Latest / Québécois et Canadien / Thierry Giasson : La disparition des plateformes électorales
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast Québécois et
- 0:02Canadien où on discute des enjeux de notre pays.
- 0:04Aujourd 'hui, on reçoit le professeur Thierry
- 0:06Géasson, directeur du Centre pour l 'étude sur
- 0:08la citoyenneté démocratique. On a discuté notamment
- 0:11de l 'évolution des communications politiques,
- 0:13de la disparition progressive des plateformes
- 0:15électorales et de l 'importance pour les parlementaires
- 0:17de rétablir le lien de confiance avec la population.
- 0:20Bonne écoute! Alors Thierry Géasson, bonjour.
- 0:30Bonjour. Merci d 'avoir accepté l 'invitation.
- 0:32Merci d 'avoir invité. Je suis content d 'être
- 0:34là. Pour commencer, j 'aimerais parler de l 'évolution
- 0:37un peu des communications politiques. Est -ce
- 0:41qu 'aujourd 'hui, en 2026, tout le système de
- 0:44communication politique est défectueux au Canada?
- 0:49C 'est une grosse question. Je pense qu 'il est
- 0:54très performant. Il a beaucoup changé dans les
- 0:5930 dernières années. Je ne saurais pas qu 'il
- 1:02est défectueux. Il est peut -être un peu plus
- 1:04difficile à saisir pour des gens qui regardent
- 1:07ça un peu de manière néophyte, mais je pense
- 1:13qu 'il fonctionne. Il y a certains aspects de
- 1:16son fonctionnement qui sont préoccupants, par
- 1:18exemple. Parce que si on fait un petit historique,
- 1:22c 'était avant mon époque à moi, mais de ce que
- 1:24je comprends avant, il y avait la presse écrite.
- 1:27On essayait de faire la ligne pour le lendemain
- 1:29matin. On communiquait de façon stratégique pour
- 1:32essayer d 'avoir la première page du journal.
- 1:35On a une communication quotidienne. Après ça,
- 1:40on arrive avec la télévision. On peut avoir peut
- 1:42-être le téléjournal le midi, puis après ça le
- 1:44soir. On a déjà plus de clips. Après ça, la télévision
- 1:47a continué. Fait que là, c 'est continuellement,
- 1:50la clip, ça arrive à Québec, 15 minutes après,
- 1:53c 'est en ondes. Puis là, on a les médias sociaux,
- 1:55où là, on fait juste contourner complètement
- 1:58les journalistes à un certain niveau. Je m 'allume
- 2:01que ça vient avec un certain nombre d 'enjeux,
- 2:03là, au niveau de... Oui. Donc, ce que vous avez
- 2:05décrit, en fait, c 'est un phénomène qu 'on appelle
- 2:07l 'hybridité médiatique. Donc, l 'hybridité médiatique,
- 2:10c 'est la grosse transformation. de l 'espace
- 2:14communicationnel, de l 'environnement dans lequel
- 2:16la communication politique s 'exerce. Puis, il
- 2:18faut comprendre que la communication politique,
- 2:20c 'est pas seulement la communication des acteurs
- 2:22politiques, c 'est les relations communicationnelles
- 2:26qui existent entre les acteurs politiques, donc
- 2:29les partis politiques, les institutions, mais
- 2:33aussi les parlements, les gouvernements. les
- 2:43médias et les citoyens, parce qu 'il y a un certain
- 2:47nombre de transformations de l 'environnement
- 2:50médiatique qui font que maintenant, les citoyens
- 2:53peuvent avoir des relations communicationnelles
- 2:55directes avec les acteurs politiques, avec les
- 2:59médias. Ça existait déjà à l 'époque des médias
- 3:03traditionnels, alors que cette hybridité, elle
- 3:04est faite... de médias qu 'on dit traditionnels
- 3:07aujourd 'hui, donc les grandes entreprises de
- 3:10presse, électroniques, écrites, mais aussi maintenant
- 3:16des médias numériques. qu 'on appelle socio -numérique
- 3:20dans le jargon universitaire, mais on s 'entend
- 3:22tous pour dire qu 'on parle des réseaux sociaux
- 3:24et qui ont créé des espaces de communication
- 3:29direct pour les politiciens vers les citoyens,
- 3:32pour les médias vers les citoyens aussi, les
- 3:34médias... Quand je vais parler de médias, je
- 3:37vais parler peut -être un peu plus des médias
- 3:39traditionnels, parce que les médias sociaux numériques,
- 3:42ce sont des entreprises. Ils ne sont pas voués
- 3:46à informer. Ils n 'ont pas une mission d 'information.
- 3:50Leur mandat, c 'est de faire de l 'argent sur...
- 3:52avec nos données. Donc, déjà, il faut comprendre
- 3:55ça aussi. Donc, quand je veux parler des trois
- 3:57acteurs de la communication politique, c 'est,
- 4:00je dirais, les médias d 'information, les médias
- 4:03traditionnels, les citoyens et des organisations
- 4:07citoyennes aussi qui, parce qu 'elles veulent
- 4:10défendre des intérêts, veulent communiquer par
- 4:13le biais des médias vers les acteurs politiques,
- 4:15mais aussi directement vers les acteurs politiques,
- 4:17puis les acteurs politiques. Puis je dirais que
- 4:20les plateformes de médias sociaux numériques,
- 4:22les entreprises de médias sociaux numériques,
- 4:24c 'est peut -être des acteurs politiques aussi.
- 4:28C 'est des acteurs économiques, des acteurs économiques
- 4:30forts qui ont beaucoup, beaucoup d 'influence
- 4:33sur les exécutifs politiques, les gouvernements
- 4:36à travers le monde par leurs forces économiques.
- 4:42Mais c 'est ça. L 'ensemble, la composition des
- 4:48médias traditionnels et de ces entreprises privées
- 4:52de médias sociaux numériques font que l 'espace
- 4:55dans lequel on fait de la communication politique
- 4:57s 'est transformé. C 'est un espace qui est hybride
- 5:00où on peut passer par les médias d 'information
- 5:05pour rejoindre dans un deuxième temps la population.
- 5:08Donc, ça, c 'est plus traditionnel comme approche
- 5:10de communication politique, mais où on peut aussi
- 5:13communiquer directement. auprès des citoyens
- 5:16en utilisant, par exemple, les plateformes de
- 5:18médias sociaux. C 'est intéressant ce que vous
- 5:20êtes aussi sur un peu la mission ou le rôle des
- 5:23différents acteurs là -dedans, parce que je pense
- 5:26que, objectivement, on peut dire que les médias,
- 5:29traditionnellement, avaient certaines, disons,
- 5:32directions. Des orientations, absolument. Des
- 5:34orientations. Je pense que la presse faisait
- 5:37jamais la promotion de la souveraineté du Québec,
- 5:39Radio -Canada non plus, puis il y a des médias
- 5:42qui étaient peut -être un petit peu plus souverainistes.
- 5:44Ça, c 'est juste un exemple parce qu 'on parle
- 5:46souvent de fédéralisme sur le podcast. Mais il
- 5:48y avait une certaine, je veux pas dire de polarisation,
- 5:51mais une orientation politique de certains médias.
- 5:53Je pense qu 'aux États -Unis, c 'était un autre
- 5:55niveau. Je veux dire, je pense que Fox News est
- 5:58constamment à droite, républicain, va supporter
- 6:00le président. MSNBC est totalement à l 'autre
- 6:03bout. C 'est intéressant, ça, parce que je dirais
- 6:08aux... Donc, quand la presse à grand tirage est
- 6:13arrivée, fin du 19e siècle, début du 25e siècle,
- 6:17l 'arrivée de la radio d 'abord, de la télévision
- 6:20ensuite, de l 'ouverture aussi, parce qu 'au
- 6:23départ, c 'était, je veux parler du Canada, mais
- 6:26des entreprises publiques, c 'est toujours le
- 6:28cas, on a toujours un grand diffuseur public.
- 6:29Aux États -Unis, ça a été des entreprises privées
- 6:31qui ont investi les ondes, mais il y avait à
- 6:37l 'époque, en particulier dans la presse écrite,
- 6:39des penchants, des éditoriaux politiques, idéologiques,
- 6:43qui étaient assumés. Il y a même des organes
- 6:46de presse qui appartenaient à des partis politiques.
- 6:49Donc, il y a eu Le Jour, par exemple, qui a été
- 6:52le journal du Parti québécois. Puis Le Soleil,
- 6:56à l 'époque, se disait Le Journal du Parti libéral.
- 7:00Donc, les choses étaient claires. Donc, on a
- 7:02déjà eu une presse très partisane. C 'était connu,
- 7:07c 'était assumé. il y a eu avec l 'arrivée des
- 7:14années 40, des années 50, une volonté peut -être
- 7:18de la presse de se professionaliser puis de...
