Latest / Les invités de Radio des Ballons / Résonance FM 40 ans de partage, le livre.
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- Maurice Claudel, ex-président de Résonance FM, tu sors un livre, Résonance FM, 40 ans de partage. C'est ça ? Oui, une belle histoire, une belle histoire que j'ai racontée, qui a commencé, oui, en 85, quand l'association Résonance FM s'est créée. Tu étais dans les créateurs ? Oui, on était quatre, je suis allé dernier survivant. Et c'était compliqué, puisqu'à l'époque, il y a eu changement politique. François Léotard a remplacé Jacques Langue. Donc, on a attendu quatre ans la fréquence. Et en attendant, on a essayé de construire. Avec l'appui de Gameozo, on a appris à faire des émissions. On s'est cramponnés et un jour, on a reçu un courrier nous disant qu'on nous attribuait le 4.8.1. Tout le monde s'est dispersé. On a fait des réunions dans toutes les communes. La machine s'est remise en route et a progressivement monté jusqu'à créer un outil de communication qui est viable et qui, je crois, est bien représentatif du local. On a fait le pari de la professionnalisation des animateurs. On a trois salariés, deux équivalents en temps plein. Isabelle, la plus ancienne, va prendre sa retraite l'année prochaine avec 32 ans d'ancienneté. Je trouve que c'est sympa que les bénévoles se sont vraiment passés un temps fou, ont pris des risques pour construire un outil qui est gratuit, qui sert à tout le monde et qui a apporté de l'emploi en prime. Ça s'est créé comment avec l'aide de la commune ? C'est avec l'aide des communes. On a toujours été soutenu par les communes du Haut de la Vallée, de Solsur à La Bresse en passant par Vintron. Les élus étaient convaincus que ce moyen de communication a été utile dans nos vallées enclavées. Ils nous ont fait confiance aussi. Plus tard, on a intégré les représentants des conseils municipaux dans la minoritaire et bien sûr dans le conseil d'administration, ce qui fait que la confiance règne. Et donc, ils nous ont toujours subventionnés. La ville de La Bresse, notamment à travers son maire de l'époque, nous a trouvé un local que l'on occupe encore aujourd'hui avec deux pièces, trois même, loyers gratuits. On a le soutien des collectivités dans la mesure où on est objectif, où on ne prend pas position, où on crée le débat, où on donne la parole à tout le monde. Et je crois que c'est une recette. En tout cas, je crois que l'audience est encore bonne parce que la confiance règne et puis qu'on donne la parole aux gens d'ici. Pourquoi le nom Résonance ? C'était compliqué. Je me souviens, c'était une réunion épique où on avait une demi-douzaine de noms. Et c'est simplement Résonance avec un solenne qui l'a emporté parce que ça résonne dans l'écho des vallées. C'est assez symbolique. Mais c'est tout, ça n'a pas d'autre signification particulière. Les débuts se sont bien passés assez rapidement ? Les débuts ? Non, c'était compliqué à tout point de vue parce qu'on n'y connaissait rien. On n'était pas bons techniciens, pas bons animateurs. Qu'on s'engueulait facilement parce qu'on était aussi un peu idéologues. Qu'on avait un conseil d'administration où tout le monde était invité. C'était l'auto-gestion. J'ai retranscrit tout ça dans ce petit bouquin de 220 pages où vraiment, on s'aperçoit que c'est compliqué mais que ça vaut le coup, c'est une belle aventure. Je souligne que le bouquin, la couverture, c'est Olivier Claudon, l'artiste qui l'a réalisé. La préface a été rédigée par Claude Vautrin, que l'on ne présente pas, qui intervient souvent à l'antenne et qui était enchanté de parler de cette petite radio dans laquelle il a pu s'exprimer. Il a passé un moment où, quand il sortait son bouquin Massif des Vosges, où chaque nouveau bouquin, il venait le présenter. Mais pour nous, c'est un honneur d'avoir ce genre de parrainage. Et ensuite, la vie de la radio a été... Il y a eu des périodes délicates ? Il y a eu 12 présidents en 40 ans. En fait, neuf parce que j'étais trois fois président. Chaque fois qu'on allait dans le mur, ils m'ont rappelé. Et ça illustre les difficultés. On a quand même... Par exemple, Fabienne, il était neuf ans. C'était une époque, entre 2000 et 2010, pacifiée. Mais il y a quand même eu des moments compliqués parce que c'est des personnes et qu'on essayait d'être assez démocratique dans le fonctionnement. Ce qui fait qu'il y avait des rapports de force qui s'établissaient, comme dans toute association qui vit. Mais je crois qu'on en sortait plus fort à chaque fois parce qu'on cherchait des recettes pour ne pas retomber dans les ornières. C'est une super aventure. Quand je me