Latest / Québécois et Canadien / Luc Godbout : La marge de manoeuvre des partis politiques
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- 0:00Bonjour et bienvenue au podcast québécois et
- 0:01canadien où on discute des enjeux de notre pays.
- 0:03Aujourd 'hui, on reçoit Luc Godbout, titulaire
- 0:06de la chaire en fiscalité et en finances publiques
- 0:08de l 'Université de Sherbrooke. On a discuté
- 0:10de l 'état des finances publiques du Québec en
- 0:122026 et de la marge de manœuvre des différents
- 0:13partis politiques pour leur promesse électorale.
- 0:15Je suis Alexandre Tremblay -Michaud. Bon épisode.
- 0:31Alors, M. Godbout, merci d 'avoir accepté l 'invitation.
- 0:34C 'est un plaisir. Pour commencer, je vais vous
- 0:37poser une question sur l 'état général des finances
- 0:38publiques au Québec. Est -ce que le Québec, on
- 0:40s 'en va en campagne électorale, on est -tu dans
- 0:42une bonne situation financière? Bien, ça tout
- 0:45dépend comment on regarde ça. On est dans une
- 0:47meilleure situation financière qu 'on l 'était
- 0:49à la fin des années 90, où ça l 'a conduit à
- 0:52des lois pour retrouver l 'équilibre budgétaire,
- 0:55etc. Donc, à cette époque -là, on est dans la
- 0:56moins bonne posture. Aujourd 'hui, on est en
- 0:57situation déficitaire. Mais après ça, on pourra
- 1:00voir. Tout dépend comment on se compare. Donc,
- 1:02pas une situation qui est rose, mais pas une
- 1:05situation qui est noire non plus. Parce que là,
- 1:07le gouvernement, puis j 'ai sorti un épisode
- 1:09récemment avec M. Couillard, qui, je pense qu
- 1:13'il s 'est fait accuser beaucoup d 'être austère,
- 1:15mais il disait, bien là, le nouveau gouvernement
- 1:16a coupé plus que nous. Est -ce que la situation,
- 1:19disons qu 'on enlève la COVID, qui était quand
- 1:21même une grosse situation, est -ce qu 'elle s
- 1:24'est dégradée? Est -ce qu 'elle est testable
- 1:25ou est -ce qu 'elle a amélioré pendant les quatre
- 1:27dernières années? Bien, à partir du moment où
- 1:30on a un déficit qui découlait un peu de la COVID,
- 1:33mais qui n 'était pas si gros que ça. Lorsqu
- 1:34'on est allé en élection en 2022, on avait des
- 1:37petits déficits de 2 milliards par année pendant
- 1:38toutes les quatre prochaines années suivantes.
- 1:41Et là, tous les partis politiques ont eu le sentiment
- 1:44qu 'ils pouvaient faire plein d 'engagements
- 1:45électoraux, ce qu 'ils ont fait. Fait que là,
- 1:48c 'est la CAQ qu 'on regarde et on dit, mais
- 1:49mon Dieu, ils ont... Ils ont gonflé les déficits,
- 1:52mais n 'importe qui qui aurait gagné aurait sans
- 1:54doute gonflé les déficits parce que les engagements
- 1:56étaient énormes par tous les partis politiques.
- 1:58Et c 'est dans la foulée de ça qu 'il y a eu
- 2:02une certaine difficulté budgétaire. Et là, on
- 2:04est en train de retrouver l 'équilibre, mais
- 2:07ça ne sera pas facile. Retrouver l 'équilibre
- 2:09budgétaire, ce n 'est jamais facile. Ce n 'est
- 2:11jamais facile. On est dans cette situation -là.
- 2:15On va regarder un peu la situation économique
- 2:17et des finances publiques au Québec. Mais avant,
- 2:19j 'aimerais ça qu 'on fasse un petit aspect méthodologique
- 2:22de la chose, parce que votre analyse est basée
- 2:24sur un rapport qui est produit par la vérificatrice
- 2:27générale. J 'avoue que vous me parliez un peu
- 2:29du processus qui est su par le ministère des
- 2:31Finances et par la vérificatrice générale avant
- 2:33les élections pour donner un peu une base commune
- 2:35à tout le monde. Depuis qu 'on a des élections
- 2:37à date fixe, on a... juste avant le déclenchement
- 2:41des élections, donc le troisième lundi du mois
- 2:43d 'août, la publication d 'un rapport préélectoral.
- 2:47Ce rapport -là est fait par le ministère des
- 2:49Finances, donc qui publait un rapport préélectoral.
- 2:52Et pour s 'assurer, comme on s 'en va en élection,
- 2:55que tout est fait selon les règles de l 'or,
- 2:57le Bureau du vérificateur général analyse pour
- 3:00savoir si les hypothèses sont plausibles. Et
- 3:03là, on a eu droit à cet exercice -là, troisième
- 3:05lundi du mois d 'août. Le ministère des Finances
- 3:07a dit, voici, dans le fond, c 'est comme une
- 3:09mise à jour budgétaire qui montre un peu pendant
- 3:11cinq ans les perspectives économiques, les perspectives
- 3:14budgétaires. Et la vérificatrice générale, elle
- 3:17a dit, les hypothèses économiques, les hypothèses
- 3:21budgétaires du côté des revenus, du côté des
- 3:23dépenses, du côté de la dette sont plausibles.
- 3:26Donc là -dessus, on a les données les plus à
- 3:28jour pour partir en campagne électorale. Les
- 3:30partis politiques sont capables de se servir
- 3:32de ce cadre financier -là. pour dire, voici comment
- 3:35j 'intègre mes promesses électorales. Et puis,
- 3:38personne ne peut arriver le lendemain des élections
- 3:40lorsqu 'il y a un changement de gouvernement
- 3:41pour dire, ah, mais je ne savais pas que l 'État
- 3:43des finances publiques était dans cet État -là.
- 3:45Avoir su, je n 'aurais pas fait des promesses
- 3:47dans ce sens -là. Et ça, on a remonté jusqu 'à
- 3:50dans les années 60, avant la production des rapports
- 3:52préélectoraux, qui ont commencé en 2018. Avant
- 3:55ça, chaque fois qu 'il y a un changement de gouvernement...
- 3:58Le nouveau gouvernement se plaignait toujours
- 4:00que l 'état des finances publiques, d 'une manière
- 4:02ou d 'une autre, n 'était pas aussi rose que
- 4:04le précédent gouvernement l 'avait prétendu.
- 4:06Je vais équilibrer le budget, mais là, finalement,
- 4:09un trou de X milliards de dollars. C 'est ça,
- 4:10un trou de X milliards, un trou de ci, un trou
- 4:12de ça. Et donc, à chaque fois, c 'était ça. Maintenant,
- 4:15ce n 'est plus possible. Il y a l 'heure juste
- 4:17qui est donnée avant le déclenchement des élections.
- 4:19Est -ce qu 'il peut quand même y avoir des surprises?
- 4:21Est -ce qu 'il y a des choses? Parce que là,
- 4:22je comprends que ça, c 'est des chiffres officiels,
- 4:23mais est -ce qu 'un gouvernement pourrait rentrer
- 4:24quand même et avoir des surprises financières
- 4:26autres? Bien, techniquement, non, mais c 'est
- 4:29sûr que c 'est pas la Bible. Donc, l 'économie
- 4:33peut continuer. C 'est pas une prédiction de
- 4:36ce qui va se passer. C 'est à ce jour -là. voici,
- 4:42c 'est l 'état des finances publiques. Mais évidemment,
- 4:43l 'économie peut mieux performer que prévu, puis
- 4:46tu peux avoir un peu plus d 'argent, ou l 'économie
- 4:48peut moins bien performer que prévu. Après ça,
- 4:51toi, comme parti politique, tu vas prendre des
- 4:53décisions. C 'est sûr que ça va impacter le niveau
- 4:57de revenu dépense dette des prochains quatre
- 5:00ans. Oui, ça, c 'est un bon point, parce que
- 5:01là, on va parler à travers les différentes hypothèses,
- 5:03puis c 'est où on s 'en va avec les finances
- 5:05publiques du Québec dans ce rapport -là, mais...
- 5:07C 'est sûr que si demain matin, il y a un nouveau
- 5:09gouvernement qui double les impôts ou qui écoupe
- 5:11de moitié ou qui investit beaucoup plus ou beaucoup
- 5:13moins, ça change totalement le scénario. À vrai
- 5:16dire, ça fait quatre ans aujourd 'hui que du
- 5:19rapport préélectoral 2022. Si on regarde les
- 5:23revenus de dépense, tout ça, c 'est pas du tout
- 5:26ce qui était prévu à l 'époque, mais déjà...
- 5:29au mois d 'octobre 2022, on savait que ce ne
- 5:31serait pas ça parce que la CAQ a gagné les élections.
- 5:34Puis il avait déjà prévu que les revenus de dépenses
- 5:36étaient pour différer. Il y avait des baisses
- 5:37d 'impôts du côté des revenus. Il y avait des
- 5:39nouvelles dépenses du côté des dépenses. Eux
- 5:41-mêmes s 'engageaient à dépenser plus que le
- 5:44rapport préélectoral du mois d 'août. Et donc,
- 5:47c 'est normal que ça avait évolué. Mais ils s
- 5:50'engageaient quand même à retrouver l 'équilibre
- 5:52budgétaire en 27 -28. Ça, ça ne s 'est pas matérialisé
- 5:56par la suite. Après trois, quatre ans de gouvernance,
- 5:59les choses se sont déroulées différemment. J
- 6:01'ai une petite parenthèse à faire ici. Les partis
- 6:03politiques, quand ils font leurs plateformes,
- 6:05on leur demande souvent des plateformes chiffrées.