- 7:22de prendre un peu de recul par rapport aux étiquettes
- 7:27idéologiques et partisanes qui leur étaient accolées,
- 7:30entre autres pour rouvrir, par exemple, leur
- 7:32bassin de lecteurs. Parce que c 'était juste
- 7:34un journal du PQ, il y a juste de la légende
- 7:36du PQ. À priori. Puis il faut comprendre aussi
- 7:39qu 'un journal, on parle des journaux de la presse
- 7:43partisane, c 'est un regroupement de journalistes
- 7:47qui font différentes choses. Dans la presse,
- 7:53il y a toujours eu des journalistes, en particulier
- 7:57dans l 'équipe éditoriale, qui avaient pour objectif,
- 8:01à une certaine époque, c 'est un peu moins le
- 8:02cas aujourd 'hui parce que c 'est devenu un OBNL,
- 8:04mais à l 'époque où ça appartenait à une grande
- 8:06entreprise qui était la propriété de la famille
- 8:09Desmarais, qui se revendiquait d 'une proximité
- 8:12très claire avec le Parti libéral -fédéral. Donc,
- 8:15les choses étaient claires. Donc, la ligne éditoriale,
- 8:18les éditorialistes, avait pour objectif de refléter
- 8:23ces opinions -là. Mais dans le corps des journalistes,
- 8:27il y avait des chroniqueurs qui pouvaient loger
- 8:29à d 'autres enseignes, qui étaient des souverainistes
- 8:31aussi affirmés. Donc, on essaie, même si le journal
- 8:36a une étiquette idéologique, on essayait, même
- 8:39si le journal avait une étiquette idéologique,
- 8:41de présenter une diversité d 'opinions. Le journal,
- 8:44les journaux de Québec, par exemple, font un
- 8:45peu ça avec des chroniqueurs qui... loge à différentes
- 8:52adresses. Ça permettrait en fait, c 'est l 'hypothèse
- 8:58derrière ça, ça permettrait d 'assurer une certaine
- 9:01forme de diversité d 'opinion, puis au final,
- 9:04si on lit tout le journal, peut -être d 'avoir
- 9:06une objectivité qui serait la somme de toutes
- 9:10ces opinions -là. On a une structure traditionnelle
- 9:13de médias où, je crois que... Il y a une tentative
- 9:17d 'objectivité où il y a une certaine subjectivité,
- 9:19mais elle est assumée, où on dit ouvertement,
- 9:22bon, mais nous, on a un journal qui va penser,
- 9:24comme exemple, encore aujourd 'hui, je ne sais
- 9:25pas, National Post, puis je pense qu 'il s 'assume
- 9:27conservateur à la droite. Il y a personne qui...
- 9:29Qui est un journal plus récent, qui a été créé
- 9:33par Corrad Black à l 'époque, parce qu 'il trouvait
- 9:36que le Globe and Mail, qui était leur grand journal,
- 9:38et le Toronto Star, qui étaient les deux grands
- 9:40journaux pancanadiens, étaient trop libéraux.
- 9:43Donc Corrad Black a décidé de se... d 'acheter
- 9:46des médias puis de lancer un grand quotidien
- 9:48national pour, d 'une certaine façon, selon lui,
- 9:52équilibrer le paysage des grands médias privés,
- 9:57nationaux. Ça, c 'est, disons, comment c 'était
- 10:02avec les médias traditionnels. Là, on arrive
- 10:03avec les médias sociaux, puis comme vous dites...
- 10:06Il n 'y a pas de position. Je pense qu 'ils prennent
- 10:08des positions claires, comme par exemple quand
- 10:09ils ont fait la loi sur le financement des médias.
- 10:12Je pense que c 'est Facebook qui a refusé de
- 10:14partager. Ils refusent toujours de partager les
- 10:17médias. Parce que les médias traditionnels...
- 10:19Une partie de ses revenus auprès des médias traditionnels.
- 10:22Exact. Ils ne font juste pas partager cette information
- 10:24-là au Canada. Mais il n 'y a pas d 'orientation
- 10:29claire. Ils ne disent pas j 'appuie telle partie
- 10:30ou telle partie. Mais l 'algorithme peut faire
- 10:33des choses qui... sans que le monde le sache,
- 10:36valorise certains types d 'opinion. Je dirais
- 10:38que quand... puis on va parler de politique américaine,
- 10:42trois secondes, quand l 'ensemble des chefs de
- 10:45ces entreprises -là décident de participer au
- 10:49premier rang, pour qu 'on les voie bien, de la
- 10:53journée d 'assermentation du président Trump,
- 10:58ben... Ils sont sur la scène, on les voit. Disons
- 11:02qu 'il y a une prise de position qui devient
- 11:04plus difficile à cacher. Ils étaient tous là.
- 11:08C 'est la première fois que je voyais des chefs
- 11:11d 'entreprise tous réunis comme ça. Sur la tribune,
- 11:17c 'était particulier. C 'était surréaliste. Ça
- 11:21montrait à quel point plusieurs d 'entre eux
- 11:24avaient changé d 'opinion par rapport à... à
- 11:29Donald Trump et à ce qu 'il incarnait, mais aussi
- 11:31le poids que l 'équipe de Donald Trump leur accordait
- 11:35maintenant comme acteur politique, comme acteur
- 11:38économique, mais comme acteur politique aussi,
- 11:41dans le nouveau paysage qu 'il allait et qui
- 11:44continue à développer et à déployer. Donc, des
- 11:49médias partisans, il y en a toujours eu. Là,
- 11:51on assiste aussi à ce qu 'on appelle maintenant
- 11:54des médias hyper partisans. vous avez parlé de
- 11:58Fox News, MSNBC. Donc ça, ce sont des entreprises
- 12:04qui existent, qui assument des lignes éditoriales
- 12:07très, très, très nichées. On n 'a pas trop ça
- 12:10ici. Il y a eu des expériences... Oui, Sun, Sun
- 12:13News. Sun News Media, la chaîne Sun News, c 'est
- 12:17comme ça que ça s 'appelait. Ça s 'est soldé
- 12:19par un échec. Puis on voit des tentatives de...
- 12:27d 'organisation médiatique ou d 'organisation
- 12:30d 'information, on va les appeler gentiment comme
- 12:32ça, des initiatives comme Rebel News ou Juno,
- 12:36qui s 'appelait True North à l 'époque, qui font
- 12:39du journalisme, puis je vais vraiment utiliser
- 12:42des gros guillemets, de l 'information, mais
- 12:46qui est hyper partisan aussi et qui disent faire
- 12:49de cette forme d 'information -là pour... équilibrer
- 12:53un espace où il y aurait trop de médias libéraux,
- 12:57trop de médias progressistes qui occupent le
- 13:00marché. Donc, il y a toujours eu dans l 'espace
- 13:05dans lequel la communication politique s 'exerce,
- 13:09des médias partisans. Là, on atteint des niveaux
- 13:12où non seulement il y a une partisannerie très
- 13:15assumée, mais l 'objectif aussi c 'est de polariser
- 13:19les opinions, de faire en sorte que les auditeurs
- 13:23qui s 'abreuvent à ces espaces communicationnels
- 13:26-là, de gauche comme de droite, finissent par
- 13:30ne plus avoir accès à la même information, ne
- 13:33plus avoir la même lecture de la réalité aussi,
- 13:36ce qui est là, ça devient préoccupant aussi.
- 13:39Et ça, c 'est nouveau. dans l 'espace communicationnel
- 13:43hybride dans lequel la communication politique
- 13:47s 'exerce, face auxquels les citoyens doivent
- 13:51faire du sens de la réalité politique. Oui, parce
- 13:54que tu peux littéralement... Je pense qu 'aux
- 13:56États -Unis, ils pourraient peut -être la vivre
- 13:57un peu plus avec justement... Si t 'écoutes juste
- 13:59Fox News, il va vraiment avoir une version de
- 14:01la réalité totalement différente. Si t 'écoutes
- 14:04CNN ou CBS ou... la CNBC. Au Canada, je pense
- 14:08qu 'il y avait peut -être un peu moins de ça,
- 14:09mais moi, c 'est ce qui me marque avec les médias
- 14:11sociaux, c 'est à quel point, tu sais, ton algorithme,
- 14:14puis l 'algorithme, juste, je parle à ma femme,
- 14:16puis elle, elle n 'a pas pantoute la même chose
- 14:17que moi, elle a fait qu 'on va vivre dans deux
- 14:19réalités différentes, tout le temps, puisqu 'on
- 14:21va consommer ces médias sociaux, il n 'y aura
- 14:24pas, ça ne se recoupera pas, il y a assez de
- 14:25contenu pour que moi, je puisse passer 24 heures
- 14:27sur 24, 7 jours sur 7 sur Facebook, puis voir
- 14:30juste du contenu X, puis elle va voir juste du
- 14:33contenu Y, puis on ne verra jamais les mêmes
- 14:34vidéos. Fait que c 'est quand même assez fascinant
- 14:36qu 'on puisse faire ça. Puis d 'ailleurs, ça
- 14:38va me faire un petit parallèle par rapport à
- 14:41ça, à la communication médiatique. Ça fait en
- 14:43sorte, j 'imagine, que les partis peuvent cibler
- 14:45beaucoup plus leur communication. Parce que là,
- 14:47ils peuvent dire aux gens de Lévis qu 'ils veulent
- 14:49un troisième lien, puis aux gens de Montréal
- 14:50que c 'est de m 'investir dans la même stratégie
- 14:53médiatique. Une autre des transformations importantes
- 14:58de cet espace hybride -là, c 'est la capacité
- 15:02de faire du ciblage des messages. à un niveau
- 15:06que les partis n 'avaient jamais été capables
- 15:08d 'atteindre dans le passé. Il y a eu des transformations
- 15:11technologiques qui ont permis de cibler certains
- 15:14publics. Quand la cablo distribution est arrivée,
- 15:17les chaînes spécialisées de télévision, les auditoires
- 15:23des grands médias traditionnels ont commencé
- 15:28à s 'effriter. Les grands rendez -vous télévisuels,
- 15:33les moments... télévisuel où il y avait des écoutes
- 15:37massives, ça s 'est complètement transformé.
- 15:40Et puis, aujourd 'hui, on est même dans de la
- 15:42consommation télévisuelle à la carte. Donc, il
- 15:44y a plein de gens qui écoutent la télévision
- 15:46ou écoutent de la télévision, mais pas en écoutant
- 15:51directement des émissions sur les chaînes qui
- 15:54les produisent et les diffusent. et ça c 'est
- 15:59seulement les médias traditionnels. Les médias
- 16:01sociaux numériques, c 'est des outils qui permettent
- 16:05encore une fois par la qualité des données et
- 16:10la précision des données qu 'ils détiennent sur
- 16:12leurs usagers d 'offrir des services de ciblage
- 16:16publicitaire qui sont inégalés en ce moment.
