Latest / À propos / Quand la presse fait et défait une élection (avec Fabrice Arfi de Mediapart et Christophe Nobili du Canard enchaîné) - « À propos », le podcast du Soir (2/2)
Transcript
- 0:00Le soir,
- 0:04repensons notre
- 0:05quotidien. Bonjour,
- 0:10vous écoutez à propos le podcast d'actualité du journal Le Soir.
- 0:13Tous les jours,
- 0:14c'est l'expertise
- 0:15de notre rédaction dans vos
- 0:16oreilles. Depuis fin septembre,
- 0:25les révélations du journal Mediapart sur le passé de Jordan Bardella,
- 0:28le président du Rassemblement national,
- 0:30agitent la sphère française.
- 0:32Jordan Bardella a démenti,
- 0:34Mediapart a contre-attaqué.
- 0:36C'est un épisode qui rappelle les révélations du Canard
- 0:38enchaîné sur François Fillon pendant la campagne de 2017.
- 0:40On vous propose donc un épisode un peu particulier d'À propos ce matin,
- 0:45autour du rôle que la presse peut jouer dans des campagnes électorales.
- 0:48Je m'appelle Pierre Fagnard,
- 0:50À propos,
- 0:51voici l'actualité comme vous l'entendez.
- 0:55Grand angle.
- 0:56Fin septembre,
- 0:57coup de tonnerre sur la campagne de Marine
- 0:59Le Pen.
- 1:00Mediapart publie une enquête selon laquelle Jordan Bardella aurait tenu,
- 1:03en 2013,
- 1:04des propos antisémites sur une messagerie Facebook quand il avait 17 ans.
- 1:08Le président du RN,
- 1:09promis à Matignon en cas de victoire présidentielle de Marine Le Pen,
- 1:13nie en bloc.
- 1:14Dix ans plus tôt,
- 1:15c'est par le Canard enchaîné que se produit une déflagration sur la campagne présidentielle.
- 1:19François Fillon,
- 1:20candidat de droite et favori à l'heure de l'élection et dans la tourmente,
- 1:24sa Pénélope a bénéficié de
- 1:26plusieurs emplois fictifs.
- 1:27Les affaires le poursuivent
- 1:29et c'est finalement Emmanuel Macron qui s'installe à l'Élysée.
- 1:32Joëlle Meskens,
- 1:32notre envoyée permanente à Paris,
- 1:34a réuni 2 acteurs clés de ces affaires Fabrice Arfi,
- 1:37coresponsable du pôle enquêtes de Mediapart,
- 1:39et Christophe Nobili,
- 1:40journaliste au Canard Enchaîné et co-auteur des révélations sur François Fillon en 2017.
- 1:44De cette
- 1:45conversation, on a tiré un podcast en 2 épisodes autour de la question
- 1:49la presse peut-elle faire ou défaire une présidentielle ?
- 1:52Vous écoutez l'épisode
- 1:542. Bonjour Fabrice Arfi.
- 1:55Bonjour. Bonjour,
- 1:56Christophe Nobili.
- 1:57Bonjour. Je reviens un instant sur ce qu'on disait tout à l'heure à propos de
- 2:01la production d'une preuve.
- 2:03Aujourd'hui, Fabrice,
- 2:04on voit que Mediapart produit des preuves
- 2:07dans l'affaire Bardella
- 2:09et ces preuves sont
- 2:10balayées. Elles ne
- 2:12sont pas considérées comme accablantes,
- 2:14on les conteste.
- 2:16Tout semble en fait,
- 2:17ce qui semble primer,
- 2:18c'est que l'électeur n'y prête pas attention et que
- 2:20Malgré tout,
- 2:22Ben la campagne peut se poursuivre comme ça.
- 2:24On raconte le ciel est bleu,
- 2:25mais en fin de compte,
- 2:26on prétend qu'il est rouge,
- 2:27et cetera.
- 2:28Comment est ce qu'on peut faire valoir aujourd'hui la qualité d'une preuve?
- 2:32? est-ce qu'il faut attendre finalement
- 2:34que la justice s'en mêle?
- 2:35? Mais en fait,
- 2:36c'est une question fondamentale parce qu'on en fait,
- 2:38on voit à quel point les vents mauvais du
- 2:41poutinisme en Russie ou du trumpisme
- 2:43aux États-Unis et d'ailleurs
- 2:46ont gagné les plages et les terres françaises,
- 2:49c'est-à-dire la vérité alternative.
- 2:52Quand un fait vous ne plaît pas,
- 2:54vous en créez un,
- 2:55fût-il faux à côté pour servir votre narratif.
- 2:58C'est-à-dire que
- 2:59la vérité n'est plus qu'une opinion comme une autre.
- 3:02Voilà, et donc cet espace mental qui existe.
- 3:05Aujourd'hui dans le débat public,
- 3:07mais dans le débat
- 3:08médiatique, c'est ça qui est terrible,
- 3:10c'est que
- 3:10ceux qui sont censés tenir la digue du factuel,
- 3:13les journalistes,
- 3:14que ce soit des journalistes qui pensent comme ceci ou qui pensent comme cela,
- 3:17je veux dire très bien,
- 3:18c'est il y a pas de difficulté.
- 3:19Il y a 11000000 de personnes qui votent pour l'extrême droite dans ce pays.
- 3:23C'est pas une question idéologique,
- 3:24c'est d'avoir un rapport
- 3:26au fait d'être
- 3:27d'accord. Je vais encore citer Orwell
- 3:29que la liberté,
- 3:30c'est la liberté de dire que
- 3:322 et 2 font 4.
- 3:33Qu'on nous l'accorde
- 3:34et le reste suivra.
- 3:35Ça veut dire
- 3:36que si on est d'accord
- 3:37sur le minimum syndical factuel,
- 3:39ensuite on peut être en désaccord de manière civilisée
- 3:43sur l'interprétation,
- 3:44la conversation qu'on peut avoir.
