Latest / 7H40 Martin Buxant / Jean-Michel Soors, CEO de LeTec
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- 0:05Speaker 2: Jean-Michel Source, bonjour! Bonjour M. Dixan. Vous dirigez le TEC,
- 0:09Speaker 2: 5 800 travailleurs, près de 150 millions de voyages par
- 0:11Speaker 2: an et une dotation publique qui approche 900 millions d'euros
- 0:15Speaker 2: en 2029, mais aussi 20 millions d'euros d'économies à réaliser.
- 0:18Speaker 2: On va en parler. Alors, si vous êtes avec nous
- 0:20Speaker 2: aussi ce matin, c'est parce qu'il y a eu deux
- 0:23Speaker 2: jours de grève récemment pour 100 euros d'éco-chèques. Comment est-ce
- 0:26Speaker 2: qu'on en est arrivé là, Jean-Michel Sors? Et puis, sur
- 0:29Speaker 2: l'image de la société, le TEC, c'est très mauvais ça,
- 0:32Speaker 2: ce qui s'est passé encore
- 0:33Speaker 3: C'est clair. Je ne vais pas rentrer dans le détail
- 0:35Speaker 3: du pourquoi on en est arrivé là
- 0:38Speaker 2: Ce
- 0:38Speaker 3: que j'ai juste envie de dire, c'est qu'une grève est
- 0:40Speaker 3: toujours un échec. Un échec de la concertation sociale et,
- 0:44Speaker 3: comme vous le dites, ça ternit l'image de l'entreprise à
- 0:47Speaker 3: tort et ça porte préjudice aux usagers puisqu'on ne rend
- 0:51Speaker 3: pas le service attendu. Et donc, la seule solution, je pense,
- 0:55Speaker 3: pour améliorer cette situation... est et restera la concertation sociale.
- 1:01Speaker 3: Mais qui dit concertation à un moment donné, ne pas
- 1:04Speaker 3: nécessairement dire oui à tout ce que les organisations syndicales
- 1:07Speaker 3: vous disent, c'est parvenir à essayer d'entendre les deux parties
- 1:12Speaker 3: et compte tenu du contexte, essayer de trouver un compromis.
- 1:16Speaker 3: Et c'est là-dedans qu'on s'inscrit, on veut vraiment arriver à
- 1:19Speaker 3: cette concertation
- 1:20Speaker 2: sociale. Un
- 1:21Speaker 3: vrai dialogue social? C'est un dialogue social qu'on veut restaurer,
- 1:24Speaker 3: mais
- 1:24Speaker 2: un dialogue égal qu'on promeut. Le gouvernement Wallon voudrait un
- 1:28Speaker 2: service garanti en cas de grève. Vous le soutenez là-dessus,
- 1:31Speaker 2: Jean-Michel Sors
- 1:33Speaker 3: Je soutiens en tout cas le fait qu'il faut donner
- 1:35Speaker 3: l'information aux usagers. Donc, arriver à un service minimum, je
- 1:40Speaker 3: pense que ce n'est pas la bonne option. Mais un
- 1:42Speaker 3: service garanti, c'est-à-dire donner la garantie qu'il y aura une
- 1:47Speaker 3: information pour dire que telle et telle ligne circuleront. Et
- 1:51Speaker 3: bien ça, ça vaut la peine.
- 1:53Speaker 2: Il y a une nuance entre un service garanti et
- 1:54Speaker 2: un service minimum. Bien sûr. Donc le service minimum, il
- 1:57Speaker 2: est assuré au minimum, comme son nom l'indique. Le service garanti,
- 2:00Speaker 2: c'est juste de l'info aux
- 2:01Speaker 3: acteurs. Mais si vous avez un
- 2:02Speaker 2: bus
- 2:03Speaker 3: sur trois qui circule en heure de pointe, là vous
- 2:06Speaker 3: avez déjà aujourd'hui des bus qui sont surchargés, ça ne
- 2:08Speaker 3: va rien arranger du tout. Par contre, quand on va
- 2:10Speaker 3: garantir que telle ligne et telle ligne circuleront, parce que
- 2:13Speaker 3: quand on sait les travailleurs qui font grève, on peut
- 2:16Speaker 3: justement réorienter les autres travailleurs sur les lignes pour assurer
- 2:20Speaker 3: un service alors qu'il soit d'un
- 2:21Speaker 2: bon niveau. Alors Jean-Michel Source, vous êtes avec nous aussi
- 2:24Speaker 2: pour discuter économie, puisque le gouvernement wallon vous impose 20
- 2:26Speaker 2: millions d'euros d'économie d'ici 2029. Question assez abrupte, où est-ce
- 2:30Speaker 2: que vous allez couper chez les techs
- 2:33Speaker 3: on ne va pas couper dans l'offre. Donc ça, c'est
- 2:35Speaker 3: déjà une bonne nouvelle. En fait, ces 20 millions d'euros
- 2:39Speaker 3: d'économie vont résider dans de l'opérationnel et dans de l'optimisation opérationnelle.
