Latest / Les invités de Radio des Ballons / Point presse du Préfet des Vosges - 15 octobre 2026
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- A l'occasion d'un point presse avec le préfet des Vosges Blaise Gourtet, la question a été posée sur la situation au niveau des ressources en eau dans les Vosges. Alors nous sommes toujours en situation de crise, la situation reste préoccupante. Les différents indicateurs dont on dispose, le débit de cours d'eau, l'indice de sécheresse des sols, le niveau des nappes phréatiques sont encore à un seuil extrêmement bas, 13 ans de ça du seuil qui nous a conduit le 16 juillet dernier à déclencher la phase de crise. Certes il y a eu un petit peu de précipitation ces derniers jours, ces dernières semaines, mais de manière beaucoup trop limitée pour que ça puisse réellement inverser la tendance. Donc concrètement sur le terrain on se retrouve, alors la priorité absolue c'est évidemment l'alimentation en eau des populations, on se retrouve avec pas mal d'unités de distribution dans le département en situation de crise, c'est-à-dire que concrètement l'eau ne coule plus normalement aux robinets, soit il n'y a plus assez de pression, soit il n'y en a plus du tout. Et donc ça conduit dans ces unités de distribution, il y en a 22 dans le département, à mettre en place des dispositifs alternatifs de ce qu'on appelle du citernage, c'est-à-dire du remplissage des châteaux d'eau et des réseaux par camion citerne, des coupures temporaires dans la journée ou des roulements de distribution entre les populations, pour tenir cette période qui est un peu compliquée pour tout le monde et qui appelle chacun à la responsabilité. Même si on est dans une zone où on n'a pas de problème, l'eau coule normalement aux robinets, pour le temps on doit s'astreindre à mesurer nos consommations, à consommer de manière raisonnée, raisonnable, pour ne pas que la crise s'aggrave. Et quels sont les secteurs touchés dans le département ? Alors c'est un petit peu partout dans le département, trois concentrations principales dans la communauté de communes des Hautes Vosges, autour de Saint-Dié, vallée du Rabaudeau, et puis dans l'ouest du département, autour de l'Iffol-le-Grand, ce sont les trois zones les principalement atteintes pour l'instant. Et sur le secteur de l'Iffol-le-Grand, il y a une mesure d'urgence qui a dû être mise en place ? Oui, avec le soutien des services de l'Etat, et notamment de l'Agence régionale de santé, les responsables de la distribution d'eau du syndicat de la Vanoise autour de l'Iffol-le-Grand ont mis en service il y a quelques jours un nouveau captage, qui permet de capter de nouvelles ressources, et donc non pas de revenir à une situation normale, mais en tout cas de pallier les plus grandes difficultés pour les jours et les semaines qui viennent. Au niveau de la mobilisation lycéenne, les Vosges sont moins touchés que d'autres départements en France ? Oui, alors la mobilisation lycéenne existe et manifeste dans les Vosges comme partout ailleurs, d'abord on est moins nombreux, donc moins de lycéens mobilisés, et puis des lycéens peut-être plus raisonnables, même s'il y a eu quelques exactions, et on est très attaché à faire en sorte d'abord de protéger les manifestants, et puis d'éviter les dégradations, les exactions qui pourraient pénaliser l'ensemble de la population. Et quelles sont ces exactions ? Des poubelles brûlées, la clôture d'un lycée dégradé, voire carrément démonté, c'est tout ça qu'on essaye d'éviter au maximum. Parallèlement à ça, la colère, les revendications des lycéens sont évidemment prises en compte, d'abord au sein des établissements, des réunions de concertation ont lieu pour recueillir la parole des lycéens, et puis essayer ensemble de trouver des solutions pour répondre à ces revendications dont certaines sont parfaitement légitimes, au niveau départemental, de la direction académique des services de l'éducation nationale, et au niveau du rectorat, et même au niveau national, puisque la consultation lancée par le ministre de l'éducation nationale via internet a recueilli jusqu'ici plus de 70 000 contributions, tout ça est analysé