Latest / ArtEcoVert La voix de la couleur végétale et des plantes tinctoriales / E170 - Sophie Cagniart - Réparer et transformer les textiles oubliés : sashiko, indigo et artisanat contemporain
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- 0:00Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert,
- 0:03le podcast de celles et ceux qui veulent comprendre,
- 0:06structurer et déployer la couleur végétale et du vivant dans le monde réel.
- 0:11Je suis Pauline Leroux,
- 0:12ingénieure agronome passionnée de plantes et depuis trois ans,
- 0:16chaque jeudi,
- 0:17je reçois celles et ceux qui font la couleur du vivant.
- 0:20On part de la graine à la couleur finale.
- 0:23On parle plantes et autres sources tinctoriales
- 0:26usages concrets,
- 0:28filières,
- 0:29santé.
- 0:29environnement,
- 0:30innovation et biotechnologie.
- 0:33Du textile à la cosmétique,
- 0:35de l'artisanat à l'industrie,
- 0:37du design aux fibres naturelles,
- 0:40une seule approche,
- 0:41relier la couleur du vivant aux usages réels.
- 0:45L'objectif est clair,
- 0:46fédérer et démocratiser la couleur végétale et recréer une souveraineté de la couleur du vivant chez nous.
- 0:52Belle écoute !
- 0:59Bonjour à tous,
- 1:00je suis ravie d'accueillir sur le podcast Aréco Vert Sophie Cagniart.
- 1:04Bonjour Sophie.
- 1:05Bonjour Pauline,
- 1:06ravie d'être ici.
- 1:07T'es courageuse parce qu'en ces temps de chaleur intense,
- 1:10enregistré,
- 1:11la pression,
- 1:12tout ça,
- 1:12on est arrivés.
- 1:14Alors,
- 1:15du coup,
- 1:16on va commencer par le commencement.
- 1:17Pour dire un petit peu aux invités,
- 1:20aux auditeurs qui seraient arrivés,
- 1:22on va parler d'artistes textiles,
- 1:27de Sashiko.
- 1:28d'indigo,
- 1:29de design,
- 1:31de ton parcours même international,
- 1:34pour le coup là on peut le dire.
- 1:37Voilà,
- 1:37donc on peut délimiter un petit peu le sujet comme ça pour dire aux auditeurs de quoi on va parler.
- 1:44Mais avant tout ça Sophie,
- 1:46est-ce que tu peux te présenter aux auditeurs qui ne te connaîtraient pas ?
- 1:50Et je rappelle...
- 1:51que si vous êtes en podcast,
- 1:54vous pouvez aller voir les épisodes maintenant sur YouTube,
- 1:56puisque Sophie va nous montrer des belles réalisations,
- 1:59donc ça peut être intéressant.
- 2:00Je suis là en personne,
- 2:01mon dieu !
- 2:02Encore plus terrifiant,
- 2:04parce que déjà c'est mon premier podcast,
- 2:05mais en plus je dois montrer ma tête.
- 2:07Alors c'est autre chose,
- 2:08on dirait pas,
- 2:08mais sur Instagram j'ai l'air beaucoup trop à l'aise.
- 2:11Alors,
- 2:12donc moi je suis artiste textile,
- 2:15c'est comme ça que je me définis,
- 2:16alors on va en parler,
- 2:17je pense,
- 2:17un peu plus tard,
- 2:18mais j'ai...
- 2:20toujours trouvé ça très très difficile de définir ce que je faisais.
- 2:23Donc en fait je me suis calée sur artiste textile parce que ça englobe tout ce que je fais et tout ce que j'aime faire.
- 2:30Alors moi je travaille principalement avec des tissus abandonnés,
- 2:35des tissus de seconde main donc de la récup mais je déteste le mot upcycling.
- 2:40J'en parlerai aussi plus tard.
- 2:42Et donc je suis passionnée d'art traditionnel.
- 2:48à des techniques traditionnelles qui vont prendre des jours et des heures,
- 2:50c'est pour moi.
- 2:51Tout ce qui est travaux d'aiguilles,
- 2:52etc.
- 2:53Donc bien sûr,
- 2:53le sèche-cosse,
- 2:54c'est une grosse partie de mon inspiration,
- 2:57de mon travail.
- 2:59J'en dirai plus aussi là-dessus.
- 3:01Et après,
- 3:02il y a aussi la teinture à l'indigo naturel que j'ai commencé à apprendre.
- 3:05Ça,
- 3:06c'est un peu récent.
- 3:07J'ai commencé ça en août dernier et je suis fan.
- 3:10Je ne repartirai jamais à quelque autre teinture,
- 3:14je pense.
- 3:14Parce que mon monde est bleu et blanc.
- 3:16Je dois préciser aussi.
- 3:18Et je travaille aussi le tissage,
- 3:21le rag weaving.
- 3:22Donc ça,
- 3:23c'est quand on tisse des petites bandelettes de tissu qu'on déchire,
- 3:25etc.
- 3:26Qui est pratiqué dans beaucoup de cultures.
- 3:28D'ailleurs,
- 3:28pour revenir au Sashiko,
- 3:29le Sashiko,
- 3:29c'est japonais,
- 3:30bien sûr.
- 3:30Mais bon,
- 3:31ça,
- 3:31je vais en parler plus tard.
- 3:33Aussi,
- 3:33le booty provençal.
- 3:34Donc,
- 3:35petit clin d'œil à la France et au sud.
- 3:38Donc ça,
- 3:38c'est une technique que j'adore aussi.
- 3:40Le smoke anglais,
- 3:42le smoking anglais,
- 3:43le smoking canadien.
- 3:45aussi une technique traditionnelle qui est incroyable,
- 3:48en fait toutes ces techniques ce qu'elles ont en commun c'est qu'elles donnent de la texture au tissu,
- 3:51qu'elles transforment une matière plate en deux dimensions et qu'elles donnent du volume,
- 3:58qu'elles donnent un toucher spécifique qu'elles attrapent la lumière d'une différente façon tout ça c'est ma passion en fait,
- 4:07c'est de donner vraiment une texture,
- 4:09donner une qualité au tissu qui sont ordinaires Merci.
- 4:12Comme des draps de coton qu'on peut trouver de seconde main,
- 4:16plus personne ne veut,
- 4:16avec des trous,
- 4:17avec des taches.
- 4:18Moi je vais reprendre ces tissus,
- 4:19je vais les teindre,
- 4:21je vais les tisser ou je vais les broder ou je vais les coudre d'une certaine façon.
- 4:25Et je vais les transformer en pièces uniques à porter.
- 4:28Parce que moi je fais des vêtements,
- 4:29je fais des vestes,
- 4:31des hauts,
- 4:31des bas,
- 4:33des accessoires,
- 4:34des sacs,
- 4:34mais aussi de temps en temps des petites pièces à accrocher au mur.
- 4:40Je me qualifie,
- 4:41mes études ont été dans le stylisme.
- 4:42Je suis styliste modéliste à la base.
- 4:45La façon dont je m'exprime le mieux,
- 4:47on va dire,
- 4:48ce n'est pas à l'oral,
- 4:52ce sera à travers les silhouettes.
- 4:54Vraiment,
- 4:55c'est le médium que j'ai choisi pour m'exprimer.
- 4:57C'est vraiment de créer des vêtements,
- 4:59de créer des silhouettes qui racontent une histoire.
- 5:01Mon univers est bleu et blanc,
- 5:03il est poétique.
- 5:04Il est aussi brut.
- 5:06Je ne sais pas l'équivalent parce que je suis un peu enfranglée parfois,
- 5:09mais rugged,
- 5:10un peu brut,
- 5:12donc avec les tissus qui ne sont pas finis,
- 5:14qui sont un peu des fils qui dépassent,
- 5:16etc.
- 5:16On va dire ça,
- 5:17c'est des textures qui sont un peu rugueuses.
- 5:22Et un contraste,
- 5:23en fait,
- 5:25c'est mon univers.
- 5:25Donc je ne travaille pas des silhouettes très compliquées,
- 5:27je travaille des silhouettes simples,
- 5:28mais avec une matière riche,
- 5:30une texture rugueuse,
- 5:31brute,
- 5:31qui contraste avec quelque chose de beaucoup plus délicat ou plus fin,
- 5:35Comme...
- 5:36Par exemple le sashiko qui est très ornemental ou le booty ou le smock anglais qui va être très minutieux et très fin.
- 5:43Donc voilà,
- 5:44c'est un peu tout ce que je fais.
- 5:47Grosse introduction.
- 5:49Non,
- 5:49mais c'est bien parce qu'on va revenir.
- 5:50Tu nous dis sur quoi on va revenir,
- 5:52donc ça c'est top.
- 5:53Alors,
- 5:54du coup,
- 5:55on va repartir sur ton parcours.
- 5:57Oui,
- 5:57le début.
- 5:59Est-ce que tu peux nous expliquer ton parcours ?
- 6:03Comment t'en es arrivé à découvrir le Sashiko?
- 6:06Ce que t'en as fait derrière ?
- 6:07Donc tu nous l'as un petit peu dit.
- 6:09Comment tu as fait ce virage ?
- 6:10Est-ce que tu peux nous expliquer ?
- 6:11On aime bien aussi les déclics,
- 6:12parce que du coup,
- 6:13ça aide pas mal de gens se retrouvent dans les déclics.
- 6:16Vas-y,
- 6:18on t'écoute.
- 6:19Alors,
- 6:20moi,
- 6:20j'ai fait des études de stylisme et modélisme à l'ESMOD de Roubaix.
- 6:23Donc,
- 6:23petit clin d'œil à la promo 2017,
- 6:25s'il y en a quelques-uns.
- 6:26Léo de France !
- 6:29D'où je suis originaire,
- 6:30mais bon.
- 6:31Donc voilà,
- 6:31petit clin d'œil à la promo 2017,
- 6:32s'il y en a certains d'entre vous qui écoutent,
- 6:34qui sont là.
- 6:35Gros merci à toutes les personnes qui m'ont formée,
- 6:38donc voilà,
- 6:39petite pensée.
- 6:40Petit remerciement.
- 6:42Mais vraiment,
- 6:44c'était incroyable ces années que j'ai passées là-bas.
- 6:48C'est là où j'ai découvert qu'en tant que designer ou en tant que styliste,
- 6:52je ne sais pas,
- 6:53j'étais beaucoup plus attirée par la tradition,
- 6:56par les arts traditionnels,
- 6:57et par la texture et par la matière que par le design en lui-même.
- 7:01donc c'est là où vraiment il y avait beaucoup de recherches etc pendant les études et en fait j'ai c'est ce que j'appelle le puits de Pinterest le puits de Pinterest c'est quand on clique sur une image on clique sur 10 000 images et en fait on tombe et après on découvre des choses et on a 10 000 pins
- 7:18et on sait plus quoi choisir on sait plus où donner la tête et c'est comme ça que j'ai découvert le sashiko de base en fait j'ai découvert le boro le sashiko tous ces arts japonais l'aspect déjà le bleu le blanc c'est quelque chose qui m'attire je ne sais pas pourquoi c'est comme ça
- 7:31je ne peux pas faire d'autres couleurs,
- 7:32j'ai essayé,
- 7:33c'est pas moi donc on fait bleu et blanc et je ne sais pas,
- 7:36ces couleurs m'ont attiré l'esthétique brute et ornementale aussi ce contraste m'a tout de suite parlé et j'ai eu une obsession,
- 7:44je me suis dit il faut que j'apprenne ça voilà donc je me suis apprise toute seule,
- 7:51une erreur je pense parce que moi j'étais impatiente j'étais un peu orgueilleuse je pense parce que je me suis dit oui mais moi je suis styliste,
- 8:00modéliste off.
- 8:01Je peux apprendre toute seule,
- 8:01je n'ai pas besoin de suivre des cours,
- 8:02je n'ai pas besoin d'acheter un livre,
- 8:04d'acheter quoi que ce soit.
- 8:06Et je pense que c'était...
- 8:08Je suis certaine que c'était une erreur.
- 8:10Parce que déjà,
- 8:11mes premiers...
- 8:12Niveau technique,
- 8:12on va dire que je n'étais vraiment pas là.
- 8:16Mes premières pièces avec des broderies Sashko étaient vraiment pas terribles.
- 8:21Mais bon.
- 8:22Mais en fait,
- 8:23je considère que c'est beaucoup plus une erreur par rapport à la culture.
- 8:27en fait j'ai pas fait assez de recherches au niveau historique,
- 8:30au niveau culturel pour savoir d'où ça venait,
- 8:32pour savoir pourquoi c'était né,
- 8:33comment c'était né,
- 8:34comment c'était utilisé,
- 8:36parce qu'en fait dans le Sashiko il n'y a rien qui est fait par hasard tout a un sens,
- 8:41et en fait c'est en comprenant l'histoire,
- 8:42c'est en comprenant la philosophie derrière le Sashiko qu'on sait l'utiliser et qu'on peut le pratiquer correctement,
- 8:49et donc ça c'est une erreur que je fais,
- 8:50donc si des gens écoutent en ce moment qu'ils veulent essayer le Sashiko et qu'ils pensent,
- 8:54voilà,
- 8:54qu'ils veulent
- 8:55essayer ça tout seul,
- 8:56bon après c'est différent,
- 8:57aujourd'hui il y a beaucoup de ressources,
- 8:58à l'époque il y avait,
- 8:59là c'était il y a dix ans,
- 9:00je vous parle de ça il n'y avait pas trop trop de ressources non plus en fait parce que c'était pas si populaire que ça en fait donc,
- 9:07mais je recommande vivement de suivre des vidéos YouTube,
- 9:10des cours,
- 9:10de s'informer,
- 9:11de regarder l'histoire,
- 9:12enfin de s'informer sur l'histoire du Sashiko,
- 9:14sur les gens qui pratiquent,
- 9:15sur la mentalité japonaise et les japonais qui le pratiquent et l'appropriation culturelle que je vais mentionner aussi plus tard dans la vidéo dans le podcast euh
- 9:24Après,
- 9:25je suis tombée là-dedans et dans les textures,
- 9:27etc.
- 9:28Je pratiquais beaucoup de techniques différentes.
- 9:30Après,
- 9:31j'ai fait un stage.
- 9:31Je me suis retrouvée aux Pays-Bas,
- 9:33à Alkmaar.
- 9:34Petit clin d'œil s'il y a des gens d'Alkmaar qui parlent français et qui m'écoutent.
- 9:36Voilà,
- 9:36coucou.
- 9:39J'étais en stage pour une femme très sympa.
- 9:44Devant le petit magasin où on travaillait,
- 9:46son studio,
- 9:47il y avait une dame qui revendait du jean,
- 9:49du genre Tommy Hilfiger,
- 9:50du genre Levis,
- 9:51tout ça.
- 9:51Et elle savait que j'adorais le jean.
- 9:53Parce que oui,
- 9:53ça,
- 9:53j'en ai pas parlé,
- 9:54mais moi,
- 9:54j'avais une obsession aussi avec le dénime,
- 9:56avec le jean.
- 9:57Parce que je trouve que c'est le même sens,
- 9:59en fait.
- 9:59C'est une matière très humble qui a été faite pour le work-wear,
- 10:02qui a été faite pour les travailleurs.
- 10:05C'est très humble,
- 10:05c'est un passé,
- 10:06voilà,
- 10:07pas forcément bien vu,
- 10:08on va dire.
- 10:10Il y a des connotations un peu,
- 10:11voilà,
- 10:11brutes,
- 10:12pauvres,
- 10:12voilà.
- 10:14Un vêtement pareil,
- 10:15ouvrier.
- 10:15Exactement.
- 10:16Mais en fait,
- 10:16moi,
- 10:16ce que je trouve incroyable,
- 10:17c'est que du coup,
- 10:18cette technique,
- 10:18elle peut se transformer de 10 000 façons.
- 10:20D'ailleurs,
- 10:20quand vous voyez l'upcycling,
- 10:21quand vous voyez ce que les gens font avec,
- 10:22ils choisissent le jean.
- 10:23Parce que déjà,
- 10:24pourquoi ?
- 10:24C'est une technique qui est gâchée.
- 10:26Mais vraiment,
- 10:27il y a tellement de gâchés au niveau du jean.
- 10:28Il y a tellement de...
- 10:29Voilà.
- 10:31Et il y a beaucoup de possibilités.
- 10:33On peut en faire plein de choses,
- 10:34le jean.
- 10:34De façon dont on le déconstruit,
- 10:35on l'arrache,
- 10:36on le coupe,
- 10:37on le...
- 10:38Comment ?
- 10:39On utilise la javel pour le décolorer,
- 10:41etc.
- 10:41Enfin bref,
- 10:41il y a plein de choses à faire avec.
- 10:43Et les gens sont très créatifs.
- 10:45Donc ça,
- 10:45je trouve que c'est un matériau qui est très intéressant.
- 10:48Donc j'ai toujours été fan.
- 10:49Même si maintenant,
- 10:50je travaille moins.
- 10:50Mais ça,
- 10:50on peut en parler aussi plus tard.
- 10:53Mais donc voilà.
- 10:54Donc en fait,
- 10:54cette dame qui travaillait pour en revenir à Alkmaar et au magasin.
- 10:57En fait,
- 10:57cette dame qui travaillait en face du studio.
- 10:59Elle est venue vers moi un jour.
- 11:00Elle me dit,
- 11:00Sophie,
- 11:01je sais que tu adores le jean.
- 11:03Elle dit,
- 11:03tiens,
- 11:03j'ai des invendus.
- 11:04Où en fait,
- 11:05j'ai coupé...
- 11:06couper la poche parce qu'en fait on peut pas les vendre,
- 11:07il y a un petit défaut dessus etc.
- 11:09Et en fait ce qu'on doit faire c'est qu'on coupe la poche et on les jette en arrière boutique.
- 11:12Et donc elle me donne tout ça,
- 11:13je lui dis mais tu veux combien ?
- 11:17Et en fait elle m'a juste donné,
- 11:18elle m'a dit bah non mais nous on en fait rien,
- 11:19ils passent pas les récupérer,
- 11:20j'ai une montagne à l'arrière.
- 11:22Elle dit si tu peux t'amuser avec,
- 11:23amuse-toi.
- 11:24Et donc en fait c'est ce que j'ai fait,
- 11:25j'ai commencé à défaire les jeans,
- 11:26à les déconstruire,
- 11:27à les reconstruire,
- 11:28à les broder avec du sachet.
- 11:29En fait c'est là que l'idée de Silent Wave Indigo m'est venue en tête.
- 11:33Je ne sais même pas si j'ai mentionné au début,
- 11:35mais oui,
- 11:35Salon Indigo,
- 11:36du coup,
- 11:36c'est le nom de ma marque.
- 11:38Je n'appelle pas ça une marque,
- 11:39mais bon,
- 11:39c'est le nom de mon studio.
- 11:41Concept,
- 11:41studio,
- 11:42ouais.
- 11:43Mais donc,
- 11:43c'est là que l'idée est venue d'en vivre,
- 11:46en fait.
- 11:46Enfin,
- 11:46pas forcément d'en vivre,
- 11:48mais de créer principalement,
- 11:49d'en faire mon activité principale,
- 11:50en fait.
- 11:52Et ensuite,
- 11:56je me suis vite rendue compte aussi que c'était un petit peu compliqué.
- 11:58J'étais encore étudiante,
- 11:59j'avais des prêts d'étudiants à rembourser,
- 12:01etc.
- 12:02Donc...
- 12:03J'ai trouvé un boulot de styliste.
- 12:06Je travaillais en tant que styliste à Amsterdam,
- 12:07où j'ai déménagé ensuite.
- 12:09Je n'aimerais pas la marque.
- 12:10J'ai travaillé pour eux pendant deux ans.
- 12:11C'était très enrichissant.
- 12:12J'ai vu beaucoup.
- 12:13J'ai vu beaucoup de ce que je n'aimais pas forcément,
- 12:17dans le sens où ce n'était pas mes valeurs.
- 12:18La surconsommation,
- 12:21je voyageais quatre fois par an en Chine.
- 12:25On supervisait la production,
- 12:26les usines,
- 12:27tout ça.
- 12:27C'était vraiment très complet.
- 12:29Et c'était un monde...
- 12:32Un monde de surconsommation,
- 12:35un monde sans créativité,
- 12:36un monde un peu de surconsommation.
- 12:41Il n'y avait pas d'âme.