- 2:45Speaker 3: Ça veut dire quoi, ça, concrètement? C'est de l'optimisation des activités. Donc,
- 2:48Speaker 3: en fait, on a des processus, on a des procédures.
- 2:51Speaker 3: Il faut qu'on enlève tous les éléments qui ne sont
- 2:54Speaker 3: pas utiles. Pour être plus efficace, c'est de la standardisation, notamment,
- 3:00Speaker 3: via notre ERP, qui va nous amener... Vous nous avez perdu.
- 3:03Speaker 3: C'est quoi un C'est le logiciel qui gère l'entreprise, si
- 3:06Speaker 3: vous voulez. Grâce à une standardisation, ça permet de diminuer
- 3:11Speaker 3: les coûts. Donc, sans trop de casse, on va pouvoir
- 3:13Speaker 3: économiser 20 millions d'euros. Alors, sans trop de casse, mais
- 3:16Speaker 3: avec quand même... L'ouverture du changement. Parce qu'il va falloir
- 3:19Speaker 3: qu'on fonctionne différemment. En fait, on vient d'une histoire où
- 3:22Speaker 3: il y avait cinq entités différentes, et donc cinq manières
- 3:25Speaker 3: différentes de fonctionner. Depuis la fusion, il n'y a plus
- 3:28Speaker 3: qu'une seule entité, et c'est là-dedans qu'on doit rationaliser. Et
- 3:31Speaker 3: donc le fait de rationaliser va permettre de dégager des économies.
- 3:34Speaker 3: Ce qui est
- 3:34Speaker 2: intéressant d'expliquer aux gens aussi qui nous écoutent, c'est qu'on
- 3:38Speaker 2: critique souvent la dotation publique, le TEC qui est très important,
- 3:41Speaker 2: 900 millions d'euros environ. En 2029, pourtant, ça ne couvre
- 3:45Speaker 2: pas le montant des titres de
- 3:48Speaker 3: transport. Exact. En fait, on a un taux de couverture,
- 3:52Speaker 3: comme vous dites, de 10%.
- 3:54Speaker 2: Ça
- 3:54Speaker 3: veut dire que pour un euro de titres de transport achetés,
- 3:57Speaker 3: la région Wallonne en met neuf. C'est
- 3:59Speaker 2: dingue.
- 4:00Speaker 3: Exact. Et donc, raison pour laquelle le gouvernement souhaite augmenter
- 4:04Speaker 3: ce taux de couverture de 10 à 14%. Mais j'ai
- 4:08Speaker 3: juste envie quand même d'ajouter quelque chose, puisque vous parlez
- 4:10Speaker 3: du coût en disant 900 millions d'euros, c'est quand même coûteux.
- 4:14Speaker 3: Mais le transport en commun peut être vu comme un coût.
- 4:16Speaker 3: Mais moi, je le vois surtout comme un investissement. C'est-à-dire?
- 4:19Speaker 3: Parce que le transport en commun, c'est un moteur de l'économie. Alors,
- 4:22Speaker 3: ce n'est pas moi qui le dis, c'est toutes les
- 4:24Speaker 3: études qui le disent. C'est un moteur de l'économie et
- 4:26Speaker 3: ça se comprend assez facilement. Parce qu'avec 150 millions de
- 4:30Speaker 3: déplacements par an, que ce soit pour aller au travail,
- 4:33Speaker 3: que ce soit pour aller à l'école, pour aller au loisir,
- 4:36Speaker 3: pour aller au restaurant. En fait, ça engendre du développement économique.
- 4:41Speaker 3: Ça facilite l'accès à l'emploi et ça permet du développement
- 4:44Speaker 3: territorial en plus de tisser des relations et également d'être
- 4:48Speaker 3: un acteur de transition climatique. Donc, investir dans le transport
- 4:51Speaker 2: en commun, c'est investir pour l'économie et
- 4:54Speaker 3: pour la relance wallonne. Absolument.
