:46Speaker 2: où il se trouve. Dans le cas de Susan Davis,
- 35:52Speaker 2: les enquêteurs avaient dû résoudre un meurtre vieux de deux
- 35:55Speaker 2: ans en l'absence du corps de la victime. Au Canada,
- 36:03Speaker 2: des spécialistes étaient confrontés à un autre défi de taille.
- 36:07Speaker 2: Ils devaient déterminer comment une femme était morte 3000 ans plus tôt.
- 36:11Speaker 2: Ils disposaient du corps, mais ne pouvaient y toucher sous
- 36:14Speaker 2: peine de le détruire. Au musée royal de l'Ontario, à Toronto,
- 36:22Speaker 2: une momie du nom de Jedha Messank semble observer en
- 36:26Speaker 2: silence les visiteurs depuis des dizaines d'années. Elle cache les
- 36:30Speaker 2: secrets de sa vie sous des bandes de tissu dans
- 36:33Speaker 2: son sarcophage. Les visiteurs du musée, les scientifiques, sont fascinés
- 36:37Speaker 2: par sa beauté mystérieuse et intrigués par son passé. Comment
- 36:41Speaker 2: a-t-elle vécu et comment est-elle morte? Les magnifiques dessins racontent
- 36:48Speaker 2: seulement quelques détails de sa vie il y a près
- 36:51Speaker 2: de 3000 ans. Jedha Messink, une musicienne du temple de Amon Re,
- 36:58Speaker 2: avait une vie prospère sur la rive occidentale du Nil
- 37:09Speaker 2: Les Égyptiens croyaient à la vie après la mort, Mais
- 37:13Speaker 2: certains rites devaient absolument être observés afin que la vie
- 37:16Speaker 2: se poursuive dans l'au-delà. Le voyage au pays des dieux
- 37:21Speaker 2: était difficile et dangereux. L'âme ne survivrait au périple que
- 37:28Speaker 2: si le corps était fort. Les Égyptiens avaient donc développé
- 37:33Speaker 2: une technique d'embaumement qui permettrait au corps de se conserver,
- 37:36Speaker 2: la momification. Ce rituel combinait science et religion C'était un
- 37:45Speaker 2: procédé très strict qui prenait environ dix semaines. Après le décès,
- 37:52Speaker 2: le corps était lavé et huilé. On pratiquait une seule
- 37:56Speaker 2: entaille dans l'abdomen pour enlever les organes qui étaient ensuite
- 38:00Speaker 2: conservés dans une jarre. Puis on versait du natron sur
- 38:05Speaker 2: le corps, un agent asséchant composé de sel et de sable.
- 38:11Speaker 2: La chaleur aride de l'Égypte aurait pour effet de dessécher
- 38:15Speaker 2: complètement le corps en l'espace de 40 jours. On enduisait la
- 38:22Speaker 2: peau d'huile et de résine afin de lui conserver toute
- 38:26Speaker 2: sa souplesse. On insérait des bandes de tissu dans les
- 38:29Speaker 2: cavités afin que le corps conserve sa forme. Le cadavre
- 38:34Speaker 2: était ensuite maquillé et orné de bijoux funéraires. Venait enfin
- 38:39Speaker 2: la tâche difficile d'envelopper le corps. Plusieurs chercheurs, comme le
- 38:46Speaker 2: pédiatre Peter Lewin, ont éprouvé l'envie irrésistible d'ouvrir ces momies
- 38:52Speaker 2: pour en savoir davantage sur ce peuple de l'Antiquité
- 38:57Speaker 9: Autrefois, on brisait les sarcophages, on arrachait les bandelettes, on
- 39:02Speaker 9: déchirait les tissus pour examiner la matière génétique, la composition
- 39:06Speaker 9: chimique et les maladies de l'individu.
- 39:10Speaker 3: mais
- 39:11Speaker 9: nous détruisit en même temps les momies qui ont pourtant
- 39:13Speaker 9: une valeur inestimable pour
- 39:15Speaker 5: l'humanité
- 39:20Speaker 2: Lowin a grandi en Égypte et a toujours été fasciné
- 39:23Speaker 2: par les momies. Aujourd'hui, en plus de travailler à l'hôpital
- 39:31Speaker 2: pédiatrique de Toronto, c'est une sommité en matière de paléopathologie.