- 6:06Ils chiffrent ça comment? Bon, il y a différentes
- 6:09façons de chiffrer ça. Encore une fois, c 'est
- 6:13plus facile aujourd 'hui que ça l 'était il y
- 6:14a 25 ans. D 'ailleurs, il y a 25 ans, les promesses
- 6:17étaient très faiblement chiffrées. Nous, on contribue
- 6:20à ça à la chaire en fiscalité et en finances
- 6:22publiques parce qu 'on met un simulateur fiscal
- 6:24sur notre site Web. Alors, quelqu 'un qui veut
- 6:27faire une baisse d 'impôt, qui veut modifier
- 6:28le crédit, qui veut bonifier le crédit de solidarité,
- 6:32qui veut faire ci, qui veut faire ça, on est...
- 6:34Ça va donner l 'impact sur les ménages et ça
- 6:37va donner l 'impact sur le cadre financier du
- 6:39gouvernement. En plus de ça, quand le ministère
- 6:42des Finances prépare le rapport préélectoral,
- 6:44il fait comme un espèce de fichier Excel où les
- 6:47gens peuvent aller faire des changements et on
- 6:50voit comment ça se répercute sur le cadre financier
- 6:53du gouvernement. Donc, il y a deux manières où
- 6:56c 'est possible d 'aller estimer les effets des
- 6:58changements qu 'un parti politique veut faire.
- 7:01Donc, il n 'y a plus d 'excuses pour ne pas représenter
- 7:02un cadre financier adéquat maintenant pour les
- 7:05partis politiques. Moi, je suis le parti X, je
- 7:07veux baisser les impôts de 3 % pour les particuliers.
- 7:09le fichier Excel, baisser les impôts de 3 %,
- 7:11puis ça va me dire qu 'ils vont avoir un manque
- 7:13à gagner de X milliards. C 'est ça. Et là, après
- 7:15ça, tu te dis, je peux le financer de telle autre
- 7:19façon. Donc, en allant chercher de l 'argent
- 7:21auprès d 'autres types de... Il doit y avoir
- 7:24une ligne le gras, là. On coupe toujours dans
- 7:26le gras. C 'est ça, je vais couper dans le gras.
- 7:28C 'est au Parti politique à trouver ce qu 'ils
- 7:30appellent le gras. Je pense qu 'il n 'y en a
- 7:32pas, mais c 'est au Parti politique. La ligne
- 7:33dépense inutile, facile à couper. Oui, c 'est
- 7:35ça. OK, parfait. J 'aimerais ça qu 'on parle
- 7:36un peu de l 'évolution de la dette. Oui. Sur
- 7:40quelle trajectoire est -ce qu 'on s 'en va actuellement
- 7:42au niveau du ratio dette -PIB? Premièrement,
- 7:45bonne nouvelle, on a une politique de remboursement
- 7:48de la dette depuis 2006 -2007. On a créé une
- 7:52loi sur le fonds des générations et remboursant
- 7:56la dette. Et ça marche. Donc, on est parti d
- 8:00'un ratio de dette nette plus élevé dans les
- 8:03années 2010. Et aujourd 'hui, il est plus faible.
- 8:06Même, on a une dette plus faible aujourd 'hui
- 8:08que l 'année qui a précédé la pandémie. Dette
- 8:11nette en proportion de l 'économie. En argent,
- 8:14la dette augmente chaque année, mais en proportion
- 8:17de la taille de notre économie, elle est en diminution.
- 8:20Donc, on peut dire que c 'est une bonne nouvelle.
- 8:22Allé jusqu 'en 2028, il y a une légère augmentation
- 8:25du ratio, mais par la suite, on reprend une tendance
- 8:29baissière et on est en voie d 'atteindre les
- 8:31cibles, parce que dans la loi sur le remboursement
- 8:34de la dette et instituant le fonds de génération,
- 8:36il y a des cibles à atteindre pour 2032 -33,
- 8:382037 -38, et on est en voie d 'atteindre ces
- 8:41cibles -là. C 'est quoi les cibles qu 'il faut
- 8:43atteindre? Ben, c 'est, mettons qu 'il faut qu
- 8:46'en 2037, que la dette n 'excède pas 33 %. Son
- 8:53ratio dette nette et BIN n 'excède pas 33 %,
- 8:55par exemple. Parce que c 'est sûr, parce que
- 8:56là, si on regarde la dette, puis je sais pas
- 8:58moi... X milliards de dollars. Je ne sais pas,
- 9:00il est rendu à combien exactement? Ça dépend.
- 9:02Est -ce qu 'on est au 31 mars passé ou au 31
- 9:04mars prochain? On est à peu près à 260 milliards.
- 9:07260 milliards. On regarde le chiffre, on voit
- 9:08ça. Mais 260 milliards il y a 20 ans par rapport
- 9:11à l 'économie d 'il y a 20 ans. C 'est ça qu
- 9:13'il faut regarder. Puis après ça, que ce soit
- 9:16la dette ou les déficits, c 'est quand même intéressant.
- 9:19On est dans une perspective canadienne. Comment
- 9:21on se compare avec les autres provinces? Sous
- 9:23le temps, ça aussi. Et l 'idée... quand on s
- 9:27'est forcé à rembourser la dette en instituant
- 9:29un fonds des générations, c 'est parce qu 'on
- 9:31avait la dette nette. Eux, à l 'époque, je me
- 9:34rappelle, c 'était pas loin pour un Québec lucide,
- 9:37le manifeste de Lucien Bouchard. Et il avait
- 9:40mentionné qu 'on avait la dette par habitant
- 9:42la plus élevée dans le Canada. Et donc, là, incomparable,
- 9:46c 'est -à -dire comment on se compare par rapport
- 9:48aux autres provinces canadiennes. Même si on
- 9:51a le fonds des générations, malheureusement,
- 9:53à ce jour, on a toujours la deuxième dette. net
- 9:56PIB la plus importante, mais les écarts entre
- 10:00les provinces s 'est rapetissé, si bien que dans
- 10:03les deux, trois prochaines années, on pourrait
- 10:05passer de deuxième dette nette la plus élevée
- 10:07à troisième, à quatrième. Je ne dis pas qu 'on
- 10:09va devenir la province la moins endettée, mais
- 10:11on est dans un point de bascule où on est à veuille
- 10:13de changer de rang et de peut -être se classer
- 10:15troisième ou quatrième dans un avenir assez rapproché.
- 10:18Donc, c 'est quand même des, entre guillemets,
- 10:20des bonnes nouvelles. Est -ce que c 'est parce
- 10:22qu 'on s 'améliore ou parce que les autres se
- 10:23dégradent? Le fait qu 'on ait une politique de
- 10:27remboursement de la dette, ça nous aide manifestement,
- 10:30mais le fait que tous les provinces en ce moment
- 10:32sont en déficit, ces déficits -là et d 'autres
- 10:35dépenses d 'investissement, d 'autres investissements
- 10:38s 'en vont sur la dette, donc c 'est sûr que
- 10:41les autres provinces se détériorent également.
- 10:42En ce moment, si on regarde le chemin sur lequel
- 10:45on est, disons qu 'on gardait les mêmes politiques
- 10:47gouvernementales, c 'est quand même soutenable
- 10:49au niveau de la dette. Au niveau de la dette,
- 10:51c 'est sûr que c 'est soutenable. On a un ratio
- 10:53plus faible qu 'auparavant, c 'est ça. Puis si
- 10:56on regarde, parce que là, la dette, c 'est bien
- 10:57beau, mais essentiellement, c 'est les déficits
- 10:59cumulés qui s 'en vont dans la dette. Au niveau
- 11:01du déficit budgétaire, ça ressemble à quoi? Est
- 11:04-ce qu 'il va se résorber d 'ici... Bien là,
- 11:06on a un plan de retard, parce qu 'on a une deuxième,
- 11:09une autre loi, depuis 1996, la loi sur l 'équilibre
- 11:12budgétaire. Cette loi -là force le gouvernement
- 11:15à ne pas faire de déficit. Là, vous allez dire,
- 11:17mais on est en déficit depuis la pandémie. Donc,
- 11:20la loi contient quand même des exceptions. Cette
- 11:22loi -là a été revue en 2023. Et donc, ça a entraîné
- 11:27des délais. Et suite à la révision, il y a eu
- 11:30un plan de retour à l 'équilibre budgétaire qui
- 11:31a été présenté en mars 2025. Et le gouvernement
- 11:34s 'est engagé à retrouver l 'équilibre budgétaire
- 11:36d 'ici 2029 -30. La première année du plan est
- 11:40réalisée. Donc, c 'était l 'année 25 -26. Lorsque
- 11:44le plan a été présenté, le ministre des Finances
- 11:46avait annoncé un déficit d 'à peu près 13 ,6
- 11:51milliards. Finalement, on finit à 7 ,8 milliards.
- 11:55Donc, la première année s 'est matérialisée mieux
- 11:57qu 'on l 'estimait. L 'année qui est en cours,
- 12:00c 'est l 'année actuelle. Puis au départ, on
- 12:02parlait d 'un déficit d 'à peu près 10 milliards.
- 12:04On est rendu à viser 7 ,7 milliards. Donc, les
- 12:08deux premières années ont quand même été bien.
- 12:11Mais c 'est les deux dernières années du plan
- 12:13qui vont rester difficiles à matérialiser. Pourquoi?
- 12:18Parce que dans les prochaines années, on annonce
- 12:20une réduction de la croissance des dépenses pour
- 12:22retrouver l 'équilibre budgétaire. Ça, c 'est
- 12:24le premier défi. Le deuxième défi, c 'est que
- 12:27le ministre n 'a pas été capable... Il dit qu
- 12:29'il atteint l 'équilibre budgétaire, mais il
- 12:31dit « j 'ai des écarts à résorber ». J 'ai pas
- 12:34trouvé l 'argent encore. J 'ai pas encore indiqué
- 12:36comment ça se fera. Donc, c 'est des mesures
- 12:38non trouvées ou non annoncées. Puis ça peut se
- 12:43faire ou du côté des revenus ou du côté des dépenses.
- 12:46Mais on est quasiment, pour la dernière année,
- 12:48on est à 2 milliards de redressements budgétaires
- 12:52non identifiés. Et on mise, sur les deux dernières
- 12:55années du plan de retour à l 'équilibre budgétaire,
- 12:56sur de la croissance de 1 % par année. Deux années
- 13:00consécutives avec 1 % de croissance ou moins.