- 4:56Speaker 2: Si Jean-Michel Chaud, si le taux de couverture doit augmenter,
- 4:59Speaker 2: c'est ce que vous impose le gouvernement wallonne, ça veut
- 5:00Speaker 2: dire que le titre de transport, le prix... Pour les usagers,
- 5:04Speaker 2: il va augmenter aussi. Vous l'avez déjà dit, je pense.
- 5:07Speaker 2: Je l'ai déjà dit. Il n'y a pas
- 5:08Speaker 3: que ça. Bien sûr, je le confirme. C'est une évidence. Moi,
- 5:12Speaker 3: je ne veux pas vendre du rêve. Donc oui, il
- 5:14Speaker 3: va y avoir une augmentation du tarif. Mais il n'y
- 5:16Speaker 3: a pas que ça qui va intervenir dans le taux
- 5:18Speaker 3: de couverture. Il y a la lutte contre la fraude également.
- 5:20Speaker 3: Et il y a l'augmentation de fréquentation. Si on avait
- 5:23Speaker 3: beaucoup plus de personnes qui prenaient le transport en commun,
- 5:26Speaker 3: on n'aurait pas besoin d'augmenter les tarifs. Donc effectivement, les
- 5:28Speaker 3: tarifs viendront pour le solde, pour compenser cet objectif de
- 5:32Speaker 3: taux
- 5:32Speaker 2: de couverture. Pourtant, il y a un débat autour de
- 5:34Speaker 2: la gratuité des transports en commun. Certains partis politiques disent
- 5:37Speaker 2: qu'il faudrait avancer vers cette gratuité pour qu'il y ait
- 5:40Speaker 2: davantage d'usagers qui prennent le bus ou le train. C'est
- 5:42Speaker 2: un bon débat, ça? Non, en tout
- 5:44Speaker 3: cas, nous, on est vraiment contre la gratuité. Il y
- 5:48Speaker 3: a aussi pas mal d'études qui démontrent que la gratuité
- 5:51Speaker 3: n'amène pas nécessairement un transfert modal. En tout cas, pas
- 5:53Speaker 3: un bon transfert modal. Ce n'est pas parce que c'est
- 5:55Speaker 3: gratuit que vous allez nécessairement abandonner votre voiture pour le
- 5:59Speaker 3: transport en commun. Ce qu'on constate, c'est qu'effectivement, des piétons
- 6:02Speaker 3: utilisent alors le transport en commun ou des cyclistes utilisent
- 6:05Speaker 3: le transport en commun. Donc, c'est un mauvais transfert modal.
- 6:08Speaker 3: Ce n'est pas celui-là qu'on veut. Ce n'est pas les
- 6:10Speaker 3: gens qui abandonnent la voiture qui utilisent le transport en commun.
- 6:14Speaker 3: En fait, ce qu'il faut, c'est que le tarif soit abordable,
- 6:17Speaker 3: pas gratuit, qu'il soit vraiment correct. Or, ici, l'utilisateur paye
- 6:23Speaker 3: uniquement 10% du prix. Ça reste quand même nettement moins
- 6:26Speaker 3: cher que l'utilisation de la voiture. Et en plus, si
- 6:29Speaker 3: vous prenez les tarifs, par exemple, 2019 et que vous tirez,
- 6:33Speaker 3: On est encore bien moins cher que l'indexation par
- 6:36Speaker 2: rapport à 2019. C'est combien un titre de transport aujourd'hui
- 6:38Speaker 2: pour un personnage lambda comme moi, 45 ans? Un titre
- 6:41Speaker 2: de transport unitaire, c'est 2,80 euros. Et par rapport à
- 6:43Speaker 2: ce qui se pratique en Flandre ou en France, on
- 6:45Speaker 2: est vraiment dans la moyenne? Si vous regardez
- 6:48Speaker 3: par exemple The Lane, c'est 3 euros, mais 3 euros
- 6:50Speaker 3: pour 60 minutes. Et nous, c'est 2,80 euros pour 90 minutes. Donc,
- 6:54Speaker 3: c'est encore un meilleur rapport coût-durée
- 6:57Speaker 2: J'ai été étonné aussi d'apprendre qu'il y aurait bientôt des
- 7:00Speaker 2: bus autonomes, Jean-Michel Sors, à Lotec. Alors, il y aura
- 7:03Speaker 2: des
- 7:04Speaker 3: véhicules autonomes, mais pas des bus autonomes. Donc, les véhicules autonomes,
- 7:08Speaker 3: ça existe déjà dans pas mal de pays en dehors
- 7:10Speaker 3: de l'Europe, mais même en Europe. On peut aller voir
- 7:13Speaker 3: nos voisins en France, en Allemagne, en Suisse, en Norvège.