- 16:19Donc ce sont des outils de communication super
- 16:22performants qui permettent de diffuser aux gens
- 16:27à qui on veut diffuser certains messages, de
- 16:30le faire de façon très efficace, très granulaire,
- 16:32très précise, de le faire à faible coût. Ça coûte
- 16:36beaucoup moins cher de diffuser de la publicité
- 16:39sur Facebook que ça en coûte sur des grandes
- 16:42chaînes de médias traditionnels, des grandes
- 16:46chaînes de télévision, TVA, Radio -Canada, CTV,
- 16:49Nouveau. Donc, c 'est... Il pompe une quantité
- 16:55industrielle de ressources aussi des médias traditionnels,
- 16:58d 'où la loi fédérale qui a été mise en place.
- 17:01Mais bon, META a décidé de ne pas respecter cette
- 17:04loi -là. Il ne la respecte toujours pas. Mais
- 17:06c 'est un outil qui est tellement performant
- 17:08que les partis ne peuvent plus s 'en passer.
- 17:10Donc, il y a des partis quand META a annoncé
- 17:12qu 'ils n 'allaient pas respecter la loi canadienne.
- 17:16des partis qui ont dit bon ben on va arrêter
- 17:18d 'acheter de la publicité sur META puis très
- 17:22rapidement ils se sont rendu compte qu 'ils peuvent
- 17:23pas se passer de ça parce que c 'est un outil
- 17:26très performant. Mais ça crée le phénomène que
- 17:31vous avez décrit où ben il y a des micro -publiques
- 17:36qui ont accès à de l 'information que d 'autres
- 17:39personnes ne voient pas. Donc le... Je dirais
- 17:44que l 'expérience collective de la politique,
- 17:46ça existe de moins en moins. On ne vit plus la
- 17:51politique. de la même manière que nos conjoints
- 17:54et nos conjointes, nos voisins, nos parents,
- 17:57nos frères, nos sœurs, nos collègues de travail,
- 17:59parce que les partis politiques utilisent des
- 18:02espaces de diffusion dont les algorithmes, puis
- 18:07là je dis les algorithmes, mais il y a un algorithme
- 18:09par entreprise, dont les algorithmes de ces entreprises
- 18:12-là permettent sur la base de ce que l 'on consomme,
- 18:16de ce à quoi on réagit, de nous fournir des contenus
- 18:20qui sont adaptés à nos attentes, je dirais. Ça
- 18:26amène cette idée qu 'il y a une pluralité de
- 18:30messages qui peuvent être produits dans le cadre
- 18:32d 'une campagne, puis certaines personnes ne
- 18:35verront aucun de ces messages -là parce qu 'ils
- 18:40ont été identifiés par l 'entreprise qui vend
- 18:43ses services aux partis politiques. Il faut comprendre
- 18:45aussi que les partis politiques utilisent des
- 18:46services. conseillers en publicité qui travaillent
- 18:48pour META, qui ont les partis politiques comme
- 18:51clients, la même chose sur Rix, la même chose
- 18:53sur Google. C 'est une business comme n 'importe
- 18:56quelle. C 'est des entreprises. Ils ne font pas
- 18:59du service public. Ils sont là pour faire de
- 19:01l 'argent sur le dos des usagers en leur vendant
- 19:05de la publicité qui est hyper ciblée selon leurs
- 19:08habitudes de consommation des plateformes. Et
- 19:12les partis, ils ne veulent pas arrêter de faire
- 19:14ça. Donc, il y en a quelques -uns qui se sont
- 19:16abstenus pendant quelques mois d 'acheter de
- 19:18la publicité son métat, où ils disaient entre
- 19:22les élections, on ne le fera pas, puis finalement,
- 19:24ils ont tous repris et ils en font tous maintenant
- 19:27parce que c 'est l 'outil le plus performant.
- 19:31Ce qui me préoccupe, c 'est un peu le but, mais
- 19:34initialement quand je vous ai contacté pour venir
- 19:35ici, c 'est que j 'ai l 'impression qu 'à travers
- 19:39les réseaux sociaux, puis ce micro ciblage -là,
- 19:44on perd la vue d 'ensemble de ce qu 'un parti
- 19:46politique. Et moi, j 'ai fait l 'exercice...
- 19:50quelques mois, j 'ai été voir la plateforme de
- 19:53Robert Bourassa en 1970, je pense, qui faisait
- 19:56quelque chose comme 20 parts. En tout cas, c
- 19:57'était très, très long. Puis là, on détaillait
- 19:59l 'ensemble du programme, là, de qu 'est -ce
- 20:01qu 'il voulait faire, les réformes en éducation,
- 20:03en santé, tout ça. Fait que quelqu 'un qui voulait
- 20:05s 'informer, puis même à rigueur, il y avait
- 20:06des extraits de ça, je pense, qui avaient été
- 20:07publiés dans l 'appareil secret. Fait que là,
- 20:11quelqu 'un qui voulait s 'informer pouvait voir,
- 20:12bon, mais moi, je vais choisir pour quel parti
- 20:14je veux voter. Je vais aller voir l 'ensemble
- 20:16de ces propositions. Il y en a avec lesquels
- 20:19je vais être d 'accord. Il y en a avec lesquels
- 20:20je ne serai pas d 'accord et je pourrais faire
- 20:22un choix éclairé par rapport à ça. Ce qui me
- 20:26fait peur, je ne sais pas si c 'est le bon terme,
- 20:27mais ce qui me préoccupait un peu par rapport
- 20:29à ça, c 'est que je me disais, est -ce que c
- 20:31'est même pertinent pour les partis politiques
- 20:32encore de faire des plateformes ou est -ce qu
- 20:34'ils vont juste... faire une quinzaine, une vingtaine,
- 20:38une trentaine de personnes clés qui veulent qu
- 20:40'ils votent pour eux autres. Ils vont sortir
- 20:43une série de messages qui passent en 15, 20,
- 20:4630 secondes. Ils vont cibler ces personnes -là
- 20:49pour essayer de les faire sortir voter. Puis,
- 20:51ultimement, il n 'y a personne qui va savoir
- 20:53qu 'est -ce que le gouvernement va faire une
- 20:54fois élu. Ils vont juste savoir... qu 'eux autres,
- 20:58ils vont avoir une mesure pour réduire la taxe
- 20:59sur l 'essence et que donc, vu qu 'eux autres
- 21:02sont particulièrement affectés par ça, parce
- 21:04que c 'est des citadins qui voyagent beaucoup
- 21:07en auto et donc ils paient cher en essence, eux
- 21:11autres, ça fait leur affaire de réduire ça. C
- 21:13'est exactement ça qui se passe. C 'est -à -dire
- 21:15que depuis, je dirais, à peu près une trentaine
- 21:17d 'années au Canada, au Québec, les partis politiques
- 21:20font du marketing politique comme des entreprises
- 21:24commerciales font du marketing. en allant chercher,
- 21:29en collectant des données sur nous. Ils ont des
- 21:31données qui leur sont fournies par la liste électorale
- 21:34fédérale puis la liste électorale provinciale.
- 21:36L 'Élection Québec donne accès à toutes les données
- 21:39de sa liste électorale, à tous les partis politiques.
- 21:42Je pense que c 'est deux fois par année. Au fédéral,
- 21:45ils y ont accès une fois par année. Donc, ils
- 21:48intègrent les partis politiques ces données -là,
- 21:50ces premières données -là dans des bases de données.
- 21:52Ensuite, ils colligent des données par le biais
- 21:55de pétitions en ligne, dans des événements en
- 21:57public. Ils font du pointage. Donc, ils vous
- 22:00appellent, ils viennent chez vous, ils intègrent
- 22:03l 'ensemble de ces données -là dans des bases
- 22:05de données qui sont... traités par des processus
- 22:10d 'analyse statistique pour développer des profils.
- 22:13Et là, sur la base, des caractéristiques politiques,
- 22:18mais aussi, habituellement, ça peut être sociologiques,
- 22:22vos habitudes de consommation. Ils achètent des
- 22:23données aussi, ils veulent pas le dire, mais
- 22:25ils achètent des données à des entreprises qui
- 22:27sont des courtières de données. Donc il y a des
- 22:30entreprises qui vendent nos données, nos données
- 22:33par exemple de consommation, Visa, Mastercard
- 22:37vendent nos données à des courtiers qui ensuite
- 22:40les relaient à d 'autres clients. L 'ensemble
- 22:42de ces données -là sont traités après soit par
- 22:45des ingénieurs informatiques, soit par des statisticiens
- 22:49qui travaillent pour des formations politiques
- 22:51et qui font du profilage. Donc ils déterminent
- 22:54selon différentes caractéristiques qui... est
- 22:58un électeur attrayant pour eux ou pas, qui a
- 23:00une probabilité importante de voter pour eux
- 23:02ou pas, sur la base de différentes caractéristiques
- 23:07que ces électeurs -là partagent avec leurs électeurs
- 23:10réguliers, leurs militants, leurs partisans,
- 23:13leurs sympathisants. Et c 'est comme ça qu 'on
- 23:15gagne une élection maintenant, en créant une
- 23:18coalition gagnante de segments. électoraux qui
- 23:22permettent de franchir le cap de la majorité
- 23:24dont on a besoin. Parce qu 'en plus, dans notre
- 23:25système, à nous, c 'est le premier qui franchit
- 23:29la majorité qui remporte le gros lot. Donc, 32
- 23:34% du vote, tu peux avoir une majorité. Oui, puis
- 23:37on l 'a vu. Donc, c 'est comme ça maintenant
- 23:41qu 'on construit des campagnes électorales. d
- 23:44'une certaine façon, on écoute, je dirais encore
- 23:46une fois les guillemets, on écoute les gens,
- 23:48on veut savoir ce qui est important pour les
- 23:51gens, et ce qui est important pour les gens qui
- 23:54appartiennent à des segments qu 'on juge attrayants,
- 23:58et ça indique qu 'il y a des gens qu 'on juge
- 24:01ne pas être attrayants, à qui on ne parlera pas,
- 24:04on va développer des offres politiques, on va
- 24:06développer des promesses électorales sur des
- 24:08enjeux qui semblent faire bouger ces gens -là.