retourne sur 40 ans, je compte pas les milliers d'heures que j'ai pu y passer. Quand j'ai lu ça, je me disais, on est un peu fou quand même de donner notre temps comme ça plutôt que de regarder la télé ou aller se promener. Mais ça vaut le coup parce que je pense qu'on a contribué à créer un lien social dans la vallée. Et ça ne se mesure pas. Toutes ces personnes âgées qui n'avaient pas les moyens de s'acheter le journal et qui, le matin, étaient heureux de nous entendre. Tous ces gens d'ici, entre guillemets, parce que c'est une émission dont j'ai fait 400 émissions où j'ai reçu pratiquement 400 invités différents qui sont des gens d'ici, des jeunes, des âgés, des patrons, des salariés, des gens passionnés, des musiciens. On a fait les boeufs pas possibles dans le studio. Je me dis que tous ces gens-là, ils ont vécu quelque chose de riche, qu'ils ont partagé à travers l'antenne et que j'ai la chance d'avoir vécu ça. Il y a eu des animateurs qu'on a bien connus qui ont laissé leur nom quand même à la radio. Oui, il y en a même qui sont professionnels aujourd'hui. On apprend beaucoup en faisant de la radio. On a une tranche d'une heure d'émission, un invité en face de nous. Il faut qu'il passe quelque chose. Il faut mettre en valeur l'invité. C'est un peu technique aussi. Il faut des pauses musicales. Il faut que ce soit équilibré, qu'on parte d'un début pour arriver à une chute crédible. Moi, j'ai beaucoup appris. Je veux dire un truc, si j'étais maire de Cornimont, après, en cours de route même, c'est aussi parce que j'ai appris beaucoup à faire de la radio, à prendre la parole en public et que ça donne confiance en soi. Et c'est important aussi dans la vie, on apporte, mais on reçoit. Et aujourd'hui ? Aujourd'hui, j'arrive au bout d'un cycle quand même. Ça fera 41 ans pour moi l'année prochaine, quand je serai renouvelable au conseil d'administration. Donc, je vais fermer la porte là. Je pense que le couloir a été long et je resterai proche de la radio à disposition pour donner les coups de main. Mais il y a un temps pour tout. Et aujourd'hui, la radio va bien ? La radio est stabilisée, équilibrée, professionnalisée. Techniquement, on a fait des gros progrès. On va encore en faire au niveau matériel, puisqu'on va changer nos mâts d'émission. Il y en a un qui penche un peu du côté où il veut tomber. Et puis, il y a les émetteurs qui fatiguent. Mais on a un matériel très opérationnel. L'équipe d'animateurs est professionnalisée. On a beaucoup moins de bénévoles qu'avant. Ça doit être normal. C'est malheureusement dans toutes les associations. Mais ceux qui sont là, c'est des vrais. Ils ne font pas trop de bêtises. Donc, vive la radio. Et la radio demain ? Je n'en sais rien. Je pense qu'elle a encore sa place, mais ça devient quand même de plus en plus une niche. Le public, quoi qu'on le dise, se restreint parce qu'il y a bien d'autres outils. Et puis surtout, les jeunes générations, ce ne sont plus des gens qui écoutent la radio. Ils n'ont pas été bercés dedans. Ils n'en ont plus l'habitude, plus le réflexe. À terme, il faudra sans doute évoluer. Comment ? Je n'en sais rien. On va faire confiance à ceux qui seront en responsabilité le moment venu. Alors, et ton livre ? On le trouve où ? Alors, mon livre, à partir de mardi, ce sera le 17, il sera dans tous les points presse de la Vallée, de la Bresse à Saint-Abeille. Il coûte 15 euros. Il a donc 120 pages. Et c'est illustré... C'est une histoire. Je compte une histoire, mais l'histoire de personnes plus qu'autre chose, de personnes qui, ensemble, ont construit quelque chose. Malgré toutes les vicissitudes, les fois où on ne savait pas si on ferait les payés salariés le mois prochain. Tout ça, on l'a vécu comme si c'était comme si c'était dans notre poche qui soit en jeu. Mais que d'amitié. Là, on vient de faire une fête pour les 40 ans. Que de copains retrouvés qu'on n'a pas vus. Pour écrire ce livre, j'ai recherché tous les bénévoles qui sont intervenus pendant ces 40 ans. On les a donc tous invités. Et ça a renoué des contacts avec des responsables qui étaient partis tous fâchés parce qu'il y avait eu un trou dans la caisse à un moment donné et qu'ils avaient été mis en cause. Ils étaient tous heureux qu'aujourd'hui, on leur dise « Bien, viens, t'as participé au truc quand même. » On a eu un moment où on n'était pas d'accord, mais tous ensemble, on a fait un beau truc. Et ils sont là aujourd'hui. C'est super. Merci Maurice. A bientôt alors. A bientôt. Et puis bon vent aussi à nos amis de Radio des ballons. Ce n'est pas des concurrents, c'est des amis. Je crois qu'on peut faire les choses ensemble en parallèle.