- 12:44Et à un moment,
- 12:45je me suis dit,
- 12:46ça me manque aussi de faire quelque chose avec mes mains,
- 12:47de créer.
- 12:48Et à côté de ça,
- 12:49j'avais moins le temps.
- 12:50Bien sûr,
- 12:50c'était un boulot à temps plein,
- 12:52c'était un 35 heures.
- 12:55Mais le week-end,
- 12:56de temps en temps,
- 12:56je faisais encore du sashiko,
- 12:57je me faisais des pièces pour moi.
- 12:59par-ci par-là tout ça mais au bout d'un moment en fait je me suis dit bon je peux plus j'ai démissionné de ce travail et mon plan c'était peut-être de trouver un petit jeu à bâton partiel de trouver un petit peu ce que je voulais faire et j'avais pas forcément de plan,
- 13:14j'avais aucun plan j'étais vraiment sans filer à l'improviste j'ai dit je veux juste plus faire ça et en plus le covid est arrivé parce que moi du coup j'ai commencé il y a 6 ans c'était en 2020 je pensais que le covid allait rester en Chine,
- 13:26grosse erreur il n'est pas resté en Chine,
- 13:27il est arrivé et
- 13:28jusqu'aux Pays-Bas,
- 13:29jusqu'à Amsterdam pour m'empêcher de trouver un petit boulot à temps partiel où en fait j'étais en fait je me suis dit je vais faire mes projets avec mon jean c'est ce que je vais faire,
- 13:39je vais déconstruire des jeans je vais les transformer en veste,
- 13:41en vêtements etc et puis je vais les broder et puis je vais les vendre je vais les vendre sur Etsy,
- 13:48c'était ça le plan donc il n'y avait pas de plan donc pour dire aussi que j'ai bien évolué en 6 ans j'ai fait un sacré bout de chemin
- 13:56Et donc voilà,
- 13:58en fait,
- 13:59je me suis lancée,
- 14:00j'étais donc,
- 14:01j'en faisais pas du tout,
- 14:03je pense que la première vente que j'ai eue,
- 14:04c'était six mois après sur Etsy.
- 14:06Après ça,
- 14:07j'ai évolué,
- 14:07j'ai fait quelques marchés aussi,
- 14:09en fait,
- 14:09j'ai fait,
- 14:10c'est vraiment du test et voir ce qui marche,
- 14:12ce qui marche pas,
- 14:12etc.
- 14:13Les marchés,
- 14:13ça marchait pas parce que c'est pas des achats impulsifs,
- 14:16on va pas dépenser autant pour,
- 14:18voilà.
- 14:19Et puis après,
- 14:22oui,
- 14:22les petites réparations,
- 14:23par-ci,
- 14:23par-là,
- 14:23c'est très bien,
- 14:24mais bon après c'est pas non plus...
- 14:26On ne peut pas être hyper créatif.
- 14:28A l'époque,
- 14:29je faisais aussi du sashiko,
- 14:30mais pas tant que ça.
- 14:31J'étais plus sur les illustrations.
- 14:32Je faisais des broderies,
- 14:33des illustrations,
- 14:34etc.
- 14:34Toujours en bleu-blanc,
- 14:36etc.
- 14:38Et après,
- 14:39je décidais de plus me concentrer sur le sashiko parce que j'étais très inspirée.
- 14:43À ce moment-là,
- 14:43je me suis dit vraiment,
- 14:46j'y vais à fond.
- 14:47Et c'est drôle.
- 14:48Donc,
- 14:49en fait,
- 14:49je ne sais pas si je devrais le dire maintenant ou pas.
- 14:52Vas-y.
- 14:52Mais oui,
- 14:53donc en fait,
- 14:54j'ai commencé avec le Sashiko et c'était très bien.
- 14:57Et les gens ont très vite répondu à cette technique.
- 15:00Donc à l'époque aussi,
- 15:01ça c'était il y a
- 15:045 ans à peu près.
- 15:05Donc le Sashiko
- 15:06il y a 5 ans,
- 15:06n'était pas si populaire que ça sur Instagram,
- 15:09sur les réseaux en général,
- 15:10partout en fait.
- 15:11Donc en fait,
- 15:12moi j'étais un peu là avant,
- 15:14ou alors à la naissance de cette...
- 15:16de cette mode qui a commencé et qui maintenant est partout.
- 15:20Et ça,
- 15:20je vais en parler aussi.
- 15:23Mais donc voilà,
- 15:24j'étais un peu là au début.
- 15:25Et en fait,
- 15:26je pense que du coup,
- 15:27j'ai profité de cette mode qui s'est lancée pour être découverte,
- 15:31pour avoir l'Instagram que j'ai aujourd'hui avec une très belle communauté de gens qui m'ont découvert grâce à ça.
- 15:39Mais en fait,
- 15:40ce que les gens oublient et ce qui me turlupine,
- 15:43on va dire un petit peu,
- 15:44c'est que
- 15:45les gens ont eu tendance à me voir après ça en tant qu'artiste Sashiko.
- 15:49Juste la fille qui fait du Sashiko.
- 15:52Et c'est pas du tout...
- 15:53Alors,
- 15:53moi,
- 15:53j'ai commencé avec les illustrations,
- 15:55mais après j'ai fait du Sashiko.
- 15:56Mais entre-temps,
- 15:57je faisais aussi du tissage,
- 15:58et je faisais aussi d'autres,
- 15:59de la teinture,
- 15:59je faisais du shibori,
- 16:00etc.
- 16:01Donc c'était pas encore de la teinture à l'indigo,
- 16:02mais je faisais déjà du shibori.
- 16:03Je faisais...
- 16:04J'étais multidisciplinaire,
- 16:06et j'étais aussi...
- 16:07En fait,
- 16:08moi,
- 16:08ma façon de travailler,
- 16:09c'était de prendre...
- 16:10Enfin,
- 16:10d'avoir les techniques,
- 16:11en fait,
- 16:11d'avoir tous ces outils,
- 16:12une petite boîte à outils avec plein de...
- 16:15magnifiques dedans et de les mixer entre elles donc de mixer les traditions,
- 16:18de mixer les supports de mixer les effets pour encore une fois donner la texture,
- 16:22donner le style que j'ai en fait,
- 16:24l'âme que les gens peuvent reconnaître je pense dans mes designs et voilà ne pas être réducteur et ça je voudrais,
- 16:32merci de me l'avoir signalé parce que tu vois dans les acteurs de la couleur végétale t'en as plein qui font plein de choses comme toi qui ont testé plein de techniques,
- 16:41qui connaissent plein qui maîtrisent plein de couleurs qui...
- 16:43cultivent leur jardin,
- 16:44qui,
- 16:45comme on disait,
- 16:45font de la vente,
- 16:46mais font aussi de la formation,
- 16:47font aussi de la passation.
- 16:48Et donc,
- 16:49le terme réducteur,
- 16:50donc tu n'es pas une artiste Sashiko,
- 16:52tu es une artiste complète et tu es à la base artiste textile.
- 16:56Et tu utilises ça,
- 16:57donc très bien de le préciser.
- 17:00Du coup,
- 17:01tu mixtes,
- 17:02donc on a compris tes couleurs.
- 17:04C'est pas compliqué.
- 17:05Ça,
- 17:05c'est pas compliqué,
- 17:06on a compris.
- 17:07On a compris aussi que tu touchais à plein de choses pour leur donner du relief,
- 17:11apporter...
- 17:13Ça a été quoi le basculement quand tu dis ça y est,
- 17:17là,
- 17:17j'étais sûre que c'était le Sashiko.
- 17:19Ça t'a porté donc une belle communauté Instagram,
- 17:22un rayonnement international.
- 17:24Oui.
- 17:25Parce que moi,
- 17:26pour remettre,
- 17:27pour redonner aux gens le contexte,
- 17:30c'est une membre de la Guilde Tinctorial,
- 17:32donc
- 17:32Mathilde Ledur pour la cité,
- 17:35qui m'a dit Pauline,
- 17:36il faut absolument que tu aies Sophie.
- 17:39sur le podcast,
- 17:41elle fait plein de trucs de dingue.
- 17:42Elle est la première ambassadrice.
- 17:45Merci,
- 17:46Pauline.
- 17:47Merci,
- 17:47Mathilde,
- 17:47pardon.
- 17:49Et quand on a échangé toutes les deux,
- 17:51ça m'a fait aussi repenser un épisode que j'avais enregistré avec Florence et Kevin de La Main Bleue,
- 17:56qui font aussi du sashiko,
- 17:57qui travaillent aussi le workwear et qui...
- 18:00Il faudra qu'on remette l'épisode.
- 18:02Et je me suis dit,
- 18:02mais en fait,
- 18:03c'est la continuité et en même temps,
- 18:05tu nous emmènes dans un univers.
- 18:07Tu m'avais montré plein de choses.
- 18:08Et donc,
- 18:09voilà,
- 18:09là,
- 18:10j'aimerais qu'on repose comment nous,
- 18:11on s'est rencontrés.
- 18:12Et maintenant,
- 18:12j'aimerais que tu expliques comment ça s'est emballé d'un coup et que c'est parti sur comment tu as travaillé ton modèle économique.
- 18:24En fait,
- 18:24ça s'est fait organiquement,
- 18:25ça s'est fait naturellement.
- 18:30Oui,
- 18:30parce que le Sashiko,
- 18:31c'était le point de départ,
- 18:31bien sûr.
- 18:32J'ai vu ça,
- 18:32je l'ai pratiqué,
- 18:36je l'ai...
- 18:37Enfin,
- 18:37je veux dire,
- 18:38j'ai...
- 18:38Je l'ai étudié,
- 18:39bien sûr.
- 18:43Et en fait,
- 18:43ça découlait.
- 18:44En fait,
- 18:44moi,
- 18:44j'étais pas...
- 18:45Donc,
- 18:45au début,
- 18:45la façon dont je travaillais,
- 18:46c'est difficile à dire parce que c'est de l'inspiration,
- 18:48au final.
- 18:48C'est pas du tout...
- 18:49Les pièces que je faisais,
- 18:50c'était pas pour vendre.
- 18:51C'était pas parce que,
- 18:52oh,
- 18:53les gens,
- 18:53ils aiment bien ça,
- 18:54donc je vais faire pas des choses comme ça pour les vendre.
- 18:56Non,
- 18:56c'était pas du tout comme ça.
- 18:58C'était,
- 18:58moi,
- 18:58je fais les choses que j'aime.
- 18:59Si ça part,
- 19:00ça part.
- 19:00Si ça part pas,
- 19:01c'est pas grave.
- 19:01Mais je veux pas...
- 19:03Voilà,
- 19:03j'ai mon...
- 19:04Mon intégrité,
- 19:04pour moi,
- 19:05c'est quelque chose d'être très important.
- 19:06Et...
- 19:08Et voilà,
- 19:09donc en fait,
- 19:09j'étais...
- 19:10Donc après avoir fait ces illustrations,
- 19:12j'ai commencé le sashiko.
- 19:13En fait,
- 19:13après,
- 19:13c'était vraiment la texture.
- 19:14Donc j'avais toutes ces techniques.
- 19:17Et en fait,
- 19:17je me suis dit,
- 19:18bon,
- 19:18je vais faire un sac en utilisant cette technique.
- 19:21Ou voilà,
- 19:21je vais même poncer le tissu.
- 19:22Je vais faire ça,
- 19:23je vais faire ça.
- 19:23Je vais faire un effet patchwork,
- 19:25mais distresse.
- 19:26Un peu inspiré par le boro,
- 19:28mais pas du boro.
- 19:28Attention,
- 19:29là,
- 19:29il y a une distinction aussi.
- 19:32Et après,
- 19:32j'adorais tellement cette technique.
- 19:33Je me dis,
- 19:33mais mon Dieu,
- 19:34c'est trop beau.
- 19:34Je vais faire une veste avec.
- 19:36Sauf qu'en fait,
- 19:36au milieu du processus de faire tout ça,
- 19:38je me dis,
- 19:38non,
- 19:38non,
- 19:39non,
- 19:39non,
- 19:39non,
- 19:39j'ai une idée,
- 19:40je vais faire des sacs maintenant,
- 19:41parce que je vais faire des sacs avec une autre broderie,
- 19:43avec une autre technique,
- 19:44puis après,
- 19:44non mais tu sais quoi,
- 19:45je vais faire des converses,
- 19:46je vais broder des converses,
- 19:47parce que pourquoi pas.
- 19:48Et en fait,
- 19:48je sautais comme ça de design à design,
- 19:50de technique en technique,
- 19:51d'idée à idée en fait,
- 19:52sans vraiment,
- 19:53en suivant mon inspiration,
- 19:54en suivant vraiment l'enfant en moi,
- 19:55de ce que j'avais envie de faire,
- 19:56ce que j'avais envie de créer,
- 19:57ce que j'avais envie de partager avec les gens.
- 19:59Et c'était de la pure expérimentation en fait,
- 20:01et à chaque fois,
- 20:01j'étais là en mode,
- 20:02mais c'est incroyable,
- 20:03c'est incroyable,
- 20:04je...
- 20:05Je suis trop forte ?
- 20:07Non mais c'était à chaque fois,
- 20:09ça m'apportait beaucoup de joie et je pense que c'est pour ça que ça a marché aussi.
- 20:12Je pense que les gens peuvent ressentir ça aussi à travers les pièces.
- 20:16Sauf qu'à un moment,
- 20:16j'ai commencé aussi à me remettre en question.
- 20:18Donc il y a eu vraiment des paliers dans mon parcours ces six dernières années.
- 20:21Donc voilà,
- 20:23j'étais à ce palier-là.
- 20:24Et après,
- 20:24j'en avais un petit peu marre parce que je me dis que les pièces que je fais,
- 20:26je les adore.
- 20:27J'ai beaucoup expérimenté,
- 20:28c'est très bien.
- 20:29Mais ce n'est pas cohérent.
- 20:31Il n'y a pas de look entier.
- 20:34Donc là,
- 20:34j'ai une veste,
- 20:35mais j'ai des chaussures,
- 20:36mais j'ai des trucs.
- 20:36Ils ne vont pas forcément ensemble.
- 20:38En plus,
- 20:38à cette époque-là,
- 20:38je travaillais aussi beaucoup avec un petit peu comme la main bleue.
- 20:41Je récupérais...
- 20:42Des vestes,
- 20:43je récupérais des pantalons.
- 20:44Et en fait,
- 20:44je travaillais un petit peu comme ça.
- 20:45Donc,
- 20:45c'était différent.
- 20:47Et là,
- 20:47en fait,
- 20:48j'ai fait un switch.
- 20:48Vraiment,
- 20:48j'ai commencé plus à faire...
- 20:50Parce que je suis modéliste,
- 20:51en fait.
- 20:51Donc,
- 20:52j'ai commencé beaucoup plus à faire mes looks en entier.
- 20:56Donc,
- 20:56vraiment,
- 20:56à faire le patronage vraiment de A à Z.
- 20:58De trouver les tissus,
- 20:59de les retravailler,
- 20:59de faire les patrons,
- 21:00de couper,
- 21:01de passer des semaines,
- 21:02des heures dessus.
- 21:05Et donc,
- 21:05là,
- 21:05c'était...
- 21:06mon intention de créer quelque chose de cohérent,
- 21:09d'uniforme,
- 21:09enfin pas d'uniforme,
- 21:10mais d'avoir une histoire,
- 21:11en fait.
- 21:11D'avoir un look avec un fil.
- 21:13Et donc,
- 21:13je me suis dit,
- 21:14je vais faire une collection que j'ai faite qui s'appelle Into the Land et qui a une inspiration un peu rurale,
- 21:20très rurale,
- 21:21on va dire des années 800,
- 21:22des fortes femmes des années 1800,
- 21:23on va dire.
- 21:25Et donc,
- 21:26vous pouvez la voir sur mon site,
- 21:27de toute façon.
- 21:28Mais cette collection,
- 21:30j'ai travaillé dessus pendant un an,
- 21:32plus ou moins,
- 21:33je pense.
- 21:34Et c'était un mix de toutes ces techniques que je pratique et j'ai vraiment adoré.
- 21:41Il y avait une histoire.
- 21:43Quand vous voyez ces collections,
- 21:45vous allez regarder les photos,
- 21:46vous pouvez voir qu'il y a un sentiment derrière.
- 21:49Il y a une histoire,
- 21:50il y a quelque chose qui s'en dégage.
- 21:52Ça parle,
- 21:53ça raconte quelque chose.
- 21:54Et c'est ça que je veux faire.
- 21:56Je suis comme ça.
- 21:57C'est ça que je veux créer.
- 21:58Je ne veux pas créer des vestes d'upcycling.
- 22:01Moi,
- 22:02je suis une artiste.
- 22:03Je ressens et je veux faire partager ce que je ressens,
- 22:06la façon dont je vois le monde à travers ce médium que j'ai choisi ou qui m'a choisi,
- 22:09qui est le tissu,
- 22:10qui est les vêtements,
- 22:11de créer des silhouettes.
- 22:15Et voilà,
- 22:16donc j'ai commencé à faire ça,
- 22:17sauf que je me suis rendu compte que cette collection,
- 22:19malgré qu'elle soit portable,
- 22:20parce que beaucoup de pièces sont très portables,
- 22:22je ne l'ai jamais mise en vente d'ailleurs.
- 22:24Je ne sais pas,
- 22:25j'y tiens encore un petit peu,
- 22:26je ne suis pas encore prête à ce qu'elle soit en vente.
- 22:29Mais donc malgré qu'elle soit assez portable,
- 22:31je trouvais qu'elle était...
- 22:33pas vraiment assez portable,
- 22:35on va dire.
- 22:35Parce que je veux pouvoir aussi créer des pièces qui soient portables par les gens.
- 22:40Parce que la beauté de ces pièces...
- 22:42Comment ?
- 22:43Du quotidien.
- 22:44Oui,
- 22:45du quotidien,
- 22:45oui,
- 22:45au final,
- 22:46du quotidien.
- 22:46Parce qu'en fait,
- 22:46j'ai beaucoup de personnes qui me disent,
- 22:47mais Sophie,
- 22:48pourquoi tu...
- 22:50Enfin,
- 22:50tu devrais pas porter.
- 22:51Moi,
- 22:51je vois une chemise comme ça,
- 22:52je l'accroche au mur,
- 22:53tellement elle est belle,
- 22:54tellement il y a de travail,
- 22:55tout ça.
- 22:55Je dis non,
- 22:55parce que la beauté du Sashiko,
- 22:56la beauté de l'indigo,
- 22:57la beauté de toutes ces techniques que je travaille,
- 22:59c'est qu'elles doivent être...
- 23:01On doit vivre dedans.
- 23:02pour les rendre encore plus belles.
- 23:05Et qu'on les voit aussi.
- 23:07Mais la beauté,
- 23:07elle est vraiment dans la vie.
- 23:08Donc on va vivre avec cette pièce,
- 23:12et cette pièce elle va vivre avec vous,
- 23:13et c'est un échange qui va la rendre beaucoup plus belle.
- 23:17Elle va lui donner une histoire dans le temps.
- 23:18Et ce sera votre histoire.
- 23:20Et donc les gens me demandent aussi,
- 23:21Sophie,
- 23:22pourquoi tu ne portes pas tes pièces ?
- 23:23Déjà,
- 23:23moi je ne crée pas pour moi.
- 23:25Ça c'est quelque chose aussi qui est incroyable.
- 23:28Il y a un petit contraste dont j'aimerais bien parler.
- 23:30C'est...
- 23:33on s'attend alors pour moi quand on crée les vêtements quand on crée les voilà c'est il y a deux choses dont je voudrais parler déjà la première c'est on s'attend à ce que parce qu'on crée des vêtements parce qu'on a choisi ce médium pour exprimer notre art,
- 23:47nos sentiments etc on s'attend à ce que cette personne elle soit stylée,
- 23:51elle porte ses vêtements,
- 23:52elle porte ses marques,
- 23:53elle porte voilà pour montrer,
- 23:55pour se montrer sauf que
- 23:57Un artiste comme un photographe ou comme un peintre,
- 24:00est-ce qu'on s'attend à ce qu'il porte ses toiles sur lui ?
- 24:01Non.
- 24:02Est-ce qu'on s'attend à ce qu'il s'habille d'une certaine façon ?
- 24:05Non.
- 24:06On est artiste,
- 24:07on ne choisit pas le médium.