- 24:11des gens qu 'on va sonder, qu 'on va inviter
- 24:14en groupe de discussion, on va les écouter, on
- 24:16va essayer de savoir quels mots ils emploient
- 24:19pour parler de certaines réalités, de leur réalité,
- 24:23des problèmes, on va leur demander quelles solutions
- 24:26ils ont à certains problèmes, qu 'est -ce qui
- 24:30est important pour eux, qu 'est -ce qui est déterminant
- 24:33dans leur vie, et on va constituer des offres
- 24:36politiques pour faire bouger ces gens -là et
- 24:38les amener chez nous. l 'autre cliché qui existe
- 24:42par rapport à ça, c 'est qu 'on pense que les
- 24:45partis politiques parlent aux mêmes personnes,
- 24:48puis c 'est pas vrai, en fait. Donc, il y a de
- 24:51moins en moins de partis, de programmes politiques.
- 24:55Ça, c 'est le programme électoral. Chaque parti
- 24:57a une constitution, habituellement. Ils ont comme
- 25:01une raison d 'être qui est ancrée dans une constitution.
- 25:04Ils ont un programme politique, je dirais. D
- 25:07'une élection à l 'autre, il faut... attirer
- 25:11les électeurs, il faut persuader les électeurs
- 25:14de voter pour nous et donc on crée un programme
- 25:16électoral et ce programme électoral là, on a
- 25:19parlé donc du programme de 1970 de Robert Bourassa
- 25:22dans l 'histoire récente, récente, c 'est plus
- 25:25ou moins récente, mais on peut penser aux livres
- 25:27rouges de 1993, la première campagne de Jean
- 25:30Chrétien qui brandissait son livre rouge partout
- 25:32en disant nous on va faire ça, on va faire ça,
- 25:34on va faire ça et qui a créé un peu comme une
- 25:38mode après la sortie du livre rouge. Les conservateurs
- 25:41ont fait la même chose l 'année suivante, ils
- 25:44avaient leur livre bleu. C 'est en train de disparaître
- 25:50ça. Depuis les années 2000 où on s 'est mis à
- 25:52faire vraiment du marketing, à faire de la segmentation,
- 25:56le profilage de la segmentation. On choisit les
- 26:00segments qui sont payants, puis on cible ces
- 26:03gens -là. Donc, on va faire du ciblage. Et puis,
- 26:05lorsqu 'on a déterminé les cibles dont on a besoin,
- 26:08on fait notre positionnement. Donc, on élabore
- 26:10nos promesses électorales sur ce qui semble être
- 26:13important pour ces gens -là. Et certains partis
- 26:16ont continué à consigner ces promesses -là dans
- 26:18des programmes électoraux, mais il y en a certains,
- 26:20comme la Coalition Air Québec, qui a décidé qu
- 26:23'elle allait faire campagne sans avoir de vrais
- 26:25programmes. Ce qui rend, par exemple, le suivi,
- 26:29des promesses un peu difficiles pour les citoyens,
- 26:32mais pour les politologues aussi. Moi, j 'ai
- 26:34des collègues du Centre d 'analyse des politiques
- 26:36publiques qui font ce qu 'on appelle un polymètre.
- 26:39Donc ils suivent la réalisation des promesses
- 26:41électorales. Puis il y a plein de collègues politologues
- 26:45qui font ça à travers le monde pour voir la capacité
- 26:48des partis politiques à respecter leurs engagements.
- 26:50Il y a un contrat implicite qu 'on le veille
- 26:52ou non quand on fait campagne. On dit aux gens,
- 26:56voici ce qu 'on veut faire. qu 'on l 'annonce
- 26:59à la pièce jour après jour ou qu 'on consigne
- 27:01ça au début de la campagne dans un livre, il
- 27:03y a un engagement nécessairement qu 'on prend.
- 27:05Donc, il faut le respecter, ce contrat -là. Parce
- 27:07que si on ne le respecte pas, logiquement, on
- 27:10ne devrait pas garder le pouvoir. Mais la coalition
- 27:12venir Québec avait fait le pari de faire les
- 27:15deux dernières campagnes, 2018 puis 2022, sans
- 27:19avoir une vraie plateforme. Ils disaient, elle
- 27:22s 'en vient, elle s 'en vient, on va la sortir,
- 27:24on va la sortir, puis... Je pense qu 'en 2018,
- 27:27ils ont accouché de quelque chose à la fin de
- 27:28la campagne. Mais pendant toute la campagne,
- 27:31on leur demandait quand est -ce que vous allez
- 27:32sortir votre plateforme, vos engagements, quand
- 27:34est -ce que la plateforme chiffrée va sortir.
- 27:37Puis on se refusait à faire ça. Puis on se refusait
- 27:40à faire ça parce qu 'on disait qu 'on ne voulait
- 27:42pas se faire voler ses idées, alors que les autres
- 27:44avaient déjà leur plateforme depuis plusieurs
- 27:46mois. Moi, ça m 'embête, ça, parce qu 'on ne
- 27:50respecte pas le contrat initial, qu 'un parti
- 27:53politique devrait... s 'engager à présenter au
- 27:57début d 'une campagne électorale. Voici ce qu
- 27:59'on veut faire, voici ce qui est important pour
- 28:01nous, puis semble -t -il que c 'est important
- 28:03pour vous, voici combien ça va coûter aussi.
- 28:06Donc, d 'emblée, qu 'on avertisse les gens puis
- 28:09qu 'on leur dise voici ce qu 'on veut déployer
- 28:12dans le cadre des quatre prochaines années, puis
- 28:14comment on va le faire. Puis on passe les 30
- 28:16jours de la campagne ou les 39 jours de la campagne
- 28:18à aller rencontrer les gens, puis on va pas partout
- 28:21non plus, on choisit les endroits où on veut
- 28:23aller. pour présenter ces engagements -là. Mais
- 28:27le contrat est clair, ce qui fait qu 'on n 'est
- 28:29pas, nous, à la fin de la campagne, ou les médias,
- 28:31ou les politologues, nous, les citoyens, qui
- 28:34sont obligés de faire un collage de tout ce qui
- 28:36a été dit pendant 29 jours, alors qu 'on a un
- 28:39million d 'autres choses à faire dans nos vies.
- 28:42Il faut qu 'on commence à demander aux partis
- 28:44de rendre des comptes un peu plus, puis à être
- 28:47un peu plus exigeants vers les partis politiques
- 28:49et les politiciens qui font campagne chez nous.
- 28:51Ça, c 'est une autre chose qui est préoccupante.
- 28:53Un programme électoral, c 'est un outil de communication.
- 28:58C 'est un outil très important. C 'est la ligne
- 29:00directrice que le parti veut suivre, ce qu 'il
- 29:04veut proposer aux gens de faire pendant quatre
- 29:06ans. Je pense que comme société, dans une démocratie,
- 29:10le minimum que les partis doivent faire, c 'est
- 29:12de s 'engager à présenter ça aux citoyens avant
- 29:15que la campagne soit déclenchée. Oui, parce que
- 29:19sinon, le problème, puis les partis politiques...
- 29:22qui décident de ne pas déposer de plateforme,
- 29:23voient peut -être ça pas comme un problème. Mais
- 29:27c 'est que, inévitablement, si tu prends pas
- 29:30d 'engagement clair au début, ça veut dire que
- 29:33tu as un petit peu un chèque en blanc pour gouverner.
- 29:34Tu peux faire n 'importe quoi. Tu peux faire
- 29:36n 'importe quoi, puis inévitablement, si tu fais
- 29:38n 'importe quoi, les gens vont se dire, voyons
- 29:39donc, pourquoi tu fais ça? Ça a pas d 'allure.
- 29:42Et là, il va y avoir une montée de boucliers.
- 29:44Les gens vont se sentir trahis par leurs élus.
- 29:48Les chefs de position, on a souvent des gouvernements
- 29:49majoritaires, fait que les chefs de position
- 29:51vont dire que ça n 'a pas d 'allure. Peu importe,
- 29:53c 'est quoi, leurs propres engagements, ils vont
- 29:54dire que ce que le gouvernement fait, ça n 'a
- 29:56pas d 'allure. Puis là, on alimente un peu le
- 29:58cynisme envers la politique. Puis on se retrouve
- 30:00avec des gouvernements dont la popularité devient
- 30:03chute de façon drastique parce que... Mais les
- 30:07attentes, comme vous l 'avez dit, n 'étaient
- 30:09pas claires. Si demain matin... Non seulement
- 30:13les attentes, leur ligne directrice n 'est pas
- 30:15claire. Et là, on l 'a vu avec M. Legault depuis
- 30:182022. Ils ne savaient pas où ils s 'en allaient.