- 13:03Il faut retourner dans les années 90 pour voir
- 13:06ça. Donc, même sous le gouvernement Couillard,
- 13:08il n 'y a pas eu deux années où il y a eu une
- 13:10croissance de 1 % consécutif à peine. Est -ce
- 13:14qu 'on peut dire que les deux premières années
- 13:16de la projection de 4 ans, notamment à cause
- 13:19des prévisions économiques qui ont été... En
- 13:21gros, l 'économie québécoise a surperformé par
- 13:24rapport à ce qu 'on s 'attendait. On a mieux
- 13:25fait. L 'économie ne surperforme pas actuellement.
- 13:29On est en dessous de notre potentiel. Mais par
- 13:31rapport aux projections? Mais par rapport aux
- 13:33projections, il y a un petit peu plus d 'inflation
- 13:35que prévu. Donc ça, ça aide quand même à faire
- 13:36rentrer des recettes. Et le ministre table sur
- 13:40une réduction des dépenses. Pour les premières
- 13:42années, il a été en mesure de le faire. Donc,
- 13:44deux premières années... Une atteinte, l 'autre
- 13:47envoie de l 'aide, mais c 'est vraiment la fin
- 13:49du plan avec les écarts à résorber qui comporte
- 13:51le plus grand défi. Et dans le rapport préélectoral
- 13:54et le rapport de la vérificatrice générale de
- 13:57certification, du côté des dépenses, elle est
- 14:00quand même assez claire. Elle dit oui, l 'hypothèse
- 14:01est plausible parce qu 'un gouvernement peut
- 14:03faire des choix, mais il y a quand même des défis
- 14:06et ça se peut que les services à la population
- 14:09doivent être revus à la baisse ou des services
- 14:13non reconduits pour être capables d 'atteindre
- 14:14ces cibles -là. Oui, parce que quand on fait
- 14:16la projection de nos dépenses publiques pour
- 14:18les quatre prochaines années, on se dit, moi,
- 14:21mes revenus vont évoluer de telle façon basée
- 14:24sur des projections que l 'économie… Parce que
- 14:26si tout le monde a des augmentations salariales
- 14:29de 3 %, ça fait… 3 % plus de revenus pour le
- 14:31gouvernement qui impose au même taux. Oui, c
- 14:34'est ça. Il est capable de faire des projections
- 14:36de croissance de ses revenus. S 'il y a de l
- 14:38'inflation, généralement aussi, ça se répercute
- 14:41là -dedans. Les biens coûtent plus cher, donc
- 14:44les TPS TVQ sur ces biens -là sont plus payants.
- 14:46Mais il ne faut pas oublier, d 'un autre côté,
- 14:47quand c 'est le temps de renouveler les conventions
- 14:48collectives... Si l 'inflation est plus élevée
- 14:51que prévu, la négociation va être un peu plus
- 14:54exigeante aussi sur le plan des concessions salariales.
- 14:57Il y a les revenus, mais au niveau des dépenses
- 14:59aussi, c 'est sûr qu 'il y a plus que d 'inflation,
- 15:01plus qu 'eux autres vont demander. vont demander
- 15:04des augmentations élevées. Mais là, si le syndicat
- 15:06demande 3 % d 'augmentation salariale, puis toi,
- 15:08t 'as budgété 1 % d 'augmentation de dépense,
- 15:10il y a un problème à quatre parts. Bien, c 'est
- 15:11un peu ce qui est arrivé en 2022, d 'ailleurs,
- 15:13parce qu 'il faut être un peu critique par rapport
- 15:14au rapport préélectoral et au travail par la
- 15:18suite que fait le vérificateur, le bureau du
- 15:20vérificateur général là -dessus. Et en 2022,
- 15:23moi, je retourne les voir, dire qu 'est -ce qu
- 15:24'on indiquait pour les conventions, le renouvellement
- 15:27des conventions collectives qui était prévu en
- 15:282023. On est en 2022, on dit, durant ces quatre
- 15:31ans -là, c 'est sûr qu 'il y a ça. On ne peut
- 15:33pas le cacher. D 'un autre côté, on comprend
- 15:35dans le rapport préélectoral, le gouvernement,
- 15:38le ministère des Finances, ne peut pas aller
- 15:39dire, j 'ai 3 milliards pour les fonctionnaires.
- 15:41Les fonctionnaires vont dire, si vous l 'avez,
- 15:43on le prend. Donc, il est obligé... Et là, il
- 15:46y avait déjà des offres salariales. Les premières
- 15:48offres salariales du gouvernement avaient été
- 15:50déposées, mais ça ne couvrait pas l 'inflation.
- 15:52Donc, c 'est sûr que les syndicats pourraient
- 15:55être plus exigeants que ça. Et là, après ça,
- 15:57c 'est un rapport de force. Et là, le rapport
- 15:59de force, le gouvernement semble avoir perdu...
- 16:01Bon, je ne fais pas d 'analyse politique, mais
- 16:05c 'est clair que quand les fonctionnaires se
- 16:06sont auto -offerts des fortes augmentations de
- 16:09salaire, la population a dit, pourquoi vous ne
- 16:13faites pas des meilleurs offres salariales un
- 16:15peu aux fonctionnaires? Et là, finalement, l
- 16:18'entente finale a été beaucoup plus coûteuse.
- 16:21Il y a une façon d 'illustrer ça. Puis là, ce
- 16:23n 'est pas un reproche, encore une fois, à la
- 16:24négociation syndicale. C 'est une négociation
- 16:27gouvernementale -syndicat. Puis à un moment donné,
- 16:30il faut que les gens s 'entendent. Mais entre
- 16:32la mise à jour du ministre des Finances de novembre
- 16:352023 et son budget de mars 2024, il s 'écoule
- 16:38à peine 4 -5 mois entre les deux. Et pour l 'année
- 16:41en cours, cette année, quand lui, il fait ses
- 16:44projections, en novembre, il y a 7 milliards
- 16:47de moins de dépenses qu 'en mars pour l 'année
- 16:50actuelle. Ça veut dire qu 'il y a quelque chose
- 16:52qui s 'est passé dans les renouvellements de
- 16:53conventions collectives qui ont coûté plus cher
- 16:55que prévu. Puis on estime que c 'est à peu près...
- 16:5745 % de ce 7 milliards -là qui est l 'entente
- 17:01finale par rapport à ce qui avait été budgété
- 17:03dans les premières offres. OK. Puis là, je mène
- 17:05le même problème en ce moment dans le sens que
- 17:06là, il fait des projections en se disant, moi,
- 17:08je vais donner une augmentation de 0 ,5 % ou
- 17:11je ne sais pas combien à mes employés de l 'État.
- 17:15Les employés de l 'État disent non, j 'accepterai
- 17:17jamais 0 ,5 %. Si l 'entente finale coûte plus
- 17:20cher que ce qui a budgété dans le rapport préélectoral,
- 17:22là, ce n 'est pas détaillé. Encore une fois,
- 17:25c 'est ça, ça va créer une pression sur le cadre
- 17:27budgétaire, c 'est ça. Puis là aussi, j 'aimerais
- 17:29ça qu 'on en parle parce que je sais que dans
- 17:31les projections, ils ont augmenté certaines dépenses,
- 17:36comme là on parle d 'augmentation de croissance
- 17:38en santé, en éducation au -dessus de l 'inflation,
- 17:40enseignement supérieur au -dessus de l 'inflation,
- 17:41finance, préinflation environnement, travail.
- 17:45Il y a une série de portefeuilles qui ont des
- 17:48dépenses au -dessus de l 'inflation qui sont
- 17:50prévues, mais il y a un méchant nombre de portefeuilles.
- 17:54Je pense que c 'est 70 % des portefeuilles qui
- 17:56sont en -dessous de l 'inflation. On parle de
- 17:58transport, économie, justice. On parle même de
- 18:01baisse. C 'est un exercice de transparence qui
- 18:05émane, encore une fois, du rapport préélectoral
- 18:07et du rapport du vérificateur général. Dans le
- 18:10rapport du vérificateur général, on a listé les
- 18:1225 portefeuilles. pour d 'ici 2028 -2029. Et
- 18:17dans les 25 portefeuilles, il y en a 9 qui augmentent
- 18:22sur 25 plus que l 'inflation. Il y en a 3 qui
- 18:26augmentent, mais moins que l 'inflation. Puis
- 18:29il y en a quand même 13 qui décroissent. Il faut
- 18:34les réaliser. Le nouveau gouvernement... Les
- 18:36cinq partis politiques doivent aller lire ça
- 18:39et dire, OK, il y a 13 portefeuilles. Ça ne veut
- 18:41pas dire que c 'est des portefeuilles tous d
- 18:43'égale importance, mais il y en a 13 sur 25.
- 18:45Le rapport préélectoral prévoit dépenser moins
- 18:49en 28 -29 qu 'il a dépensé à l 'année qui s 'est
- 18:52terminée au 31 mars dernier. Incluant l 'inflation.
- 18:55Oui. Non, non, c 'est en dollars courants. Donc,
- 18:58ça veut dire que même s 'il y a de l 'inflation,
- 19:00le gouvernement... a budgété moins pour le ministère
- 19:02XYZ ou le portefeuille XYZ en 2022. C 'est même
- 19:07moins 7 ,8 %. Oui, puis moi, je ne veux pas rentrer
- 19:10dans chacun des portefeuilles parce que ça se
- 19:12peut qu 'il y ait une raison logique de dire
- 19:15que ça va dépenser moins. Peut -être qu 'il y
- 19:16avait une mise à niveau de X qui devait être
- 19:19faite, puis une fois que c 'est fait, tu n 'as
- 19:20pas besoin d 'avoir des sommes récurrentes. Mais
- 19:22ça se peut qu 'il y ait un financement fédéral...
- 19:26qui n 'a pas été encore annoncé et reconduit.
