Latest / Les invités de Radio des Ballons / L'association "Oiseaux nature", travaille avec les écoles
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- Vincent Etienne de l'association Oiseaux-Nature, tu es, il me semble, animateur pédagogique pour pratiquer dans les écoles, pour animer des animations dans les écoles. Et là, nous sommes à l'école de Sceaux, à quelle occasion ? Alors, à l'école de Sceaux, ça fait plusieurs années que j'interviens parce que la mairie a mis à disposition une aire terrestre éducative, donc c'est une forêt communale pour les élèves. Et les élèves se sont appropriés ce territoire, et donc ils veulent travailler sur la biodiversité, donc j'interviens à ce titre dans l'école. Rappelons que Sceaux, c'est sur le territoire de Rue-sur-Moselle. Donc, cette année, l'action porte sur quoi ? Alors, cette année, les élèves avaient choisi de faire plusieurs choses pour améliorer la biodiversité dans la forêt. Ils ont voulu planter d'autres arbres qui n'étaient pas présents. Donc, au mois de novembre, avec un adhérent de Oiseaux-Nature de la commune, Nicolas Tramzal, nous avons planté quelques essences d'arbres, alors 12 arbres exactement, que les élèves ont plantés dans la forêt pour augmenter la biodiversité. Donc, ça, c'était leur premier projet. Le deuxième projet, ils voulaient aussi favoriser la faune des espèces en fabriquant des abris. C'était leur objectif, fabriquer des abris pour faire venir d'autres animaux. Et donc, là, je suis intervenu mardi dernier et on a fabriqué six. Il y a six animaux qui ont été choisis, six animaux. Le frelon européen, on a fabriqué un nichoir pour frelon européen, qui, contrairement à ce qu'on pourrait croire, est un insecte assez placide et puis qui n'est pas plus dangereux qu'une guêpe ou qu'une abeille. Et surtout aussi, il est en concurrence avec le frelon asiatique qui envahit notre région. Et donc, c'est bien de le favoriser. Le deuxième espèce, c'est un oiseau. C'est la chouette hulotte, une chouette qu'on entend le soir, en ce moment, chanter parce qu'elle va bientôt se reproduire. Ensuite, on a fabriqué quatre abris pour des mammifères. Alors, un abri pour hérissons. Ils voulaient qu'il y ait un hérisson dans la forêt, et ensuite, on a fabriqué aussi des abris pour des animaux qui ne sont pas trop connus. Le putois, par exemple, qui est un mustélidae, donc à peu près la taille d'une fuine, qui mange beaucoup de rongeurs et qui mange aussi des batraciens. Et donc, juste à côté de l'ATE, il y a un étang, donc il est certainement présent à cet endroit-là. Les élèves ont également assemblé un nichoir, un abri pour l'hermine. L'hermine est connue en hiver. Elle est blanche avec le bout de sa queue noire, et en été, elle est brune, toujours avec le bout de sa queue noire. Et également, c'est un grand, grand prédateur de rongeurs. Et comme c'est un animal qui est assez petit, l'hermine peut rentrer dans les terriers et puis manger les rongeurs. Donc, c'est un allié de l'agriculture, par exemple. Et puis, le dernier, en fait, c'est un tout petit abri pour la belette. Alors, c'est le plus petit carnivore d'Europe. C'est tout petit, ça fait 20 centimètres de long, 2 centimètres et demi de diamètre. Et c'est pareil, c'est un grand, grand prédateur de petits rongeurs. Donc, tous ces petits animaux-là, en même temps, ils ont un rôle très important de régulation des populations de rongeurs. Et notamment, ils sont très, très, très intéressants au niveau de l'agriculture et dans les jardins aussi, pour éviter de pollulation de campagnols, de mulots, etc. Donc là, ces abris vont être régulièrement visités par les Aleppes ? Alors là, ce que je vais expliquer, c'est que là, ils vont être installés dans les jours ci. On en a mis deux aujourd'hui, mais les autres vont être installés la semaine prochaine. Et on va les laisser tranquilles un petit peu, histoire que les animaux puissent s'installer. Et puis, on essaiera peut-être d'installer des pièges photos pour voir ce qui se passe à distance, sans les déranger. Parce que là, il faut déjà un petit temps que les abris qu'on a fabriqués, on les a touchés. Donc, il y a notre odeur et les animaux sont sensibles à notre odeur. Donc, il faut que notre odeur parte et puis qu'ils se l'approprient. Et donc, ça, c'est un suivi qui va se faire sur plusieurs années, puisque ça fait déjà deux ans que l'école participe dans ce projet, dans cette forêt. Et donc, les élèves, régulièrement, iront prendre des nouvelles un petit peu de ce territoire et voir s'ils ont été occupés ou pas. Là, c'est pour la faune, mais il y a aussi eu une occasion, justement, comme tu disais, avec la flore, avec l'implantation de petits arbres. Et là, je crois que vous venez de poser les panneaux indicatifs des arbres, en présence d'ailleurs de Stéphane Trebzal, le maire de Rue, et de l'enseignant de l'école de Sceaux, Clotilde Etienne. Comment ça s'est passé ? Alors là, la maîtresse avait travaillé avec les élèves sur le choix