- 39:38Speaker 7: La
- 39:38Speaker 9: paléopathologie... est en fait l'étude des maladies des hommes de
- 39:41Speaker 7: l'Antiquité. Nous
- 39:47Speaker 9: examinons les corps eux-mêmes, et nous pouvons également le faire
- 39:50Speaker 9: par le biais des nouvelles technologies de radiologie
- 39:54Speaker 2: Comment le Dr. Lewin pouvait-il arriver à connaître la vie
- 39:57Speaker 2: de Jed Amesink et les circonstances de son décès sans
- 40:01Speaker 2: profaner son corps? Le dilemme de Lewin allait se résoudre
- 40:09Speaker 2: grâce à une technologie qui s'appelle la tomographie. Il s'agit
- 40:13Speaker 2: en fait d'un genre de scanner. L'appareil reproduit des coupes
- 40:17Speaker 2: transversales du corps sans l'abîmer. Lorsque ces coupes sont additionnées
- 40:21Speaker 2: les unes aux autres, on obtient une image tridimensionnelle du sujet.
- 40:27Speaker 2: Le docteur Lewin était assisté par la technicienne Stefanie Olovka.
- 40:32Speaker 2: Lohin a été l'un des premiers spécialistes à utiliser cette
- 40:35Speaker 2: technique pour l'étude des momies. Il a d'ailleurs déjà fait
- 40:38Speaker 2: un scanner de GDR-5 en 1978, mais la technologie à cette
- 40:43Speaker 2: époque n'était pas encore au point et il était difficile
- 40:46Speaker 2: de distinguer le corps du tissu qui l'entourait. Vingt ans
- 40:51Speaker 2: plus tard, il était prêt à recommencer. Stéphanie Olovka n'avait
- 40:56Speaker 2: pas à se soucier du niveau de radiation, étant donné
- 40:59Speaker 2: que son sujet était déjà mort. Cette liberté de manœuvre
- 41:03Speaker 2: lui permettait de prendre plusieurs photos à différentes épaisseurs. Elle
- 41:07Speaker 2: fit un scan du corps en tranches de 5 mm et
- 41:10Speaker 2: régla ensuite l'appareil à 3 mm pour la tête et le cou.
- 41:14Speaker 2: Elle fit des radiographies encore plus minces des oreilles et
- 41:18Speaker 2: des yeux. Elle prit en tout 300 photos en 4 heures de travail.
- 41:28Speaker 2: Cela donnait un aperçu du corps de Jedame V, mais
- 41:32Speaker 2: il faudrait assembler toutes ces photos pour avoir un portrait
- 41:35Speaker 2: tridimensionnel de cette femme de l'Antiquité. Maintenant que la séance
- 41:43Speaker 2: de photos était terminée, la momie pouvait dévoiler ses secrets.
- 41:49Speaker 2: Un ordinateur compila toutes les photos en trois dimensions. Malheureusement,
- 41:53Speaker 2: la définition de l'image était mauvaise. Chez les sujets vivants,
- 41:57Speaker 2: Les os sont denses et apparaissent en blanc. La graisse,
- 42:00Speaker 2: la chair et la peau sont en gris et le
- 42:02Speaker 2: liquide est en noir. Mais chez Jedermessank, les os avaient
- 42:08Speaker 2: perdu tous leurs minéraux et avaient ramolli et les tissus
- 42:11Speaker 2: avaient durci. L'image qui aurait été contrastée chez un patient
- 42:16Speaker 2: vivant était tout en nuances de gris. Les contrastes étaient
- 42:22Speaker 2: si faibles que Stefani Olovka devrait retoucher les images une
- 42:26Speaker 2: par une. L'image du crâne d'un patient en vie prend
- 42:30Speaker 2: environ dix minutes à être reproduite. Il lui en fallut
- 42:34Speaker 2: trois heures pour reproduire le crâne de Jeddame 5 et des
- 42:37Speaker 2: milliers d'heures pour faire le reste du corps. Après avoir
- 42:42Speaker 2: terminé son travail, Stefanie Olovka put commencer à enlever les
- 42:45Speaker 2: couches par ordinateur. Une fois les bandelettes du dessus ôtées,
- 42:51Speaker 2: elle atteignit l'enveloppe de tissu qui entourait la tête. Il
- 42:54Speaker 2: y avait des cercles gris autour des orbites. les Égyptiens
- 42:57Speaker 2: inséraient des plaques sous les paupières pour empêcher que les
- 43:00Speaker 2: yeux ne s'enfoncent. Le cerveau de Djedame 5 avait été enlevé
- 43:05Speaker 2: et son crâne rempli de tissus. C'était conforme au rituel d'embaumement.