- 3:46Mais là,
- 3:46aujourd'hui, nous ne sommes plus dans 2 et 2 font 4,
- 3:492 et 2 ne
- 3:50font 4
- 3:51et donc vous avez raison.
- 3:52Nous, on
- 3:53est-il faut produire les preuves,
- 3:55qui est qui est d'ailleurs un terme judiciaire,
- 3:56comme si les mêmes qui nous reprochent d'être des procureurs.
- 3:59Qui est d'ailleurs peint,
- 4:00c'est un beau métier,
- 4:01procureur en France,
- 4:02le procureur,
- 4:03c'est celui qui représente les intérêts de la société.
- 4:04On l'appelle aussi le ministère public.
- 4:06Bon, mais c'est les mêmes qui nous reprochent d'être procureur nous demandent d'agir comme
- 4:11des magistrats en produisant
- 4:13des preuves qui vont amener à la potence
- 4:16judiciaire les personnes sur lesquelles on écrit.
- 4:18Bon, néanmoins,
- 4:20à la fois en respectant
- 4:21le secret des sources,
- 4:22comme on essaie de nous mettre au pied du mur,
- 4:24on et on essaie de faire transparence et d'ouvrir un peu le
- 4:27capot sur la manière dont nous.
- 4:29Dont dont nous travaillons.
- 4:30Mais c'est vrai que ce qui est spectaculaire,
- 4:33c'est de voir à quel point
- 4:34le mensonge
- 4:36est devenu la règle.
- 4:37C'est-à-dire hier,
- 4:38il y a eu une conférence de
- 4:39presse avec
- 4:40Marine Le Pen qui veut être présidente de la République,
- 4:43hier, donc le 6 octobre,
- 4:44le 6 octobre avec Jordan Bardella qui veut être
- 4:47son Premier ministre.
- 4:49Ils peuvent vous dire 2 et 2 font 5
- 4:52et il
- 4:52y a plein de gens,
- 4:53y compris dans l'espace médiatique,
- 4:55qui opinent du chef.
- 4:56C'est ce qui s'est passé.
- 4:59Marine Le Pen,
- 4:59qui a pris d'ailleurs plus de temps hier pour
- 5:02prendre la défense de l'honneur
- 5:04d'un ancien cadre
- 5:05du RN
- 5:06qui a eu des propos antisémites,
- 5:09Jean-François Jeanne,
- 5:11qui a été
- 5:12accusé de négationnisme,
- 5:13qui a célébré Pétain,
- 5:14ce qui est quand même extrêmement surprenant vu l'entreprise de dédiabolisation qui est
- 5:17vraiment un très mauvais terme de dissimulation
- 5:20de Marine
- 5:20Le Pen pendant pendant des années.
- 5:22Elle a menti.
- 5:23Voilà. Elle a dit qu'un journaliste de La Croix,
- 5:24par exemple,
- 5:25avait été condamné en diffamation définitivement.
- 5:28celui. Qui avait révélé
- 5:29l'affaire Jalke que
- 5:30sur le délégationnisme qui lui était allégué.
- 5:32Bah, ce journaliste a été définitivement relaxé.
- 5:35Voilà, et en fait,
- 5:36bah ça reste dans l'espace public.
- 5:39Jordan Bardella a dit que le journaliste qui est à Mediapart,
- 5:42l'un de
- 5:42ceux qui a enquêté sur lui,
- 5:44avait des liens avec les terrorismes,
- 5:45mais jamais de la vie.
- 5:48C'est délirant.
- 5:49Mais le problème,
- 5:50c'est que tout ça entre dans
- 5:51une caisse
- 5:52de résonance
- 5:53qui brouille la vue,
- 5:54qui brouille les messages et qui cherche
- 5:56encore une fois à recouvrir les vérités factuelles
- 6:00d'autres choses.
- 6:01Et cet autre chose,
- 6:02c'est ce qui est
- 6:03dangereux pour la démocratie.
- 6:05De manière
- 6:05plus pragmatique,
- 6:06il faut voir aussi que cette
- 6:07pression, cette
- 6:11cacophonie, un peu sur la recherche des preuves.
- 6:14Elle vise aussi
- 6:15à maintenir un
- 6:16un une pression et
- 6:18sur les sources
- 6:20et à
- 6:21finalement essayer de pousser
- 6:26un média dans ses retranchements
- 6:28en publiant un maximum de documents qui pourraient éventuellement mettre en péril la source,
- 6:32qui pourraient
- 6:32permettre de l'identifier.
- 6:34Et c'est pareil pour les procédures,
- 6:35quand vous avez
- 6:35une procédure,
- 6:36quand on vous dit je vais porter plainte pour faux,
- 6:38usage de faux,
- 6:38et cetera.
- 6:39Qu'est ce qui se cache aussi derrière?
- 6:40? C'est cette idée,
- 6:41c'est cette idée que.
- 6:42Si des policiers viennent parce que dans leurs
- 6:44dans leurs
- 6:45fantasmes les plus fous,
- 6:46ils peuvent l'imaginer perquisitionner un journal,
- 6:47peut être que
- 6:48on va réussir à remonter.
- 6:50Et même
- 6:51si on n'y arrive pas,
- 6:53imaginez dans quelles dispositions peuvent se trouver d'autres sources potentielles.
- 6:57Si il
- 6:58y a un harcèlement judiciaire
- 7:01de la sorte,
- 7:03là j'ai envie de dire en termes de
- 7:04preuves, on va peut être arrêter un petit peu le numéro.
- 7:07Je pense que Mediapart ils ont fait le boulot.
- 7:09Bon, c'est
- 7:09tout, c'est du cinéma.
- 7:11C'est ce que fait ce que fait le VRN.
- 7:13Ça vise aussi à repousser,
- 7:14évidemment, par rapport enfin avec toute cette procédure,
- 7:17par rapport à l'échéance
- 7:19en 2027.