- 19:28Puis le Québec dit, bien, s 'il n 'y a pas de
- 19:29financement fédéral, ce programme -là va tomber
- 19:31à l 'eau. Après ça, le gouvernement qui sera
- 19:34en place pour les quatre prochaines années devra
- 19:37juger s 'il est capable ou non de reconduire
- 19:39ce programme -là. Oui, parce que c 'est ça. Parce
- 19:41que quand tu rentres comme nouveau gouvernement,
- 19:43il y a un beau plan qui t 'est remis. Ça, c 'est
- 19:45le plan de ton prédécesseur, qui est comme parfait.
- 19:48Tu as 4 ,5 %, je donne un chiffre de même, 4
- 19:50,5 % par année sur la santé pour les cinq prochaines
- 19:53années. Mais il faut que tu coupes X nombre de
- 19:55pourcents dans tel, tel, tel portefeuille. Ça
- 19:58se peut que ce ne soit pas nécessairement en
- 19:59lien avec tes priorités à toi. Mais non, c 'est
- 20:00ça. Tu viens d 'être élu. Tu as le droit de présenter
- 20:05quatre budgets avant la prochaine élection à
- 20:07date fixe. Puis des mises à jour économiques.
- 20:11Donc, c 'est clair que tu peux gouverner. Et
- 20:15donc, il y aura gouvernance. L 'idée, je pense,
- 20:18c 'est à la lumière un peu, c 'est de garder
- 20:20le cap sur l 'équilibre budgétaire. Après ça...
- 20:23comment tu le retrouves ou comment tu arrives
- 20:25à équilibrer ton budget. C 'est là que tu as
- 20:28aussi de l 'autonomie. Puis l 'autre élément,
- 20:30une campagne électorale, on n 'a jamais vu ça,
- 20:33une campagne électorale où il n 'y aurait aucun
- 20:35engagement financier. Tout le monde va promettre
- 20:38des choses. Encore une fois, ce n 'est pas de
- 20:40dire aux partis politiques que vous n 'avez pas
- 20:41le droit de faire des promesses. C 'est le moment
- 20:43d 'en faire. Puis vous avez le droit de faire
- 20:45des baisses d 'impôts, vous avez le droit de
- 20:47promettre des hausses d 'impôts. C 'est votre
- 20:49terrain de jeu actuellement. Mais il faut juste
- 20:52que ça soit cohérent avec le cadre budgétaire
- 20:54du gouvernement pour dire, bien, gardez, vous
- 20:56savez qu 'il y a des écarts à résorber dans les
- 20:58années 28, 29, 29 -30. Vous savez qu 'il y a
- 21:03deux années de croissance de dépenses à 1 %.
- 21:07Quand vous faites vos engagements, ça vient s
- 21:08'ajouter à tout ça. Assurez -vous, si vous créez
- 21:12une pression additionnelle sur le cadre financier,
- 21:13d 'avoir des moyens d 'aller chercher des recettes
- 21:16pour être capable de maintenir le cap sur l 'équilibre
- 21:18budgétaire. Ça, ça veut dire que pour dans 3
- 21:20-4 ans, ils doivent trouver 2 milliards plus
- 21:22tout ce qu 'ils ont promis pendant la campagne
- 21:23électorale. C 'est ça. Pour couper à quelque
- 21:26part. Bien, à identifier, encore une fois, ça
- 21:28peut être du côté des revenus. Ils peuvent avoir...
- 21:33on peut avoir de l 'espoir que les transferts
- 21:34fédéraux vont augmenter, mais ça prend des signaux
- 21:37à un certain moment. Donc, s 'ils n 'augmentent
- 21:38pas, il faut que l 'argent provienne d 'autres
- 21:40ressources. Puis moi, une des choses que les
- 21:43politiciens disent souvent, puis qui me fait
- 21:44toujours un peu rire, mais j 'aimerais savoir
- 21:45votre avis là -dessus, c 'est de dire... Moi,
- 21:48ce que je veux, c 'est pas couper, c 'est augmenter
- 21:50les revenus avec la croissance économique. On
- 21:52dirait que je veux augmenter la tarte. Est -ce
- 21:55que c 'est réaliste pour un parti aujourd 'hui
- 21:57de dire, moi, mes politiques sont tellement bonnes
- 22:00que l 'économie va aller beaucoup mieux que ce
- 22:02qui est là, puis donc, j 'aurais pas besoin de
- 22:04tout couper? Non. Ça, techniquement, ça devrait
- 22:06pas être permis, moralement permis. Donc, il
- 22:10y a un rapport préélectoral qui a été fait. Là
- 22:13-dedans, il y a de la croissance économique de
- 22:14projeté par une équipe d 'experts au ministère
- 22:17des Finances. Donc, tout le monde devrait prendre
- 22:20ça pour acquis. C 'est changer les règles du
- 22:23jeu. C 'est dire, sous ma gouverne, il va y avoir
- 22:241 % de plus de croissance économique. Et ça,
- 22:26vous faites bien de le souligner parce que depuis
- 22:29qu 'il y a des rapports préélectoraux présentés
- 22:32en 2018, en 2022, il y a quelques partis qui
- 22:36ont mis ça. Mais c 'est pas acceptable à mes
- 22:40yeux, mais ça devrait l 'être encore moins. par
- 22:42le gouvernement sortant. Parce que le gouvernement
- 22:44sortant, c 'est lui qui a préparé le rapport
- 22:46préélectoral sous la tutelle du ministère des
- 22:48Finances. Et donc là, le gouvernement sortant
- 22:50ne peut pas arriver et dire je vais avoir plus
- 22:52de croissance économique. Et ça, on l 'a vu et
- 22:54aux élections de 2018. Je vous laisse trouver
- 22:56ici. Donc, c 'était le gouvernement libéral.
- 22:58Ils ont mis plus de croissance deux semaines
- 23:01après que le ministre Létao avait produit le
- 23:04rapport préélectoral. Et le gouvernement de la
- 23:06CAQ a fait la même chose en 2022. Donc ça, je
- 23:09pense que ça ne devrait pas se faire. Je pense
- 23:12que dans la campagne fédérale, il y en a qui
- 23:13l 'ont fait aussi. Mais essentiellement, juste
- 23:15pour que les gens comprennent, c 'est comme l
- 23:17'équivalent de dire... L 'économie est projetée
- 23:20de croître, je ne sais pas moi, 1 % par année.
- 23:23Mais moi, mes politiques gouvernementales vont
- 23:24être tellement bonnes que l 'économie va aller
- 23:26à 2 % par année. Donc, mes politiques vont se
- 23:28payer tout seuls. Je dépense plus, mais je suis
- 23:30tellement efficace que je vais avoir plus de
- 23:33revenus avec mes dépenses que ce que ça va me
- 23:35coûter. Ça fait que c 'est comme de l 'argent
- 23:36magique. Oui, puis là, ça devient plus facile
- 23:39d 'équilibrer le budget ou plus facile de faire
- 23:41des promesses tenaces, coûteuses. Il y a une
- 23:45équipe d 'experts au ministère des Finances qui
- 23:47fait la projection de l 'économie et ils se valident
- 23:50en demandant aux économistes des institutions
- 23:53financières de dire c 'est quoi, vous, vos projections.
- 23:55Puis là, ils essayent toujours de ne pas arriver
- 23:57trop loin de la moyenne des prévisionnistes.
- 24:00Et donc, c 'est pour ça qu 'après coup, c 'est
- 24:02ça qui devrait devenir la règle d 'or. Tant mieux
- 24:04s 'il y a plus de croissance économique sous
- 24:06la gouverne d 'un parti, mais... Ce sera à ce
- 24:09moment -là de faire des arbitrages a posteriori
- 24:12et non pas a priori. Encore là, pour donner peut
- 24:15-être une analogie un peu simpliste, tu calcules
- 24:20combien tu peux payer comme maison, puis tu te
- 24:22dis, moi, je vais être tellement bon dans ma
- 24:23job dans la prochaine année que mon employeur
- 24:24va sûrement me donner des augmentations salariales
- 24:26de 5 % par année parce que je vais tellement
- 24:28bien performer. Je peux me payer une hypothèque
- 24:30plus élevée parce que je vais avoir 5 % d 'augmentation
- 24:31par année. Ça s 'appelle un peu vendre la peau
- 24:33de l 'ours avant de l 'avoir tué. À quel point
- 24:37est -ce que les... les gouvernements ont un impact
- 24:40réel sur la croissance économique? Bon, ça, c
- 24:44'est sûr que les politiques gouvernementales,
- 24:48il peut y avoir de la politique économique et
- 24:51oui, ça va influencer la croissance économique
- 24:54à long terme. Mais, tu sais, c 'est toujours
- 24:56un peu drôle aussi quand, en période, là, je
- 24:58reviens aux périodes électorales, tu sais...
- 25:01Avec notre gouvernement, il va se créer 200 000
- 25:04emplois. Non, non, il ne se créera pas. Ce n
- 25:05'est pas toi qui vas créer les emplois. Tu vas
- 25:07mettre les conditions gagnantes pour que l 'économie
- 25:09puisse créer des emplois. À moins que tu promettes
- 25:12des emplois dans la fonction publique. Ça, tu
- 25:14es capable de les créer mécaniquement. Mais ce
- 25:16n 'est pas ça. Je pense que c 'est ça qu 'il
- 25:17faut garder à l 'esprit. Mais cela dit, à travers
- 25:20des politiques gouvernementales, oui, c 'est
- 25:22possible qu 'il y ait du développement économique.
- 25:25Il y a des politiques... mieux avisé que d 'autres
- 25:28pour développer. On peut le regarder. Je ramène
- 25:32ça sur mon terrain de jeu qui est la politique
- 25:34fiscale. Mettre en place un régime épargne -action
- 25:38par le gouvernement, par le ministre des Finances,
- 25:41par les autres, dans les années 70, après coup,
- 25:44on peut dire oui, ça a contribué au développement
- 25:46économique du Québec. Mais le jour où tu le lances,
- 25:49c 'est dur à estimer le plein impact de ça. Oui,
- 25:53puis c 'est toujours difficile d 'évaluer, justement.