- 7:17Speaker 3: Vous avez déjà des véhicules autonomes qui sont en circulation.
- 7:21Speaker 3: Et ça, c'est vraiment quelque chose qu'on doit également envisager.
- 7:24Speaker 3: Et on travaille d'ailleurs en partenariat... Pilote avec Delaine à Leuven.
- 7:29Speaker 2: Donc, il y a un pilote en ce moment. Enfin,
- 7:30Speaker 2: je veux dire, une voiture sans pilote, un véhicule sans pilote.
- 7:32Speaker 2: Mais il y a un projet pilote de véhicule autonome
- 7:35Speaker 2: pour le moment en Flandre. Tout à fait.
- 7:36Speaker 3: Véhicule de 8 places. C'est vraiment la cible qu'on a.
- 7:39Speaker 3: C'est vraiment des petites navettes de 8 places. Et je
- 7:41Speaker 3: vous invite d'ailleurs à aller tester parce que c'est bluffant.
- 7:44Speaker 3: Il n'y a pas de chauffeur. Et vous montez dedans,
- 7:47Speaker 3: elle circule dans la circulation avec des piétons, avec des
- 7:52Speaker 3: cyclistes sans aucune difficulté. Et quand est-ce que ça pourrait
- 7:55Speaker 3: être déployé sur les routes wallonnes alors, Jean-Michel Source? Alors nous,
- 7:58Speaker 3: on va faire un essai aux alentours de 2028-2029 ici
- 8:00Speaker 3: en Wallonie. Et on va étendre à partir de 2030
- 8:05Speaker 3: en situation commerciale et principalement dans les zones rurales.
- 8:09Speaker 2: Alors peut-être terminer avec ça, il y a un point
- 8:11Speaker 2: sur la décarbonation. On veut que vos bus, vos véhicules
- 8:14Speaker 2: soient moins polluants. Est-ce que c'est vraiment la première priorité
- 8:19Speaker 2: des gens? On a d'abord besoin que le bus passe?
- 8:22Speaker 2: Vous comprenez ma question
- 8:24Speaker 3: Je comprends tout à fait
- 8:25Speaker 2: votre
- 8:25Speaker 3: question, mais l'un n'empêche pas l'autre. On peut très bien
- 8:27Speaker 3: réfléchir à la transition climatique tout en assurant aussi une
- 8:31Speaker 3: bonne fiabilité du transport. Donc, il faut mettre les moyens
- 8:35Speaker 3: là où c'est nécessaire
- 8:37Speaker 2: Donc, on
- 8:37Speaker 3: peut avoir des bus qui passent, qui sont à l'heure
- 8:39Speaker 3: et qui sont décarbonés? Mais bien sûr. Et c'est d'ailleurs
- 8:42Speaker 3: ce qu'on vise. Donc, on a des équipes qui travaillent vraiment.
- 8:45Speaker 3: Ce sont les directions territoriales. Vous en avez à Liège,
- 8:47Speaker 3: vous en avez au Brabant, qui travaillent vraiment à faire
- 8:49Speaker 3: sortir les bus et assurer une fiabilité au quotidien. L'objectif,
- 8:52Speaker 3: c'est 99%. On est à 98,3%. Et en plus, on
- 8:57Speaker 3: a des équipes qui travaillent à la décarbonation, c'est-à-dire la
- 9:00Speaker 3: sortie des énergies fossiles. Si vous
- 9:02Speaker 2: aviez une phrase à dire ce matin pour redorer le
- 9:05Speaker 2: blason de l'OTEC, ce serait laquelle? On va terminer avec
- 9:07Speaker 2: ça
- 9:08Speaker 3: Mais... Moi, je dis le transport en commun, c'est quelque
- 9:10Speaker 3: chose qui est essentiel pour permettre justement les relations sociales,
- 9:15Speaker 3: pour permettre l'économie et pour permettre la transition climatique. Merci
- 9:19Speaker 3: d'être passé dans notre studio. Merci à vous.