- 7:19Mais ce qu'il faut bien comprendre,
- 7:22c'est que quand vous avez,
- 7:23et pour notre métier,
- 7:24c'est fondamental,
- 7:25quand vous avez
- 7:26à la fois
- 7:27des médias qui
- 7:29ont 111
- 7:30comportement qui ne va pas
- 7:32avec la protection des sources,
- 7:33quand vous avez
- 7:34des partis politiques
- 7:35qui font la chasse,
- 7:36quand vous avez même parfois une institution judiciaire qui est un peu complaisante.
- 7:40À l'égard de cette
- 7:41de cette chasse à la source
- 7:43et que vous n'avez toujours pas
- 7:44suffisamment à mon goût,
- 7:45je pense que Fabrice le partage
- 7:47de lois
- 7:48et de textes qui encadrent cette protection,
- 7:51y compris sur les lanceurs d'alerte.
- 7:52C'est quelque chose qui est encore un petit peu bancal.
- 7:55Il faut s'imaginer que,
- 7:56effectivement, si tout ça se
- 7:58se se
- 7:58avant se enfin se produit dans un contexte où,
- 8:00où, où,
- 8:01où la,
- 8:01où, où,
- 8:01où le faux l'emporte sur le vrai
- 8:04dans le discours ambiant
- 8:05et dans et
- 8:06presque dans le roman national,
- 8:07bientôt. Effectivement,
- 8:08notre métier il est un peu en danger,
- 8:10il est un peu en danger et on est
- 8:11quand même de moins en moins à le faire.
- 8:12Fabrice, ouais,
- 8:13je voudrais appuyer un point
- 8:15existentiel pour le journalisme dont parle
- 8:18Christophe, lié au au à la protection
- 8:20des sources et à la faiblesse encore institutionnelle qu'il y a dans notre
- 8:24pays par rapport à ça.
- 8:27En fait,
- 8:27je crois vraiment
- 8:29qu'il faudrait
- 8:30imaginer que
- 8:32dans le cadre
- 8:33d'une enquête judiciaire,
- 8:34par exemple,
- 8:35l'enquête pour faux que va peut être.
- 8:37Diligenter la justice peut être à la demande de Jordan Bardella s'il dépose sa plainte.
- 8:42On verra bien,
- 8:43mais nous sommes prêts.
- 8:45C'est parce que ça pourrait être juste une manière de gagner du temps,
- 8:47absolument de communiquer.
- 8:48En fait,
- 8:49de dire j'ai déposé plainte comme ça vitrifie les
- 8:51autres médias,
- 8:52et cetera.
- 8:52Bon, mais c'est que
- 8:54il existe
- 8:55dans l'appareil judiciaire
- 8:56et procédural français la possibilité qu'il y ait des témoignages sous X,
- 9:01c'est à dire que
- 9:01les magistrats savent qui est la personne.
- 9:04Ils connaissent la personne,
- 9:05ils ont
- 9:06les pièces d'identité de la personne,
- 9:08ils connaissent la biographie,
- 9:09le parcours de la personne.
- 9:10Mais tout ça est enfermé dans un coffre.
- 9:11C'est Ça se passe
- 9:12physiquement comme ça.
- 9:13C'est enfermé dans un coffre
- 9:15au tribunal
- 9:16de Paris.
- 9:16Néanmoins, pour des raisons
- 9:18de protection liées
- 9:20notamment à la sécurité,
- 9:23eh bien,
- 9:23il faut que cette personne témoigne sous X,
- 9:25ce qui n'empêche pas le travail.
- 9:27De la justice pour vérifier
- 9:29la qualité des choses,
- 9:30mais qui
- 9:30répond aux exigences légales
- 9:32et jurisprudentielles jusque devant la CEDH.
- 9:35C'est qu'une source en démocratie,
- 9:37ça se protège.
- 9:38Bon, parce que
- 9:39c'est en effet
- 9:40111 risque objectif.
- 9:41Voilà. Après,
- 9:42il y a des sources qui cheminent.
- 9:43Qui décident
- 9:44et qui deviennent des lanceurs d'alerte
- 9:46qui dire en fait c'était moi,
- 9:47voilà, j'assume.
- 9:48Mais on peut pas demander
- 9:50nécessairement à une source
- 9:51cette mise en danger
- 9:53là, parce que
- 9:55ça peut être
- 9:55un problème dans son travail,
- 9:56ça peut être un problème
- 9:58dans sa vie privée,
- 9:59ça peut être un
- 10:00un problème de harcèlement,
- 10:01voire ça peut être un un problème de danger de mort.
- 10:03Ça peut être un
- 10:04un problème
- 10:05voilà dans certaines,
- 10:05dans certaines,
- 10:06dans certaines
- 10:07affaires et sur la justice.
- 10:10La justice prévue pour la presse,
- 10:12c'est la loi de 1880 sur la liberté de la presse.
- 10:15Ce qui nous amuse
- 10:16beaucoup à Mediapart,
- 10:18dans les gesticulations de Jordan Bardella,
- 10:20c'est quoi ?
- 10:21Bien sûr,
- 10:21il a le droit à nous poursuivre.
- 10:22Je veux dire,
- 10:22s'il estime,
- 10:23s'il s'estime atteint dans son honneur et sa réputation,
- 10:26et il l'est avec ses écrits là,
- 10:28il a le droit de nous poursuivre.
- 10:29Bon, c'est à nous de montrer qu'on a bien travaillé.
- 10:32Mais il avait,
- 10:32il a choisi une voie procédurale
- 10:34qui lui assure un procès
- 10:35dans 2 3 ans
- 10:37à Paris,
- 10:37bien après l'élection.
- 10:39Il aurait pu choisir
- 10:40d'autres voies procédurales qui s'offrent à lui,
- 10:43le référé au civil,
- 10:45la citation
- 10:46directe à jour fixe,
- 10:47et cetera,.