- 43:12Speaker 2: L'image de la jeune femme apparaissait enfin. Le développement de
- 43:19Speaker 2: ses os indiquait qu'elle était âgée de 30 à 35 ans lors
- 43:23Speaker 2: de son décès.
- 43:27Speaker 6: La première chose à laquelle j'ai pensé en voyant son
- 43:29Speaker 6: crâne et après avoir reproduit plusieurs crânes en trois dimensions,
- 43:32Speaker 6: c'est qu'elle avait dû être jolie. Elle avait les pommettes
- 43:35Speaker 6: saillantes et un menton bien
- 43:36Speaker 8: défini
- 43:41Speaker 2: Grâce à la technologie utilisée, Stefanie Olovka avait pu produire
- 43:45Speaker 2: une image du corps de la femme sans détruire la momie. Maintenant,
- 43:49Speaker 2: c'était au tour de Louine de découvrir les causes de
- 43:51Speaker 2: sa mort. Il analysa l'image tridimensionnelle du crâne de Jeddame 5
- 43:58Speaker 2: et remarqua une forme noire étrange sur le côté gauche
- 44:01Speaker 2: de la mâchoire. C'était un abcès énorme. Bien que ce
- 44:07Speaker 2: fût difficile à croire, elle semblait avoir succombé des suites
- 44:11Speaker 2: de cette infection. Les Égyptiens de l'Antiquité étaient sujets aux
- 44:17Speaker 2: maladies dentaires à cause de leur passion pour le sucre.
- 44:24Speaker 2: Dans le cas de Jedame 5, il n'y avait plus d'émail
- 44:27Speaker 2: sur 24 de ses 28 dents. La pulpe des dents et même
- 44:32Speaker 2: leurs racines étaient exposées, ce qui provoquait des douleurs et
- 44:36Speaker 2: favorisait l'infection. Un des canaux des dents s'était infecté et
- 44:44Speaker 2: cette infection s'est propagée jusqu'à l'os. Cela avait eu pour
- 44:48Speaker 2: effet de causer de nouveaux abcès. Le kyste rempli de
- 44:52Speaker 2: pus avait éclaté et l'infection s'était propagée dans son corps
- 44:56Speaker 2: et lui avait empoisonné le sang. Elle avait sans doute
- 44:59Speaker 2: beaucoup souffert avant de mourir.
- 45:03Speaker 5: Elle
- 45:04Speaker 9: a probablement eu une mort
- 45:06Speaker 5: atroce, sans
- 45:09Speaker 9: doute à cause d'une infection généralisée, dont l'origine était un
- 45:12Speaker 9: abcès dans sa mâchoire supérieure gauche.
- 45:22Speaker 2: La belle musicienne de Thèbes avait souffert pendant les derniers
- 45:26Speaker 2: jours de sa vie. Grâce au travail de pionnier de
- 45:30Speaker 2: l'équipe du Dr Lewin, elle avait finalement révélé ses secrets
- 45:34Speaker 2: sans être profanée. Elle pouvait maintenant reposer en
- 45:38Speaker 5: paix.
- 45:45Speaker 9: Ce type de radiographie nous a permis d'innover. En utilisant
- 45:51Speaker 9: cette nouvelle technologie, nous avons cessé de détruire les momies.
- 45:57Speaker 9: Nous obtenons quantité d'informations sur les maladies des hommes de
- 46:00Speaker 9: l'Antiquité
- 46:07Speaker 2: L'embaumement méticuleux de Jedames V avait permis de conserver son
- 46:12Speaker 2: corps et la science avait pu nous livrer ses secrets
- 46:15Speaker 2: malgré les millénaires. Les détectives qui scrutent le passé doivent
- 46:23Speaker 2: se battre contre les ravages du temps. Aujourd'hui, la science
- 46:28Speaker 2: est devenue leur alliée. Grâce à une technologie de pointe,
- 46:35Speaker 2: les experts légistes livrent une bataille sans merci au temps
- 46:40Speaker 2: et permettent aux morts de nous parler.