- 30:22Manifestement. Il faut comprendre qu 'un programme
- 30:26aussi, c 'est pas... Il y a un contexte dans
- 30:30lequel il faut le déployer, le programme. Puis
- 30:32on n 'est pas maître du contexte pleinement et
- 30:35entièrement. Il peut y avoir toutes sortes d
- 30:37'événements qui viennent empêcher des crises
- 30:40économiques, des crises environnementales, des
- 30:43catastrophes, des incidents, des incidents politiques
- 30:48aussi. Il y a toutes sortes de choses qui peuvent
- 30:50faire qu 'un gouvernement ne réussisse pas à
- 30:53livrer pleinement et entièrement ce pour quoi
- 30:55il a été élu. Les citoyens comprennent ça. Mais
- 30:59ne pas avoir de ligne directrice. Je pense qu
- 31:04'il s 'est toujours refusé à dire que c 'était
- 31:08comme ça qu 'il gouvernait, mais je pense que
- 31:09plusieurs personnes ont eu l 'impression que
- 31:11ce gouvernement -là... improvisés ou étaient
- 31:14en réaction constante par rapport aux événements.
- 31:17Leurs premiers mois au pouvoir ont été aussi
- 31:19très durs. En 2018, ils commettaient des erreurs.
- 31:23Ils revenaient sur des actions qu 'ils disaient
- 31:26vouloir poser ou qu 'ils avaient posées. C 'est
- 31:30le troisième lien. On l 'a pris, on l 'a enlevé.
- 31:34Oui. Et ça, ça envoie des messages dans la population.
- 31:38Les gens ont besoin de penser que leurs leaders
- 31:44politiques savent ce qu 'ils font. Pendant la
- 31:47pandémie, M. Legault a eu l 'air de savoir ce
- 31:49qu 'il faisait. Les actions qui étaient posées,
- 31:52la manière dont l 'information était communiquée,
- 31:54même si ça n 'allait pas bien, contrairement
- 31:56à ce qu 'il nous disait, ça n 'allait pas bien
- 31:58au Québec. On est la juridiction, une des juridictions
- 32:02au monde où il y a eu le plus de morts. On oublie
- 32:06ça, mais c 'est ça. Et donc, ça n 'allait pas
- 32:09bien. Mais néanmoins, dans leur manière de communiquer,
- 32:12dans la manière de dire les choses, les gens
- 32:16étaient rassurés d 'une certaine façon. Il y
- 32:18a plein de gens qui étaient très mal à l 'aise
- 32:21avec les mesures qui étaient mises en place.
- 32:25Mais néanmoins, la majorité de la population,
- 32:27et c 'est pour ça qu 'ils ont remporté un deuxième
- 32:29mandat d 'après moi, ont eu l 'impression que...
- 32:33Monsieur Legault avait été l 'homme de la situation.
- 32:37Mais on arrive en 2022, Joël Boutin, qui n 'est
- 32:40pas appelé au cabinet, décide de... qui est la
- 32:43députée de Louis Hébert, pas de Louis Hébert,
- 32:46de Jean Talon, décide de partir. C 'est Geneviève
- 32:49Guilbault qui est la députée de Louis Hébert,
- 32:51juste pour encore quelques mois. Mais donc, Joël
- 32:53Boutin, qui est de nouveau élu en 2022, décide
- 32:58de quitter la politique et... il y a une élection
- 33:01partielle qui est appelée et le parti perd l
- 33:05'élection partielle à la plate -couture. Le Parti
- 33:09québécois qui n 'a pas gagné dans cette circonscription
- 33:11-là depuis des dizaines d 'années. Je vais dire
- 33:15ça comme ça, mais je ne me souviens pas de la
- 33:16dernière fois où le Parti québécois, probablement
- 33:19dans les années 70. Et là, c 'est la panique.
- 33:24Monsieur Legault se rend compte que ça ne marche
- 33:26pas, puis ça ne marche pas dans un marché. où
- 33:28il est dominant, où on pense qu 'il est dominant,
- 33:31la ville de Québec, la région de Québec. Donc,
- 33:34c 'est là qu 'on ressort le troisième lien. Alors,
- 33:37il n 'y avait pas de ligne directrice. Il n 'y
- 33:39avait pas de programme. Et on s 'est dit, on
- 33:42va essayer de reprendre là où on a dû mettre
- 33:45les choses en parenthèse pour gérer la pandémie.
- 33:49Puis, le contexte est arrivé, l 'arrivée de Trump,
- 33:53des crises économiques. Et là, ça ne marchait
- 33:56plus du tout. Il devait partir. C 'est important
- 33:58d 'avoir un programme. Les gens ont besoin de
- 34:02savoir où on s 'en va. Ça permet de dire aussi
- 34:06ce qu 'on réalise, ce qu 'on fait, pourquoi on
- 34:09le fait. Et ça stimule la confiance. Puis la
- 34:15confiance, c 'est la clé. Et là en ce moment,
- 34:17j 'ai l 'impression que les partis politiques
- 34:22au Québec sont de moins en moins préoccupés.
- 34:25par le niveau de confiance des Québécois envers
- 34:28eux. Ce niveau de confiance -là, il a été fluctuant,
- 34:31mais là, je pense qu 'il est à la baisse. Et
- 34:34ça, c 'est problématique et c 'est dangereux.
- 34:37Et il faut lutter contre ça. Les partis devraient
- 34:39s 'engager à lutter contre ça. Et une des façons
- 34:42de lutter contre la baisse de la confiance, c
- 34:44'est en fournissant des outils à la population
- 34:49pour faire une décision éclairée. Puis j 'imagine,
- 34:54puis j 'ai lu une de vos publications où vous
- 34:55abordez un peu ce sujet -là, il y a des partis
- 34:58qui sont des partis d 'idéologie, puis il y a
- 35:00des partis qui sont des partis de pouvoir, disons.
- 35:02C 'est comme ça. J 'imagine qu 'un parti... Pragmatique.
- 35:06Ouais, pragmatique. Je ne sais pas ce terme -là,
- 35:08mais bon. C 'est ça. Il y a quelqu 'un qui essaie
- 35:10de partir de la plus grosse coalition possible.
- 35:13Je suis convaincu que demain matin, si Québec
- 35:17solidaire devient gouvernement... Ils vont avoir
- 35:20plus de programmes sociaux. Ils vont avoir plus
- 35:22d 'impôts. Ils vont avoir plus de dépenses pour
- 35:25aider les plus démunis. Ils vont renforcer le
- 35:28filet social. Je suis convaincu, si demain matin,
- 35:31le Parti conservateur du Québec devient le gouvernement,
- 35:34il va avoir moins de fonctionnaires, moins de
- 35:36dépenses publiques, des baisses d 'impôts, une
- 35:39réduction du filet social, une autonomisation
- 35:42des gens en disant, bien, t'sais, débrouillez
- 35:43-vous plus. Ça, c 'est clair. Après ça, tout
- 35:46ce qui est entre les deux, puis là, on est début
- 35:48mai, je dois avouer, puis moi -même, je suis
- 35:50militant dans une de ces parties -là, je ne peux
- 35:52pas dire sur un écheclier, un écheclier droite
- 35:55-gauche, la coalition Avenir Québec, le Parti
- 35:59québécois et le Parti libéral, aujourd 'hui,
- 36:01sont situés où? Je ne pourrais pas dire, demain,
- 36:03si ces trois parties -là prennent le pouvoir,
- 36:06est -ce qu 'ils vont avoir un plus gros gouvernement,
- 36:08moins de gouvernement, plus de programmes sociaux,
- 36:11moins d 'impôts, plus d 'impôts? Et puis moi,
- 36:14ça me fascine qu 'à trois mois d 'une élection,
- 36:17cinq mois d 'une élection, j 'ai aucune idée.
- 36:21À part, le Parti québécois, je pense qu 'il a
- 36:23des engagements assez clairs en matière de souveraineté.
- 36:26Je pense que c 'est une des positions qui est
- 36:29assez claire, puis je pense qu 'il n 'y a pas
- 36:30de doute là -dessus. Mais pour toutes les autres
- 36:32parties, juste les placer sur l 'axe gauche -droite,
- 36:36ça me semble extrêmement difficile. Je pense
- 36:38que oui, et je présume que vous êtes un observateur
- 36:44averti, vous êtes un militant politique. Si vous,
- 36:47vous avez de la difficulté à identifier ou ces
- 36:50trois partis -là, appelons -les des partis centristes
- 36:53ou pragmatiques, là, imaginez la difficulté que
- 36:57la moyenne des citoyens qui sont peu intéressés
- 37:01par la politique, peu informés sur la politique,
- 37:03la difficulté que ces gens -là vont avoir à faire
- 37:05ce travail -là. Donc moi, ça m 'amène à me demander
- 37:08si c 'est pas ce que les partis veulent. D 'avoir
- 37:12un électorat qui est désintéressé et déconnecté
- 37:20d 'une certaine façon. Ça fait leur jeu. Et ça,
- 37:23ça me préoccupe énormément. Ça permet à des partis
- 37:26politiques de faire ce qu 'ils ont fait avec
- 37:28la loi 25. Personne ne parle de ça, mais en 2020,
- 37:33le gouvernement du Parti de la coalition Avenir
- 37:36Québec a présenté un projet de loi qui s 'appelait
- 37:38projet de loi 64 sur la modernisation des lois
- 37:42qui réglementent l 'utilisation des données personnelles.
- 37:45Puis pour la première fois au Québec, puis je
- 37:47dirais au Canada, c 'est pas vrai. En Colombie
- 37:51-Britannique, on avait déjà réglé ce problème
- 37:52-là. Mais ailleurs au Canada, on visait les partis
- 37:57politiques qui colligent beaucoup de données
- 37:59personnelles, puis qui ont eu beaucoup, beaucoup
- 38:01de problèmes de sécurisation de ces données -là
- 38:03dans le passé. Il y a eu des fouilles, il y a
- 38:06eu des problèmes de gestion de ces données -là.