- 10:48qui lui aurait assuré un procès dans quelques semaines.
- 10:50Dans quelques semaines,
- 10:51on y
- 10:52est prêt.
- 10:53De manière provocante,
- 10:54j'aurais même envie de dire,
- 10:55nous sommes impatients
- 10:57de ce procès-là.
- 10:58Mais manifestement,
- 10:59Jordan Bardella n'en veut pas.
- 11:01J'ai tendance à penser que c'est un indice
- 11:04de la véritable opposition.
- 11:06Je rebondis sur ce que
- 11:07sur ce que vous dites,
- 11:08sur l'impatience.
- 11:09Vous êtes impatient d'aller au tribunal finalement ?
- 11:11Parce que
- 11:12quelque part,
- 11:12la vérité judiciaire,
- 11:13c'est celle qui prime entre toutes.
- 11:17Christophe, sur la
- 11:22justice et les sources aujourd'hui,
- 11:25si vous voulez.
- 11:26Et ça rejoint ce que vous dites sur la vérité judiciaire,
- 11:29ce que permet aujourd'hui la justice finalement
- 11:31en droit de la presse,
- 11:32c'est de dire
- 11:33bon, quand vous avez quand même vous avancez des sources,
- 11:35des gens disent que vous avez des sources,
- 11:36y a une forme de crédibilité.
- 11:38Le La source c'est aussi
- 11:40c'est aussi un témoignage et c'est une forme de preuve.
- 11:41Mais effectivement,
- 11:43comme vous avez pas ce système que
- 11:45qu'appelle de ses vœux
- 11:46Fabrice sur le
- 11:46sur le témoignage sous X,
- 11:48vous avez toujours l'air du soupçon
- 11:49qui reste.
- 11:50Ah oui d'accord,
- 11:51ils nous ont dit qu'ils avaient 8 sources.
- 11:52Ah oui d'accord,
- 11:52la justice ne les a pas condamnées en diffamation,
- 11:54mais quand même
- 11:55finalement. On n'a pas la,
- 11:57On n'a pas la preuve
- 11:58qui tue,
- 11:58voilà, et donc c'est effectivement ça,
- 12:00c'est ça,
- 12:01c'est vraiment les
- 12:02limites du
- 12:02les limites du système.
- 12:05Utiliser la justice ensuite pour le candidat,
- 12:06c'est pas uniquement gagner du temps,
- 12:08c'est aussi faire peur à d'autres éventuelles sources parce que son histoire n'est pas terminée.
- 12:12L'histoire Fillon elle a pas été terminée après le premier papier,
- 12:14l'histoire Bardella elle est pas terminée après les 2 premiers papiers parce qu'il y a
- 12:17aussi d'autres personnes qui ont connu Jordan Bardella à cette époque et puis qui peut
- 12:20être sont là dans un coin en train de se dire qu'est-ce que je fais,
- 12:22est-ce que moi je vais aller témoigner,
- 12:24est-ce que moi je vais aller confirmer qu'effectivement.
- 12:26Ce type était antisémite
- 12:28et il l'est et il l'est peut-être encore aujourd'hui,
- 12:29mais imaginez avec le battage qu'il y a en ce moment,
- 12:32imaginez avec le la,
- 12:33le la position,
- 12:35les menaces,
- 12:36y compris d'aller en justice,
- 12:37la position d'une source potentielle dans son coin.
- 12:40C'est ça qui est qui est.
- 12:41C'est pour ça qu'ils font tout ça lorsqu'on lorsqu'on dit on va porter plainte,
- 12:44François Fillon nous a fait le coup,
- 12:45finalement il
- 12:46l'a jamais
- 12:47fait. C'est d'abord une manière de
- 12:49se défendre,
- 12:49et puis c'est aussi de d'avertir les autres,
- 12:51de faire peur aux autres,
- 12:52d'installer un climat de terreur en disant.
- 12:54Mediapart, eux,
- 12:55ils ont les épaules éventuellement pour résister.
- 12:56Le Canard Enchaîné,
- 12:57lui, il pourra évidemment dire,
- 12:58mais toi,
- 12:58petit élu de province
- 13:02de du Front National qui a connu Bardella à ses 17 ans,
- 13:04si demain tu veux sortir de ton trou
- 13:06et venir raconter ce que tu sais,
- 13:08toi tu vas,
- 13:08toi, tu t'en sortiras pas
- 13:09parce que t'as pas les reins assez solides.
- 13:11Et c'est ça,
- 13:11c'est cette manière
- 13:12de vraiment mettre une pression
- 13:14sur les sur les sources qu'il faut combattre.
- 13:16Ensuite, j'ai envie de vous dire le résultat de la justice,
- 13:19Ben on l'interprète un peu comme on veut,
- 13:22vous savez.
- 13:22Si vous êtes pas condamné en diffamation,
- 13:24on dira quand même oui,
- 13:25mais ils ont eu la bonne foi.
- 13:26Oui, mais enfin ça prouve pas que c'était vrai.
- 13:28Par contre,
- 13:29en diffamation,
- 13:30vous avez vu,
- 13:31c'est faux
- 13:31alors que c'est pas du tout ça.
- 13:32Vous êtes
- 13:33condamné en diffamation parce que soit vous avez porté atteinte à l'honneur,
- 13:35enfin c'est pas vous avez porté atteinte à l'honneur,
- 13:37c'est le principe.
- 13:37Mais peut-être qu'effectivement la justice peut estimer que vous avez
- 13:40été un peu fragile sur les
- 13:41sur l'enquête,
- 13:42que vous avez peut-être manqué un petit peu
- 13:44de sérieux
- 13:45et de rigueur.
- 13:46C'est le terme exact dans
- 13:48l'enquête, mais ça veut pas dire pour autant
- 13:50que ce que vous avez dit est faux.