- 25:55Puis là, je pense qu 'en ce moment, il y a deux
- 25:56choses qui sont à la mode, l 'intelligence artificielle
- 25:58puis la dérèglementation. Puis d 'évaluer combien
- 26:01d 'argent tu vas sauver si tu coupes des règlements
- 26:03ou combien de décroissances économiques tu vas
- 26:06faire parce que tu abolis des règlements. C 'est
- 26:07extrêmement difficile, c 'est ça. Même pour l
- 26:10'intelligence artificielle, c 'est pareil. À
- 26:11quel point tu vas vraiment avoir des économies
- 26:13de productivité. C 'est ça. On peut quand même,
- 26:14comme gouvernement, dire, bien, telle politique
- 26:18va contribuer. On cherche toujours, dans le fond,
- 26:21à faire du développement économique à travers
- 26:22certaines politiques. Donc, aider les entreprises
- 26:25à investir pour être davantage en mesure d 'accroître
- 26:29leur productivité. on est capable de voir que
- 26:32ça peut aller dans le bon sens, de voir la répercussion
- 26:34immédiate sur l 'économie ou sur le cadre financier
- 26:38du gouvernement. C 'est là que ça devient un
- 26:39peu hasardeux. Pour faire un petit parallèle
- 26:41avec le monde privé, des fois, chaque fois qu
- 26:43'il y a des fusions et des acquisitions, ils
- 26:45disent toujours tous les coûts qui vont économiser.
- 26:46Ça n 'arrive jamais. Au niveau de la projection
- 26:49des dépenses, quand on parle au -dessus, en dessous
- 26:53de l 'inflation... Est -ce que les dépenses gouvernementales
- 26:58normalement augmentent à peu près à l 'inflation
- 27:00ou ça n 'a aucun rapport avec l 'inflation? C
- 27:04'est extrêmement dire. Le principal poste de
- 27:07dépense du gouvernement, c 'est sa masse salariale.
- 27:11Tout dépend, encore une fois, comment on négocie
- 27:15les nouvelles conventions collectives. Si on
- 27:16donne plus que l 'inflation, s 'il y a beaucoup
- 27:19de fonctionnaires qui gravissent des échelons...
- 27:21parce qu 'il y a des échelles salariales. Ils
- 27:23ont l 'inflation, plus ils gravitent des échelons,
- 27:25c 'est clair que la masse salariale va augmenter
- 27:27beaucoup plus vite que l 'inflation. Généralement,
- 27:30au -delà de tout ça, ce qu 'on semble dire, c
- 27:33'est que si tes revenus croissent au même rythme
- 27:35que l 'économie, tant que tes dépenses croissent
- 27:38au même rythme que l 'économie, puis que tu es
- 27:40à l 'équilibre au départ, tu vas toujours le
- 27:42rester à l 'équilibre. C 'est un peu ça, la notion.
- 27:45Après ça, quand on fait un déficit aussi, il
- 27:46ne faut pas nécessairement s 'alarmer. Quand
- 27:49on fait un déficit dans l 'année pandémique,
- 27:51Il ne faut pas essayer de l 'équilibrer à tout
- 27:52prix. Ça aurait été absurde. Ça fait que c 'est
- 27:54essayer de dire, OK, mais mon déficit, est -ce
- 27:56qu 'il est causé par un contexte conjoncturel,
- 28:00la conjoncture économique, ou il est causé par
- 28:02ma structure des revenus et dépenses? Et c 'est
- 28:05quand c 'est causé par ma structure de revenus
- 28:06et dépenses, ça veut dire que là, j 'ai un déficit,
- 28:09mais c 'est parce que je n 'ai pas assez de revenus
- 28:11par rapport à mes dépenses. C 'est là qu 'il
- 28:14faut corriger la situation, soit du côté des
- 28:16revenus, soit du côté des dépenses, c 'est ça.
- 28:17Puis c 'est un peu l 'exercice qui est en train
- 28:19d 'être fait dans le plan de retour à l 'équilibre
- 28:22budgétaire, parce qu 'effectivement, il y avait
- 28:23un déficit qui était lié à la structure revenus
- 28:26et dépenses. On n 'avait pas assez de revenus
- 28:28par rapport aux engagements de dépenses que le
- 28:30gouvernement avait. OK. Si on se résume, la dette
- 28:33est sur le bon chemin. Ça, c 'est correct avec
- 28:35les hypothèses qu 'on a actuellement. Les dépenses
- 28:38sont sur un chemin aussi qui sont soutenables
- 28:40avec les hypothèses qu 'on a actuellement. Tout
- 28:43ça n 'inclut pas toutes les promesses électorales
- 28:45qu 'on va faire. Tout ça n 'inclut pas des augmentations
- 28:48salariales à la fonction publique qui seraient
- 28:49peut -être plus élevées que l 'inflation prévue
- 28:51dans ce qu 'on a actuellement. Dans une prochaine
- 28:53négociation. Dans une prochaine négociation,
- 28:54parce qu 'il va y en avoir sûrement une. Bien,
- 28:56il est encore une fois prévu dans le prochain
- 28:594 ans. Si il donne 3 ,5 % d 'augmentation de
- 29:02salaire, puis il avait budgété 2 %, bien, il
- 29:03y a 1 ,5 % à aller trouver ailleurs. C 'est ça.
- 29:06à ce niveau -là. Ça, c 'est au niveau de la situation,
- 29:08disons, dette et dépense. Si on parle au niveau
- 29:12infrastructure, je pense que de plus en plus,
- 29:15on en parle, les écoles qui sont vêtues, les
- 29:17hôpitaux qui ont besoin d 'être rénovés, les
- 29:20routes qui n 'ont peut -être pas toujours été
- 29:23bien entretenues. C 'est quoi l 'état de nos
- 29:24infrastructures au Québec actuellement? Encore
- 29:27une fois, on a un meilleur portrait aujourd 'hui
- 29:29qu 'on ne l 'avait, qu 'on a pu l 'avoir par
- 29:32le passé. Depuis... En 2007, on présente chaque
- 29:37année un plan québécois des infrastructures.
- 29:39Là, je n 'ai pas l 'année exacte, mais je pense
- 29:40que c 'est depuis 2012, 13, 14. On présente maintenant
- 29:43un plan de 10 ans sur les infrastructures. Donc,
- 29:45à chaque année, on dit pour les 10 prochaines
- 29:47années, voici c 'est quoi notre budget infrastructure.
- 29:50C 'est 167 milliards qui a été présenté en mars
- 29:53pour les 10 prochaines années. Mais là, qu 'est
- 29:55-ce qu 'on fait avec ce gros budget -là d 'infrastructures?
- 29:58Est -ce qu 'on en construit des nouvelles ou
- 30:00on entretient celles qu 'on a? Un nouveau pont.
- 30:03Oui. Et là, on a souvent tendance à vouloir faire
- 30:08des nouvelles infrastructures qu 'à entretenir
- 30:10celles qu 'on a. Et là, c 'est peut -être un
- 30:11petit peu en train de changer. Donc, de ramener
- 30:14plus sur l 'entretien que sur la construction
- 30:17de nouvelles infrastructures. Je ne dis pas que
- 30:19c 'est elle qui a tout changé ça, mais la mairesse
- 30:23de Longueuil... Dans la dernière campagne électorale
- 30:26de Longueuil, elle a dit, moi, j 'en ferai pas
- 30:28de nouvelles infrastructures, je vais d 'abord
- 30:30entretenir ceux qu 'on a. Bon. Puis là, peut
- 30:32-être que dans la campagne électorale, on aura
- 30:34ça aussi. Puis ça serait pas complètement illogique
- 30:37dans la mesure où la population québécoise, là,
- 30:40les nouvelles données démographiques, ils disent,
- 30:42on va être 9 millions. Puis ça, on va rester
- 30:459 millions dans 5 ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans,
- 30:4730 ans. À partir du moment où il n 'y a pas de
- 30:49croissance démographique, il y a peut -être moins
- 30:51de besoin de croissance de nouvelles infrastructures.
- 30:54Et donc, on pourrait déplacer une partie du budget
- 30:57vers l 'entretien. Parce qu 'actuellement, même
- 31:01si on a un plan québécois des infrastructures,
- 31:03on a un déficit d 'entretien des infrastructures.
- 31:06Ça veut dire que là, on... Puis, encore une fois...
- 31:09Le déficit est énorme. C 'est 45 milliards qu
- 31:12'on estime de déficit d 'entretien des infrastructures.
- 31:15Avant, c 'était plus petit, mais avant, on n
- 31:17'avait pas tout. On mesurait mal le déficit d
- 31:20'entretien. C 'est sûr que plus on le mesure
- 31:22bien, plus le chiffre va être élevé. Ça veut
- 31:25dire que l 'État est d 'une infrastructure XYZ.
- 31:28Mettons qu 'on classe A, B, C, D, E. Ça veut
- 31:31dire qu 'il est dans un État insuffisant. Il
- 31:32faudrait mettre 45 milliards. sur l 'ensemble
- 31:35des infrastructures pour qu 'elles deviennent
- 31:37satisfaisantes. Pas que ce soit à Cadillac, pour
- 31:40qu 'elles deviennent satisfaisantes. Et donc,
- 31:41c 'est ça, une partie du défi. Puis ce qu 'on
- 31:44observe depuis la pandémie, c 'est les coûts.
- 31:49Il y a eu de l 'inflation. Les gens subissent
- 31:52de l 'inflation dans leur panier d 'épicerie,
- 31:54mais le gouvernement subit de l 'inflation dans
- 31:57l 'entretien et la construction de nouvelles
- 32:00infrastructures. Donc, ce qui coûtait un milliard...
- 32:02Il y a trois ans, elle va coûter plus qu 'un
- 32:04milliard maintenant. Donc, on rajoute de l 'argent,
- 32:06mais on n 'en fait pas nécessairement toujours
- 32:08plus à cause de l 'inflation construction qui
- 32:11a été plus élevée que l 'inflation générale.