- 38:09Et les parlementaires en... pendant la commission
- 38:13parlementaire pour étudier le projet de loi,
- 38:17se sont votés plus d 'une trentaine d 'exensions
- 38:19au régime qui s 'applique à toutes les autres
- 38:22organisations qui colligent des données personnelles.
- 38:25Et ils ont adopté ces amendements -là à l 'unanimité.
- 38:27Ils ont travaillé pendant presque un an pour
- 38:33préparer ces amendements -là au projet de loi,
- 38:36tous ensemble. Ils s 'étaient entendus sur ça.
- 38:39Et donc, en ce moment, aucun recours auprès des
- 38:45partis politiques sur les données qu 'ils possèdent
- 38:47sur nous. On ne peut pas les consulter. Ce qu
- 38:50'on peut faire avec toutes les autres organisations,
- 38:53on ne peut pas leur demander de nous dire quelles
- 38:57données ils ont sur nous. Ils ne sont pas tenus
- 39:00de nous dire précisément à quoi ces données -là
- 39:02vont être utilisées. Je vous le dis, là, ils
- 39:05les utilisent pour faire du marketing politique.
- 39:09On ne peut pas leur demander de retirer ces données
- 39:11-là. Et s 'il y a des problèmes avec nos données
- 39:14dans les partis politiques comme ça a été le
- 39:15cas dans le passé, on ne peut pas porter plainte
- 39:18à la Commission d 'accès à l 'information qui
- 39:20est responsable de recevoir les plaintes du public
- 39:22sur des organisations qui, par exemple, géreraient
- 39:25mal nos données. C 'est incroyable ça. Ce qui
- 39:30est embêtant, c 'est que personne n 'a parlé
- 39:31de ça. Quand je parle de ça, tout le monde me
- 39:34dit comment ça fait que je n 'en ai pas entendu
- 39:36parler. Vous n 'en avez pas entendu parler parce
- 39:37que ça s 'est passé pendant la pandémie. Tout
- 39:41le monde était préoccupé par d 'autres choses.
- 39:42Les médias n 'ont pas parlé non plus. C 'est
- 39:45aussi particulier. Mais c 'est ça. Les parlementaires,
- 39:52en particulier quand ça touche les élections,
- 39:54on est en train de le voir en ce moment. Ils
- 39:56veulent modifier la... une demande de la commission
- 40:02indépendante sur la réforme de la carte électorale,
- 40:06qui faisait sauter deux circonscriptions... C
- 40:08'est quand même une aberration, que ça l 'aille
- 40:10l 'unanimité des partis politiques à Québec,
- 40:13qu 'on implique... Désolé, je fais une petite
- 40:16parenthèse. Sauf le parti conservateur. Mais
- 40:19que les politiciens... Puis on voit ce qui se
- 40:21passe aux États -Unis, que les politiciens s
- 40:23'ingèrent actuellement... C 'est inacceptable.
- 40:25Pour refaire la carte électorale, parce qu 'ils
- 40:27veulent pas perdre des comptés. La commission...
- 40:29Elle est faite de gens qui sont des spécialistes,
- 40:31qui sont indépendants du pouvoir politique. Et
- 40:33c 'est leur tâche, c 'est leur travail. En démocratie,
- 40:36on a ces pouvoirs -là, ces espaces -là qui ont
- 40:40pour objectif d 'encadrer le travail des parlementaires.
- 40:44Parce que les parlementaires sont en conflit
- 40:46d 'intérêts sur tout ce qui touche à... À leur
- 40:49propre job. À leurs élections. Ils ne devraient
- 40:52pas pouvoir statuer sur ces questions -là. Quand
- 40:55un organisme indépendant leur dit voici comment
- 41:00on va être capable d 'assurer l 'équité entre
- 41:03la représentation électorale puis le poids du
- 41:06vote de chaque citoyen dans chacune des circonscriptions
- 41:09du Québec, il me semble qu 'il devrait écouter.
- 41:12Donc là, l 'idée d 'augmenter le nombre de circonscriptions,
- 41:17ça avait été discuté dans le cadre d 'audience
- 41:22que la Commission avait tenue, dans le cadre
- 41:24de discussion, dans le cadre aussi du projet
- 41:26de réforme de la loi électorale. du mode de scrutin,
- 41:32on a réfléchi depuis plusieurs années à la possibilité,
- 41:37c 'est un scénario, d 'augmenter le nombre de
- 41:39circonscriptions. Mais la manière dont ils le
- 41:40font en ce moment, c 'est selon moi antidémocratique.
- 41:44Et encore une fois, ce n 'est pas parce que les
- 41:46parlementaires disent quelque chose qu 'ils ont
- 41:49raison de le dire. Et ce n 'est pas parce qu
- 41:51'ils le disent tous de la même voie qu 'ils ont
- 41:54raison de le dire. C 'est particulier et ce que
- 41:58je trouve particulier, c 'est qu 'il y a des
- 42:00avocats qui sont des parlementaires et qui appuient
- 42:07ça. Je trouve que c 'est vraiment... Si on est
- 42:12pour augmenter le nombre de députés, augmentons...
- 42:16Parce qu 'on trouve qu 'il n 'y a pas assez de
- 42:17députés pour représenter la population du Québec,
- 42:19parce que la population a augmenté significativement
- 42:21dans les dernières années. Bon, on peut se comparer
- 42:22avec d 'autres provinces. C 'est un autre débat.
- 42:25Mais bon, à cause des particularités régionales,
- 42:27on veut plus de députés. Après ça, augmentons
- 42:29le nombre de députés, puis laissons une commission
- 42:30indépendante, le soin de répartir les gens. Parce
- 42:32que là, ce qu 'on fait, c 'est qu 'on dit oui,
- 42:33on augmente les députés, mais on les augmente
- 42:35dans deux à cette conscription qu 'on ne veut
- 42:38pas perdre. Et voici comment ça doit être fait,
- 42:40alors que c 'est pas leur rôle de faire ça. Probablement
- 42:43que cette loi -là aussi pourrait être attaquée
- 42:45devant les tribunaux envers tous les droits démocratiques.
- 42:47Je pense qu 'elle va l 'être parce qu 'il y a
- 42:49des gens qui ont porté la cause et le projet
- 42:56de loi qui est présenté par les quatre partis
- 42:58politiques. C 'est une réaction à une décision
- 43:01de la Cour suprême par rapport à une autre...
- 43:06réaction des parlementaires. Parce qu 'une loi
- 43:08est annulée, ils ont refait une autre loi, elle
- 43:10est dérannulée, puis là ils sont en deux, trois
- 43:11ans. Donc, je trouve ça vraiment problématique.
- 43:16C 'est une lecture, selon moi, incomplète du
- 43:19fonctionnement de la démocratie. La démocratie,
- 43:22il y a une division des pouvoirs qui est juste,
- 43:25qui doit être respectée. Et quand des acteurs
- 43:32comme des parlementaires qui sont en plus, qui
- 43:36agissent pas vraiment à leur nom. Ils sont là
- 43:39entre autres pour défendre l 'intérêt de leur
- 43:42formation politique, de leur parti. C 'est des
- 43:45partis politiques et leurs représentants qui
- 43:48défendent ou qui se défendent ou qui tentent
- 43:50d 'imposer quelque chose. Quand on est dans une
- 43:53situation de conflits d 'intérêt comme celle
- 43:55-là, qui a été documentée, que tout le monde
- 43:57comprend, il me semble qu 'on doit se donner
- 44:00un devoir de réserve et dire, ben on fera pas
- 44:02ça. Alors que là, il y a un certain nombre de
- 44:05décisions claires et cette proposition -là, elle
- 44:08émane, la proposition initiale d 'une entité
- 44:10indépendante politiquement indépendante de manière
- 44:14partisane. Il faut qu 'on aille de l 'avant avec
- 44:18ça. Et en temps et lieu, menons un processus
- 44:22de réforme où on va inviter l 'ensemble des acteurs
- 44:28à réfléchir à la manière dont on peut éviter
- 44:32de faire en sorte qu 'il y ait des régions où
- 44:35il y ait une sous -représentation. La région
- 44:38est trop grande. Ou de créer des circonscriptions
- 44:41qui vont être très difficiles à servir pour les
- 44:44élus parce que... Si on parle la Côte -Nord,
- 44:46il pourrait y avoir déjà été... C 'est pas tout
- 44:50à fait de la porte à côté, mais c 'est pas...
- 44:52La Gaspésie, c 'est pas la première... C 'est
- 44:54pas la première... C 'est sûr que là, on allait
- 44:56créer une énorme... C 'est qu 'elle allait faire
- 44:57comme tout le compte de la Gaspésie. Ça allait
- 45:00être probablement très difficile à servir pour
- 45:02un élu. Mais bon, après, je trouve qu 'il y a
- 45:07de la précipitation en ce moment. Puis les gens
- 45:09voient ça, puis ça doit... Ça doit les choquer.
- 45:14Je suis préoccupé par le fait que les partis
- 45:17ne semblent pas voir ça ou ne veulent pas voir
- 45:20ça et qu 'ils ne semblent pas se préoccuper de
- 45:25l 'impact que ça pourrait avoir sur l 'opinion
- 45:27que les gens vont se faire de notre régime politique.