- 24:08On peut être multidisciplinaire et choisir plusieurs techniques,
- 24:15bien sûr.
- 24:15Mais quand on est dans la mode,
- 24:17il y a vraiment cette chose de...
- 24:19On doit s'habiller.
- 24:20Et bien sûr,
- 24:20j'ai mon style particulier,
- 24:22j'ai une façon de m'habiller,
- 24:23mais je ne m'habille pas avec mes pièces parce que je ne crée pas pour moi.
- 24:25Aussi,
- 24:26pourquoi ?
- 24:26Parce que...
- 24:27Tout mon temps,
- 24:28je le passe à travailler chez moi.
- 24:29Et moi,
- 24:29mes pièces,
- 24:30je veux qu'elles aient une vie.
- 24:30Je veux qu'elles puissent profiter,
- 24:32voir du monde,
- 24:33voir l'extérieur,
- 24:34etc.
- 24:34Et juste être vues,
- 24:36être vécues,
- 24:37etc.
- 24:38Et moi,
- 24:39je ne suis pas la personne pour leur donner ça.
- 24:41Moi,
- 24:41je suis juste les mains derrière.
- 24:43Donc,
- 24:43je crée tout ça.
- 24:44Et après,
- 24:44c'est à vous de leur donner une histoire.
- 24:47Moi,
- 24:48je la fais naître.
- 24:48C'est tout.
- 24:50Et voilà.
- 24:50Donc,
- 24:50ça,
- 24:50c'est quelque chose dont je voulais parler.
- 24:54parce que je trouve ça un peu c'est des questions que j'ai assez souvent bizarrement en fait pourquoi tu gardes pas tes pièces,
- 25:00elle est trop belle,
- 25:01tu devrais la garder ou pourquoi tu portes pas tes créations etc et moi j'exprime mes sentiments après j'ai aussi cette théorie parce que parfois je crée des vêtements je les mets en ligne et ils sont vendus en 24h ou ils sont vendus
- 25:16deux ans après.
- 25:17Et moi,
- 25:17j'ai une théorie que la personne qui va trouver le vêtement,
- 25:21que ce soit à 24h,
- 25:22que ce soit dans deux ans,
- 25:23elle est faite pour vous.
- 25:24Pour ce vêtement.
- 25:25Voilà.
- 25:26Il y a un timing,
- 25:26en fait.
- 25:27Parce que quand je crée des pièces,
- 25:28c'est aussi des pièces uniques.
- 25:30Donc,
- 25:30les grosses pièces,
- 25:31c'est des pièces uniques.
- 25:33Les petites,
- 25:33peut-être,
- 25:33je vais les refaire en plusieurs fois,
- 25:35mais pas tant que ça non plus.
- 25:36Mais les grosses pièces,
- 25:36c'est des pièces uniques.
- 25:37Donc,
- 25:37vraiment,
- 25:38il y a un sentiment,
- 25:39il y a des pensées,
- 25:40il y a quelque chose,
- 25:41en fait,
- 25:41dans l'air quand je crée une pièce.
- 25:43Et peut-être que je vous ai en tête,
- 25:44je vous connais pas.
- 25:45Peut-être qu'il y a quelque chose qui va résonner avec vous dans la façon dont j'ai travaillé cette pièce,
- 25:48et ça ne va pas résonner avec une autre personne.
- 25:50Donc il y a cette petite théorie,
- 25:52c'est un petit peu spirituel,
- 25:53je ne sais pas,
- 25:54mais juste d'avoir des pièces qui sont destinées à certaines personnes peut-être.
- 25:58Et donc voilà,
- 26:00pour vous dire aussi à tout le monde que je ne suis pas là-dedans pour l'argent.
- 26:04Parce que là c'est clairement...
- 26:08Sophie,
- 26:09tu vends tes œuvres sur quoi ?
- 26:11Tu vends où ?
- 26:12Alors,
- 26:12j'ai testé...
- 26:13Sur quoi ?
- 26:13Parce que tu as testé plein de trucs.
- 26:16C'est intéressant aussi.
- 26:17C'est intéressant aussi pour les gens qui écoutent.
- 26:19C'est ça.
- 26:19Donc déjà,
- 26:20j'ai testé...
- 26:20Alors déjà,
- 26:21un truc qu'on va dire,
- 26:22c'est que des métiers comme ça,
- 26:23c'est des métiers de passion.
- 26:24C'est pas des métiers d'argent.
- 26:25Donc si quelqu'un est intéressé à commencer un métier comme ça,
- 26:28c'est très bien.
- 26:29Mais sachez que ça va prendre...
- 26:31Ça va consumer votre vie d'une façon incroyable qui va vous apporter beaucoup.
- 26:35Mais d'un autre côté,
- 26:35il ne faut pas avoir de gros besoins matériels.
- 26:40ou un niveau de vie,
- 26:40vouloir un niveau de vie élevé.
- 26:42Mais donc moi,
- 26:43j'ai vendu un peu sur Etsy.
- 26:44Au bout d'un moment,
- 26:45j'ai décidé d'arrêter.
- 26:47J'ai vendu,
- 26:48j'ai essayé les marchés,
- 26:49mais comme j'ai dit avant,
- 26:49c'est pas des achats impulsifs.
- 26:51Donc les marchés,
- 26:51c'était un peu compliqué.
- 26:53Sauf les Denim Days,
- 26:54qui sont à Amsterdam en octobre.
- 26:55D'ailleurs,
- 26:56si vous voulez aller aux Denim Days en octobre,
- 26:58je le recommande vivement.
- 26:59C'est un petit marché pendant deux jours,
- 27:01de vintage,
- 27:03d'artisan.
- 27:04Il y a des personnes qui font du sashiko.
- 27:05Et ce qui était drôle,
- 27:06c'est qu'on était par exemple trois.
- 27:08à pratiquer le sashiko de différentes façons parce que bien sûr le sashiko il y a aussi une signature très personnelle par rapport à la broderie donc nos stands étaient complètement différents quand même bref mais je recommande d'aller là-bas donc ça c'était assez sympa parce que c'était des personnes qui
- 27:23étaient vraiment plus dans mon univers on va dire mais sinon au niveau marché c'était un peu compliqué je vends principalement en ligne à l'international j'ai aussi testé les boutiques qui sont très bien mais le problème c'est que je fais des pièces uniques Merci.
- 27:37Donc au niveau réassort,
- 27:38etc.,
- 27:39c'est trop compliqué.
- 27:40Parce que je n'ai pas de stock,
- 27:41moi.
- 27:41Moi,
- 27:42je crée comme ça.
- 27:42Et en plus de ça,
- 27:43la compétition,
- 27:44en fait,
- 27:44quand je donne un produit en consigne,
- 27:46par exemple,
- 27:47dans un magasin,
- 27:47il est en compétition avec mon site internet.
- 27:49Ça veut dire que cette pièce,
- 27:51si elle se vend en ligne,
- 27:52j'irai dans le magasin récupérer cette pièce à sortir du magasin.
- 27:55Voilà.
- 27:55Ah ouais,
- 27:56d'accord.
- 27:56Exactement.
- 27:57Donc les magasins,
- 27:58c'est un peu compliqué aussi.
- 28:00Donc c'est principalement en ligne,
- 28:02on va dire.
- 28:03Et ça marche pour l'instant.
- 28:05Je touche du bois.
- 28:06Après,
- 28:06ça marche.
- 28:10t'es limitée par rapport à ce que tu peux produire c'est ça aussi exactement par exemple une pièce que tu vends bien que tu apprécies et que tu l'avais en 3 exemplaires parce que t'avais la capacité de produire plus ça
- 28:23marcherait 3 fois plus en fait c'est ça aussi en général les artisanes de la couleur de la couleur végétale elles sont limitées par ce qu'elles peuvent produire c'est ça
- 28:34Après,
- 28:34moi,
- 28:35c'est plus un petit...
- 28:35Parce qu'après,
- 28:36bon,
- 28:36il y a des pièces.
- 28:37Je pourrais peut-être les reproduire,
- 28:39mais j'ai pas envie.
- 28:39Oui,
- 28:40voilà,
- 28:40parce que tu veux faire des choses...
- 28:41Parce que c'est pas drôle pour moi,
- 28:42en fait.
- 28:43Il y a un univers.
- 28:44Je me suis amusée avec ces pièces.
- 28:46J'ai créé une pièce qui est incroyable.
- 28:48Est-ce que je vais repasser deux semaines ?
- 28:49Parce que parfois,
- 28:50une pièce,
- 28:50en moyenne,
- 28:51ça va me prendre quatre jours de travail.
- 28:52Quatre jours.
- 28:53Et là,
- 28:53les gens se rendent pas compte non plus.
- 28:55Parce qu'en fait...
- 28:55Ça,
- 28:56c'est quelque chose aussi,
- 28:57quand ils voient une pièce finie,
- 28:58en fait,
- 28:58parce que c'est vrai que j'ai pensé,
- 28:59ça,
- 29:00peut-être,
- 29:00à ajouter des vidéos sur mon site,
- 29:02sur les pages de produits pour montrer le processus.
- 29:04Mais aussi,
- 29:05j'ai tellement de casquettes,
- 29:06parce que,
- 29:06voilà,
- 29:06je suis styliste,
- 29:08modéliste,
- 29:08artiste textile.
- 29:09Je suis,
- 29:10ben voilà,
- 29:11maintenant,
- 29:11je fais un petit peu de tout,
- 29:12mais je suis aussi vidéographe,
- 29:15je suis influenceur,
- 29:16je suis formatrice.
- 29:19Et en fait,
- 29:19il y a tellement de...
- 29:22d'aspects différents qu'on doit apprendre aussi quand on est à son compte et surtout dans ces milieux là au final c'est c'est beaucoup à gérer en fait donc oui après je pourrais bien sûr mettre les vidéos aussi sur sur mon site pour que les gens puissent voir le processus mais ce qui serait sympa aussi c'est que les gens commencent à s'éduquer un petit peu plus au niveau du fait main et
- 29:41de comprendre le temps qu'il faut pour réaliser une pièce en fait parce que c'est ça aussi qui fait la différence
- 29:47Parce que par exemple,
- 29:47moi je fais tout,
- 29:48je fais les patrons,
- 29:48ça demande du temps.
- 29:49Déjà il y a le design,
- 29:50il y a l'inspiration,
- 29:51parce qu'encore une fois,
- 29:52je ne fais pas...
- 29:54Moi c'est un boulot artistique,
- 29:55donc c'est un sentiment,
- 29:56c'est une inspiration,
- 29:56c'est une image que je vais avoir,
- 29:58c'est quelque chose dans une couleur,
- 29:59une texture que je vais voir,
- 30:00je vais dire,
- 30:01je veux recréer ça,
- 30:02je vais essayer de recréer ça.
- 30:03Donc il y a de la recherche déjà,
- 30:04en amont.
- 30:05Il y a de l'inspiration,
- 30:06parce qu'après il faut faire toute la silhouette,
- 30:07il faut travailler sur...
- 30:08Et après il y a du travail de prototype.
- 30:10de créer tout le patronage,
- 30:13le prototype,
- 30:13pour avoir quelque chose qui ressemble à quelque chose.
- 30:17Et puis après,
- 30:17il y a toute la réalisation derrière.
- 30:18Donc par exemple,
- 30:19le dernier look que j'ai posté hier,
- 30:21qui s'appelle Blue Labor.
- 30:24Donc il y a une blouse,
- 30:24une veste,
- 30:25une jupe longue,
- 30:26que vous pouvez aller voir sur mon site.
- 30:27J'en suis très contente.
- 30:30Mais par exemple,
- 30:31ça,
- 30:31il y avait tout le tissage pour la veste,
- 30:33le béret que j'ai ici.
- 30:34Donc la veste,
- 30:35elle est là.
- 30:35Je peux vous la montrer.
- 30:36Donc c'est une petite veste.
- 30:37Ah ouais,
- 30:37super.
- 30:37Tu peux aller voir sur Youtube,
- 30:39tous ceux qui sont en audio.
- 30:41Donc ça c'est le tissage Saki-Ori,
- 30:43ou le tissage Ragweaving en fait.
- 30:45Donc Saki-Ori c'est le tissage japonais,
- 30:47mais le Ragweaving en général c'est la même technique,
- 30:49et c'est une technique qui est parce que ça c'est pas vraiment du Saki-Ori on va dire,
- 30:52c'est plus
- 30:54Ragweaving et c'est une technique qui constitue de découper ou arracher des bandelettes de tissu pour les tisser ensemble et créer une texture.
- 31:02Bon sur la vidéo,
- 31:03je sais pas si on peut faire voir.
- 31:05Et donc voilà,
- 31:05donc il y avait tout Par exemple,
- 31:06j'ai tissé.
- 31:07tout ça.
- 31:08Et ensuite,
- 31:09je l'ai teint en indigo,
- 31:10parce que là,
- 31:10c'est teint avec de l'indigo naturel.
- 31:13Et le col est fait en kogin japonais.
- 31:17Donc le kogin,
- 31:17à savoir,
- 31:18ça fait partie,
- 31:19c'est sous le même chapeau que le sashiko,
- 31:23mais c'est une technique du nord du Japon,
- 31:25qui était pratiquée dans le nord du Japon.
- 31:27Et donc,
- 31:28ça,
- 31:29c'est brodé sur le col à la main,
- 31:32qui prend énormément de temps aussi.
- 31:35Ensuite,
- 31:36il y avait la blouse,
- 31:37la blouse qui est faite en shibori le shibori nui,
- 31:41donc c'est une technique le shibori c'est une technique japonaise encore une fois donc j'y peux rien,
- 31:45j'adore les techniques japonaises je suis née dans le mauvais pays je pense,
- 31:49non je suis sûre,
- 31:49je suis née dans le mauvais pays c'est sûr mais donc shibori nui en fait c'est une technique de résistance,
- 31:57de couture de résistance où en fait on va coudre le tissu parce qu'encore une fois je sais pas pourquoi,
- 32:01moi le shibori je trouve ça top mais par contre donne moi une aiguille et je m'éclate encore plus donc Merci.
- 32:06donne-moi une aiguille,
- 32:06et puis là,
- 32:07je pars sur le shiburimi qui va créer des motifs de résistance sur le tissu quand on le teint dans la teinture et qu'on enlève les points.
- 32:17Donc voilà,
- 32:17ça,
- 32:18c'était le résultat.
- 32:19Et en plus,
- 32:20parce que bon,
- 32:20juste ça,
- 32:21ce n'était pas assez drôle.
- 32:22Donc ça,
- 32:22il y avait des heures,
- 32:24j'ai envie de dire même deux jours,
- 32:25où en fait,
- 32:26j'avais un énorme bout de tissu que j'ai cousu.
- 32:31En fait,
- 32:31je faisais tous mes points.
- 32:33Tout simplement comme ça pendant des jours,
- 32:36en fait.
- 32:37Juste pour faire la teinture,
- 32:38d'accord ?
- 32:38Ensuite,
- 32:39il fallait encore...
- 32:39Donc là,
- 32:40parce que j'avais l'idée de travailler les smokes anglais.
- 32:42Parce que là,
- 32:42c'est un peu une chemise...
- 32:43Un peu un smoke anglais en lui-même.
- 32:45Et le smoking anglais,
- 32:47je crois que c'est comme ça qu'on dit en français.
- 32:48Je ne sais pas si en français,
- 32:49on dit smoke.
- 32:50Mais en anglais,
- 32:50c'est smoking.
- 32:51Enfin,
- 32:51je ne sais pas.
- 32:51Mais du coup,
- 32:53le smoking anglais,
- 32:55c'est des techniques de points,
- 32:56de broderie,
- 32:57qui vont contracter le tissu en petits plis,
- 32:59en fait,
- 32:59pour donner de l'élasticité aux vêtements.
- 33:02Je vais parler un petit peu de toutes ces techniques après aussi parce qu'elles ont un point commun aussi.
- 33:06Mais donc ça,
- 33:07ça prend aussi beaucoup de temps,
- 33:09énormément de temps.
- 33:10Et après,
- 33:11les deux autres pièces,
- 33:12je ne les ai pas avec moi parce que je vais avancer à les vendre.
- 33:14Mais j'ai une jupe longue qui est...
- 33:16Comment ?
- 33:17Tu n'avais pas le chapeau aussi dans la pièce ?
- 33:18Non,
- 33:18là,
- 33:18ça ne fait pas partie du même look.
- 33:19Ah,
- 33:19je n'ai pas le même look.
- 33:20Donc ça,
- 33:20c'était...
- 33:21Et après,
- 33:21dans le même look,
- 33:22j'avais aussi une ceinture avec le même type de broderie Kogin.
- 33:27Un béret.
- 33:28avec le même tissage teint avec l'indigo,
- 33:32et une jupe longue portefeuille qui est teinte à l'indigo et entièrement brodée de sashiko d'un côté sur un pan.
- 33:39Donc tout ça,
- 33:39c'est un look.
- 33:41Et c'est parce que là,
- 33:43le travail sur ces pièces,
- 33:44il a été un petit peu dispersé dans le temps,
- 33:49donc je suis incapable de donner exactement.
- 33:51Il y a beaucoup de gens.
- 33:52La question que j'ai le plus souvent,
- 33:53c'est combien de temps ça t'a pris ?
- 33:54Je ne sais pas.
- 33:55Je sais pas,
- 33:55parce que je compte pas mes heures,
- 33:56en fait.
- 33:56Moi,
- 33:57je peux pas.
- 33:57J'ai des journées où,
- 33:58parfois,
- 33:58je travaille 12 heures,
- 33:59en fait,
- 34:00et je me rends pas compte.
- 34:00J'adore ce que je fais.
- 34:02C'est pas forcément super sain,
- 34:04mais voilà.
- 34:05Mais donc ça,
- 34:06ça prend énormément de temps de réaliser juste une seule pièce,
- 34:08et après,
- 34:08les gens,
- 34:09je pense que quand les gens voient ça sur Instagram ou sur le site,
- 34:11ils disent « Ah,
- 34:12ok,
- 34:12il y a un look,
- 34:13c'est sympa,
- 34:14c'est beau » ,
- 34:14tu vois.
- 34:14Et ils ressentent,
- 34:15je pense qu'ils ressentent beaucoup l'émotion qu'il y a derrière.
- 34:16Et le...
- 34:18Comment dire ?
- 34:18Oui,
- 34:19le sentiment que je veux partager à travers ça,
- 34:20parce que le look entier,
- 34:21il raconte une histoire,
- 34:22il raconte quelque chose,
- 34:23en fait.
- 34:23Et les gens le ressentent,
- 34:24mais ils le ressentent,
- 34:26mais ils voient pas le travail qu'il y a derrière,
- 34:28en fait.
- 34:29Et ça,
- 34:30après,
- 34:30bon,
- 34:32c'est pas de leur faute.
- 34:33C'est juste...
- 34:35C'est difficile de comprendre tout ça.
- 34:37C'est parce qu'il faudrait qu'à chaque fois,
- 34:39à côté d'une pièce,
- 34:39on mette le temps passé et que tout le monde fasse ça depuis...
- 34:43Exactement,
- 34:43il faudrait que les gens eux-mêmes aient pratiqué cette technique pour comprendre le travail qu'il y a derrière.
- 34:47Parce que même quelqu'un qui comprend plus ou moins qu'il y a du temps qui a été passé,
- 34:51comment on peut expliquer à quelqu'un qu'on est assis sur une chaise 12 heures de la journée et pendant 4 jours,
- 34:58on travaille sur la même pièce pour faire des petits points,
- 35:00pour faire des petits trucs.
- 35:01C'est quelque chose qu'il faut...
- 35:03Surtout dans notre monde actuel.
- 35:05Exactement.
- 35:05Et donc,
- 35:07il y a plein de tiroirs qui s'ouvrent dans la tête au niveau de...
- 35:10Attends,
- 35:10je te reprends.
- 35:11Oui.
- 35:12Donc,
- 35:12dans le travail que tu faisais,
- 35:14par exemple,
- 35:14tu peux passer quatre jours sur une pièce,
- 35:17tu as parlé,
- 35:17il y a la recherche,
- 35:18il y a l'inspiration,
- 35:19il y a le patronage,
- 35:20il y a parfois la teinture,
- 35:22il y a...
- 35:24Mais tout,
- 35:24la broderie et tout,
- 35:26toute la technique qui va derrière.
- 35:27Et après,
- 35:28oui,
- 35:28bien sûr,
- 35:29pardon.