- 13:51Et en fait,
- 13:52le la
- 13:54justice c'est vraiment on l'utilise comme on veut,
- 13:57on voit toujours 12h00 à sa porte.
- 13:59Et un et un Et un vrai partisan
- 14:01de Jordan Bardella ou de François Fillon,
- 14:03il verra toujours
- 14:05ce qu'il a envie de voir
- 14:07aujourd'hui encore.
- 14:08C'est ce que je vous disais tout à l'heure,
- 14:09Fillon il a épuisé
- 14:11une dizaine de juridictions,
- 14:12il est-il a fini par être définitivement condamné.
- 14:15Bah, vous avez quand même des gens qui continueront à vous dire
- 14:17tout ça,
- 14:17c'était rien du tout,
- 14:18le monde fait pareil,
- 14:19c'était un truc pour le détruire.
- 14:20Bon, voilà,
- 14:21y a des y
- 14:22a des
- 14:22donc la justice,
- 14:25finalement, elle a ses limites.
- 14:28En matière de presse,
- 14:28elle a vraiment ses limites.
- 14:29Je vais convoquer l'histoire du Canard Enchaîné pour essayer de montrer que le
- 14:33la vérité judiciaire est une question
- 14:35complexe. Vous savez,
- 14:36il y a une
- 14:37un un proverbe bantou,
- 14:38moi que j'aime bien,
- 14:39qui dit que la vérité judiciaire est à la
- 14:41vérité ce que le margouillat est au crocodile.
- 14:45Voilà, en fait,
- 14:46il faut regarder au cas par cas.
- 14:49Je donne l'exemple du Canard Enchaîné qui,
- 14:51dans les années 70a été victime
- 14:54d'une opération de barbouzerie,
- 14:55une vraie des services de renseignement intérieur,
- 14:57ça s'appelait la DST à l'époque,
- 14:59la direction de la surveillance du territoire.
- 15:01Service de contre-espionnage,
- 15:02qui aa cru que c'était une bonne idée d'aller mettre des micros
- 15:06dans les futurs locaux du Canard Enchaîné
- 15:08pour c'était
- 15:10le Watergaaf,
- 15:11avait dit
- 15:12le Canard Enchaîné à sa une et qui avait dit aussi
- 15:15lisez le Canard,
- 15:16le journal le plus écouté de France,
- 15:18qui ne manque décidément pas
- 15:19d'humour. Bon,
- 15:21le celui qui a été rédacteur en chef du Canard Enchaîné pendant pendant des
- 15:25décennies. Ensuite,
- 15:26Claude Angeli.
- 15:27Quelques jours après,
- 15:28je sais plus si c'est le numéro d'après ou 2 semaines après,
- 15:30mais très rapidement,
- 15:31il révèle
- 15:32l'identité des 6
- 15:33agents de la DST qui sont venus poser les micros alors que
- 15:36le ministre de l'Intérieur,
- 15:37Raymond Marcellin,
- 15:37il s'appelait comme ça,
- 15:38disait non,
- 15:38non, nous on y est pour rien,
- 15:40ça a rien à voir avec nous,
- 15:41et cetera.
- 15:41Bon, Claude Angeli révèle l'identité des 6 agents,
- 15:44c'est une opération
- 15:45des services de renseignement,
- 15:46et cetera.
- 15:47Bon, Le Canard Enchaîné
- 15:48dépose plainte
- 15:49dans cette affaire.
- 15:50Bon, y a une enquête judiciaire qui est ouverte,
- 15:52y a un juge d'instruction qui travaille.
- 15:54Et ça se termine par un
- 15:55non lieu,
- 15:56c'est à dire qu'il n'y a pas lieu à poursuivre,
- 15:58c'est à dire que
- 15:58la vérité judiciaire,
- 15:59Ben c'est qu'il y a pas de coupable.
- 16:01Bon, est-ce que ça veut dire
- 16:02que la DST n'a pas posé de micro au Canard Enchaîné ?
- 16:04Ben bien sûr que la dsta posé des micros au Canard Enchaîné,
- 16:07mais juridiquement,
- 16:08il y a pas de
- 16:09la vérité judiciaire,
- 16:10c'est qu'il
- 16:10y en a pas.
- 16:11Bon, c'est je dis pas que à chaque fois qu'il y a un non lieu,
- 16:14ça veut dire qu'il s'est passé quelque chose.
- 16:15C'est pas ce que je dis,
- 16:16mais je dis qu'il faut regarder
- 16:18dans les
- 16:18entrailles de l'histoire,
- 16:20dans les
- 16:20entrailles de l'enquête judiciaire
- 16:22pour ne
- 16:22pas. Simplement être dans ce geste
- 16:25très français,
- 16:26je trouve,
- 16:26de faire
- 16:27beaucoup reposer sur les épaules de la justice en termes de régulation sociale,
- 16:31parce que en fait,
- 16:31dans ces histoires
- 16:32là, on dit bon on verra la
- 16:34justice. Bon,
- 16:35après, quand on est mis en cause,
- 16:36on dit bon bah présumé innocent,
- 16:38puis après,
- 16:39quand on est condamné,
- 16:40on dit oui mais j'ai fait appel.
- 16:41Puis quand on est définitivement condamné,
- 16:43on dit bah quand même,
- 16:44j'ai purgé ma peine.
- 16:45Voilà. Et en fait,
- 16:45ça permet qu'à aucun moment on ait réfléchi sur les faits eux-mêmes.
- 16:48Voilà, et donc
- 16:50le cette façon
- 16:51d'instrumentaliser la justice,
- 16:53parfois dans le monde politique,
- 16:55parfois dans le monde
- 16:56économique, je la trouve moi démocratiquement
- 17:00insupportable puisque les magistrats et les magistrates,
- 17:02eux, ils font un grand métier,
- 17:05ils savent
- 17:06qu'ils sont parce qu'ils sont garants de la répression,
- 17:08ils sont aussi garants de la liberté.