- 45:32Ça me surprend. Parce qu 'essentiellement, on
- 45:34alimente le cynisme quand on fait des affaires
- 45:36comme ça. Ben, on crée certainement une baisse
- 45:40de la confiance. Le cynisme, pour moi, le cynisme,
- 45:45c 'est comme un... Une étape de plus, là. Ouais,
- 45:46le cynisme, ça s 'amène au désengagement. Les
- 45:49gens votent encore beaucoup. La majeure partie
- 45:52de la population va voter, participe à différentes
- 45:56formes de participation, s 'informe, parfois
- 46:01de manière accidentelle. Mais bon, Ce qui est
- 46:05préoccupant, c 'est que le niveau de confiance,
- 46:06selon moi, il y a un bris de confiance en ce
- 46:09moment, il y a un désamour, il y a de l 'exaspération
- 46:13aussi, je pense, dans la population par rapport
- 46:15à la classe politique. Et de poser un geste comme
- 46:19celui -là et de dire qu 'on le fait au nom de
- 46:23la démocratie, je sais pas si tout le monde...
- 46:29a la même lecture que les parlementaires se font.
- 46:32Je pense qu 'il y a beaucoup de gens qui vont
- 46:33voir ça comme étant un problème de conflits d
- 46:37'intérêt. J 'aimerais ça recouper. On a parlé
- 46:40de communication politique et on vient de parler
- 46:41de deux enjeux quand même assez complexes. On
- 46:43parle de l 'accès à l 'information et le traitement
- 46:45de nos données par les partis politiques. On
- 46:47parle de la refonte de la carte électorale. Comment
- 46:49on fait pour adresser des enjeux aussi complexes
- 46:52que... l 'accès à nos renseignements personnels
- 46:55au sein d 'un parti politique en clip de 15 secondes?
- 46:59C 'est une excellente question. Il faudrait que
- 47:02j 'y réfléchisse parce que ce serait le genre
- 47:04de choses qu 'il faudrait que comme directeur
- 47:07de grand centre de recherche on fasse, parce
- 47:09qu 'on a nous aussi... les politologues une responsabilité
- 47:13à expliquer les choses, d 'abord à comprendre
- 47:17les phénomènes, les transformations, puis à les
- 47:19expliquer ensuite à la population, puis à rapprocher
- 47:22notre savoir de la population. C 'est un énorme
- 47:25défi. On essaie de le faire. Là, on se parle
- 47:32pendant une heure aujourd 'hui, donc c 'est pas
- 47:3415 secondes, mais déjà, de faire ça, je pense
- 47:36que c 'est important de le faire. de répondre
- 47:42à des entrevues, d 'expliquer des choses aux
- 47:44médias. Je fais beaucoup, beaucoup d 'analyse
- 47:50pour les médias. J 'essaie d 'expliquer des phénomènes
- 47:52liés à la communication politique, liés à l 'utilisation
- 47:56des données pour faire de la communication numérique
- 47:59par les partis politiques, pour faire des campagnes.
- 48:03plus efficaces, qui coûtent moins cher. Les partis
- 48:07politiques ont des défis aussi comme organisation.
- 48:09Ils ont moins de ressources, les gens... L 'engagement,
- 48:12c 'est difficile. L 'engagement, c 'est difficile.
- 48:14trouver des militants, il faut de l 'argent pour
- 48:18faire campagne, pour faire fonctionner une machine
- 48:21électorale. Les gens donnent moins, entre autres
- 48:24parce qu 'ils ont moins confiance. Il y a un
- 48:26cercle vicieux sur lequel les partis ont une
- 48:29responsabilité sur laquelle ils pourraient travailler.
- 48:32Les gens se sentent peut -être pas très écoutés
- 48:34non plus. On agit sur des enjeux qui sont peut
- 48:37-être loin de leur préoccupation. la nouvelle
- 48:41première ministre Fréchette a décidé d 'agir
- 48:45sur des enjeux de portefeuille, d 'économie,
- 48:49je dirais presque familiale, individuelle, sur
- 48:52lequel son prédécesseur disait qu 'il ne pouvait
- 48:54pas agir. Donc, elle, elle trouve des leviers,
- 48:57semble -t -il, pour faire trouver des choses,
- 49:01faire bouger des choses. Donc, c 'est le même
- 49:04ministre des Finances qui est là. Alors, c 'est
- 49:07ça, c 'est des décisions, je pense, que les chefs
- 49:10de parti prennent et assument. Mais le faire
- 49:17en 15 secondes, expliquer les choses en 15 secondes,
- 49:19des fois, c 'est pas possible. Des fois, il faut
- 49:21prendre une demi -heure, des fois, il faut prendre
- 49:2415 minutes, 10 minutes pour le faire. Puis, c
- 49:29'est d 'essayer d 'aller vers les gens, d 'aller
- 49:31vers la population, d 'aller vers nos concitoyens.
- 49:34puis d 'essayer de leur expliquer des phénomènes
- 49:36dont... qu 'ils voient, qu 'ils perçoivent, qu
- 49:40'ils conçoivent, qu 'ils saisissent peut -être
- 49:42pas pleinement, puis de ramener ça proche de
- 49:46leur réalité. Pourquoi c 'est important la sécurisation
- 49:51de nos données? Parce que c 'est qui on est.
- 49:53Notre identité aujourd 'hui, elle est ancrée
- 49:57dans l 'utilisation qu 'on fait sur les plateformes
- 49:59numériques, puis il y a des gens... qui veulent
- 50:02usurper cette identité -là pour avoir accès à
- 50:05nos ressources, notre argent, pour avoir accès
- 50:09à notre identité, pour mener des actions illégales
- 50:14à l 'étranger ou même chez nous, pour poser des
- 50:17gestes illégaux, pour diffuser de l 'information
- 50:22par des opérations de désinformation. Donc, c
- 50:25'est important. qu 'on soit soucieux de notre
- 50:28identité numérique, qu 'on soit soucieux de la
- 50:31sécurisation de nos données, puis quand, bien,
- 50:36la classe politique au complet... Là, je le dis,
- 50:39tout le monde, incluant... Québec solidaire.
- 50:43On aurait pu penser que Québec solidaire disait
- 50:45non, non, non, il faut faire super attention.
- 50:48Même eux se sont rangés et ont appuyé. On fait
- 50:52partie des votes unanimes dans cette commission
- 50:56parlementaire -là. Donc, quand la classe politique
- 51:00indique ça, les gens peuvent être préoccupés
- 51:04et ils peuvent trouver ça... trouver ça préoccupant.
- 51:09Et c 'est mon rôle de lever des drapeaux comme
- 51:11politologue. Avant de parler du dernier thème,
- 51:15je veux juste résumer un peu ce qu 'on a dit.
- 51:17Avec l 'évolution des communications politiques
- 51:20et l 'utilisation des médias sociaux, l 'importance
- 51:24d 'avoir une plateforme électorale et d 'avoir
- 51:26des engagements clairs envers l 'ensemble de
- 51:28la population et d 'établir ce contrat social
- 51:32entre les politiciens et la population est moins
- 51:35là parce qu 'on peut faire en cours du micro
- 51:37ciblage. puis faire du marketing politique avec
- 51:40des clips de 15, 30, 40, 50 secondes et pousser
- 51:44les bonnes idées aux bonnes personnes pour se
- 51:45faire élire par une coalition de gens qui ont
- 51:47absolument aucune idée qu 'est -ce qu 'on va
- 51:49faire comme gouvernement. Ils vont avoir une
- 51:52idée de ce qu 'on leur dit pour eux. Alors, ils
- 51:56vont avoir une attente sur, bien, moi, je suis
- 51:59un parent qui vit en banlieue. Et les places
- 52:02en garderie, c 'est ça. Puis on me dit qu 'on
- 52:04va ouvrir davantage de places en garderie, qu
- 52:07'on va améliorer les écoles dans lesquelles mes
- 52:10enfants vont suivre leurs cours, puis on va me
- 52:14donner un meilleur accès à un médecin de famille,
- 52:17probablement. Alors ça, bien, ils vont bien...
- 52:21Puis parfois, c 'est encore plus ciblé que ça.
- 52:23C 'est -à -dire que je suis un... un travailleur
- 52:26manuel, il y a une échelle là -bas, je regarde
- 52:28l 'échelle, je suis un travailleur manuel, ça
- 52:31me coûte cher de devoir remplacer mes outils,
- 52:33alors on va me donner un crédit d 'impôt pour
- 52:36les outils que j 'achète, puis je vais pouvoir
- 52:39payer moins de taxes ou me faire rembourser par
- 52:42exemple ma TPS sur les outils que je vais acheter,
- 52:47donc ça peut être très très très précis, très
- 52:49niché. des crédits à l 'achat de véhicules électriques,
- 52:53c 'est aussi très niche. Il y a des gens qui
- 52:54ne veulent pas s 'acheter d 'automobiles, donc
- 52:57ce crédit -là, bien, il leur sert à rien. Donc,
- 53:01on crée ce qu 'on appelle des promesses boutiques.
- 53:04Alors, les gens vont avoir des attentes sur ça
- 53:05parce que ça leur parle, puis ça parle à eux,
- 53:08à leurs besoins, à eux. Mais tout le reste, ils
- 53:10ne sont pas courants ou en ce que... Mais le
- 53:13bien collectif... Il n 'est pas adressé. On leur
- 53:16en parle pas vraiment. Et en plus, l 'on rajoute
- 53:18à ça dans certains dossiers où il faudrait peut
- 53:21-être plus creuser, surtout si les partis politiques
- 53:24puis les parlementaires eux -mêmes sont directement
- 53:26visés par ces mesures -là, comme parler de protection
- 53:28du renseignement, des renseignements personnels
- 53:30ou de la réfondre de la carte électorale, bien
- 53:32là, ça aussi, c 'est des choses qui alimentent
- 53:34le sidisme. En terminant, j 'aimerais ça parler
- 53:37un peu de désinformation. Vous en avez parlé
- 53:39brièvement. Là, j 'imagine que plus qu 'on passe
- 53:41de temps sur ces réseaux sociaux, plus qu 'on
- 53:43a des clips, plus qu 'on est habitué de se faire
- 53:45micro cibler, plus que c 'est facile pour des
- 53:48acteurs étrangers ou même canadiens d 'influencer,
- 53:53de diffuser des fausses informations. Oui, il
- 53:55y a plusieurs... équipes d 'intervention ou de
- 54:00surveillance qui existent au Canada. Et il y
- 54:04a un an, on a eu une élection fédérale et il
- 54:05y a eu des tentatives d 'ingérence. Mais là,
- 54:09on peut se demander si l 'ingérence ne va pas
- 54:11venir de l 'intérieur de groupes militants qui
- 54:17vont s 'approprier, par exemple, des outils d
- 54:22'IA générative pour créer des faux messages.