- 35:29Parce qu'après tout ça,
- 35:30une fois qu'on a réalisé toutes ces pièces,
- 35:31je viens de vous parler,
- 35:32par exemple,
- 35:32avec toutes ces techniques,
- 35:34Après ça,
- 35:34il y a les photos.
- 35:35Il faut prendre toutes les photos.
- 35:36Il faut travailler sur le site.
- 35:38Il faut aller prendre des photos,
- 35:40bien sûr,
- 35:40parce que c'est des vêtements.
- 35:42Ça,
- 35:42c'est un autre truc que je vais aborder.
- 35:44Je suis désolée,
- 35:45je parle de trop de choses.
- 35:47Il faut prendre des photos.
- 35:48Là,
- 35:49les photos,
- 35:49je les prends moi-même.
- 35:50Les vêtements,
- 35:50je les prends aussi sur moi.
- 35:54Je les porte pour prendre des photos.
- 35:55Ce n'est pas un souci.
- 35:56C'est vraiment un souci.
- 35:58J'ai fait le photoshoot avec les mannequins,
- 36:00avec le photographe.
- 36:01Ça prend beaucoup trop de temps.
- 36:02beaucoup trop d'énergie pour juste avoir une tenue,
- 36:05par exemple.
- 36:05Parce que là,
- 36:06c'est tenue par tenue.
- 36:07C'est la façon dont je travaille maintenant.
- 36:08C'est de faire un look,
- 36:09en fait.
- 36:10Par,
- 36:11voilà,
- 36:11une fois de temps en temps,
- 36:12en fait,
- 36:12un look entier.
- 36:15Et juste,
- 36:17ça prend trop de temps de travailler avec d'autres personnes.
- 36:19Donc,
- 36:19en fait,
- 36:19je me dis,
- 36:20autant le faire sur moi.
- 36:21Je fais tout moi-même.
- 36:23Donc,
- 36:23c'est un travail énorme.
- 36:24Parce qu'après,
- 36:24il faut tout éditer.
- 36:25Il faut mettre en ligne.
- 36:25Et après,
- 36:26bien sûr,
- 36:26Instagram.
- 36:27Ou les réseaux sociaux,
- 36:28tout ça.
- 36:29Promouvoir,
- 36:30etc.
- 36:31donc c'est un travail énorme mais j'adore tout le process,
- 36:37j'adore même prendre les vidéos même prendre,
- 36:38bon je déteste prendre des photos mais je veux dire d'éditer parfois de faire créer mes vidéos sur Instagram et d'arriver à donner un sentiment,
- 36:47d'essayer de faire et quand les gens commentent et j'ai une très très bonne communauté sur Instagram,
- 36:51j'en suis très heureuse et tout le monde c'est vraiment des amours quoi et quand ces gens
- 36:57Ils ressentent,
- 36:58ils commentent quelque chose et je sais qu'ils ont ressenti.
- 37:00Et là,
- 37:01pour moi,
- 37:02ça vaut tout l'or du monde.
- 37:04OK,
- 37:04ils n'ont pas acheté une pièce,
- 37:05mais ils l'ont ressenti.
- 37:06Donc,
- 37:07j'ai réussi.
- 37:08Est-ce que la difficulté aussi de vendre,
- 37:10ce n'est pas le fait que ce soit des pièces uniques et qu'acheter en ligne des vêtements,
- 37:15tu ne sais pas si ça va t'aller,
- 37:17tu ne sais pas si les bras vont passer,
- 37:18la taille va passer.
- 37:19Est-ce qu'il y a ça ou pas ?
- 37:21Ou est-ce qu'avec tes points un peu élastiques,
- 37:23ça peut permettre un peu plus de souplesse ?
- 37:26Alors,
- 37:27moi,
- 37:27je trouve que c'est...
- 37:28Ça,
- 37:28c'est un sujet hyper intéressant.
- 37:30Parce que déjà...
- 37:32Bon,
- 37:32au niveau du...
- 37:33Non,
- 37:33je ne pense pas que ce soit un problème au niveau d'acheter en ligne.
- 37:35Parce que déjà,
- 37:36toutes les mesures sont beaucoup plus détaillées que si on achetait quelque chose sur H&M ou sur Zara ou je ne sais quoi.
- 37:41Parce que je mets toutes les mesures.
- 37:42Et en plus de ça,
- 37:44c'est très clairement expliqué que si jamais il y a un doute,
- 37:47on peut me contacter.
- 37:48J'offre aussi la possibilité de retour que je n'ai jamais eue,
- 37:52d'ailleurs.
- 37:52Jamais personne ne m'a renvoyé un article.
- 37:57donc voilà il y a cette possibilité,
- 37:59on peut me contacter on peut discuter avant je sais que c'est un gros achat donc voilà moi je pense pas que ce soit le problème par contre quelque chose qui est très difficile,
- 38:11déjà j'ai expliqué au tout début,
- 38:12c'est très difficile d'expliquer ce que je fais,
- 38:15quand les gens me demandent qu'est-ce que tu fais,
- 38:16je sais pas,
- 38:17donc en fait je me suis calée sur artiste textile on va dire mais je pense que ce qui est très difficile
- 38:24c'est de faire des vêtements,
- 38:26en fait,
- 38:26de créer des vêtements et de les vendre en tant qu'artiste textile.
- 38:30Parce que je pense que quand on crée des vêtements qui sont portables,
- 38:37avec des techniques traditionnelles,
- 38:40les gens ne vont pas voir ça comme de la haute couture,
- 38:42les gens ne vont pas forcément voir ça comme de l'art.
- 38:45Parce qu'encore une fois,
- 38:46en fait,
- 38:46ils ne savent pas tout le processus qu'il y a derrière,
- 38:48toute la pensée et l'inspiration que ça prend de créer ces pièces.
- 38:51Et donc,
- 38:52on ne va pas voir ça comme de l'art.
- 38:53alors que par exemple si j'utilise toutes ces compétences pour faire quelque chose que je peux accrocher au mur là je vais pouvoir vendre ça pour 4000 euros peut-être je sais pas,
- 39:02bon voilà j'exagère peut-être mais c'est pour illustrer que si je décide,
- 39:06parce qu'il y a beaucoup d'artistes textiles qui voilà,
- 39:08ces artistes textiles ils accrochent des pièces qui sont voilà au mur et là immédiatement dans l'esprit de tout le monde je pense que voilà c'est de l'art mais par contre parce que c'est une veste qu'on peut la porter,
- 39:19ça vaut moins
- 39:21après je vais pas ça c'est quelque chose que je pense qu'il faut déconstruire aussi toute cette idée parce que je trouve que c'est impossible pour moi de me placer en fait parce que ce que je crée je suis pas une marque parce que les gens ils me disent mais c'est quoi ta marque c'est pas une marque
- 39:36Parce que je crée des choses uniques.
- 39:37Donc,
- 39:38c'est pas...
- 39:39Je ne vais pas...
- 39:40Je ne produis nulle part.
- 39:41Et je ne suis pas de l'art en mode...
- 39:43Je ne sais pas,
- 39:45même aussi des trucs de haute couture,
- 39:47on va dire.
- 39:47Parce que là,
- 39:47c'est aussi...
- 39:48Il y a des choses qui sont importables,
- 39:49par exemple.
- 39:50Parce qu'après,
- 39:50je n'ai rien contre.
- 39:50Mais par exemple,
- 39:51des designers comme Iris Van Erpen,
- 39:53incroyable.
- 39:54Mais ça,
- 39:54ça relève de la sculpture.
- 39:55Donc,
- 39:55c'est vraiment...
- 39:57Quand on regarde ça,
- 39:58on dit,
- 39:58waouh,
- 39:58c'est de l'art.
- 39:59Oui.
- 40:00Parce qu'il y a ce côté très impressionnant,
- 40:03sculpté,
- 40:04importable qu'on va regarder.
- 40:06Mais quand on veut avoir quelque chose qui est portable,
- 40:08ça demande un certain œil.
- 40:09Ça demande quelqu'un qui connaisse le savoir-faire qu'il y a derrière,
- 40:13la création qu'il y a derrière,
- 40:14pour savoir que oui,
- 40:15cette pièce,
- 40:16elle vaut beaucoup.
- 40:17Elle vaut beaucoup parce qu'il y a ça.
- 40:19Parce qu'il y a ce temps.
- 40:21Si je te pose la question,
- 40:22est-ce que dans ton prix de vente,
- 40:25il y a tes heures passées ?
- 40:27Mes prix de vente,
- 40:28c'est...
- 40:29Non,
- 40:30non.
- 40:30Mes prix de vente,
- 40:31je vends mes pièces à moitié prix.
- 40:35Oui,
- 40:35et j'ai beaucoup lutté,
- 40:37et ça,
- 40:37ça fait partie aussi de...
- 40:39Donc ça,
- 40:39j'ai beaucoup lutté aussi pendant...
- 40:42Je lutte encore,
- 40:43ça fait 6 ans que je lutte avec mes prix,
- 40:44mais ça n'a pas arrêté,
- 40:45où en fait,
- 40:46je mets mes prix un petit peu...
- 40:47Voilà,
- 40:48j'ai commencé avec des prix très bas,
- 40:49mais après,
- 40:50c'était vraiment n'importe quoi.
- 40:51J'ai mis mes prix plus haut,
- 40:52mais je me disais,
- 40:53mais c'est trop haut,
- 40:53les gens ne vont pas pouvoir,
- 40:54parce qu'après,
- 40:55ce qui me fait plaisir aussi,
- 40:56c'est de pouvoir offrir des pièces comme ça à des gens qui n'ont pas forcément les moyens de s'acheter justement des pièces qui valent 2000 balles.
- 41:03Au final,
- 41:03ils ont quelque chose d'unique,
- 41:04de magnifique.
- 41:05Et je sais qu'ils vont en profiter.
- 41:06Je sais qu'ils sont très contents de leur pièce et qu'ils vont l'apporter.
- 41:09Et ça,
- 41:09ça me fait plaisir.
- 41:10Parce qu'encore une fois,
- 41:10je ne suis pas une personne matérialiste.
- 41:13Donc,
- 41:13je pense que je suis la pire personne pour me vendre.
- 41:15Je pense que là,
- 41:15c'est clair.
- 41:17Mais toutes,
- 41:17vous êtes toutes.
- 41:18Mais après,
- 41:19quand on est créatif,
- 41:19on ne peut pas se vendre.
- 41:20Ça,
- 41:21ça va main dans la main.
- 41:22Ce n'est pas possible.
- 41:23C'est tout.
- 41:24On ne sait pas se marketer.
- 41:25Non,
- 41:26ce n'est pas possible.
- 41:26Vous ne savez pas vous marketer.
- 41:27Mais en fait,
- 41:28vous en avez besoin.
- 41:29Parce que si tu veux continuer et faire encore plus et aller plus loin,
- 41:32il faut quand même que tu puisses vivre.
- 41:34Non,
- 41:34parce qu'en fait,
- 41:36si je me markete,
- 41:37on va dire,
- 41:37si je commence à travailler avec quelqu'un qui va me dire,
- 41:39ok Sophie,
- 41:39tu sais quoi,
- 41:40pour pouvoir faire des sous,
- 41:41il va falloir que tu crées plus de ça,
- 41:43que tu trouves tes petits pains,
- 41:45que tu fasses plus de ça.
- 41:46Et là,
- 41:46qu'est-ce qu'on fait ?
- 41:47Là,
- 41:47on bascule sur,
- 41:49je crée des choses parce qu'elles vont se vendre.
- 41:52Et là,
- 41:52il n'y a plus d'âme.
- 41:53Il n'y a plus de créativité.
- 41:54Il n'y a plus de créativité,
- 41:55il n'y a plus d'âme.
- 41:56Si on est à la pression pour avoir de l'argent,
- 41:59si il y a la pression de gagner de l'argent derrière ce qu'on fait,
- 42:02ce n'est plus possible.
- 42:03Après,
- 42:03il faudrait des commandes.
- 42:05Des commandes de musées,
- 42:08d'hôtels,
- 42:10d'influences.
- 42:11Oui,
- 42:11des grosses commandes.
- 42:13Mais ça,
- 42:14c'est compliqué.
- 42:15C'est compliqué parce qu'encore une fois,
- 42:16ce qu'on fait,
- 42:17c'est des vêtements.
- 42:18Ce que je fais,
- 42:18c'est des vêtements.
- 42:19C'est des vêtements qui sont portables,
- 42:20qui ont l'air très portables,
- 42:23qui ont l'air très,
- 42:25j'ai envie de dire,
- 42:25ordinaires d'un côté.
- 42:26Même si c'est très beau,
- 42:28le look est très beau,
- 42:29mais ça reste des pièces en coton.
- 42:33Là,
- 42:33tu rabaises ton travail.
- 42:35Donc,
- 42:35s'il y a des personnes,
- 42:36des influenceuses,
- 42:38des...
- 42:38je ne sais pas,
- 42:39qui passent par hasard,
- 42:40on ne sait jamais.
- 42:41Mais en fait,
- 42:42c'est ça aussi.
- 42:43Moi,
- 42:43des fois,
- 42:43je dis,
- 42:44quand on est en table ronde,
- 42:46je dis,
- 42:46mais en fait,
- 42:46il nous faudrait une influenceuse qui s'habille que en teinture végétale.
- 42:49Ah non,
- 42:49par contre,
- 42:50non.
- 42:51Mais tu sais,
- 42:52ça passe par là.
- 42:53Non,
- 42:53moi,
- 42:53je ne travaille pas avec des influenceurs.
- 42:55Ah non,
- 42:57J'ai eu des demandes.
- 42:58J'ai eu des demandes.
- 42:58C'est vrai ?
- 42:59Mais non.
- 42:59Oui,
- 42:59bien sûr.
- 43:00J'ai eu des demandes d'influenceurs qui voulaient porter mes pièces.
- 43:03Au final,
- 43:03déjà,
- 43:03c'est très rare que cette personne représente mes valeurs,
- 43:09déjà.
- 43:09Donc,
- 43:09c'est déjà non.
- 43:10Oui,
- 43:10ça,
- 43:10on est d'accord.
- 43:10Mais en plus,
- 43:12mes pièces,
- 43:13elles sont destinées à être portées par la personne qui va l'acheter,
- 43:15qui va l'avoir.
- 43:16Pas une personne entre deux pour essayer de faire de la pub.
- 43:19Non.
- 43:20Non.
- 43:20Mais elle l'achète,
- 43:20mais c'est elle qui l'achète.
- 43:22Ah,
- 43:22si l'influenceur la jette,
- 43:23oui,
- 43:23dans ce cas-là,
- 43:24pourquoi pas.
- 43:25Mais non,
- 43:26de prêter les vêtements,
- 43:26moi je pensais dans le thème de prêter les vêtements.
- 43:28Je te parlais qu'il y en a une qui se disent,
- 43:30waouh,
- 43:30c'est hyper original,
- 43:31c'est singulier,
- 43:32moi je veux démarquer,
- 43:34c'est ça.
- 43:34Non,
- 43:34non,
- 43:35pas leur donner,
- 43:35bien sûr que non.
- 43:38Oui,
- 43:39par rapport au prix,
- 43:39par rapport à gagner de l'argent,
- 43:41etc.
- 43:41Donc c'est drôle que tu mentionnes tout ça aussi parce que...
- 43:45En fait,
- 43:46j'ai envie de parler un petit peu des cours maintenant,
- 43:48des cours que j'ai donnés.
- 43:49C'est exactement la transition qu'on peut faire.
- 43:50Parce que toi,
- 43:51tu as trouvé une astuce pour aussi ouvrir,
- 43:55on va dire...
- 43:56Oui,
- 43:56mais non.
- 43:57Oui,
- 43:57mais non.
- 43:58Parce qu'en fait...
- 43:59Alors déjà,
- 44:00le fait de donner des cours de Sashiko,
- 44:01je n'avais pas forcément envie à la base.
- 44:03Parce que,
- 44:05voilà,
- 44:05niveau appropriation culturelle,
- 44:07en fait,
- 44:07je me dis,
- 44:07je suis une fille française,
- 44:09je ne suis pas japonaise.
- 44:11Je suis qui,
- 44:11moi,
- 44:11pour donner des cours de Sashiko japonais ?
- 44:13Vraiment.
- 44:14Et donc ça me posait problème,
- 44:16mais j'ai eu beaucoup beaucoup de demandes,
- 44:18donc j'ai vraiment une grande communauté,
- 44:20et beaucoup de gens me suppliaient,
- 44:23me demandaient vraiment encore encore pour des cours,
- 44:25au final j'ai dit ok,
- 44:26pourquoi pas.
- 44:27Mais je vais approcher ça vraiment d'une façon très respectueuse.
- 44:30Parce qu'après,
- 44:31donc vraiment dans les cours que je donne,
- 44:32donc c'est le cours de C'est Beginner,
- 44:36donc vous pouvez le voir aussi sur mon site,
- 44:37parce que maintenant j'ai une version enregistrée,
- 44:39avant je les faisais en personne,
- 44:40après j'ai évolué en live en ligne sur Zoom,
- 44:43enfin sur Microsoft Teams,
- 44:45peu importe.
- 44:47Mais en fait c'est un cours de 3 heures où j'enseigne les bases du Sashiko,
- 44:53mais de toute façon je passe aussi beaucoup de temps à parler de l'histoire,
- 44:56d'où ça vient.
- 44:58pour essayer de rendre justice,
- 45:00de faire justice aux gens,
- 45:02à toutes ces cultures qui l'ont pratiquée,
- 45:04à toutes ces personnes,
- 45:05tous ces artisans qui l'ont pratiquée,
- 45:07parce que c'est des origines très très armes.
- 45:09On n'a pas encore parlé non plus de toutes les techniques ou d'où ça vient,
- 45:12mais je ne sais pas si on aura le temps.
- 45:13Il faut qu'on en parle.
- 45:15Oui,
- 45:15mais ça ce sera après.
- 45:18Voilà.
- 45:19J'ai vraiment passé beaucoup de temps à...
- 45:23juste à mettre en place quelque chose qui soit respectueux,
- 45:25je me suis passé tout le cours à parler de l'histoire mais je voulais que ça soit là je parle aussi d'appropriation culturelle pendant mon cours je pense que ça on va en parler aussi plus tard parce que c'est un sujet aujourd'hui qui a beaucoup changé mais donc ça j'en parle aussi dans mes cours et après je
- 45:42passe en revue tous les matériaux qu'il faut exactement pour pouvoir et toutes les techniques qu'il faut pour pouvoir pratiquer le Sashiko,
- 45:49comprendre ce qu'on fait en fait mais
- 45:51techniquement ce cours c'est vraiment je corrige toutes les erreurs que j'ai fait dans mon apprentissage en fait et je vous donne toutes les cartes en main pour pouvoir réussir pour pouvoir avoir un bon sentiment et de se sentir aussi respectueux de la tradition,
- 46:06de la culture légitime par la connaissance c'est ça aussi peut-être pas 100%
- 46:13légitime parce que c'est vraiment un sujet qui me préoccupe beaucoup l'appropriation culturelle et j'en parlerai aussi Merci.
- 46:23Donc là les cours j'ai fait ça Et il y avait vraiment une grosse audience Un gros besoin
- 46:29Parce qu'encore une fois
- 46:30Je vous parle à ce moment là Au moment où j'ai décidé de donner des cours C'était le moment où le Sashiko a commencé à décoller sur Instagram Sur les réseaux
- 46:37Donc là j'ai eu une demande énorme
- 46:40Et j'ai pu donner des cours
- 46:43J'avais le cours de débutant
- 46:46Mais j'ai pu évoluer
- 46:48Vers un cours un peu plus avancé Avec un projet
- 46:51Et il y avait aussi de la demande,
- 46:53c'était très bien.
- 46:55Et aussi,
- 46:56à travers tous ces cours,
- 46:57j'ai rencontré des personnes du monde entier,
- 46:58parce que ces cours,
- 46:59c'était à l'international,
- 46:59j'ai oublié de préciser.
- 47:01Mais donc,
- 47:03j'ai rencontré des gens d'absolument partout dans le monde,
- 47:05des gens avec qui je suis encore en contact aujourd'hui,
- 47:07alors que ça fait des années que je les ai rencontrés.
- 47:09Il y a eu un petit clin d'œil à Francky,
- 47:13qui est de Virginie,
- 47:15et qui a voyagé jusqu'à La Haye pour assister à un atelier que j'ai fait en personne.