- 32:14Oui, c 'est parce que quand on évalue qu 'on
- 32:16a 45 milliards de déficit en infrastructure,
- 32:18on se base sur des coûts de construction X. Oui.
- 32:22Mais on ne sait pas combien ça va réellement
- 32:24coûter de construire ces affaires -là. Puis j
- 32:26'imagine aussi qu 'il y a toujours le risque,
- 32:28disons... personne ne ferait ça, mais tu ferais
- 32:30un chèque de 45 milliards aujourd 'hui, tu as
- 32:33un nombre limité de sous -traitants qui peuvent
- 32:35faire cette job -là. Il y a un enjeu en ce moment,
- 32:38effectivement. C 'est bon de le souligner parce
- 32:39qu 'il y a comme une concurrence. Il y a une
- 32:42quantité d 'heures disponibles en construction.
- 32:44Si les villes veulent entretenir leur infrastructure,
- 32:48en même temps que le gouvernement du Québec,
- 32:50en même temps qu 'Hydro -Québec dit « Je veux
- 32:51déployer... » un gros budget d 'infrastructure
- 32:56pour Hydro -Québec. À un moment donné, tout le
- 32:58monde se concurrence là -dedans, puis ça crée
- 33:00juste une pression à la hausse sur les prix sans
- 33:02qu 'ils s 'en fassent nécessairement plus. Je
- 33:04ne veux pas nommer personne, mais je pense qu
- 33:05'un parti qui avait suggéré qu 'avec la crise
- 33:07économique qui pourrait possiblement arriver
- 33:09avec les États -Unis, qu 'on devrait faire des
- 33:11grands travaux où l 'État embaucherait... Bien,
- 33:14c 'est sûr que si l 'État se met à embaucher
- 33:16des gens, ça crée une pression sur les salaires
- 33:18parce qu 'il y a plus de gens qui veulent aller
- 33:19travailler là. Il y a un équilibre à y avoir,
- 33:22mais il y a aussi une meilleure coordination
- 33:24entre tout le monde qui veut faire des travaux
- 33:26d 'infrastructure en même temps. Donc, il y a
- 33:28une meilleure coordination qui devrait être envisagée.
- 33:30C 'est sûr que c 'est mieux échelonné. Il y a
- 33:32moins de pression sur les entrepreneurs. Donc,
- 33:34ils ont moins de marge de manœuvre pour le prix.
- 33:37Donc, tout coûte moins cher. Mais si tout le
- 33:39monde veut faire ses travaux en même temps pendant
- 33:41un mois l 'été, tout le monde paye cher pour
- 33:44ça. C 'est quoi l 'état de nos infrastructures
- 33:48par rapport au dernier mandat? Est -ce que c
- 33:50'est stable le déficit de maintien ou est -ce
- 33:54que ça l 'a augmenté ou ça l 'a réduit? Comment
- 33:56ça l 'a progressé? Ça a eu tendance à augmenter,
- 33:58même si on a mis beaucoup d 'argent, mais dans
- 34:00un contexte, comme je disais, où aussi c 'est
- 34:03qu 'on fait un meilleur diagnostic. Fait que
- 34:05là, il faut démêler quelles sont les causes de
- 34:07l 'augmentation du déficit de maintien. C 'est
- 34:09-tu qu 'avant, on ne diagnostiquait pas ce qui
- 34:11n 'était pas bon? Puis maintenant, comme on est
- 34:13meilleur dans le diagnostic, c 'est un peu comme
- 34:15même pour les maladies. Si on diagnostique mieux,
- 34:18il va y avoir plus de maladies. C 'est un peu
- 34:20ça. Il ne faut pas faire le mauvais constat.
- 34:24Tout le monde mourait du coeur avant. C 'est
- 34:25ça. C 'est un peu ça qu 'il faut faire. Mais
- 34:31je pense qu 'on s 'est donné des meilleurs outils
- 34:33aujourd 'hui qu 'on avait il y a à peine 20 ans.
- 34:35Donc, il faut continuer avec ces outils -là.
- 34:37Il faut juste mieux coordonner tout ça. Oui,
- 34:41puis j 'imagine que... qui dit croissance économique,
- 34:44pas croissance économique, mais croissance démographique,
- 34:47comme on a eu dans les dernières années, plus
- 34:49de gens, plus d 'hôpitaux, plus d 'écoles, plus
- 34:52de tout. C 'est pour ça que je dis, à partir
- 34:54du moment où, pendant 20 -30 ans, il n 'y a plus
- 34:56de croissance démographique au Québec, il va
- 34:57falloir qu 'on repense un peu nos façons de faire
- 35:00dans le développement des infrastructures, puis
- 35:02peut -être qu 'on dise que c 'est une occasion
- 35:04de mieux garder le budget, mais de tout miser,
- 35:07ou de miser une plus grande proportion sur l
- 35:10'entretien. Ça, c 'est un bon point. Si un parti,
- 35:12par exemple, décide qu 'on a besoin de plus d
- 35:14'immigration parce qu 'on veut plus de croissance
- 35:16économique, bien là, ça veut dire qu 'il faudra
- 35:18en même temps prévoir plus d 'argent pour les
- 35:19infrastructures. C 'est ça. À un moment donné,
- 35:22s 'il y a plus de monde, ça prend plus d 'école,
- 35:23notamment. C 'est l 'exemple le plus... Puis
- 35:27ça, c 'est au niveau provincial, au niveau municipal,
- 35:30l 'état des infrastructures, ça ressemble à quoi?
- 35:32Bien, encore une fois, c 'est peut -être encore
- 35:35moins bien évalué, mais juste sur les déficits...
- 35:39d 'infrastructures qu 'on appelle souterraines.
- 35:43L 'eau canadienne. On en est aussi à une affaire
- 35:47comme 40... On est qu 'à 50 milliards. Donc,
- 35:50là, les villes, il y a comme un deal à faire
- 35:53avec le gouvernement du Québec. Comment on améliore
- 35:57ça aussi? Puis est -ce que... Faisons un petit
- 36:01crush par rapport à ça. Je sais que vous avez
- 36:03fait un rapport il y a quelques mois sur la fiscalité
- 36:06municipale. Qui paye les infrastructures municipales
- 36:11en ce moment? C 'est -tu le provincial? C 'est
- 36:12le fédéral? Comment c 'est réparti? Il y a un
- 36:14partage. Je ne peux pas rentrer dans le détail
- 36:16de ça sur les infrastructures, mais c 'est clair
- 36:19qu 'il y a un partage de ces coûts -là entre
- 36:23les ordres de gouvernement. Mais cela dit...
- 36:27Une fois qu 'on fait le constat d 'un déficit
- 36:30d 'entretien, il faut dire, OK, est -ce qu 'on
- 36:31se fait un plan de match pour mieux entretenir
- 36:35nos infrastructures? Je pense que c 'est ça qu
- 36:37'il faut garder à l 'esprit. Nous, le rapport,
- 36:40c 'est vrai qu 'il y avait un volet un peu diagnostique
- 36:42infrastructure, mais il y avait toutes sortes
- 36:44d 'éléments dont... comment on fait pour bien
- 36:47financer les municipalités. Et eux, ils voulaient
- 36:50un peu préparer, dans le fond, c 'était avec
- 36:52l 'UMQ, préparer un peu un rapport de force avec
- 36:54le gouvernement du Québec. Puis il y avait...
- 36:57C 'était à deux niveaux. D 'un côté, il y avait
- 37:01un comité plus politique avec Monique -Jérôme
- 37:04Forget et Nicolas Marceau. Puis il y avait un
- 37:06comité plus académique avec mon collègue Tommy
- 37:10Gagné -Dubé. Donc, mais nous... On vient de parler
- 37:15du contexte budgétaire difficile du Québec du
- 37:17début de l 'entrevue jusqu 'à maintenant. Les
- 37:21villes ne peuvent pas arriver et juste dire qu
- 37:22'on veut plus d 'argent du Québec. C 'est facile.
- 37:26C 'est quoi le diagnostic sur l 'impôt foncier?
- 37:31L 'impôt foncier, les villes se sont autoprivées
- 37:35d 'argent en n 'augmentant pas leur impôt foncier.
- 37:38à la même vitesse que la valeur foncière. Peut
- 37:42-être qu 'après ça, ils n 'ont pas besoin d 'augmenter
- 37:43à la même vitesse que la valeur foncière parce
- 37:45que la valeur foncière a tellement augmenté que
- 37:47les villes auraient eu trop d 'argent. Mais après
- 37:51ça, ils ne l 'ont pas augmenté à croissance économique.
- 37:53Il y a des villes, il y a quelques temps à peine,
- 37:58ils promettaient de geler le compte de taxes.
- 38:01Après ça, ils disaient de limiter l 'inflation.
- 38:02Mais ils sont eux aussi victimes des promesses
- 38:04qu 'ils ont faites. Et donc... Quand tu gouvernes
- 38:07par la suite, tu ne peux pas te plaindre de ne
- 38:09pas avoir suffisamment de ressources si toi -même,
- 38:11tu t 'es limité dans la croissance de ta principale
- 38:15source de revenus. L 'impôt foncier, c 'est un
- 38:16bon impôt quand même pour les villes. Ça ne veut
- 38:18pas dire qu 'ils n 'ont pas de raison légitime
- 38:20de s 'asseoir et de vouloir revoir, que ce soit
- 38:23le pacte fiscal ou autre chose avec le gouvernement
- 38:26du Québec, mais il faut qu 'on soit en mesure
- 38:29de comprendre, de dire, bien, est -ce que vous
- 38:31faites vous -même votre part? Et c 'est là qu
- 38:35'on arrive dans l 'idée, il y a peut -être nous,
- 38:38parce qu 'on avait fait un sondage auprès des
- 38:39municipalités, ils n 'avaient pas envisagé d
- 38:42'augmenter l 'impôt foncier pour mieux entretenir
- 38:45leur infrastructure, puis ils n 'en visaient
- 38:48pas nécessairement de le faire. Mais quand on
- 38:50leur posait la question... envisageriez -vous
- 38:53de le faire si l 'argent allait dans un fonds
- 38:56puis que le gouvernement du Québec mettait aussi
- 38:58de l 'argent dans le fonds? Là, soudainement,
- 39:00il y avait comme un consensus qui apparaissait.
