Latest / Les invités de Radio des Ballons / Feniix, l'usine de valorisation énergétique de Rambervillers
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- — Patrick Lagarde, président des Vaudias. Nous sommes aujourd'hui à Phénix, à Ramburvillet. Mais c'est quoi, Phénix ? — L'usine de valorisation énergétique. — Qu'on y amène ici les déchets qu'on ne peut pas valoriser ? — Ils sont valorisés, selon les ordures ménagères du département, qui sont brûlés, incinérés, transformés ou en chaleur ou en électricité. — Aujourd'hui, c'est un peu la fête à Phénix, parce qu'il y a des objectifs qui ont été largement tenus. — Effectivement, quand on avait relancé la rénovation de l'usine, ici où nous sommes aujourd'hui, on s'était fixé pour objectif d'atteindre 77 000 tonnes. Et nous étions à l'époque à 85 000, 90 000 tonnes. Donc on avait lancé ce qu'on a appelé la trajectoire baissière, qui nous a permis de... On voulait baisser de 5% notre production d'ordures ménagères résiduelles en 3 ans. L'objectif paraissait à l'époque ambitieux. Et nous l'avons largement dépassé. — Et on continue de progresser ? — Et on continue de progresser. Et il faut encore qu'on continue. Aujourd'hui, c'est pas... On arrive au bout des 15% qu'on avait souhaités. On avait basé notre programme sur 3 ans. On y arrive. Mais ça s'arrête pas là. C'est pas l'aboutissement. Il faut qu'on continue pour faire en sorte que notre production d'ordures ménagères baisse et que nos rendements, ici, à l'usine, soient optimum. Salut. — Et en fait, ici, ça représente combien de tonnages sur une année ? — Ici, cette année, on est à 76 500 tonnes incinérées qui viennent de l'ensemble du département des Vosges. — Et combien de camions ? — Oh ! Les camions, j'allais dire un certain nombre. Mais en fait, le fait d'avoir réussi la trajectoire baissière sur les 3 ans, c'est 500 camions en moins. Ici, on traite à peu près 250 tonnes par jour. — Et j'ai remarqué que certains camions, maintenant, roulaient au carburant bio. — Oui, effectivement. C'était une clause que nous avions mise dans le marché que nous venons de relancer il y a quelques mois. Et on a des camions. Mais sûr, chacun doit prendre sa part. Et on a des camions qui roulent à HVO. Voilà. — C'est quoi, HVO ? C'est une bonne question. — C'est une bonne question. Enfin c'est des biocarburants. — Voilà. On a envie bien de supprimer le mot « HEPAD ». On va peut-être supprimer le mot « HVO » aussi. — En tout cas, c'est les efforts des transporteurs, en tout cas pour diminuer aussi tout ce qui est pollution, le CO2, etc. — Alors ici, on valorise effectivement les déchets. Ça va où ? — Eh bien il y a 2 choses. L'essentiel, ici, c'est la production d'électricité, qui est revendue après sur le marché avec différents niveaux. Et puis une petite part aussi avec le réseau de chaleur qui chauffe un certain nombre de bâtiments de la commune de Rambert-Villiers. — Ça aussi, c'est un succès. — Oui. Oui, oui. Vous savez, l'année dernière, il valait mieux vendre de l'électricité que de l'acheter. — Merci, Patrick. — Je vous remercie. — Vincent Ancelin, directeur ici du centre Phénix. — Oui, tout à fait. — Alors à Phénix, ça représente combien de personnes qui travaillent ? — Alors les effectifs de Phénix sont composés de 25 personnes. Et en permanence, nous avons toujours, que ce soit nuit et week-end, 2 personnes sur site pour faire fonctionner l'usine. — Alors ici, on y fait même de l'électricité. — Exactement. Donc d'abord, on traite les déchets, pour l'objectif de les valoriser en grande partie en énergie. Donc en fait, en brûlant le déchet, on crée énormément d'énergie. On produit de la vapeur. Et grâce à cette vapeur, on produit de l'électricité qui sert à la fois à alimenter l'usine en elle-même et également à vendre le surplus. Et on a également une petite partie de la chaleur qui est utilisée pour le réseau de chaleur urbain de la ville de Rambert-Villay. — Ça, c'est très bien. Mais je me perçois que le tonnage diminue grâce aux tris qui progressent. — Exactement. Donc tout ça avait été anticipé. Quand on a répondu au contrat pour moderniser du coup le site, on avait la trajectoire qu'avait définie Evodia. Et donc on a imaginé et dimensionné le process pour tenir compte de ce tonnage. — Bon, ça veut dire qu'un jour, Phénix n'existera plus ? — On n'espère pas. Mais en tout cas, puisqu'il y a des gros enjeux, il y a encore aussi beaucoup de déchets qui sont envoyés en centres de stockage, en centres d'enfouissement, qui sont déjà réorientés vers les unités de valorisation énergétique. Mais effectivement, le but ultime est en tout cas de n'avoir à Phénix que les déchets qui ne peuvent être que valorisés énergétiquement et que tout le reste – plastique, biodéchets – soit orienté sur d'autres filières. — Ça veut dire qu'il y a des choses qui repartent d'ici vers d'autres secteurs, d'autres régions ? — Non. C'est trié à l'amont. C'est-à-dire que c'est en amont. On essaye d'éviter que tout ce qui est plastique, etc., vienne ici. Donc il y a d'autres filières qui existent. Puis tout ce qui peut malheureusement ne pas être trié, comme on évoquait tout à l'heure les refus de tris, c'est-à-dire tout ce qui n'a pas pu être trié au centre de tri, ça par contre vient ici. On l'incinère. Et d'ici, il y a très peu de choses qui ressortent. Il reste les cendres issues de la combustion et aussi ce qu'on appelle le mâche fer. C'est un peu ce qui n'a pas brûlé au départ et qui sert pour les sous-couches routières. — Donc Phénix tient ses objectifs. — Phénix tient ses objectifs. Et l'objectif... On a eu une phase... Donc l'usine a été mise en service en 2022. C'est un gros enjeu de démarrage, donc qu'elle soit performante dès le début. Aujourd'hui, on est rentré dans un mode routine. Et c'est de faire en sorte, pour continuer à accompagner Evodia, que la performance reste en tenant compte de l'évolution des déchets.