- 47:21qui a passé un week-end de 3 jours juste pour pouvoir me voir et apprendre de Sashiko.
- 47:24Donc,
- 47:25Francky,
- 47:25je l'adore.
- 47:26Elle est incroyable.
- 47:27Donc,
- 47:28petit bisou,
- 47:28même si je sais qu'elle ne va pas écouter ce podcast.
- 47:31Mais voilà,
- 47:31pour dire,
- 47:32en fait,
- 47:32j'ai rencontré des personnes qui sont incroyables et que je vois encore aujourd'hui.
- 47:37Voilà,
- 47:37avec qui j'envoie des e-mails.
- 47:39Voilà,
- 47:39j'échange encore aujourd'hui.
- 47:40Mais,
- 47:42donc ça,
- 47:42c'était très,
- 47:43très,
- 47:43très bien.
- 47:44Et,
- 47:45en fait,
- 47:45si je remarque,
- 47:46j'ai donné des ateliers pendant quoi ?
- 47:48Deux ans,
- 47:49plus de deux ans.
- 47:50Et aussi,
- 47:51j'ai entendu de beaucoup de personnes que j'étais une professeure.
- 47:54J'étais vraiment top.
- 47:56Je savais vraiment bien enseigner.
- 47:58Parce que j'ai la tchatche aussi.
- 48:00Je sais comment déconstruire les techniques pour les rendre accessibles.
- 48:05Ça,
- 48:06c'est précieux.
- 48:06Exactement.
- 48:07Et donc,
- 48:07ça,
- 48:08c'est ce qui a plu aussi aux gens.
- 48:09C'est pour ça que les gens qui avaient suivi mon cours de débutant sont revenus pour mon cours avancé.
- 48:13C'était les mêmes personnes.
- 48:14Et ils sont revenus pour mon cours aussi,
- 48:15parce que là,
- 48:15j'avais fait un cours pour déconstruire le Moyosashi,
- 48:19c'est une technique de Sashiko aussi,
- 48:22pour pouvoir apprendre à avoir une autonomie créative,
- 48:28une liberté un peu plus créative,
- 48:31au lieu d'utiliser les petits stencils,
- 48:34les petits kits de Sashiko qui sont déjà faits,
- 48:36où on trace dans les petits...
- 48:37En fait,
- 48:37là,
- 48:37ça donne l'autonomie de tracer les patrons avec une règle,
- 48:40avec un crayon,
- 48:41sur les tissus.
- 48:42Et de pouvoir être vachement plus créatif qu'en utilisant d'autres petits outils.
- 48:48Donc voilà,
- 48:49ça j'ai commencé,
- 48:50j'ai revu les mêmes personnes,
- 48:51c'était super.
- 48:52Mais j'en arrive à un point aujourd'hui où c'est drôle,
- 48:55parce que si on avait fait ce podcast il y a un mois,
- 48:59j'aurais dit quelque chose de complètement différent.
- 49:02Mais là,
- 49:03j'en arrive à un tournant où je pense faire un break des ateliers,
- 49:08de l'enseignement pendant un moment.
- 49:10Parce que je me suis rendue compte que...
- 49:12Donc au début,
- 49:12quand j'ai commencé à enseigner le Sashiko,
- 49:17ça venait d'une demande déjà de ma communauté,
- 49:19qui voulait apprendre par moi,
- 49:21qui était inspirée parce que moi,
- 49:23parce que je faisais par mon art,
- 49:25et qui voulait avoir mon approche par rapport à tout ça.
- 49:30Et c'est ce que j'ai fait.
- 49:31C'est ce que j'ai fait.
- 49:31Et j'ai enseigné à toutes les personnes qui étaient intéressées,
- 49:33je pense.
- 49:34Mais aujourd'hui,
- 49:35on arrive à un point où le Sashiko est tellement populaire.
- 49:38Et maintenant,
- 49:39quand on va sur les réseaux,
- 49:40quand on va sur Instagram,
- 49:41sur TikTok ou je ne sais où,
- 49:42les cours de Sashiko,
- 49:43il y en a plein.
- 49:45Donc,
- 49:45il y a des cours,
- 49:46les ressources,
- 49:47ce n'est plus du tout les mêmes que ce que moi,
- 49:50j'avais il y a 10 ans de ça.
- 49:51Il y a 10 ans,
- 49:52il n'y avait rien comparé à maintenant.
- 49:53Et là,
- 49:54maintenant,
- 49:54on va sur YouTube,
- 49:55on va sur...
- 49:57Mais sur tous les réseaux,
- 49:57on peut trouver des tutos,
- 49:58on peut trouver des choses.
- 49:59faite par des personnes très compétentes ou des personnes qui font ça aussi pour avoir l'effet de mode et pour pouvoir gagner sur les réseaux sociaux pour pouvoir gagner de la vue donc ça c'est en fait il y a trop de tout maintenant en fait et je me dis il n'y a plus trop de demandes c'est ce que je remarque aussi c'est que les gens participent
- 50:22moins à mes ateliers moi il faut savoir aussi que ça me demande énormément de temps de préparer les ateliers parce qu'en fait je lâche pas les gens avec juste de...
- 50:29Voilà.
- 50:31Je les accompagne vraiment,
- 50:32en fait.
- 50:33Oui,
- 50:33mais généreusement,
- 50:33on accompagne.
- 50:35Exactement.
- 50:35Et j'offre aussi des ressources,
- 50:38du matériel.
- 50:38Et je suis là vraiment pour n'importe quelle question après.
- 50:40Enfin,
- 50:41voilà.
- 50:41Donc,
- 50:42en fait,
- 50:42parce que j'avais l'idée,
- 50:43j'avais eu l'idée l'année dernière,
- 50:45et j'avais mis ça en place en janvier 2026,
- 50:48de créer une communauté énorme.
- 50:49Parce que vraiment,
- 50:50le côté de communauté,
- 50:51en fait,
- 50:51c'est vraiment...
- 50:52J'ai appris à connaître tellement de personnes intéressantes du monde entier.
- 50:55Et je voulais regrouper toutes ces personnes.
- 50:57parce que
- 50:58C'était trop drôle,
- 50:58je me disais,
- 50:59mais il y a cette personne qui est en Californie,
- 51:00et elle s'entendrait tellement bien avec cette personne qui est en Allemagne,
- 51:02parce que vraiment,
- 51:03ils ont la tchèche,
- 51:04ils ont les mêmes types de caractères.
- 51:06Donc je me dis,
- 51:06mais ce serait incroyable,
- 51:07et je peux vraiment donner ça aux gens,
- 51:08en fait.
- 51:08Et je voulais créer cet aspect communauté,
- 51:10où je me suis dit,
- 51:10je vais pouvoir mettre mes cours enregistrés,
- 51:12mes cours live,
- 51:13et je voulais aussi organiser un stitching club.
- 51:15Donc c'est un petit club de couture,
- 51:17où en fait,
- 51:17n'importe qui peut venir avec sa broderie,
- 51:21son tricot,
- 51:22son projet.
- 51:22Une activité créative.
- 51:24Et partager avec des gens en ligne pendant trois heures.
- 51:27Bon,
- 51:27ça peut pas être...
- 51:28C'est pas forcément trois heures en tout,
- 51:30mais ça peut être une heure,
- 51:30voilà,
- 51:31dans les trois heures.
- 51:31Mais c'est un petit créneau où,
- 51:33en fait,
- 51:34on arrive,
- 51:34on se pointe avec son projet,
- 51:36on discute avec des gens,
- 51:37on échange des techniques,
- 51:38on échange des inspirations,
- 51:40on échange sur la vie,
- 51:41en général.
- 51:42Parce qu'on a tous les mêmes ressentis.
- 51:44Et voilà,
- 51:44et on sort avec le sourire.
- 51:45Et c'est ça que je voulais créer.
- 51:47C'était une plateforme avec tout ça.
- 51:48Donc,
- 51:48j'ai fait ça en janvier.
- 51:49Et en fait,
- 51:50je me rends compte qu'il y a des choix à faire.
- 51:54Donc déjà,
- 51:54parce qu'au niveau des ateliers,
- 51:55je me rends compte que c'est plus vraiment,
- 51:57qu'il n'y a plus vraiment de demandes.
- 51:58Et en fait,
- 51:59j'ai poussé les ateliers parce que pendant,
- 52:01en fait,
- 52:01quand j'ai fait les ateliers,
- 52:02j'étais capable de vivre de ce que je faisais grâce aux ateliers.
- 52:05Je ne vais pas mentir.
- 52:07C'était vraiment grâce aux ateliers.
- 52:09Sauf que là,
- 52:12je me suis aussi beaucoup poussée.
- 52:13Les ateliers,
- 52:13ça me demandait énormément de temps de préparation,
- 52:16de follow-up avec les emails,
- 52:17avec tout,
- 52:18avec vraiment,
- 52:20c'était très prenant.
- 52:20C'était un métier.
- 52:22à part entière.
- 52:22Et moi,
- 52:23mon métier,
- 52:23c'était de créer des pièces déjà,
- 52:24en fait.
- 52:25Donc là,
- 52:25je me rajoutais encore une autre casquette.
- 52:27Et donc,
- 52:29de voir que là,
- 52:30en fait,
- 52:30je pense que là,
- 52:31ce mois dernier,
- 52:32j'ai réalisé à quel point je me poussais.
- 52:34Et de créer cette communauté,
- 52:37autant que ce soit une très très bonne intention et que j'adore l'idée,
- 52:40je pense faire un break des ateliers.
- 52:42Et ça veut dire que je serais peut-être plus capable de vivre de ce que je fais.
- 52:47Et c'est pas grave.
- 52:49Parce que là,
- 52:50je veux récupérer un petit peu de ma...
- 52:51créativité et un petit peu de mon temps pour pouvoir me concentrer sur les techniques que je veux développer,
- 52:56les textures que je veux créer.
- 52:57Je pourrais me concentrer sur mon art,
- 52:58en fait,
- 52:58sur mon côté,
- 53:00sur ma sensibilité.
- 53:02Ouais,
- 53:02tu vas te recharger pour pouvoir après reprendre une deuxième vague de transmission.
- 53:06Peut-être.
- 53:06Ça ne veut pas dire que je vais arrêter les ateliers pour de bon,
- 53:10mais ça veut dire que là,
- 53:11pour l'instant,
- 53:12on a atteint un point aussi avec le Sashiko où je n'ai pas envie de faire partie de cette vague du bruit.
- 53:19Voilà,
- 53:19exactement.
- 53:20Parce que là,
- 53:20il y a beaucoup trop de tout sur le Sashiko quand on est en ligne.
- 53:24Et je ne veux pas faire partie de ce monde.
- 53:26Et ça me fait aussi beaucoup réfléchir.
- 53:28Donc là,
- 53:29sur l'appropriation culturelle,
- 53:30si on peut juste faire une petite parenthèse là-dessus aussi.
- 53:33Mais en fait,
- 53:35c'est quelque chose.
- 53:36Donc ça,
- 53:37c'est vraiment un sujet qui me tient à cœur et qui me tracasse depuis le début de toute façon.
- 53:48Parce que je suis française et je suis tombée amoureuse de beaucoup de techniques japonaises.
- 53:53Donc je suis réduite la plupart du temps aussi à la fille qui fait du sashiko.
- 53:58Là,
- 53:59je vais faire une retraite,
- 54:00par exemple,
- 54:00dans le sud de la France.
- 54:02Et cette retraite,
- 54:03on a organisé tout ça.
- 54:04Et bien sûr,
- 54:05moi,
- 54:05je voulais que cette retraite soit une expérience.
- 54:06Parce que c'est une semaine dans le sud de la France où je suis là.
- 54:10Je suis l'artiste et il y a des personnes qui sont là pendant une semaine et tout est inclus.
- 54:13Donc voilà,
- 54:13en fait,
- 54:14c'est vraiment...
- 54:15Quand ces personnes arrivent,
- 54:16elles n'ont plus à sortir leur portefeuille,
- 54:17elles n'ont plus à se soucier de rien.
- 54:18Pendant une semaine,
- 54:19tout est fait pour qu'elles...
- 54:21En charge.
- 54:21Voilà,
- 54:21tout est pris en charge.
- 54:23Et moi,
- 54:23je suis là pour aussi les immerser dans mon monde.
- 54:27Et leur apprendre le sashiko,
- 54:30la réparation,
- 54:31faire des projets avec le sashiko.
- 54:32Mais aussi l'indigo,
- 54:33l'attention naturelle et le shibori.
- 54:35Et de faire des petits projets ensemble,
- 54:37etc.
- 54:38Donc en fait,
- 54:38quand on cherchait un titre,
- 54:39etc.
- 54:40pour cette retraite,
- 54:41la dame qui est organisée,
- 54:42elle me dit,
- 54:43ah bon,
- 54:43on va faire les textiles japonais.
- 54:46Et c'est pas faux,
- 54:47c'est pas faux.
- 54:48Voilà,
- 54:49ça reste des techniques japonaises.
- 54:50Mais j'utilise des techniques japonaises,
- 54:55mais en fait,
- 54:56l'immersion,
- 54:56c'est pas l'immersion dans les textiles japonais,
- 54:58c'est l'immersion dans mon monde.
- 54:59C'est dans ma vision.
- 55:01Et comment on utilise ces techniques ?
- 55:02Enfin,
- 55:03comment moi j'utilise ces techniques ?
- 55:04Voilà,
- 55:04c'est...
- 55:05Et donc,
- 55:06en fait,
- 55:06ça,
- 55:06c'est quelque chose qui me tracasse un peu.
- 55:09Parce qu'en fait,
- 55:09c'est...
- 55:11Est-ce que...
- 55:12Enfin,
- 55:12voilà.
- 55:13En fait,
- 55:13est-ce que je participe à...
- 55:17Bon,
- 55:17là,
- 55:17le...
- 55:17Enfin,
- 55:17voilà.
- 55:17Donc,
- 55:18c'est...
- 55:18C'est trop compliqué à expliquer.
- 55:20Non,
- 55:20vas-y,
- 55:20vas-y.
- 55:21Prends ton temps.
- 55:21On a le temps.
- 55:24Est-ce que tu participes à...
- 55:26À ce qui ne va pas.
- 55:27À effacer la culture japonaise.
- 55:29Parce qu'en fait,
- 55:29donc...
- 55:31Alors,
- 55:31le truc,
- 55:31c'est ce que j'explique aussi dans mes cours,
- 55:33c'est qu'il y a clairement de l'appropriation culturelle avec le sashiko.
- 55:36Quand on regarde,
- 55:37déjà aujourd'hui,
- 55:38c'est affolant.
- 55:39Il y a des tissus qui sont juste imprimés avec des motifs qui vont être appelés sashiko.
- 55:43C'est pas du sashiko.
- 55:45Il y a des grandes marques qui vont juste utiliser les broderies pour...
- 55:49Voilà,
- 55:49parce que c'est à la mode,
- 55:50c'est devenu une mode.
- 55:51Donc vraiment,
- 55:51maintenant,
- 55:51on le voit partout,
- 55:52le sashiko.
- 55:53Parfois,
- 55:53il y a des marques qui impriment.
- 55:55Parfois,
- 55:55il y a des marques qui brodent à la machine.
- 55:58Il faut savoir que le sashiko,
- 55:59c'est fait à la main.
- 56:00On ne fait pas le Sashiko à la machine.
- 56:02Et qui vont appeler ça du Sashiko.
- 56:04Et ça,
- 56:04ça efface la tradition qu'il y a derrière.
- 56:07Ça efface l'effort de la culture,
- 56:10en fait.
- 56:11De la tradition,
- 56:12quoi.
- 56:13De la façon de pratiquer,
- 56:14etc.
- 56:15Et c'est ça...
- 56:16Donc ça,
- 56:17c'est vraiment...
- 56:19Voilà.
- 56:19Et en fait,
- 56:20aujourd'hui,
- 56:20c'est aussi différent parce que quand on voit tout ce que...
- 56:23Parce que voilà,
- 56:23vraiment,
- 56:25sur les réseaux,
- 56:25c'est une façon maintenant de gagner.
- 56:30de la notoriété sur les réseaux,
- 56:31c'est devenu une technique comme ça,
- 56:32où vraiment,
- 56:33voilà,
- 56:34les gens qui vont faire le buzz avec des kits,
- 56:39avec des trucs,
- 56:40avec des effets mode,
- 56:41en fait.
- 56:41Et en fait,
- 56:41moi,
- 56:42je vois tout ça,
- 56:42et je me dis,
- 56:43est-ce que je fais partie du problème ?
- 56:45Et je me pose,
- 56:46je sais que le fait que je me pose cette question,
- 56:49ça veut dire que j'en fais pas partie.
- 56:52Et c'est quelque chose que
- 56:53Atsushi
- 56:55Futetsuya il faut tout...
- 56:58Futatsuya,
- 56:59pardon,
- 57:01l'explique aussi.
- 57:01Donc cette personne,
- 57:03c'est un japonais qui pratique le sashiko et qui est un des grands défendeurs aussi de la culture du sashiko japonais.
- 57:12Il a d'ailleurs sorti un livre que je recommande.
- 57:15Il est sorti là.
- 57:16Alors le titre exact.
- 57:18Sashiko,
- 57:18the untold story.
- 57:23Ça,
- 57:24c'est le nom de son livre qui vient tout juste de sortir et que je compte lire.
- 57:28C'est sur ma liste.
- 57:31Lui,
- 57:31il parle beaucoup.
- 57:32Il explique très clairement aussi l'appropriation culturelle et le fait d'effacer la culture japonaise en s'appropriant le sashiko.
- 57:43C'est compliqué,
- 57:44en fait.
- 57:44Il y a des façons d'interpréter peut-être ce qu'il dit.
- 57:46Moi,
- 57:46je le prends un peu trop à cœur peut-être.
- 57:48Je me dis que je fais vraiment partie du problème alors que non.
- 57:51Mais c'est quelque chose qui me...
- 57:54Je sais pas...
- 57:55Ouais,
- 57:57ça te perturbe.
- 57:57Ça me perturbe,
- 57:58parce que je ne sais pas si je fais partie du problème.
- 58:00Parce que le fait,
- 58:00par exemple,
- 58:01moi,
- 58:01en fait,
- 58:01la façon dont j'utilise le sashiko,
- 58:03je le modernise,
- 58:04on va dire.
- 58:05Parce que,
- 58:06par exemple,
- 58:07là,
- 58:07c'est un petit chapeau sur lequel je suis en train de travailler.
- 58:09Petit bob.
- 58:11Et par exemple,
- 58:11ça.
- 58:12Un design comme ça.
- 58:13Donc c'est drôle.
- 58:14Moi,
- 58:14j'adore.
- 58:15Mais c'est pas du pur traditionnel,
- 58:17parce qu'en fait...
- 58:18Il y a beaucoup de gens qui pratiquent le sashiko et qui font des designs très japonisants.
- 58:22Et moi,
- 58:23je ne pense pas avoir fait de design japonisant dans mes créations.
- 58:29Tu t'inspires d'une technique.
- 58:30Mais pour moi,
- 58:30ce n'est pas contribuer à l'effacement.
- 58:33C'est au contraire t'inspirer d'une technique.
- 58:36Et en plus,
- 58:37tu as expliqué que dans tes formations,
- 58:38tu reparlais de l'histoire,
- 58:42de l'origine,
- 58:43etc.
- 58:44Et tu te poses cette question,
- 58:45mais qui est à juste titre.
- 58:46Tu as raison,
- 58:47ça veut vraiment dire...
- 58:48C'est comme on se disait,
- 58:49si tu te poses la question,
- 58:50c'est que tu ne fais pas partie du problème.
- 58:52Oui,
- 58:52je pense aussi,
- 58:53mais je pense que c'est très bien de se poser la question.
- 58:55Je pense que déjà,
- 58:58c'est un questionnement que je dois garder,
- 58:59parce que là,
- 59:00c'est ça aussi qui m'a aidée à prendre la décision par rapport aux ateliers.
- 59:03En fait,
- 59:03je me dis,
- 59:04je ne veux pas faire partie de cet effet de mode.
- 59:07Même si j'ai commencé à donner des ateliers,
- 59:08à donner des cours avant que ça se produise,
- 59:12je veux m'éloigner de ça,
- 59:14de cet effet.
- 59:15et aussi peut-être en...