- 17:10Mais on peut pas
- 17:11leur demander d'être les rédacteurs en chef de la Nation,
- 17:13ça c'est pas possible.
- 17:14Je rebondis.
- 17:15Christophe, oui,
- 17:16pardon, c'est exactement ce qui vient de se
- 17:18passer, je trouve,
- 17:19avec le procès
- 17:20en appel de Marine Le Pen et
- 17:22de ses camarades,
- 17:23les emplois fictifs du Rassemblement national au Parlement européen.
- 17:27On se retrouve quand
- 17:28même à l'arrivée avec une vérité judiciaire qui dit à cette dame:
- 17:31"Bon, bah oui,
- 17:31finalement, vous avez détourné des 1000000 d'euros.
- 17:34Vous êtes une
- 17:37personne publique à
- 17:38qui on a le peuple a donné un mandat.
- 17:40Vous l'avez utilisé
- 17:41pour ça?" ?
- 17:42Et puis finalement,
- 17:43bah vous allez quand même pouvoir vous présenter.
- 17:45Tout ça n'est pas bien grave.
- 17:47Vous avez 2 ans d'inéligibilité et c'est le
- 17:49peuple et c'est la justice qui dit ça.
- 17:51C'est le peuple finalement qui doit décider.
- 17:53Moi, je pense que la justice elle va d'abord
- 17:54de faire son boulot
- 17:55en matière de justice.
- 17:57Si ça mérite 5 ans d'inéligibilité,
- 17:585 ans d'éligibilité,
- 17:59c'est pas à la,
- 17:59c'est pas au on va pas tout d'un coup retourner
- 18:03cette vérité
- 18:04et dire bon alors déjà on a avancé.
- 18:07Le procès en appel parce qu'il y avait un calendrier judiciaire,
- 18:09vous voyez où ça mène de suivre le calendrier
- 18:11électoral ? Pardon,
- 18:12vous voyez où ça mène ?
- 18:13On a avancé et puis finalement
- 18:14on s'est arrangé
- 18:16parce qu'on s'est dit
- 18:17les médias Bolloré,
- 18:18toute la France,
- 18:18va nous,
- 18:18tous les tous les
- 18:20partisans du RN vont nous tomber dessus,
- 18:22on va,
- 18:22on va quand même,
- 18:24on va
- 18:25quand même donner la possibilité à cette dame de se présenter
- 18:28et finalement la justice,
- 18:29c'est le peuple français qui va qui va la faire.
- 18:31Ça veut dire quoi ?
- 18:32Regardez le message que vous envoyez,
- 18:34ça veut dire vous êtes responsable politique.
- 18:36Vous avez détourné des 1000000 d'euros
- 18:38et puis finalement à l'arrivée,
- 18:40vous allez avoir 2 ans d'inéligibilité.
- 18:42Mais qu'est-ce qu'il se dit le
- 18:43l'élu local
- 18:45qui est maire,
- 18:45qui est au département,
- 18:47si c'est que 2 ans,
- 18:48moi je vais détourner du pognon,
- 18:49je vais me faire élire,
- 18:50je vais taper dans la caisse,
- 18:51puis au pire dans 2 h je reviens,
- 18:52j'installe un copain,
- 18:53ma femme ou mon fils à la mairie
- 18:54et puis dans 2 ans je reviens,
- 18:55c'est ça que ça veut dire.
- 18:56Vous rendez compte ?
- 18:56Le message qu'on envoie en
- 18:58termes de on sait que la corruption en plus au niveau local,
- 19:00elle est très forte en France.
- 19:02le message qu'on envoie.
- 19:04D'abord aux citoyens
- 19:06et aux et aux élus locaux qui sont censés,
- 19:09à chaque
- 19:09dans chacune de leurs régions,
- 19:11incarner la probité.
- 19:12Si aujourd'hui,
- 19:12quand on détourne des 1000000 d'euros,
- 19:15quand on met en
- 19:17place un tout un système
- 19:17de frauduleux
- 19:19pour capter l'argent
- 19:20public pour un parti politique,
- 19:21si on prend 2 ans d'inéligibilité,
- 19:24simplement, mais c'est
- 19:25autant continuer.
- 19:27Pourquoi s'arrêter?
- 19:27? Mais faut se
- 19:28faut se rendre.
- 19:29Pardon, il faut se rendre compte que la Cour d'appel de Paris,
- 19:32en tout cas,
- 19:33les magistrats qui ont jugé ça écrivent
- 19:34noir sur blanc
- 19:35dans leur dans leur dans leur arrêt.
- 19:37Oui à
- 19:37l'inéligibilité, à condition que ça ne l'empêche pas de se présenter à l'élection.
- 19:40C'est complètement fou.
- 19:41C'est en fait la justice s'est délestée.
- 19:43en fin
- 19:44de. Ce
- 19:45que dit
- 19:46Christophe, c'est que la pression,
- 19:47ça marche.
- 19:48En fait,
- 19:48ça marche parfois,
- 19:50parfois les
- 19:51dans l'affaire des assistants fictifs
- 19:54au Parlement européen,
- 19:55les seuls
- 19:56qui ont une peine d'inéligibilité.
- 19:58Effective, ce sont
- 20:00des anciens élus qui ont aujourd'hui 78
- 20:03et 81 ans,
- 20:04qui n'ont plus d'avenir politique.
- 20:05Bon, donc
- 20:05en fait,
- 20:05on marche sur la tête.
- 20:08Et pourquoi ?
- 20:08C'est de mon point de vue,
- 20:09c'est insupportable
- 20:10parce que
- 20:11il y a ce que dit Christophe sur les élus
- 20:14en région,
- 20:14et cetera.
- 20:14Mais n'importe quel
- 20:16citoyenne et citoyen
- 20:17qui, s'il utilise son métier ou sa fonction pour commettre un délit,
- 20:21il a une interdiction d'exercer.