pour apporter au fur et à mesure des réponses. Y a-t-il de nouveaux échanges qui sont prévus avec les lycéens, les syndicats ? Le contact est quotidien, le directeur académique départemental de l'éducation nationale, les proviseurs du lycée, les chefs d'établissement dialoguent au quotidien, reçoit vos quotidiens les lycéens pour poursuivre ce dialogue et trouver des solutions à toutes les difficultés qui se présentent. A propos de l'agriculture, le département a été plutôt bien doté au niveau financier, est-ce qu'on peut savoir pourquoi ? Le plan CASI annoncé par la ministre de l'agriculture à la fin du mois d'août dernier, renforcé par de nouvelles mesures annoncées la semaine dernière à l'occasion du sommet de l'élevage à Cournon-Dauvergne, est en cours de déploiement dans le département comme partout ailleurs, avec des mesures d'abord de compensation des pertes de récolte, l'indemnité de solidarité nationale avec le système assurantiel est déployé, les calamités agricoles sont également mises en place pour quelques cultures dans le département, et puis le fonds de réarmement, un peu plus d'un million cinq d'euros disponibles à l'échelle départementale. Déployés sont une méthode qui est le résultat d'un dialogue conduit avec la profession agricole, chambre d'agriculture, syndicats, banquiers, MSA, etc. Donc c'est déployé, deux grandes familles, les maraîchers, les arboriculteurs, les petits fruits, etc. D'une part avec pour chacun un forfait de 2000 euros, et puis les agriculteurs les plus récemment installés, installés depuis moins de cinq ans, qui auront également un forfait qui devrait se situer entre 4500 et 5500 euros. Les exploitants agricoles concernés avaient jusqu'à lundi dernier, jusqu'au 12 octobre, pour déposer leurs demandes. Un peu plus de 360 demandes ont été recensées dans le département, elles sont en cours d'analyse, les premiers versements devraient intervenir dès la semaine prochaine. Et qu'est-ce que le fonds de réarmement ? C'est donc au plan national 235 millions d'euros mis à la disposition des départements par le ministère de l'agriculture pour apporter aux agriculteurs les plus touchés par les canicules et la sécheresse de cet été, de faire face d'abord à leurs besoins d'investissement pour préparer la saison suivante, pour acheter des semences, des engrais, etc. Et puis pour compenser des pertes de trésorerie qui pour certains sont assez importantes, notamment les Vosges sont un grand département d'élevage, les éleveurs qui n'ont pu récolter cet été du fourrage en quantité suffisante pour nourrir leurs bêtes sont amenés à en acheter et ont besoin de ce soutien en trésorerie pour pouvoir procéder à ces achats. Il y a eu récemment une réunion à propos du Grand Tetra. Qu'est-il ressorti de cette réunion avec les différents acteurs ? Cette réunion a permis de faire un point sur les trois premières années du programme de translocation. Un certain nombre de Grand Tetra norvégiens ont été réintroduits dans le massif des Vosges. Certains ont survécu, d'autres pas. Certains sont reproduits. Et donc ce bilan qui a pu être dressé au cours de ce comité de pilotage a permis d'objectiver un petit peu les choses, d'amasser de la donnée, de confronter les points de vue. Tout ça nécessitera d'être analysé, d'être confié aux scientifiques. Ce sont les premiers capables de dire si ce programme répond d'abord à une certaine viabilité et puis répond aux besoins du massif et aux besoins de l'espèce. Donc toutes ces données vont être transmises au Comité National de Protection de la Nature, organe scientifique, neutre, indépendant, partenarial, qui devra se prononcer pour que la ministre ait toutes les données pour décider du sort du programme. Et c'est donc un programme qui pourrait reprendre au printemps prochain ? Pour l'instant, on se donne le temps d'analyser l'ensemble des données dont on dispose. Elles sont nombreuses. Trois ans d'expérimentation, c'est pas rien. Donc on se donne le temps d'exploiter tout ça, de le confier aux scientifiques pour qu'ils puissent en tirer toutes les conclusions nécessaires et proposer le moment venu à la ministre la décision la plus adaptée.