- 59:17Peut-être qu'en faisant ça,
- 59:18je veux aussi m'éloigner de cette image de c'est la fille qui fait du sashiko,
- 59:21c'est la fille qui fait des trucs japonais.
- 59:24Ouais,
- 59:24d'accord.
- 59:24Parce que ça,
- 59:25c'est pas moi.
- 59:26Moi,
- 59:26j'ai mon monde.
- 59:27J'ai mon univers.
- 59:28J'ai...
- 59:28Voilà.
- 59:28Et c'est pas...
- 59:30Et tu utilises et tu t'inspires...
- 59:32Exactement.
- 59:32...de techniques japonaises.
- 59:34Tu as tes couleurs.
- 59:35L'indigo,
- 59:36on va en parler.
- 59:36Tu as tes techniques,
- 59:37on va en parler.
- 59:38Mais c'est pas que le sashiko et ses paradis.
- 59:40Exactement.
- 59:41Mais laisse-moi d'ailleurs te...
- 59:42Ouais,
- 59:43t'expliquer aussi par rapport aux techniques.
- 59:45Parce que là,
- 59:45du coup,
- 59:45on va passer sur les techniques,
- 59:46tout ça.
- 59:47Mais donc,
- 59:47ces techniques,
- 59:48je les ai pas choisies par hasard.
- 59:50Je les ai pas choisies parce que c'était un effet de mode.
- 59:52Oui.
- 59:52quelque chose que je précise,
- 59:53bon je pense que c'est clair jusqu'à maintenant,
- 59:55mais que je précise je n'ai pas commencé le sashiko parce que c'était populaire.
- 59:59C'est quelque chose qui m'a parlé bien avant mais bon je le précise,
- 1:00:03je le redis.
- 1:00:06Alors en fait les techniques que j'ai choisi d'utiliser c'est carrément en accord avec mes valeurs,
- 1:00:10donc c'est des techniques qui viennent de milieux très humbles.
- 1:00:13Donc le sashiko japonais il faut savoir que c'est une technique qui a été qui est apparue.
- 1:00:20les premières sources de Sashiko,
- 1:00:22c'est très dur de pointer exactement,
- 1:00:23de savoir exactement à l'époque où ça a commencé,
- 1:00:26parce qu'en fait,
- 1:00:26c'était une technique qui était pratiquée par les paysans,
- 1:00:30par les classes,
- 1:00:33je ne sais même plus,
- 1:00:34les classes des plus pauvres,
- 1:00:35voilà.
- 1:00:36Et donc,
- 1:00:38les pêcheurs,
- 1:00:39les fermiers,
- 1:00:40etc.
- 1:00:40Parce qu'à cette époque-là,
- 1:00:41donc c'était l'époque Edo,
- 1:00:43donc c'est début 1600.
- 1:00:45Et donc,
- 1:00:46à cette époque-là,
- 1:00:47Le coton coûtait extrêmement cher,
- 1:00:49le tissu coûtait cher,
- 1:00:50etc.
- 1:00:51Et donc,
- 1:00:52la seule façon de faire tenir leurs vêtements aussi longtemps qu'ils le pouvaient,
- 1:00:58c'était de les réparer,
- 1:00:58donc c'était de rendre...
- 1:01:00Et donc là,
- 1:01:01ça,
- 1:01:01c'est le truc le plus important à retenir avec le sashiko.
- 1:01:04Dans son essence,
- 1:01:05le sashiko,
- 1:01:06c'est de rendre la matière plus forte,
- 1:01:09c'est de renforcer la matière.
- 1:01:11Et au début,
- 1:01:11c'était juste un point avant,
- 1:01:13c'était juste un point,
- 1:01:14voilà,
- 1:01:15le sashiko.
- 1:01:16Après,
- 1:01:16ça s'est transformé en motif,
- 1:01:18mais il y a une logique derrière,
- 1:01:20dans la construction d'un motif Sashiko,
- 1:01:22qui fait que nous,
- 1:01:23avec notre esprit de broderie,
- 1:01:25on va penser que les broderies dans notre temps en Europe de l'Ouest,
- 1:01:28on va dire que la broderie,
- 1:01:29c'était pour les riches,
- 1:01:29c'était pour les classes supérieures,
- 1:01:31pour montrer qu'ils avaient de l'argent.
- 1:01:32Le Sashiko,
- 1:01:33c'est l'opposé total.
- 1:01:34Et en fait,
- 1:01:37la construction n'est pas du tout pareille.
- 1:01:38Moi,
- 1:01:38c'est ce que j'explique aussi pendant mes cours.
- 1:01:40Par exemple,
- 1:01:41on approche une broderie...
- 1:01:42de l'Europe de l'Ouest,
- 1:01:44on va dire.
- 1:01:44On va dire,
- 1:01:44on va broder une petite fleur.
- 1:01:46On va faire un pétale,
- 1:01:48on arrête.
- 1:01:49On fait un autre pétale,
- 1:01:50on arrête.
- 1:01:50Voilà,
- 1:01:51donc c'est une broderie ornementale.
- 1:01:53Le sashiko,
- 1:01:54on a un long fil et on court avec le même,
- 1:01:57on fait les points et on construit la base du motif,
- 1:02:02donc horizontalement,
- 1:02:04verticalement et avec des lignes diagonales.
- 1:02:07Et en fait,
- 1:02:08on fait ces étapes et on construit sur
- 1:02:12sur les points en fait on construit au dessus par couche et en faisant ça,
- 1:02:16ça fait un effet de tissage et le tissage ça fait quoi ?
- 1:02:19ça fait partie du vêtement,
- 1:02:20après ça fait partie du tissu et c'est incassable donc voilà,
- 1:02:24c'est pour ça aussi le sashiko,
- 1:02:26c'est pour ça que je dis il n'y a rien qui est c'est ça que j'adore avec ça,
- 1:02:31cette technique c'est qu'il n'y a rien qui est laissé au hasard tout est pensé,
- 1:02:34la taille de l'aiguille l'épaisseur de l'aiguille,
- 1:02:36la taille de l'oeil de l'aiguille pour l'épaisseur du fil Merci.
- 1:02:40Le fil qui est utilisé,
- 1:02:42l'aiguille est très longue pour pouvoir faire beaucoup de points,
- 1:02:44pour pouvoir faire des lignes droites.
- 1:02:46Le dé à coudre qui est sur la paume de la main,
- 1:02:49pour pouvoir broder d'un côté et pouvoir mettre la pression dans la paume plutôt que sur les doigts,
- 1:02:55etc.
- 1:02:55Donc là,
- 1:02:55c'est vraiment,
- 1:02:56bon,
- 1:02:56ça va être plus technique,
- 1:02:57je ne vais pas donner mon cours de Sashiko maintenant.
- 1:02:59Mais voilà,
- 1:02:59en fait,
- 1:03:00il n'y a rien qui est laissé au hasard,
- 1:03:01vraiment rien.
- 1:03:02Et c'est ça qui est magnifique.
- 1:03:03Et c'est tellement simple,
- 1:03:04c'est tellement humble.
- 1:03:06Et ça a été créé à partir,
- 1:03:08c'était une nécessité.
- 1:03:09Et ce qui est drôle,
- 1:03:10donc là je parle du Sashiko,
- 1:03:12et je vais revenir sur les patrons,
- 1:03:14les différents motifs de Sashiko,
- 1:03:15ce que je travaille peut-être,
- 1:03:16mais là par exemple je vais sauter sur les smokes,
- 1:03:21le smoke anglais,
- 1:03:22le smoking,
- 1:03:23voilà,
- 1:03:24ce que j'ai montré tout à l'heure,
- 1:03:25donc là un petit rappel,
- 1:03:26donc voilà.
- 1:03:29Donc ça,
- 1:03:30à l'époque,
- 1:03:31alors ça c'était fait en Angleterre,
- 1:03:33alors là la date je sais plus,
- 1:03:36mais...
- 1:03:381500 j'ai envie de dire,
- 1:03:39je sais plus.
- 1:03:41Ça a été créé,
- 1:03:43pareil,
- 1:03:43par la classe ouvrière.
- 1:03:48Et c'était pour donner de l'élasticité et pour retenir le tissu.
- 1:03:55Parce qu'en fait les smocks c'était des habits de travail.
- 1:03:59Avec beaucoup de tissu,
- 1:04:00exactement comme ça.
- 1:04:02Sauf qu'en fait le tissu pouvait se prendre dans les outils.
- 1:04:06pouvait être gênant.
- 1:04:08Donc en fait,
- 1:04:08les Smokes ont été créés pour ça.
- 1:04:11rassembler le tissu,
- 1:04:12resserrer le tissu pour que ce soit plus pratique etc et donc ça j'adore,
- 1:04:18après il y a le bouti j'ai pas d'exemple de bouti ici c'est vrai mais le bouti provençal si tu m'envoies une photo j'arriverai à la mettre dans la vidéo oui ça marche,
- 1:04:25bah écoute le bouti j'en ai des photos,
- 1:04:28bah j'ai fait toute une couverture en bouti en plus donc le bouti c'est bouti provençal mais le bouti c'est parce qu'il y a des gens qui n'aiment pas dire le bouti provençal parce que dans le sud de la France c'est pas forcément qu'en Provence qu'il y a le bouti
- 1:04:40Mais c'est quelque chose qui vient du sud,
- 1:04:42de la France,
- 1:04:43qui a été inspiré d'ailleurs des Indes,
- 1:04:45qui est arrivé en fait par Marseille,
- 1:04:47par les routes qui étaient inspirées des tissus indiens,
- 1:04:51qui étaient rembourrés en fait.
- 1:04:51Parce que c'est un genre de kilt,
- 1:04:54enfin de matelassage,
- 1:04:56une technique de matelassage,
- 1:04:57mais c'est pas du matelassage.
- 1:04:58Enfin,
- 1:04:58c'est aussi similaire au trapunto italien,
- 1:05:00mais c'est pas exactement ça non plus.
- 1:05:01Et en fait,
- 1:05:02le booty,
- 1:05:02c'est quand on a deux épaisseurs de tissu,
- 1:05:05qu'on va broder,
- 1:05:07enfin broder ou coudre un motif.
- 1:05:09Et ce motif,
- 1:05:09on va venir le rembourrer un fil à la fois avec du fil de coton.
- 1:05:14A l'époque,
- 1:05:15ils utilisaient du fil de laine.
- 1:05:17Alors cette technique,
- 1:05:18j'adore aussi.
- 1:05:18Elle a été inspirée,
- 1:05:19bien sûr,
- 1:05:23du commerce,
- 1:05:24tout ça.
- 1:05:27Mais c'était aussi des personnes,
- 1:05:28des petits villages qui travaillaient cette technique.
- 1:05:30C'était des femmes,
- 1:05:31bien sûr.
- 1:05:31Parce que le sashiko,
- 1:05:32on va le dire aussi,
- 1:05:33c'était fait par des femmes,
- 1:05:34principalement.
- 1:05:36Donc là,
- 1:05:37le bouti,
- 1:05:37c'est un peu ça aussi,
- 1:05:38c'était fait par des femmes.
- 1:05:39Et c'était pour faire des vêtements,
- 1:05:42c'était pour tenir chaud.
- 1:05:44Parce que les maisons en pierre du Sud,
- 1:05:46en hiver,
- 1:05:46même le soir,
- 1:05:47il faisait froid.
- 1:05:48Et c'est,
- 1:05:49par exemple,
- 1:05:49des jeunes filles,
- 1:05:50elles allaient faire leurs vannes,
- 1:05:52donc des vannes,
- 1:05:52des couvertures de mariage.
- 1:05:55Et elles allaient broder,
- 1:05:56enfin pas broder,
- 1:05:57mais coudre et rembourrer des symboles qui allaient apporter la fertilité,
- 1:06:02l'amour,
- 1:06:02la paix,
- 1:06:02etc.
- 1:06:03Donc il y a toute une symbolique derrière,
- 1:06:05et c'était fait par des gens de la classe moyenne,
- 1:06:08c'était fait par des gens,
- 1:06:09et il y a un côté pratique,
- 1:06:10il y a un côté spirituel,
- 1:06:11comme le côté avec le Sashiko,
- 1:06:12le côté spirituel aussi,
- 1:06:13on dit le Sashiko c'est très méditatif,
- 1:06:15bon je pense qu'à l'époque c'était pas forcément pour la méditation qu'ils ont commencé,
- 1:06:19mais il y a le côté aussi,
- 1:06:20il y a des symboles avec le motif du Sashiko,
- 1:06:22il va y avoir certains symboles,
- 1:06:24ils apportent la prospérité,
- 1:06:26ou par exemple le motif de la tortue en Sashiko,
- 1:06:31c'est...
- 1:06:33le Kiko
- 1:06:33Kiko Zashi et ça c'est un motif pour la longévité parce que forcément les tortues ça vit longtemps donc voilà donc en fait il y a plein il y a un côté spirituel il y a un côté très voilà et c'est très humble en fait ça vient de milieux qui ont voilà qui avaient c'était une nécessité en fait et ils ont créé ces techniques mais c'est incroyable moi ça me fascine et je trouve ça magnifique de voir à quel point l'humain a besoin de beauté à
- 1:06:56quel point l'humain le juste voilà on va créer des choses qui ont du sens on va créer des choses qui sont belles
- 1:07:02même quand on n'a pas les moyens,
- 1:07:03même quand on vient des classes,
- 1:07:04et que ce soit le smoking,
- 1:07:05que ce soit le booty,
- 1:07:06que ce soit le sashiko,
- 1:07:09pour moi,
- 1:07:11c'est ça qui m'attire,
- 1:07:12en fait.
- 1:07:12Et aussi,
- 1:07:14bien sûr,
- 1:07:14ces techniques,
- 1:07:15elles ont un côté tactile,
- 1:07:17bien sûr.
- 1:07:18Et par exemple,
- 1:07:19avec l'indigo,
- 1:07:19j'en ai pas parlé,
- 1:07:20mais l'indigo naturel,
- 1:07:21ce que j'adore avec l'indigo,
- 1:07:22déjà,
- 1:07:23le bleu,
- 1:07:23il est en vie.
- 1:07:24Quand on regarde le bleu indigo,
- 1:07:26il est vibrant.
- 1:07:28Je sais pas,
- 1:07:29c'est incroyable.
- 1:07:30Mais aussi,
- 1:07:31c'est quelque chose qui va vieillir,
- 1:07:32qui va raconter une histoire aussi en vieillissant.
- 1:07:35Parce que l'indigo,
- 1:07:36c'est une teinture qui se dépose sur les fibres d'ici.
- 1:07:38C'est fait par couche.
- 1:07:40Donc,
- 1:07:40quand on teint à l'indigo,
- 1:07:41on ne trempe pas dans la teinture et boum,
- 1:07:43c'est fait.
- 1:07:43Non,
- 1:07:43non.
- 1:07:43On développe la profondeur de la couleur avec des bains,
- 1:07:49en fait.
- 1:07:50Une succession de trempages de bains,
- 1:07:52je ne sais pas.
- 1:07:54Et ça va construire la couleur,
- 1:07:55en fait.
- 1:07:56Donc,
- 1:07:56on fait notre propre bleu.
- 1:08:00Et ce bleu peut être affecté par les rayons du soleil,
- 1:08:05par le frottement,
- 1:08:06par tout ça.
- 1:08:07Donc en fait,
- 1:08:08il faut savoir,
- 1:08:09l'indigo,
- 1:08:09si vous avez une pièce d'indigo,
- 1:08:10ça va vieillir,
- 1:08:11ça va changer avec le temps,
- 1:08:12ça va bouger.
- 1:08:13Et ça,
- 1:08:13c'est vraiment toute une philosophie japonaise autour des arts japonais qui est très belle.
- 1:08:18Il n'y a rien qui est permanent.
- 1:08:25Il n'y a rien qui est parfait.
- 1:08:27La perfection,
- 1:08:28ça n'existe pas,
- 1:08:29en fait.
- 1:08:29C'est pas une question de perfection,
- 1:08:30d'imperfection.
- 1:08:31C'est vraiment une question de vie,
- 1:08:32en fait.
- 1:08:33C'est une question d'usure de vie.
- 1:08:36Et c'est ça que je trouve magnifique.
- 1:08:37Et ça s'applique dans plusieurs techniques.
- 1:08:40Mais les Japonais ont vraiment,
- 1:08:42pour le coup,
- 1:08:43dans beaucoup de leurs techniques,
- 1:08:45de leurs traditions,
- 1:08:46etc.,
- 1:08:47ils ont beaucoup cet aspect-là que je trouve magnifique.
- 1:08:49Est-ce que tu as d'autres points techniques ?
- 1:08:54Tu nous as pas montré tes exemples de foulards ?
- 1:08:57Ah oui,
- 1:08:57alors oui,
- 1:08:58parce que là,
- 1:08:58du coup,
- 1:08:59l'indigo,
- 1:08:59ah oui,
- 1:08:59j'en ai pas parlé.
- 1:09:00Mais donc l'indigo,
- 1:09:02parce qu'en fait,
- 1:09:02j'ai toujours eu très peur de me lancer,
- 1:09:04et je me suis lancée en août dernier avec l'indigo naturel.
- 1:09:07Donc il faut savoir,
- 1:09:08mais après,
- 1:09:08je suis tombée dans le plus,
- 1:09:10et là,
- 1:09:10on me récupère plus,
- 1:09:11là,
- 1:09:11c'est terminé,
- 1:09:11donc j'ai les mains bleues constamment.
- 1:09:13Mais c'est pas grave.
- 1:09:15Et parce qu'avant,
- 1:09:17j'adorais le shibori.
- 1:09:18Donc le shibori,
- 1:09:19c'est une technique de résistance,
- 1:09:21comme j'ai expliqué,
- 1:09:22où en fait,
- 1:09:22on va faire des points,
- 1:09:23on va les resserrer.
- 1:09:24Et après,
- 1:09:26on va tremper le tissu dans la teinture.
- 1:09:30On va le ressortir.
- 1:09:31Et on va couper les points pour relâcher le tissu qui a été comprimé avant.
- 1:09:39Désolée,
- 1:09:39je n'ai pas aussi expliqué,
- 1:09:40mais aussi comme j'ai passé.
- 1:09:42Parce que du coup,
- 1:09:42j'étais au Pays-Bas.
- 1:09:43Donc ça,
- 1:09:43je n'ai pas précisé non plus.
- 1:09:44Mais je suis restée au Pays-Bas pendant 8 ans.
- 1:09:46Et là,
- 1:09:46je viens tout juste de revenir en France.
- 1:09:47Et aussi,
- 1:09:48je suis à La Rochelle.
- 1:09:50Pour ceux qui sont à La Rochelle,
- 1:09:51petit coucou.
- 1:09:52J'adore votre ville.
- 1:09:53C'est bientôt la mienne.
- 1:09:55Mais donc voilà,
- 1:09:57mon anglais,
- 1:09:58mon français,
- 1:09:58il est un peu franglais parfois.
- 1:10:00On te comprend très bien.
- 1:10:01Petit exemple de
- 1:10:03Chibori, j'avais fait des bandanas que j'adore.
- 1:10:06Et donc voilà.
- 1:10:06Tu vois pas le travail.
- 1:10:08Exactement.
- 1:10:09Donc ça,
- 1:10:09c'est un bandana,
- 1:10:10c'est une petite pièce de coton qu'on met sur la tête.
- 1:10:12Mais ça m'a pris une journée de travail.
- 1:10:16Et encore.
- 1:10:17Voilà.
- 1:10:20Donc voilà.
- 1:10:20Et en fait,
- 1:10:21pour le principe,
- 1:10:22vous voyez tous les points.
- 1:10:24Voilà,
- 1:10:24donc ça,
- 1:10:24c'était les points où le tissu a été vraiment recroquevillé sur lui-même.
- 1:10:29Là,
- 1:10:29faire des petits nœuds,
- 1:10:31ça ressemble vraiment à...
- 1:10:32Des réserves,
- 1:10:33ouais.
- 1:10:33Exactement.
- 1:10:33Ce qui est serré ne prend pas la couleur.
- 1:10:35Exactement,
- 1:10:36voilà,
- 1:10:36c'est le principe.
- 1:10:37Donc ça,
- 1:10:37j'adore.
- 1:10:38Et donc,
- 1:10:38je me suis lancée dans l'indigo naturel parce que vraiment,
- 1:10:42en fait,
- 1:10:42là,
- 1:10:42j'ai aussi eu un autre tournant.