- 39:01Les villes seraient plus portées à faire, mais
- 39:03ils ont besoin d 'un peu d 'appui du gouvernement
- 39:07pour le faire. Parce que c 'est sûr que si toi,
- 39:10tu décèdes comme ville, que tu n 'augmentes pas
- 39:13tes impôts fonciers... Bien, ça va réduire tes
- 39:16revenus. En tout cas, avec l 'inflation, tu vas
- 39:18perdre du revenu. Fait que là, tu fais juste
- 39:20pour entretenir tes aqueducts, tes égouts et
- 39:22tes infrastructures. Ça paraît pas à court terme.
- 39:23Ça, c 'est ça. C 'est tout le défi de ça. Éventuellement,
- 39:25tu vas cogner à la porte de Québec et tu dis,
- 39:27il manque de l 'argent. C 'est ça. Fait qu 'il
- 39:29faut trouver l 'équilibre. C 'est ça. Mais Québec
- 39:30aussi, il manque de l 'argent. Donc, Québec aussi
- 39:32doit... Ils vont faire ça à Ottawa. Il y a un
- 39:35test de lucidité à faire à tout... tous les ordres
- 39:39de gouvernement. J 'ai fait un épisode avec Olivier
- 39:41Jacques sur le déséquilibre fiscal. Je pense
- 39:44que c 'est la tangente. À chaque fois que le
- 39:46fédéral augmente les transferts, le provincial
- 39:49décide de baisser les impôts. Il y a toujours
- 39:52ce défi. Il y a un justificatif, des fois, qui
- 39:54peut se valoir. Mais c 'est ça. Tout le monde
- 39:59souhaiterait que l 'argent vienne d 'ailleurs.
- 40:01Et là, ce n 'est pas toujours possible. Et pour
- 40:05finir là -dessus, je ne sais pas si vous avez
- 40:07la réponse, mais est -ce que l 'impôt foncier,
- 40:09c 'est suffisant pour financer les municipalités?
- 40:11Disons qu 'ils augmentaient les impôts d 'une
- 40:13façon... Moi, je ne veux pas me négocier ou discuter
- 40:18pour la... Non, mais c 'est un outil qui... Moi,
- 40:21je trouve que c 'est un très bon outil, l 'impôt
- 40:22foncier. Il ne faut pas bouder son jouet. C 'est
- 40:25un bon outil. Mais c 'est sûr qu 'après, si vous
- 40:28avez une problématique d 'itinérance, comme de
- 40:31plus en plus qu 'on observe au Québec, bien là,
- 40:34c 'est là que c 'est -tu aux villes à faire ça,
- 40:37face seule à ce problème -là, avec leur impôt
- 40:40foncier, où on dit, bien là, c 'est un problème
- 40:42qui est... Pas nécessairement dans mon champ
- 40:45de compétences, techniquement. Ça devrait relever
- 40:47de Québec. Et là, c 'est là que Québec doit embarquer.
- 40:49C 'est prendre l 'impôt foncier pour régler des
- 40:52problèmes d 'itinérance. C 'est ça. C 'est là
- 40:54qu 'il y a un équilibre à faire. Mais techniquement,
- 40:57l 'impôt foncier est un bon impôt pour les municipalités.
- 40:59Je pense qu 'il y a des villes... Au Canada,
- 41:00je ne sais pas si ça existe, mais aux États -Unis,
- 41:02il y a des villes, je pense, qui chargent des
- 41:03impôts sur le revenu. Oui, mais... Oui. C 'est
- 41:09vrai, il y a des municipalités aux États -Unis
- 41:11qui ont de l 'impôt sur le revenu et qui ont
- 41:13des taxes de vente. Mais on est dans le système
- 41:17de politique fiscale qu 'on observe sur une tendance
- 41:20longue. Donc, on ne peut pas vouloir aller voir
- 41:22ce qu 'il y a ailleurs et dire « Hey, mais donc,
- 41:23puisqu 'il y a ça aux États -Unis, on pourrait
- 41:24avoir un impôt sur le revenu par les municipalités
- 41:27au Québec. » Parce qu 'en ce moment, le champ
- 41:29de l 'impôt sur le revenu, il est fortement occupé
- 41:31par le gouvernement fédéral et par le gouvernement
- 41:34des provinces. Et donc, on est... Au Québec,
- 41:38on prend la somme de l 'impôt sur le revenu fédéral
- 41:40Québec mise ensemble, divisée par le poids de
- 41:43notre économie. On est le troisième endroit dans
- 41:46le monde pour le poids de l 'impôt sur le revenu
- 41:48le plus élevé en importance de notre économie.
- 41:51Donc là, il y a moins de place pour arriver.
- 41:52On va rentrer un autre joueur là -dedans par
- 41:54-dessus, c 'est ça. Mais techniquement, si on
- 41:57s 'en va à New York, tu paies des impôts de la
- 41:59ville de New York, tu paies des impôts de l 'État
- 42:01de New York, puis tu paies des impôts aux États...
- 42:04au gouvernement fédéral américain. Donc, c 'est
- 42:06vrai que là, tu as trois formes d 'imposition.
- 42:09Si le Québec est troisième, c 'est qui les deux
- 42:11premiers? C 'est manifestement le Danemark. Puis
- 42:15après ça, il y a... Je n 'ai pas le troisième,
- 42:19mais souvent aussi même, il y a l 'Islande. C
- 42:22'est peut -être l 'Islande qui est deuxième.
- 42:24Fait que là, tu dis moi, mais l 'Islande aussi,
- 42:26ils sont enclavés, c 'est une île... Mais c 'est
- 42:29ça. Mais le Danemark fait vraiment marche à part
- 42:31étant premier, puis il n 'y a aucune chance qu
- 42:32'on le rejoigne. Impôts par rapport au PIB. Impôts
- 42:36sur le revenu par rapport au PIB. C 'est vraiment
- 42:39fortement utilisé. C 'est fortement utilisé dans
- 42:42les... Quand on regarde les pays au -dessus de
- 42:43la moyenne, les pays anglo -saxons ont tendance
- 42:47à beaucoup utiliser l 'impôt sur le revenu. Et
- 42:49ça, ça veut dire que même si les États -Unis
- 42:51ont des impôts, le poids de tous les impôts...
- 42:55dans l 'économie assez faible, parmi les plus
- 42:58faibles de l 'OCDE, les économies avancées de
- 42:59l 'OCDE. Mais en impôt sur le revenu, ils sont
- 43:02au -dessus de la moyenne, malgré tout. Est -ce
- 43:05que tu as des taxes, tu as un paquet d 'autres
- 43:06façons de réduire les revenus? C 'est ça. Aux
- 43:09États -Unis, notamment, les taxes de vente sont
- 43:10très, très basses par rapport aux pays européens.
- 43:13Mais nous, à l 'impôt sur le revenu, on est un
- 43:17grand utilisateur et on est un faible utilisateur
- 43:21sous la moyenne de taxes à la consommation. quoi
- 43:25qu 'on dise. Et on est cotisation sociale. C
- 43:30'est les deux grandes assiettes. qu 'on sous
- 43:34-utilise au Québec. Si on compare le fardeau
- 43:37fiscal au Québec par rapport au reste du Canada,
- 43:39je mène, c 'est encore le Québec qui est le plus
- 43:41imposé? Encore une fois, si on prend le poids
- 43:44de tous les impôts prélevés par toutes les administrations
- 43:46publiques au Québec, divisé par la taille de
- 43:48notre économie, on est premier là -dessus. Puis
- 43:51après ça, bien là, c 'est ça. Ça dépend si on
- 43:53regarde, mettons qu 'on disait, regardons le
- 43:55fardeau fiscal pour les ménages québécois. Et
- 44:01là, on va prendre impôts sous le revenu, on va
- 44:03prendre taxes à la consommation, on va prendre
- 44:05cotisations sociales, mais on va prendre aussi,
- 44:07mettons, les allocations aux familles qui sont
- 44:09versées ou certains crédits d 'impôts. Et là,
- 44:13on a un portrait qui se contraste parce que là,
- 44:15les provinces... Ça veut dire que... Si on allait
- 44:18à Revenu Québec, puis on changeait le logiciel,
- 44:21puis on dit au lieu de percevoir les impôts québécois
- 44:23auprès des Québécois, percevez donc les impôts
- 44:26des provinces maritimes, on aurait un fardeau
- 44:29plus lourd si on avait le système fiscal, impôts
- 44:32sous le revenu, taxes à consommation, cotisations
- 44:34sociales et prestations des provinces maritimes.
- 44:37Mais évidemment, plus on s 'en va vers l 'ouest
- 44:39canadien, plus on aurait un fardeau plus élevé
- 44:42en appliquant leur... un fardeau plus faible
- 44:45si on appliquait leur système. plutôt que le
- 44:47nôtre. Mais globalement, qu 'est -ce qui justifie
- 44:51que le Québec a un fardeau plus élevé? Est -ce
- 44:54que c 'est parce qu 'on a plus de services? Parce
- 44:56qu 'on veut plus, on se paye plus de services,
- 44:59on s 'offre plus de services, donc ça nécessite
- 45:02un interventionnisme de l 'État plus grand en
- 45:03matière d 'impôts. Mais il semble qu 'élection
- 45:06après élection, il y a toujours quelqu 'un qui
- 45:08promet des baisses d 'impôts à quelque part.