des arbres. Et en classe, chaque élève par groupe de deux avait écrit un panneau. Donc, ils avaient fait un dessin d'une partie de l'arbre, de la feuille de l'arbre. Alors, il y avait le nom en français et le nom en latin. Et puis, ils ont écrit le morceau d'un poème qui leur fait penser à la forêt. Et puis, ils ont signé ce petit panneau-là. Ensuite, la maîtresse a envoyé ces panneaux à l'écolab du lycée André-Malraux. Et là-bas... De Remiremont. De Remiremont, voilà. Et donc, là, c'est Cyril Richard qui est le responsable, qui a fait graver au laser. Donc, c'est une reproduction fidèle de l'écriture des enfants sur du bois. Donc, c'est gravé sur des panneaux en douglas, qui ont été vissés aujourd'hui, installés aujourd'hui en présence des élèves, en présence de M. le maire de Rue-sur-Moselle. Et donc, c'est un mini-arborétum de 12 arbres qui a été inauguré cet après-midi. Alors, la plantation, c'était en novembre. Il n'y a pas eu d'incidence avec la neige, le gel, tout ? Parce que c'est quand même petit, ces arbres. Là, j'ai fait le tour. Pour l'instant, tout va bien. Alors, dans les semaines qui viennent, au mois de février, fin février, début mars, ça va se réchauffer. On va voir si les bourgeons sortent et que là, on va pouvoir constater s'il y a des plants qui ont souffert ou pas du froid. Mais dans mon souvenir, en fait, on avait donc planté ça la Sainte-Catherine. C'était le 24 novembre ou le 25, je ne sais plus. Et donc, juste après, il y avait eu beaucoup de pluie et de neige. Donc, ça avait bien arrosé. C'était surtout ça le risque. Mais là, je crois que c'est bien parti. Après, si des plants meurent, on les remplacera. Donc, une affaire à suivre. Voilà, une affaire à suivre et qui est suivie par les élèves, parce qu'ils sont vraiment très, très impliqués. C'est ça qui est très important. Nous, dans notre association, on intervient dans les écoles, on intervient au niveau du public pour sensibiliser, informer et surtout pour agir. Là, les enfants sont en train d'agir pour la biodiversité. C'est eux qui ont eu les idées, c'est eux qui ont fait, c'est eux qui ont planté, c'est eux qui ont assemblé les abris pour les animaux. Donc, c'est vraiment eux qui agissent là pour le bien de la biodiversité. Et donc, ça, c'est très, très important pour les générations futures, pour le moins. En plus, aujourd'hui, par exemple, on avait invité les parents. Donc, les parents ont aussi vu ce travail qui est fait. Donc, il y a une transmission de l'information et de sensibilisation et surtout de l'action. Et Oiseaux Nature prévoit d'autres actions sur le territoire de la communauté commune du Ballon des Hauts-de-Vosges ? Oui, alors, par exemple, là, à Rue-sur-Moselle, toujours la commune de Rue-sur-Moselle, nous avons été contactés parce qu'il y a des nids d'hirondelles, par exemple, sur l'ancienne gare, en face du Mazin-Gambert. Il y a 27 nids d'hirondelles. Et puis, il y a quelques déjections sur le sol qui peuvent importuner. Il y a le fisiotourisme qui est là. Donc, il y a aussi une colonie qui avait essayé de s'installer sur l'école de Sceaux aussi. Donc, les élèves avaient fabriqué, par exemple, l'année dernière, des nids en plâtre pour aider les oiseaux. Alors, c'est vrai qu'il faut concilier, aider les hirondelles, par exemple, et en même temps, qu'il n'y ait pas trop de salissures sur les façades des bâtiments communaux. On est tout à fait conscient. Donc, nous, notre association, c'est aussi une des missions qu'on a, c'est de faire cohabiter l'homme et la nature. On a un petit peu perdu la connaissance des espèces et puis leur mode de vie. Et on a notre mode de vie à nous, mais on peut trouver des solutions. Par exemple, aussi, une autre action au niveau départemental, on est en train de travailler justement sur les petits prédateurs comme le renard, la fuine, la martre, l'hermine, etc., qui sont piégés une grande partie de l'année. Mais maintenant, aujourd'hui, on sait, avec des études scientifiques, qu'ils ont un rôle très, très important, ces animaux-là, mais ils continuent à être pourchassés, à être détruits. Mais il existe des solutions. Souvent, c'est vrai que les renards ou les fuines font des tours dans les poulaillers qui sont mal fermés. Donc, c'est sûr que ça ne fait pas plaisir d'arriver le matin et de voir tous les animaux qui sont morts. Mais bon, le renard est là, la fuine est là, c'est des animaux qui font partie de notre environnement. Et il y a des solutions qui existent. Il y a des gens, nous, on a des adhérents, même des messieurs tout le monde, qui nous disent « Non, moi, j'ai un poulailler, ça fait 30 ans, je n'ai jamais eu de problème parce que moi, j'ai un grillage, c'est électrifié, je ferme la porte. » En fait, souvent, ce sont des installations qui ne sont pas adaptées, justement, par rapport à un prédateur naturel. Et donc, forcément, c'est plus facile pour un renard d'entrer dans un poulailler plutôt que de courir après des animaux sauvages dans la nature.