- 1:10:43Parce que du coup,
- 1:10:44voilà,
- 1:10:44il y a des étapes.
- 1:10:45Donc,
- 1:10:46parce que là,
- 1:10:47je pense que je suis au palier de...
- 1:10:49Ok,
- 1:10:49je fais une pose des ateliers.
- 1:10:51je continue d'ailleurs,
- 1:10:52j'ai oublié de mentionner mais je vais continuer le stitching club donc le petit club de couture si vous voulez venir,
- 1:10:57il y a une date le 2 juin c'est ouvert à tous,
- 1:11:01c'est en anglais parce que bien sûr tout le monde est c'est à l'international donc on parle anglais mais voilà,
- 1:11:06si vous voulez venir dire coucou,
- 1:11:08rester une demi-heure une heure,
- 1:11:10c'est gratuit voilà,
- 1:11:12enfin bref de toute façon je mets tous les liens dans le descriptif le lien est là Euuuum...
- 1:11:18Donc les foulards.
- 1:11:19Oui,
- 1:11:20les foulards.
- 1:11:21Et du coup,
- 1:11:22j'ai les tiroirs franchement dans ma tête.
- 1:11:26Mais oui,
- 1:11:26donc je ne sais pas,
- 1:11:27c'était pour l'indigo.
- 1:11:28Parce qu'en fait,
- 1:11:30avant,
- 1:11:30j'utilisais des teintures pas trop...
- 1:11:32Enfin,
- 1:11:33des teintures commerciales,
- 1:11:34on va dire,
- 1:11:34qui n'étaient pas nocives pour l'environnement,
- 1:11:36mais qui n'étaient pas non plus.
- 1:11:37Et donc l'indigo,
- 1:11:38c'est devenu une obsession.
- 1:11:39Donc il faut savoir que moi,
- 1:11:41ma cuve d'indigo,
- 1:11:41c'est aux fructoses.
- 1:11:43Donc peut-être que pour les puristes,
- 1:11:45ce n'est pas du vrai...
- 1:11:46Enfin,
- 1:11:46ce n'est pas encore ça,
- 1:11:47on va dire.
- 1:11:48C'est pas l'indigo fermenté,
- 1:11:49mais c'est vrai que...
- 1:11:50En fait,
- 1:11:50j'ai mis le petit doigt là-dedans,
- 1:11:51j'ai découvert le monde de l'indigo,
- 1:11:53et c'est vraiment un autre métier.
- 1:11:54Voilà,
- 1:11:54j'ai décidé d'apprendre un autre métier,
- 1:11:55voilà.
- 1:11:56Et il y a une petite partie de moi,
- 1:11:58parce qu'il y a une partie de moi qui veut tout faire,
- 1:12:01qui veut être autosuffisante,
- 1:12:06où je voudrais pouvoir,
- 1:12:07mais vraiment,
- 1:12:07tout faire moi-même.
- 1:12:08Parce que oui,
- 1:12:08alors,
- 1:12:09c'est ça que je voulais dire.
- 1:12:10C'est que je me suis aussi détournée un petit peu du jean avec le temps.
- 1:12:13Bon,
- 1:12:14je travaille encore un petit peu de jean,
- 1:12:15mais c'est vrai qu'en fait,
- 1:12:15là,
- 1:12:15mon but,
- 1:12:16c'est de récupérer...
- 1:12:18de tout faire à partir de coton,
- 1:12:20de vieux draps en fait.
- 1:12:21Absolument tout.
- 1:12:22Mais vraiment de montrer qu'un matériau aussi ordinaire qu'un vieux drap,
- 1:12:27juste avec la manipulation,
- 1:12:28juste avec des points qui vont nous donner une texture,
- 1:12:32on va faire des choses magnifiques.
- 1:12:33Et donc,
- 1:12:33parce que les draps sont blancs,
- 1:12:35il faut les teindre.
- 1:12:36Et de toute façon,
- 1:12:36moi,
- 1:12:36c'est bleu et blanc.
- 1:12:37Donc,
- 1:12:37c'est pour ça aussi que je me suis dit,
- 1:12:39l'indigo,
- 1:12:39ça va vraiment apporter,
- 1:12:40ça va vraiment mettre le point final,
- 1:12:42on va dire,
- 1:12:42sur tout.
- 1:12:43Maintenant,
- 1:12:43je veux être autosuffisante et je veux pouvoir tout faire.
- 1:12:46pas complètement autosuffisante mais je veux pouvoir faire beaucoup avec très peu au final parce que c'est ça aussi qui m'intéresse c'est d'avoir ma cuve d'indigo,
- 1:12:53d'avoir mon stock de drap et mon temps en fait investir mon temps pour créer des pièces et c'est comme ça que je veux travailler à partir de maintenant donc l'indigo naturel j'ai mis le petit doigt là-dedans,
- 1:13:03c'était très compliqué on vous le dit pas ça mais en fait déjà je pense que l'erreur que j'ai faite ou l'erreur qui m'est arrivée c'est que les matériaux malheureusement les matériaux que j'ai utilisé pour faire ma première cuve n'étaient pas bons
- 1:13:16L'entreprise,
- 1:13:16ce n'était pas des matériaux de qualité,
- 1:13:18ce n'était pas des ingrédients de qualité,
- 1:13:19on va dire.
- 1:13:20Et donc moi,
- 1:13:22j'ai cru que c'était aussi mon erreur.
- 1:13:25D'ailleurs,
- 1:13:25je veux citer l'atelier de Michel Garcia,
- 1:13:29un Français que vous connaissez tous dans le monde de la teinture.
- 1:13:32C'est le premier épisode du podcast,
- 1:13:34donc Michel,
- 1:13:35c'est la star.
- 1:13:36Voilà,
- 1:13:36Michel,
- 1:13:37merci pour ton atelier parce que franchement,
- 1:13:40tu m'as sauvée.
- 1:13:40J'avais suivi un atelier avant qui m'a coûté très très cher alors que je n'avais pas l'argent.
- 1:13:44mais en fait je me suis dit ok je vais suivre un atelier professionnel etc au final j'ai eu beaucoup de lacunes énormément de lacunes en fait après ça et donc
- 1:13:52Michel a tout complété son atelier dure 8h son cours dure 8h c'est énorme mais vraiment il parle d'absolument tout ça démystifie la teinture à l'indigo on va dire parce que c'est vrai que quand on regarde en ligne c'est facile de se perdre,
- 1:14:07c'est facile d'entendre de là,
- 1:14:08de là,
- 1:14:09de là,
- 1:14:09il faut faire ça,
- 1:14:10il faut pas faire ça au final tout le monde se contredit,
- 1:14:12c'est impossible et en fait Merci.
- 1:14:14il enlève tout ça,
- 1:14:14il simplifie tout,
- 1:14:16et il n'y a pas de peur à avoir,
- 1:14:17parce que vraiment,
- 1:14:18c'était trop intimidant pour moi,
- 1:14:19et maintenant,
- 1:14:19c'est beaucoup mieux.
- 1:14:20Oui,
- 1:14:20c'est l'appréhension du bleu.
- 1:14:20Exactement.
- 1:14:21Ça,
- 1:14:21on est beaucoup à l'arrière.
- 1:14:24Donc voilà,
- 1:14:24et donc là,
- 1:14:25ça fait depuis août dernier que je travaille avec l'indigo,
- 1:14:28et j'adore.
- 1:14:31Après,
- 1:14:32voilà,
- 1:14:33si j'avais le temps,
- 1:14:34si je pouvais seulement,
- 1:14:35je pense que je me mettrais à la fermentation.
- 1:14:38Donc le secouement ?
- 1:14:40Oui,
- 1:14:41secouement.
- 1:14:41Ouais.
- 1:14:41C'est Caroline Cochet qui nous a appris ça.
- 1:14:44J'avais écouté son podcast.
- 1:14:46Exactement,
- 1:14:46j'avais écouté son podcast d'ailleurs.
- 1:14:47Et ce qu'elle disait,
- 1:14:48ça a beaucoup résonné avec moi.
- 1:14:50Parce que déjà la façon dont elle...
- 1:14:52Son approche au travail et à l'autosuffisance,
- 1:14:55exactement ça.
- 1:14:56Si j'avais l'occasion aussi de faire pousser mon indigo,
- 1:14:59de faire mon bleu,
- 1:15:00de teindre,
- 1:15:00et de faire mes propres tissus,
- 1:15:02mes propres vêtements avec mes propres textures,
- 1:15:04etc.
- 1:15:05Alors là,
- 1:15:05un bonheur.
- 1:15:06Elle fait L2AZ.
- 1:15:07Exactement.
- 1:15:08Elle est venue en table ronde avec ses invités.
- 1:15:12Donc,
- 1:15:12ils étaient quatre à parler des différentes cuves,
- 1:15:17du sukumo.
- 1:15:18Donc,
- 1:15:18on a parlé cuve aux fructoses,
- 1:15:20au fer,
- 1:15:20etc.
- 1:15:21C'était vraiment passionnant.
- 1:15:23J'en profite aussi pour glisser que la première personne qui m'a parlé au tout début du shibori,
- 1:15:29c'était
- 1:15:30Coraline Mani,
- 1:15:31dans les Hauts-de-France,
- 1:15:32à
- 1:15:33Lensate. Ah oui !
- 1:15:36Et en fait,
- 1:15:36c'est elle qui m'a...
- 1:15:37Avant qu'on enregistre le podcast,
- 1:15:39j'étais venue et elle avait justement tout ça et j'avais été sur les fesses.
- 1:15:44Et elle avait parlé aussi d'un livre.
- 1:15:46Il y en a un spécifique,
- 1:15:50là.
- 1:15:50Un bleu.
- 1:15:51Il est connu.
- 1:15:52Il est connu.
- 1:15:53Je crois que je l'ai.
- 1:15:56Je voulais montrer peut-être le livre.
- 1:15:58C'est pas celui-là ?
- 1:15:59C'est celui-là.
- 1:15:59Super.
- 1:16:00Il est incroyable.
- 1:16:00Je recommande.
- 1:16:01Donc ça,
- 1:16:01c'est Stitch Chibori de Jane Callender.
- 1:16:06Et il est incroyable,
- 1:16:07ce livre il est incroyable,
- 1:16:08et aussi très simple au niveau de l'explication aussi des cubes,
- 1:16:11enfin je sais pas,
- 1:16:12je pense qu'il y a un moment en fait il faut démystifier,
- 1:16:13il faut voilà simplifier un peu,
- 1:16:16et après oui bien sûr j'aimerais travailler l'indigo plus,
- 1:16:19mais il faut choisir en fait,
- 1:16:20c'est ça.
- 1:16:21Et je pense que ça c'est le truc le plus dur que j'ai dû faire,
- 1:16:24la chose la plus dure,
- 1:16:25voilà,
- 1:16:25que je...
- 1:16:26Enfin je sais pas en fait,
- 1:16:27c'est de décider un petit peu,
- 1:16:28parce qu'il y a tellement de choses qui m'intéressent,
- 1:16:30il faut que je me limite en fait,
- 1:16:30parce que je fais déjà tout.
- 1:16:33Oui,
- 1:16:33mais je fais déjà tellement,
- 1:16:34en fait.
- 1:16:34Je fais déjà tellement.
- 1:16:36Et en fait,
- 1:16:36je pense que je préfère,
- 1:16:37et c'est pour ça aussi que je vais faire une pause avec les ateliers,
- 1:16:40et qu'aussi,
- 1:16:40je ne peux pas faire pousser mon propre indigo.
- 1:16:42Pas encore,
- 1:16:43en tout cas,
- 1:16:43parce que déjà,
- 1:16:43je n'ai pas de jardin.
- 1:16:44Mais aussi d'expérimenter avec des cuves de sukumo,
- 1:16:49de fermentation,
- 1:16:49parce que ça,
- 1:16:50c'est vraiment très précis,
- 1:16:51je pense.
- 1:16:52Et ça demande beaucoup de temps que je n'ai pas,
- 1:16:54en fait.
- 1:16:55Parce que là,
- 1:16:56à la base aussi,
- 1:16:56moi,
- 1:16:56je veux faire mes vêtements.
- 1:16:57Je veux faire mes pièces.
- 1:16:58Je veux faire mes textures.
- 1:16:59Et en fait,
- 1:17:00si j'essaye d'être trop spécifique dans...
- 1:17:02tous les domaines.
- 1:17:03Ça veut dire que là,
- 1:17:04il n'y a pas assez d'heures dans une journée,
- 1:17:06c'est pas possible.
- 1:17:07Alors,
- 1:17:07pour dire quelques...
- 1:17:09Puisqu'on a eu pas mal de monde sur l'indigo,
- 1:17:11déjà de dire,
- 1:17:12parce que je pense souvent à nos agriculteurs,
- 1:17:14nous avons de superbes agriculteurs en France qui cultivent de la persilca indigo ou du pastel,
- 1:17:19donc l'isatis tinctoria.
- 1:17:22Donc on a des agriculteurs en indigo qui travaillent des pigments de qualité que vous pouvez acheter.
- 1:17:28Il y en a partout,
- 1:17:28dans toute la France.
- 1:17:29France,
- 1:17:30il y a des agriculteurs,
- 1:17:32donc n'hésitez pas.
- 1:17:33Ça,
- 1:17:33c'est génial.
- 1:17:33Peut-être mettre un lien aussi,
- 1:17:36je ne sais pas si tu en as,
- 1:17:36mais si les gens sont intéressés,
- 1:17:38peut-être mettre un lien aussi vers des vendeurs d'indigo.
- 1:17:41Parce que vraiment,
- 1:17:41je recommande à tout le monde de teindre avec l'indigo.
- 1:17:43Déjà,
- 1:17:43c'est magique.
- 1:17:44Et le bleu,
- 1:17:45encore une fois,
- 1:17:45c'est un bleu inouï.
- 1:17:47C'est un bleu tellement vibrant.
- 1:17:49C'est magnifique.
- 1:17:50Et la satisfaction aussi de pouvoir faire son bleu,
- 1:17:53en fait,
- 1:17:53ce qui est intéressant.
- 1:17:54Et je pense que c'est ça aussi qui relie toutes les techniques.
- 1:17:57que j'utilise et le fait que je veuille travailler aussi avec des matières de seconde main,
- 1:18:03en fait.
- 1:18:06Et avec une cuve d'indigo,
- 1:18:07le point commun avec tout ça,
- 1:18:08c'est que je dois m'adapter,
- 1:18:11en fait.
- 1:18:11Donc,
- 1:18:12par exemple,
- 1:18:12avec l'indigo,
- 1:18:13l'indigo,
- 1:18:14quand il n'a plus envie,
- 1:18:15il n'a plus envie.
- 1:18:17On doit s'adapter,
- 1:18:17en fait.
- 1:18:18Ce n'est pas nous qui choisissons.
- 1:18:20OK,
- 1:18:20aujourd'hui,
- 1:18:20je vais teindre tout ça avec ma cuve.
- 1:18:23Non,
- 1:18:24peut-être pas.
- 1:18:24Peut-être que tu vas teindre la moitié.
- 1:18:25mais peut-être qu'après du coup il va falloir faire une pause et tu sais pas en fait,
- 1:18:28genre il y a des choses adaptées mais du coup c'est pas,
- 1:18:30voilà c'est l'indigo qui te dit,
- 1:18:32c'est pas toi qui dis à l'indigo ça c'est ce qu'expliquait Caroline Cochet qui explique super bien,
- 1:18:38tu dois t'adapter tu dois être dans le moment présent exactement,
- 1:18:42et ça donc ça c'est ce que j'aime aussi,
- 1:18:44même si ça peut être très frustrant parfois et ça c'est un peu comme le chibori parce que ça ça peut être,
- 1:18:49alors là une petite parenthèse mais ça,
- 1:18:51donc le chibori c'est incroyable c'est le chibori de nuit en tout cas
- 1:18:55parce qu'en fait on va passer des heures à tout coudre à tout serrer faire les nœuds ça prend beaucoup de temps et après on le met dans l'indigo on sait pas ce qu'il se passe et en fait ça c'est une question ça c'est un contraste entre avoir le contrôle de ce qu'on peut créer en créant le motif et avoir aucun contrôle de ce qui se passe une fois que c'est dans la cuve en fait et ça c'est un exercice en
- 1:19:18Je ne sais pas,
- 1:19:19mais c'est un bon exercice à faire.
- 1:19:21Parce qu'une fois qu'on ouvre tout ça,
- 1:19:22il faut aussi gérer s'il y a des imperfections,
- 1:19:24des défauts,
- 1:19:25des choses qu'on n'avait pas prévues.
- 1:19:26Je ne veux pas parler d'imperfections,
- 1:19:28mais c'est juste des imprévus,
- 1:19:30des surprises.
- 1:19:31Mais c'est un très bon exercice à faire sur soi quand on est un petit peu trop fan du contrôle.
- 1:19:39Et aussi,
- 1:19:39travailler avec des matériaux de seconde main,
- 1:19:41on ne sait jamais ce qu'on va avoir.
- 1:19:43Quand je travaille avec des vieux jeans,
- 1:19:45peut-être que le projet que j'avais en tête,
- 1:19:46je vais devoir l'adapter parce qu'il n'y en a pas assez,
- 1:19:48peut-être que cette couleur,
- 1:19:49elle ne va pas.
- 1:19:49Peut-être que je vais vouloir utiliser cette Ausha,
- 1:19:52cette Ausha,
- 1:19:53je ne sais pas.
- 1:19:54Mais il y a des choses,
- 1:19:54c'est pareil,
- 1:19:55c'est la matière qui me dit.
- 1:19:56Moi,
- 1:19:57je me laisse guider par la matière,
- 1:19:58même le toucher.
- 1:20:00Je trouve ce que je trouve.
- 1:20:01Parce que quand je vais chiner,
- 1:20:02je vais chercher des tissus,
- 1:20:04je touche quelque chose,
- 1:20:05je me dis,
- 1:20:05c'est une veste,
- 1:20:06c'est bon.
- 1:20:06Et je vais faire une veste avec.
- 1:20:08Et ça découle de ça.
- 1:20:09Mais donc,
- 1:20:10le bleu me parle,
- 1:20:11le tissu me parle.
- 1:20:12Et en fait,
- 1:20:12c'est ça qui m'inspire.
- 1:20:13Parce que si tu me demandes aussi,
- 1:20:15c'est quoi tes inspirations ?
- 1:20:18Qui t'inspire en tant que...
- 1:20:19Je n'ai pas de grosses inspirations.
- 1:20:21Je veux dire,
- 1:20:22les gens m'inspirent dans leur façon de penser.
- 1:20:24Par exemple,
- 1:20:25Caroline Cochet,
- 1:20:26je trouve que c'est...
- 1:20:28Ou Michel Garcia,
- 1:20:29sa façon de voir l'indigo aussi,
- 1:20:30qui est très poétique aussi.
- 1:20:32Mais après,
- 1:20:33je n'ai pas forcément visuellement de source d'inspiration.
- 1:20:36Parce que moi,
- 1:20:37c'est plus le toucher,
- 1:20:38la texture,
- 1:20:39la nature,
- 1:20:40l'océan.
- 1:20:40Oui.
- 1:20:42Voilà,
- 1:20:42en fait,
- 1:20:42c'est...
- 1:20:43Tu me fais penser...
- 1:20:44Du coup,
- 1:20:45je le dis,
- 1:20:45là,
- 1:20:46il y a Emmanuel Goupil de Leave Road.
- 1:20:48Donc,
- 1:20:48la marque,
- 1:20:49je pense,
- 1:20:49n'existe plus.
- 1:20:50Emmanuel,
- 1:20:50maintenant,
- 1:20:51s'est lancée.
- 1:20:52Pareil,
- 1:20:52vous êtes toutes multipotentielles.
- 1:20:54Elle s'est remise à son amour premier,
- 1:20:56qui était la vidéo.
- 1:20:58Mais Emmanuel Goupil,
- 1:20:59allez voir son site internet,
- 1:21:01son Insta,
- 1:21:02Leave Road,
- 1:21:03c'était pareil,
- 1:21:04inspiré de l'océan,
- 1:21:05que du blanc et que du bleu,
- 1:21:08des vêtements...
- 1:21:08J'adore.
- 1:21:09pour enfant,
- 1:21:10mais magnifique,
- 1:21:11franchement,
- 1:21:11magnifique.