- 54:27On a véhiculé, par exemple, de fausses photos,
- 54:31de faux clips de M. Kearney qu 'on associait
- 54:36à Jeffrey Epstein. Il y a eu toute une campagne
- 54:38de désinformation qui a été pilotée de l 'étranger
- 54:41et qui a été appuyée ensuite par des groupes
- 54:44d 'extrême droite au Canada qu 'on a relayés
- 54:46abourdamment dans un certain nombre de plateformes
- 54:51numériques. Puis là, il y a des outils. hyper
- 54:54performants qui permettent de produire à aucun
- 54:57coût des... Si on s 'abonne à certaines versions
- 55:02des outils diagénératifs, il y a des coûts, mais
- 55:06l 'output qui est généré est... très bien faits,
- 55:10souvent, et ces initiatives ou ces opérations
- 55:14ou ces produits diagénératifs de désinformation
- 55:19sont tellement performants que des spécialistes
- 55:22en IA ne sont pas capables de les détecter. Donc,
- 55:25ça, c 'est très préoccupant et je ne sais pas
- 55:29jusqu 'à quel point nos organisations de de vérification
- 55:38électorale, élection Québec. Je ne sais pas si
- 55:42la SQ a des équipes pour vérifier ça, les corps
- 55:49policiers, s 'il y a des liens avec le CRS ou
- 55:54avec les organismes fédéraux de surveillance
- 55:57du numérique et des télécommunications. Mais
- 56:00je sais que c 'est une préoccupation pour le
- 56:04directeur général des élections. au Québec. Il
- 56:08a beaucoup de ressources, mais il n 'a peut -être
- 56:10pas toutes les ressources nécessaires pour faire
- 56:12ce suivi -là. Mais surtout, il y a des affaires
- 56:14d 'addiction de compétences fédérales, puis...
- 56:16Voilà. Donc, c 'est... Je suis un peu préoccupé.
- 56:21Puis je n 'entends pas les partis politiques
- 56:22parler de ça en ce moment, et je m 'inquiète
- 56:25de ce qu 'ils vont faire avec l 'IA. Si on regarde
- 56:28les dernières élections municipales, où il y
- 56:30a des candidats partout au Québec qui ont utilisé...
- 56:34en entrant les mêmes requêtes. Puis il y a des
- 56:36enquêtes de Radio -Canada, de la presse qui ont
- 56:38montré ça. En entrant les mêmes requêtes, on
- 56:40produit des petits programmes avec des enjeux
- 56:45ou des priorités propres à la localité où ils
- 56:48faisaient campagne puis qui étaient mis en forme
- 56:50de la même manière pour diffusion sur Facebook.
- 56:56Ou nulle part, on a indiqué que ça avait été
- 56:57généré par l 'IA. Moi, ça me préoccupe. Ça veut
- 56:59dire qu 'il y a des gens qui s 'en vont en politique
- 57:02en n 'ayant pas d 'idées. parce que c 'est l
- 57:05'IA qui génère les idées pour eux et qui veulent
- 57:08se porter candidat, qui ne savent pas... Je peux
- 57:10lui demander de moi une plateforme électorale
- 57:12pour telle ville et il va sortir quelque chose.
- 57:15Et c 'est arrivé. C 'est arrivé au dernier municipal.
- 57:19J 'ai pas de problème à ce que... puis on ne
- 57:21devrait pas avoir de problème à ce que les formations
- 57:24politiques qui, encore une fois, ont des enjeux
- 57:26de ressources, puissent utiliser ces outils -là.
- 57:29Mais qu 'ils le disent. Que clairement, on sache
- 57:32qu 'est -ce qui est généré par l 'IA. À quelle
- 57:34fin? Que ce soit clair. La transparence, c 'est
- 57:38fondamental. On doit, comme citoyen, pouvoir
- 57:41prendre des décisions éclairées. On doit savoir
- 57:43ce que les partis veulent faire et comment ils
- 57:47produisent leurs messages. Donc, encore une fois,
- 57:50si des partis politiques... n 'ont pas les ressources
- 57:53pour avoir une équipe qui va penser à la plateforme,
- 57:56qui va identifier en utilisant, en analysant
- 57:59des données les priorités des électeurs et qu
- 58:02'ils se tournent vers l 'IA pour faire ce travail
- 58:04-là, bien qu 'ils nous le disent. Moi, comme
- 58:06citoyen, puis comme politologue aussi parce que
- 58:08ça m 'intéresse, mais comme citoyen, je veux
- 58:10savoir quelles sont les formations politiques
- 58:14qui n 'ont pas le pouvoir intellectuel. à l 'intérieur
- 58:20de leur formation pour penser aux priorités des
- 58:22Québécois par eux -mêmes. Ça, je pense que c
- 58:25'est important qu 'on sache ça. Puis ça les disqualifie,
- 58:28je dirais, d 'emblée. C 'est vraiment fascinant.
- 58:31Puis moi, je pense, anecdotiquement, au début
- 58:34du conflit commercial avec les Américains...
- 58:37Moi, personnellement, sur mes réseaux sociaux,
- 58:39j 'ai vu un paquet de memes impliquant la Chine
- 58:43où, essentiellement, c 'était comme... T 'avais
- 58:46le méchant américain, puis là, la Chine disait
- 58:48au Canada comme c 'est beau, je m 'en occupe,
- 58:49tu sais, comme pour montrer que la Chine était
- 58:52là pour protéger le Canada contre le méchant
- 58:54américain, sur les méchants américains. Il y
- 58:56a eu... Puis je sais, ça vient de où, c 'est...
- 59:00Je veux dire, l 'intérêt est assez clair là -dedans.
- 59:02Mais là, on parle de potentiels référendums sur
- 59:04la souveraineté en Alberta, au Québec. Je pense
- 59:08que c 'est inévitable qu 'il va y avoir des acteurs
- 59:10étrangers qui vont vouloir mousser, on l 'a vu
- 59:12d 'ailleurs dans le Brexit, mousser qu 'eux autres
- 59:15n 'ont aucun intérêt à avoir la vérité. Ce qu
- 59:17'ils veulent, c 'est créer de la polarisation,
- 59:20de la division, puis encourager un camp. Habituellement,
- 59:23il y a toujours une démarche, il y a un intérêt
- 59:26derrière lequel ces initiatives -là, cela, ce
- 59:31n 'est pas fortuit. Ils ne font pas ça juste
- 59:32pour le plaisir. La Russie, la Chine, l 'Inde.
- 59:36les États -Unis, parce qu 'il y en a partout,
- 59:40au Canada aussi, il y a des intérêts derrière
- 59:43ces initiatives -là. Et donc... des équipes de
- 59:48recherche, des équipes de surveillance, des organisations
- 59:52fédérales, provinciales qui sont vouées à la
- 59:54protection d 'intégrité de nos régimes électoraux.
- 59:58Notre mission à nous, notre tâche à nous, c 'est
- 1:00:01d 'identifier quels sont ces intérêts -là, puis
- 1:00:04d 'en parler à nos concitoyens, d 'identifier
- 1:00:08les... les initiatives de désinformation pour
- 1:00:13éviter que des citoyens fassent de la mésinformation
- 1:00:17ensuite ou eux -mêmes de la désinformation en
- 1:00:20relayant ces messages -là. Et encore une fois,
- 1:00:23d 'une certaine façon, ils ont abdiqué cette
- 1:00:27responsabilité -là, mais au premier chef, les
- 1:00:29personnes morales, parce que ce sont des entreprises
- 1:00:33qui sont responsables de... et de modérer ce
- 1:00:38qui se passe sur leur plateforme, ce sont les
- 1:00:40entreprises de médias sociaux numériques. Et
- 1:00:43depuis l 'arrivée de l 'administration Trump,
- 1:00:45ils abdiquent cette responsabilité -là. Ils ne
- 1:00:48font plus la modération, ce qui fait que c 'est
- 1:00:52maintenant à nous, les citoyens, d 'être hyper
- 1:00:56vigilants. Et de se dire collectivement lorsqu
- 1:00:59'on a des doutes sérieux sur la provenance, sur
- 1:01:03la validité, sur la véracité de messages auxquels
- 1:01:07on est exposé, ben de se dire attention là, c
- 1:01:12'est louche ce truc là. Je voulais juste vous
- 1:01:14dire, si jamais vous voyez un vidéo en ligne
- 1:01:16de vous qui vendez de la crypto, c 'est pas de
- 1:01:18ma faute. D 'accord. Ça arrivera peut -être.
- 1:01:22Fait que c 'est régié à ça, merci beaucoup pour
- 1:01:23votre temps. Merci beaucoup, ça m 'a fait plaisir.
- 1:01:25Merci d 'avoir été avec nous. Si vous avez eu
- 1:01:27un épisode, abonnez -vous et laissez -nous vos
- 1:01:29commentaires pour qu 'on puisse s 'améliorer.
- 1:01:31À la semaine prochaine!