- 20:22L'inéligibilité, c'est l'équivalent
- 20:24de l'interdiction d'exercer pour vous,
- 20:26pour moi.
- 20:26Et ça choque personne parce que c'est normal.
- 20:29Et pourquoi il y aurait une extraterritorialité
- 20:32du monde politique?
- 20:33? On Il y a 400 métiers en France qu'on peut pas faire si on
- 20:37a un casier judiciaire.
- 20:37Président de
- 20:38la République,
- 20:38on peut-on peut.
- 20:40En France,
- 20:40c'est quand c'est quand
- 20:40même vertigineux.
- 20:42Et en fait,
- 20:42c'est les mêmes qui,
- 20:43en plus,
- 20:43c'est les mêmes qui vont à la télé
- 20:45pour dire l'ordre,
- 20:46le respect,
- 20:47les finances,
- 20:48tolérance 0,
- 20:49et cetera.
- 20:50Et c'est vrai que
- 20:51ce rouleau compresseur
- 20:53de cette.
- 20:55Fut mystery rhétorique de la République des juges ou du gouvernement des juges.
- 20:59Il y a pas de la République des juges,
- 21:00il y a des juges de la République
- 21:02à qui des élus des parlementaires
- 21:04prennent des lois,
- 21:05disent que la corruption,
- 21:06les détournements de fonds publics,
- 21:07c'est grave,
- 21:08rendent automatique l'inéligibilité pour un certain nombre de délits.
- 21:10On leur donne des armes pour lutter contre une délinquance et quand
- 21:13on l'utilise,
- 21:15on dit vous êtes fou pour qui vous prenez.
- 21:18Et les journalistes sont
- 21:19des procureurs.
- 21:19Mais ce qui est dingue,
- 21:20c'est que ce que je suis en train de dire là.
- 21:22Vous l'entendez
- 21:23peu dans l'espace audiovisuel français.
- 21:25Voilà, dire ça,
- 21:26c'est surprenant,
- 21:28c'est original,
- 21:29c'est voilà,
- 21:30alors que c'est juste la loi.
- 21:32La réaction médiatique après la condamnation de
- 21:35Marine Le Pen,
- 21:36elle est,
- 21:36elle est,
- 21:36elle est vraiment sous-dimensionnée.
- 21:37Enfin, c'est absolument stupéfiant qu'il
- 21:39y ait pas eu
- 21:41111 travail beaucoup plus
- 21:42important fait là-dessus.
- 21:43On s'est perdu dans des
- 21:44discussions sur la Cour de cassation,
- 21:46sur le bracelet électronique,
- 21:47on a ironisé,
- 21:48et cetera,.
- 21:48très bien.
- 21:49Mais enfin là,
- 21:49on a,
- 21:50on a vraiment.
- 21:51on commence à avoir
- 21:52un combo,
- 21:52si vous voulez,
- 21:53entre la protection des sources insuffisantes et la et la corruption finalement un petit peu
- 21:57tolérée, parce que c'est ça revient à ça.
- 22:00Vous y ajoutez effectivement la montée dans les
- 22:04dans l'opinion de d'une idéologie qui est quand même
- 22:06assez particulière.
- 22:09Oui, on c'est normal qu'on
- 22:12que nous,
- 22:12ça nous,
- 22:12ça nous,
- 22:13ça nous choque.
- 22:14Et ça nous met dans une situation en plus qui est,
- 22:16qui est,
- 22:16qui est,
- 22:16qui est très,
- 22:17comment dire,
- 22:18qui est très désagréable.
- 22:19On a,
- 22:20On a un peu le sentiment,
- 22:22d'ailleurs, je sais pas si Fabrice partage le même,
- 22:24des fois qu'on prêche dans le désert quand même.
- 22:28On est dans une démocratie,
- 22:30soyons clairs,
- 22:30on travaille pas dans
- 22:32un dans un pays
- 22:33où y a des y a effectivement,
- 22:34il faut quand même le dire,
- 22:36des la majorité des pays dans les qui les journalistes
- 22:38n'ont pas
- 22:39notre chance,
- 22:39n'ont pas notre latitude et nos possibilités.
- 22:41Mais nous,
- 22:41on s'est fixé.
- 22:43Un objectif démocratique,
- 22:44j'ai envie de dire très vertueux.
- 22:46Donc, bah
- 22:48soit on met les conditions pour que on pour l'atteindre,
- 22:51soit on continue finalement à bricoler.
- 22:53Et là,
- 22:53en ce moment,
- 22:53je trouve qu'on bricole.
- 22:54La mélancolie de l'enquêteur,
- 22:57très beau mot de conclusion,
- 22:58d'un mot peut-être pour achever cet cet entretien.
- 23:01Vous le disiez tout à l'heure,
- 23:02Christophe Nobili,
- 23:05une enquête,
- 23:05ça se poursuit,
- 23:07c'est un séquençage,
- 23:08ce n'est pas fini.
- 23:09Vous avez connu ça avec l'affaire Fillon,
- 23:10on a,
- 23:12ça a duré des mois pendant la
- 23:13campagne présidentielle de
- 23:142017. Fabrice Arfi,
- 23:16l'affaire Bardella,
- 23:16c'est pas fini.
- 23:17Non, mais en fait,
- 23:18une enquête,
- 23:19il y a,
- 23:19c'est pas
- 23:20comme une bonne tragédie grecque,
- 23:22il y a un début,
- 23:22un milieu,
- 23:23une fin,
- 23:24c'est-à-dire que il
- 23:24y a.
- 23:25Quelque chose dont dont les gens ne se rendent pas compte et c'est normal,
- 23:26c'est normal,
- 23:27mais c'est à quel point
- 23:28l'info appelle l'info.