- 1:21:13Je pense à elle quand tu dis ça.
- 1:21:15D'ailleurs,
- 1:21:15elle a réalisé un film sur ce que fait
- 1:21:19Caroline Cochet.
- 1:21:21Trop bien,
- 1:21:22les boucles sont bouclées.
- 1:21:23Alors,
- 1:21:24du coup,
- 1:21:24Sophie,
- 1:21:24pour reprendre notre fil,
- 1:21:28est-ce qu'il y a des choses qu'on n'a pas abordées ?
- 1:21:32Montrer tes autres foulards,
- 1:21:33parce que là,
- 1:21:33t'en as montré trois.
- 1:21:35On l'avait vu.
- 1:21:37Après,
- 1:21:37il en a vendu quelques-uns,
- 1:21:38mais c'est pour montrer un petit peu ce qui est possible.
- 1:21:40Ah,
- 1:21:41c'est dingue.
- 1:21:42Celui-là aussi,
- 1:21:42trop bon.
- 1:21:45Et donc,
- 1:21:46tous les points pour apprendre à faire les vagues ou les formes géographiques,
- 1:21:50géométriques,
- 1:21:51etc.
- 1:21:52Tout ça,
- 1:21:53c'est dans les livres que tu apprends ou il y a des formes que tu as complètement créées ?
- 1:21:57C'est de l'expérimentation.
- 1:21:58Ouais.
- 1:21:59C'est de l'expérimentation.
- 1:22:00C'est pour ça que je dis qu'il y a beaucoup de recherches en amont.
- 1:22:04dans toute la recherche textile parce que quand je crée des textures je vais prendre des petits bouts de tissu en amont et je vais déjà essayer de créer le toucher que je veux et pareil avec le shibori déjà je vais dessiner et après je vais faire un petit test sur un petit bout de tissu pour voir comment ça réagit histoire
- 1:22:21d'avoir ce qui me fascinait c'est que pour reparler de Coraline Mani c'est qu'elle faisait un dessin à l'envers de se dire Merci.
- 1:22:32attention là ça va être serré du coup il n'y aura pas de couleur ce sera blanc du coup c'est l'inverse en fait elle disait qu'il fallait vraiment se voir dans le ressenti il faut faire un négatif c'est ça il y a une façon différente de l'imaginer de le voir donc moi j'ai une certaine façon je saurais pas l'expliquer mais après je pense que tout ne peut pas forcément s'expliquer c'est
- 1:22:51un ressenti aussi mais ouais non le shibori après il y a aussi avec la pâte je sais plus comment ça s'appelle Merci.
- 1:23:00La pâte de riz ?
- 1:23:01Ça dépend.
- 1:23:02En fait,
- 1:23:02c'est du katazome.
- 1:23:11Donc le katazome,
- 1:23:12c'est un art japonais où on va utiliser de la pâte de riz pour faire des motifs qui vont être imperméables,
- 1:23:23qui ne vont pas prendre la teinture,
- 1:23:25qui vont avoir une résistance.
- 1:23:27Donc on va pouvoir teindre.
- 1:23:27et après
- 1:23:29le laver pour retirer cette pâte et ça va révéler un autre motif par contre ça c'est des techniques quand on voit l'indigo ça vient de beaucoup de cultures moi je parle aussi par exemple quand on entend aussi le
- 1:23:44tissage que j'ai montré le rag weaving,
- 1:23:46ça c'est commun à beaucoup de cultures différentes qui ont des adaptations différentes qui utilisent des fibres différentes bien sûr donc ça,
- 1:23:54ça touche un petit peu à tout
- 1:23:55L'indigo aussi,
- 1:23:57la teinture à l'indigo,
- 1:23:58c'est pas que au Japon,
- 1:23:59il y a aussi en Afrique,
- 1:24:00etc.
- 1:24:00Et pareil,
- 1:24:01en Afrique,
- 1:24:01c'est...
- 1:24:01D'ailleurs,
- 1:24:03j'ai une amie qui m'a parlé,
- 1:24:05quand elle a vu ces foulards,
- 1:24:07elle m'a parlé des traditions africaines d'indigo aussi,
- 1:24:11et ils ont leur forme de résistance,
- 1:24:14en fait,
- 1:24:14pour travailler les tissus,
- 1:24:15etc.
- 1:24:17Donc...
- 1:24:19il y a aussi un échange culturel avec beaucoup de techniques.
- 1:24:22Comme le bouti.
- 1:24:23Le bouti vient des Indes.
- 1:24:24Il doit être inspiré des Indes,
- 1:24:26des tissus indiens à l'époque.
- 1:24:28Donc,
- 1:24:29voilà.
- 1:24:30Il y a un petit peu de tout.
- 1:24:32Ce qui est fascinant avec l'indigo,
- 1:24:34je trouve,
- 1:24:34c'est que déjà,
- 1:24:35il y a plusieurs plantes indigo offertes partout,
- 1:24:37sur tout le globe,
- 1:24:39que tout le monde a globalement trouvé la technique de la cuve et de cette histoire de...
- 1:24:44d'oxygénation,
- 1:24:45etc.,
- 1:24:45alors que c'est pas forcément hyper évident.
- 1:24:47C'est la plus compliquée des techniques,
- 1:24:50je trouve,
- 1:24:50et c'est celle qui a été trouvée dans le monde entier.
- 1:24:53Tout le monde sait approprier ces techniques,
- 1:24:56donc il n'y a pas une origine spécifique,
- 1:24:58et ça c'est hyper intéressant de le dire.
- 1:24:59Il y a différentes façons de travailler,
- 1:25:00exactement.
- 1:25:01Exactement,
- 1:25:02et il y a différentes cuves,
- 1:25:03donc là je vous envoie à la table ronde qu'on a fait avec Caroline Cochet,
- 1:25:08Miwa Saito,
- 1:25:09il y avait Françoise Carayol,
- 1:25:11il y avait...
- 1:25:12Bref,
- 1:25:12vous retrouvez...
- 1:25:13dans le podcast,
- 1:25:13il y a énormément,
- 1:25:14vous tapez Indigo,
- 1:25:15il y a énormément de personnes qui abordent l'Indigo.
- 1:25:17Michel,
- 1:25:18pareil,
- 1:25:18on l'a eu sur la cuve 1-2-3 pour simplifier,
- 1:25:21pour se lancer,
- 1:25:23pour démystifier tout ça.
- 1:25:24Et après,
- 1:25:25on passe à d'autres cuves.
- 1:25:26Je pense aussi à Elisabeth Kölschow,
- 1:25:29Betty Beautiful Life,
- 1:25:30sur Instagram,
- 1:25:32qui est très en lien avec la Thaïlande,
- 1:25:34qui va très régulièrement là-bas travailler les cuves Indigo.
- 1:25:37C'est encore une autre façon de faire.
- 1:25:39Il y a encore d'autres techniques.
- 1:25:41Franchement,
- 1:25:41l'indigo,
- 1:25:42comme tu dis,
- 1:25:42c'est un métier,
- 1:25:43c'est une vie entière tellement il y a de...
- 1:25:45C'est ça,
- 1:25:46en fait.
- 1:25:46Alors qu'un bleu,
- 1:25:48une couleur...
- 1:25:49Mais on peut dédier sa vie à ça.
- 1:25:50Et c'est ça,
- 1:25:51en fait,
- 1:25:51c'est ça le piège.
- 1:25:52C'est pour ça que parfois,
- 1:25:55j'aimerais me pencher.
- 1:25:56Je me dis,
- 1:25:56mais si j'avais le temps,
- 1:25:58ça pourrait être tout ce que je fais.
- 1:26:00Mais je ne peux pas,
- 1:26:00parce que vraiment,
- 1:26:01je n'y peux rien.
- 1:26:02Je vais avoir des images de...
- 1:26:04Comme si j'étais,
- 1:26:04je ne sais pas.
- 1:26:05Mais vraiment,
- 1:26:05c'est ça,
- 1:26:07je vais vivre ma vie et d'un seul coup,
- 1:26:08j'ai...
- 1:26:09J'ai cette idée d'une tenue,
- 1:26:11d'un look,
- 1:26:12d'une silhouette qui va m'apparaître avec une texture.
- 1:26:15Et je me dis,
- 1:26:17il faut que je fasse ça.
- 1:26:18Il faut que je donne les sensations.
- 1:26:18Et je dois le faire.
- 1:26:19Et je ne peux pas juste...
- 1:26:22Donc,
- 1:26:22je serais agréable de faire que de l'indigo.
- 1:26:23Il me faut un petit peu de tout.
- 1:26:24Mais c'est pour ça que j'ai choisi de travailler avec une cuve aux fructoses pour l'instant.
- 1:26:28Parce que c'est une cuve qui est quand même assez simple.
- 1:26:30Et qui est assez facile à entretenir,
- 1:26:32on va dire,
- 1:26:32et à garder.
- 1:26:35Donc voilà,
- 1:26:35pour l'instant,
- 1:26:36c'est très bien.
- 1:26:38mais voilà et alors Sophie,
- 1:26:40où est-ce qu'on te retrouve ?
- 1:26:41donc du coup il y a ta formation que tu continues pas la formation mais le club tu as une retraite en octobre ?
- 1:26:49oui là il nous manque
- 1:26:523 ou 4 personnes pour cette retraite elle se passe où ?
- 1:26:56elle se passe à Uzès on dit Uzès ?
- 1:27:00dans le sud c'est en anglais
- 1:27:04Donc là,
- 1:27:04parce que c'est international,
- 1:27:06la dame qui organise est américaine,
- 1:27:08elle vit en France.
- 1:27:11C'est qui qui organise du coup ?
- 1:27:13Alors le nom de l'Instagram,
- 1:27:15c'est
- 1:27:17Fleur Delis.
- 1:27:20Donc je les suis,
- 1:27:21ils peuvent trouver aussi dans mes followers.
- 1:27:23Je les suis sur Instagram.
- 1:27:25Et aussi sur mon Instagram,
- 1:27:26de toute façon,
- 1:27:27j'ai un post qui est épinglé,
- 1:27:28où c'est par rapport à la retraite.
- 1:27:31J'ai aussi envoyé le lien.
- 1:27:32de la retraite si jamais...
- 1:27:34Donc là,
- 1:27:34tout est compris.
- 1:27:34C'est une semaine,
- 1:27:35tout compris,
- 1:27:36avec,
- 1:27:37voilà,
- 1:27:38le séjour,
- 1:27:39la nourriture,
- 1:27:41yoga,
- 1:27:42une balade dans le village au marché,
- 1:27:44etc.
- 1:27:44Et cet accompagnement artistique tout au long de la semaine avec moi.
- 1:27:47Donc ça,
- 1:27:48c'est le seul atelier que j'ai prévu de faire dans les prochains mois.
- 1:27:51Donc ça,
- 1:27:51c'est en octobre.
- 1:27:52Sinon,
- 1:27:54oui,
- 1:27:54petite pause des ateliers.
- 1:27:55On verra peut-être que les ateliers...
- 1:27:56En fait,
- 1:27:57j'ai tellement...
- 1:27:57Ça,
- 1:27:57c'est quelque chose que j'ai envie de dire aussi.
- 1:27:58Je ne regrette pas du tout avoir fait...
- 1:28:02des ateliers,
- 1:28:02j'ai adoré enseigner ça m'a aussi appris beaucoup sur moi-même et encore une fois j'ai rencontré des gens incroyables en fait donc c'est pour ça que je veux garder aussi le Stitching Club parce que ça me permet aussi d'être en contact avec les gens mais de ne pas être là en position de professeur,
- 1:28:19d'enseignante et de voilà donc d'être sur de juste partager un moment entre personnes créatives et c'est ça que j'adore donc vraiment j'encourage,
- 1:28:26je sais que en tant que créative c'est marrant parce qu'on a tous le même tempérament on n'aime pas montrer notre tête
- 1:28:31On n'aime pas parler,
- 1:28:32on n'aime pas être vu,
- 1:28:33on aime bien être derrière,
- 1:28:34on aime bien faire,
- 1:28:35on aime bien,
- 1:28:35voilà.
- 1:28:36Mais on n'aime pas forcément,
- 1:28:37voilà,
- 1:28:38se mettre sur le devant de la scène.
- 1:28:42sachez que si vous décidez de venir au Stitching Club,
- 1:28:45vous pouvez aussi juste rester un petit peu en arrière-plan,
- 1:28:47juste écouter,
- 1:28:48un peu comme écouter un podcast,
- 1:28:49parce qu'au final,
- 1:28:49on va tous interagir,
- 1:28:51encore une fois,
- 1:28:52sur la vie,
- 1:28:52sur les techniques,
- 1:28:54sur nos projets,
- 1:28:54etc.
- 1:28:55Et ça peut juste être quelque chose,
- 1:28:56un petit rendez-vous qui vous encourage à prendre le temps de travailler sur des projets,
- 1:29:02parce que c'est ça aussi,
- 1:29:02il y a beaucoup de personnes qui viennent parce qu'ils ne se donnent pas le temps.
- 1:29:06Un moment dédié.
- 1:29:07C'est ça,
- 1:29:07c'est un moment dédié qui va...
- 1:29:09qui va vous obliger un petit peu à bosser avec d'autres personnes.
- 1:29:13Et c'est motivant aussi.
- 1:29:14Donc ça,
- 1:29:14c'est sympa.
- 1:29:15Donc voilà,
- 1:29:16ça,
- 1:29:16c'est les choses que j'ai prévues.
- 1:29:19Sinon,
- 1:29:20après,
- 1:29:20ce sera...
- 1:29:20Ah oui,
- 1:29:21j'avais commencé à faire ça.
- 1:29:22C'est quelque chose que,
- 1:29:23pour pallier au fait que je vais arrêter les ateliers,
- 1:29:26je veux quand même donner un petit quelque chose aux gens.
- 1:29:28Donc en fait,
- 1:29:29c'est pour ça que j'ai commencé à faire les kits.
- 1:29:31Mais pas juste des kits.
- 1:29:33En fait,
- 1:29:33c'est vraiment des projets.
- 1:29:35Et donc,
- 1:29:36c'est from my hands to yours.
- 1:29:37C'est de mes mains aux vôtres.
- 1:29:39et c'est des petits projets où tout est préparé pour vous donc là il y a par exemple un petit sac japonais un petit sac de riz où en fait tout est tracé je vous envoie le matériel,
- 1:29:55le fil,
- 1:29:55les aiguilles etc et aussi un livret d'accompagnement et bien sûr je suis aussi à la disposition si jamais il y a des questions etc donc ça c'est pour que je reste avec vous un petit peu et puis je trouvais ça trop mignon l'idée que je commence un projet que c'est vous qui le finissiez
- 1:30:08Et comme ça,
- 1:30:09vous avez un petit peu de mon ADN,
- 1:30:10mais c'est votre projet,
- 1:30:11en fait.
- 1:30:12Donc ça,
- 1:30:12c'était l'inspiration derrière les kits.
- 1:30:14J'aimerais développer plusieurs petits projets comme ça,
- 1:30:16mais sans pression,
- 1:30:17juste avoir des petits drops comme ça de kits.
- 1:30:22Sinon,
- 1:30:22ça,
- 1:30:23c'est les projets.
- 1:30:23Et sinon,
- 1:30:23vraiment,
- 1:30:24moi,
- 1:30:24là,
- 1:30:24j'ai vraiment envie de me concentrer sur mes projets,
- 1:30:28sur ce qui m'inspire,
- 1:30:30sur les prochains looks que je veux créer,
- 1:30:32sur créer mes textures.
- 1:30:33Et puis,
- 1:30:36voilà.
- 1:30:36Me détacher un petit peu de l'enseignement pour l'instant.
- 1:30:41Écoute,
- 1:30:41franchement,
- 1:30:42Sophie,
- 1:30:42je voudrais te remercier parce que tu as été hyper authentique,
- 1:30:45hyper honnête,
- 1:30:46hyper généreuse dans ton...
- 1:30:47Non,
- 1:30:47mais vraiment.
- 1:30:48Et tu sais qu'il y a beaucoup,
- 1:30:49beaucoup d'artisanes avec lesquelles je parle qui pensent ce que tu dis,
- 1:30:53mais qui ont du mal à le verbaliser.
- 1:30:55J'ai trouvé ça génial.
- 1:30:56Tu as mis les pieds dans le plat sur...
- 1:30:58plein de sujets.
- 1:30:59Non,
- 1:31:00mais vraiment.
- 1:31:00J'espère que ça va bien passer parce qu'après,
- 1:31:02je n'ai pas l'autorité sur tout.
- 1:31:03Je ne sais pas tout.
- 1:31:04Je ne suis qu'une fille sur Internet.
- 1:31:06Je ne suis qu'une fille qui fait la broderie japonaise sur Insta.
- 1:31:09Donc,
- 1:31:11ne venez pas m'attaquer.
- 1:31:12Non,
- 1:31:12ne t'inquiète pas.
- 1:31:13Franchement,
- 1:31:15ne t'inquiète pas.
- 1:31:15Mais merci pour ça parce que tu vois,
- 1:31:18il y a plein de...
- 1:31:19Oui,
- 1:31:19les pieds dans le plat sur plein de sujets qui ne sont pas forcément abordés,
- 1:31:22mentionnés,
- 1:31:23etc.
- 1:31:23Ça nous a aussi permis de faire le tour.
- 1:31:25d'autres acteurs qu'on avait reçus et de leur donner aussi de la visibilité,
- 1:31:30de les renvoyer vers les épisodes de podcast.
- 1:31:32Franchement,
- 1:31:33Sophie,
- 1:31:33je sais qu'on ne va pas s'arrêter là,
- 1:31:34toutes les deux,
- 1:31:35je sais qu'il va y avoir des suites.
- 1:31:36Non,
- 1:31:37c'est sûr.
- 1:31:38En tout cas,
- 1:31:39un grand merci.
- 1:31:41Un grand merci à toi pour ton temps.
- 1:31:42Et puis,
- 1:31:43on te retrouve,
- 1:31:43je mettrai tous les liens dans la bio,
- 1:31:45comme ça tout le monde te retrouve sur toutes tes activités.
- 1:31:47J'ai hâte de développer un peu une communauté en France,
- 1:31:49parce que c'est vrai que j'ai jamais,
- 1:31:51comme j'ai commencé mon activité au Pays-Bas et que c'était très international,
- 1:31:54J'ai jamais eu vraiment l'occasion de développer,
- 1:31:57de me faire connaître en France.
- 1:31:59Et donc là,
- 1:31:59j'ai un peu hâte d'apprendre à connaître un petit peu plus,
- 1:32:03de montrer un peu plus mon travail au français.
- 1:32:05Voilà.
- 1:32:06Donc,
- 1:32:07ouais,
- 1:32:07j'ai hâte.
- 1:32:08Et puis c'était un plaisir.
- 1:32:09Donc encore une fois,
- 1:32:10je viens juste parler de mon expérience personnelle,
- 1:32:13de la façon dont j'ai vécu les choses et dont j'interprète aussi tout ce que je vois en ce moment.
- 1:32:18Mais bon,
- 1:32:19j'ai pas non plus l'autorité.
- 1:32:21Mais je pense qu'il y a des choses dont il faut parler.
- 1:32:23En tant que petit artisan.
- 1:32:24Et je pense qu'il y a des choses qui ne se disent pas assez,
- 1:32:25c'est sûr.
- 1:32:25En tout cas,
- 1:32:27merci pour ça,
- 1:32:28Sophie.
- 1:32:28Merci beaucoup.
- 1:32:29Merci.
- 1:32:32Merci pour votre écoute.
- 1:32:34Pour soutenir La Couleur Végétale,
- 1:32:36abonnez-vous au podcast ArtEcoVert sur la plateforme d'écoute de votre choix et laissez un commentaire si vous avez appris quelque chose.
- 1:32:45Ça soutient vraiment le podcast.
- 1:32:47Pour les artisanes de La Couleur Végétale qui veulent aller plus loin,
- 1:32:51vous pouvez rejoindre la plateforme Patreon ou la communauté ArtEcoVert à vie.
- 1:32:57Et pour les entreprises qui souhaitent creuser davantage le sujet de la couleur végétale,
- 1:33:02me faire intervenir dans leurs entreprises pour leur expliquer la filière et les enjeux,
- 1:33:08on se retrouve sur arecovert.kit.com. Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale indigo tendance innovation nuances cosmétiques biotechnologies couleurs du vivant