- 23:30En fait,
- 23:31les gens pensent parfois qu'on feuilletonne ou je ne sais quoi,
- 23:33mais en réalité,
- 23:34on publie des informations,
- 23:35on dit que on a pas de preuves,
- 23:37Ben on publie les éléments
- 23:39documentaires et puis après on enquête sur
- 23:42tel proche et en fait Marine Le Pen dit quelque chose qui est complètement faux,
- 23:44Ben on démontre que c'est pas vrai,
- 23:46et cetera.
- 23:47Bon, voilà,
- 23:47c'est un chemin,
- 23:49c'est un chemin
- 23:50au long cours,
- 23:51mais c'est vrai qu'on est aussi dans un moment médiatique où.
- 23:55On nous demande toujours alors la suite,
- 23:57alors la suite,
- 23:57mais c'est déjà beaucoup ce qu'on a publié,
- 23:59c'est quand même,
- 24:00c'est quand même pas rien,
- 24:01les écrits antisémites et le parcours
- 24:04au milieu d'un
- 24:05bain négationniste et antisémite de celui qui dit être le bouclier
- 24:08pour les Juifs
- 24:10en France.
- 24:11Et en fait,
- 24:12c'est toujours
- 24:12cette façon d'enjamber
- 24:13la réalité pour pas la regarder.
- 24:15Et ça,
- 24:16moi, je
- 24:17qui a été lecteur de
- 24:19Guy Dobeur,
- 24:19c'est vraiment la société du spectacle,
- 24:21la société du spectacle dans le sens
- 24:23où, comme il.
- 24:25Il l'écrivait,
- 24:26le vrai ne sera plus qu'un moment du faux,
- 24:28voilà, et ça,
- 24:29il faut
- 24:30en sentir,
- 24:31en sortir,
- 24:31parce que le spectacle c'est précisément
- 24:34montrer pour mieux cacher,
- 24:35voilà. Et donc cette façon
- 24:37de alors la prochaine,
- 24:38la prochaine,
- 24:38la prochaine,
- 24:39Ben c'est une façon de pas regarder ce qui
- 24:40est déjà là et j'ai la moi l'orgueil
- 24:42et la faiblesse de penser que ce qui est déjà là c'est déjà
- 24:45immense. La prochaine,
- 24:46c'est peut-être le temps politique quand même,
- 24:47c'est à dire que
- 24:48il y a le temps de l'enquête,
- 24:51là Fabrice il est encore dedans,
- 24:52donc c'est tout frais.
- 24:53et. Et
- 24:55puis et puis
- 24:56et puis y a ce qui va venir ensuite,
- 24:57c'est à dire que dans l'affaire Fillon,
- 24:59vous avez eu ensuite
- 25:01bah le
- 25:02comment est-ce que le candidat devient un boulet ?
- 25:04Comment est-ce que ces partisans le lâchent ?
- 25:06Comment est-ce que certains disent on peut pas continuer
- 25:08comme ça ?
- 25:08Et il est-il est pas interdit de penser que dans l'affaire Bardella,
- 25:10il va y avoir un moment donné
- 25:12où quand même ça commence,
- 25:13y a des maires qui commencent à dire bon là y a un sujet.
- 25:15bon. On sait aussi les rivalités qu'il y a
- 25:17eu en interne entre les bardellistes
- 25:19et les marinistes,
- 25:20ne jamais oublier.
- 25:22Il va falloir le répéter que
- 25:23la maison Front National est une maison qui appartient
- 25:26à Monsieur et Madame Le Pen,
- 25:28père, fille,
- 25:29mère, nièce,
- 25:29et cetera.
- 25:30Pour ces gens-là,
- 25:31le FN n'appartient pas à quelqu'un d'autre et n'appartiendra jamais à quelqu'un d'autre.
- 25:34Voilà. Et Monsieur Bardella,
- 25:36c'est ce qu'il a pas compris.
- 25:37Voilà, Bruno Mégret l'avait pas compris,
- 25:38Bruno Gollnisch l'avait pas compris.
- 25:40Et Monsieur Bardella
- 25:41est un petit peu jeune aussi,
- 25:42peut-être il aurait dû
- 25:43prendre exemple sur ses anciens.
- 25:47La famille Le Pen tient ce parti
- 25:49et ne lâchera pas.
- 25:50Et d'ailleurs,
- 25:50on voit comment est-ce que Marion Maréchal-Le Pen
- 25:53revient par la fenêtre.
- 25:56Bon, voilà,
- 25:57et donc là,
- 25:58y a un temps politique qui va s'ouvrir,
- 26:00à quel moment
- 26:01Marine Le Pen va lâcher Bardella?
- 26:03? Comment ça va,
- 26:04Comment ça va
- 26:05impacter la campagne présidentielle?
- 26:07? Donc
- 26:08oui, non.
- 26:08le. Je pense que le travail et le
- 26:11pour Mediapart n'est pas terminé du tout.
- 26:13Ils vont continuer à être
- 26:15dans le viseur
- 26:17et un peu,
- 26:17comme on
- 26:19dit avec facilité,
- 26:20dans l'œil du cyclone.
- 26:22Mais ça fait partie de notre métier et ça
- 26:24fait partie aussi des raisons pour lesquelles on l'aime.
- 26:26Eh ben,
- 26:26on continuera à vous lire.
- 26:27Merci infiniment pour ce débat passionnant.
- 26:30Christophe Nobili de
- 26:32du Canard Enchaîné
- 26:33et Fabrice Arfi de Mediapart.
- 26:34Merci beaucoup.
- 26:36Merci. À propos,
- 26:41c'est fini pour aujourd'hui,
- 26:42mais on revient demain
- 26:43matin. Merci de votre écoute.
- 26:45Si vous
- 26:45en voulez encore,
- 26:46tous nos podcasts sont disponibles dans l'application du soir.
- 26:49Rendez-vous dans le store de votre smartphone
- 26:51ou de votre tablette pour la télécharger.
- 26:54À demain.