- 45:10C 'est vrai, puis il y en a. Est -ce que c 'est
- 45:12une tendance pancanadienne, puis c 'est pour
- 45:14ça qu 'on est encore dans les plus imposés à
- 45:16ce niveau -là, ou c 'est juste parce que c 'est
- 45:19pas significatif comme baisse d 'impôt? Bien,
- 45:21il y a beaucoup de baisse... On vote pour le
- 45:24gouvernement fédéral, on vote pour le gouvernement
- 45:26du Québec, au Québec. Et donc, depuis, mettons,
- 45:29disons, depuis 1999, arrondissons ça à 25 ans,
- 45:33il y a eu vraiment une mode de baisser, des promesses
- 45:36de baisser l 'impôt sur le revenu. Les baisses
- 45:39de l 'impôt sur le revenu, c 'est une grande
- 45:41famille. Des fois, on dit baisser le barème d
- 45:43'imposition, mais des fois, ça peut être aussi
- 45:45bonifier des allocations familles. C 'est une
- 45:48définition un peu large, baisser l 'impôt sur
- 45:50le revenu. Il faut garder ça à l 'esprit. Il
- 45:53y en a eu beaucoup. Cela dit... on reste quand
- 45:58même le troisième plus grand utilisateur de l
- 46:00'impôt sur le revenu. C 'est ça qu 'il faut constater.
- 46:03Mais des baisses d 'impôt à l 'intérieur juste
- 46:06du barème, le barème fédéral, le premier taux
- 46:10du barème en 1999, le taux était de 17 %. Le
- 46:14taux le plus bas était de 17. Il est rendu de
- 46:1614. Puis à Québec, le taux le plus bas était
- 46:1920, il est rendu à 14. Il y en a eu des manifestements,
- 46:22le taux le plus bas du barème a été fortement
- 46:24revu à la baisse. Et le taux le plus élevé du
- 46:27barème, à Ottawa, il était 29, il est rendu à
- 46:3233. Puis à Québec, grosso modo, il n 'a pas changé.
- 46:36C 'est comme des dixièmes de poussière de changement.
- 46:40Et donc, aujourd 'hui, on a un taux plus élevé
- 46:44au sommet du barème d 'imposition. qu 'en 1999,
- 46:47mais on a des taux beaucoup plus faibles dans
- 46:50les premières tranches du barème d 'imposition.
- 46:52Donc, on a un barème qui est plus progressif
- 46:55en 2026 qu 'il ne l 'était en 1999. Oui, puis
- 46:58j 'imagine que si on coupe les premières tranches
- 47:01du barème... Mais ça profite à tout le monde.
- 47:04Tout le monde en profite, mais c 'est pas beaucoup
- 47:07d 'argent. Ah, ça coûte extrêmement cher. Ah
- 47:10oui? Ah oui, oui. Touché au premier taux du barème,
- 47:12au Québec, tu vas toucher à 6 ,5 millions de...
- 47:16qui paient des impôts. Et donc, chaque baisse...
- 47:20aussi minimes soient -elles, coûtent rapidement
- 47:21très, très cher. Oui, parce que le millionnaire
- 47:23paye de l 'impôt dans cette braquette -là. Le
- 47:25premier taux s 'applique à tout le monde. Après
- 47:28ça, quand tu es plus riche, tu as quand même
- 47:30droit à ce premier 55 000 $ au taux plus bas
- 47:33avant d 'être arrivé au deuxième taux, troisième
- 47:35taux. C 'est des taux à la marge. Mais ça veut
- 47:37dire que tout le monde... Et donc, rapidement,
- 47:39c 'est significatif sur le budget de l 'État.
- 47:42Je ne sais pas si vous êtes à l 'aise de répondre
- 47:44à ça ou si vous avez une question. Souvent, on...
- 47:46on entend l 'idée de taxer les riches comme la
- 47:48solution. Il y a -tu des riches à taxer pour
- 47:52payer tous nos services? Bien, oui, il y a des
- 47:56riches. La question, oui, il y a des riches,
- 47:58mais ils sont en quantité faible. Et donc, on
- 48:02ne peut pas baser la construction de nos services
- 48:04publics au Québec simplement en disant on va
- 48:06taxer les riches. Moi, je pense... même pour
- 48:10un parti politique de gauche qui veut offrir
- 48:14plus de services à la population québécoise devrait
- 48:16dire « Bien, je vais augmenter la TVQ. Tout le
- 48:20monde va y contribuer, mais c 'est le prix à
- 48:22payer pour avoir plus de services publics. Puis
- 48:24si vous regardez les pays scandinaves, bien,
- 48:27ils ont des taux de taxes de vente de 25 % parce
- 48:30qu 'ils veulent se payer plus de services publics.
- 48:32Mais essayez de faire... qu 'on va juste faire
- 48:35payer les autres pour se payer un panier de services
- 48:38publics, c 'est un peu illusoire. Rapidement,
- 48:41ça va prendre des impôts très, très lourds pour
- 48:43aller chercher un tout petit peu d 'argent parce
- 48:45qu 'il n 'y en a pas tant que ça. C 'est ça.
- 48:49Puis moi, je me souviens, j 'avais lu, quand
- 48:50j 'étais au cégep, je pense, l 'éloge de la richesse.
- 48:53L 'Indubuque, à l 'époque, avait suggéré ça,
- 48:54d 'augmenter les... Parce que les taxes de vente,
- 48:56intuitivement, le monde disait, je vais payer
- 48:59ça, mais... plus que tu fais d 'argent normalement,
- 49:01plus que tu dépenses, plus tu dépenses, plus
- 49:03tu payes la taxe de vente. Oui, et nous, là,
- 49:06je suis un... Piaiser ne sera pas le bon terme,
- 49:09mais j 'ai pris l 'idée de la commission d 'examen
- 49:11sur la fiscalité québécoise, puis on proposait
- 49:13de réduire l 'impôt sur le revenu et d 'augmenter
- 49:15la TVQ, donc quand même, je le dévoile. Mais
- 49:19on a un autre beau mécanisme au Québec -Canada,
- 49:23c 'est quand on augmente la TVQ ou la TPS...
- 49:28On a un crédit qu 'on appelait avant crédit de
- 49:30TVQ qui s 'appelle maintenant crédit pour la
- 49:31solidarité. À Ottawa, il y avait le crédit pour
- 49:34la TPS qui s 'appelle maintenant le crédit pour
- 49:36l 'épicerie et les besoins essentiels. Mais cela
- 49:39dit, si on augmente les taxes de vente, ces crédits
- 49:42-là peuvent être bonifiés. Et allez voir ailleurs
- 49:44dans le monde, des crédits qui compensent en
- 49:47argent à tous les trois mois les gens parce qu
- 49:50'ils ont des taxes de vente, ça n 'existe pas.
- 49:52On est le seul endroit en disant qu 'on va compenser
- 49:56les pauvres quand on augmente les taxes de vente.
- 50:00C 'est vrai qu 'une taxe de vente, ce n 'est
- 50:03pas... le modèle de progressivité. Mais on le
- 50:06compense par ces mécanismes -là. Et donc, on
- 50:10ne devrait pas s 'en priver. Puis en ce moment,
- 50:13il y a une tendance à vouloir détaxer. On fait
- 50:14l 'inverse. On dit on va détaxer. C 'est pas
- 50:16progressiste. Mais on a l 'illusion qu 'on va
- 50:20aider les moins nantis en détaxant. Mais souvent,
- 50:23la quantité consommée par le plus riche est beaucoup
- 50:25plus grande que par le plus pauvre. Donc, l 'exemple
- 50:28de détaxer l 'essence en ce moment, on a un congé
- 50:30de taxes sur les carburants. C 'est le gros VUS
- 50:33qui va sauver plus que la petite... La quantité
- 50:35consommée par le quintal le plus riche est plus
- 50:38élevée que la quantité consommée par le quintal
- 50:40le plus pauvre. Et donc, indirectement, on se
- 50:43prive de recettes davantage vers les mieux nantis.
- 50:46Oui, et c 'est ça qui est particulier, parce
- 50:47que si tu détaxes l 'épicerie, par exemple, la
- 50:50personne qui mange du Kraft Dinner va sauver
- 50:52des cennes, mais la personne qui mange du filet
- 50:54mignon va sauver des... C 'est le cas actuellement.
- 50:57Les produits alimentaires sont détaxés. Et quand
- 50:59on regarde le coût de ça, bien... 40 % du coût
- 51:03de la détaxation des produits alimentaires. Là,
- 51:06j 'arrondis. Il ne faudrait pas me revenir et
- 51:08dire que c 'est à 42. J 'arrondis. Mais 40 %
- 51:11de la détaxation des produits alimentaires va
- 51:14à 20 % des plus riches. Donc, à la limite, on
- 51:18devrait taxer les produits alimentaires à la
- 51:20TPS -TVQ. Je sais que je ne me ferais pas de
- 51:21merde en disant ça. Puis on devrait bonifier
- 51:24fortement le crédit de solidarité pour que les
- 51:27moins nantis n 'aient pas d 'impact négatif de
- 51:29ça. Mais... Ça serait une meilleure façon. Ça
- 51:32encourage l 'épargne aussi. Il y a sûrement,
- 51:33peut -être pas votre domaine, mais il peut sûrement
- 51:36avoir des impacts sur la consommation. Ça augmente
- 51:38les taxes de vente. Ça encourage, j 'imagine,
- 51:41plus l 'épargne. Ça peut peut -être réduire un
- 51:43peu la consommation. Effectivement, ça encourage
- 51:46plus l 'épargne. Puis l 'impôt sur le revenu
- 51:49a un caractère plus dommageable sur la croissance
- 51:52économique. que les taxes à la consommation.
- 51:54Donc, encore une fois, si tu revois le dosage
- 51:57en impôts sur le revenu, taxes à la consommation...
- 52:00C 'est peut -être pas ton heure de temps supplémentaire
- 52:02si tu payes 50 % en impôts dessus, mais si tu
- 52:03en gardes 60, 65... C 'est un peu l 'idée derrière
- 52:06la dite réforme. C 'était pas de faire une révolution,
- 52:09mais c 'était un peu ça. Et finalement, ça...
- 52:12Ça ne s 'est pas concrétisé par la suite des
- 52:15choses. Ça serait le fun que ça soit un sujet
- 52:16qui soit abordé. Comment est -ce qu 'on pourrait
- 52:18revoir l 'assiette fiscale pour peut -être être
- 52:20plus efficace? Mais c 'est très polarisant. Et
- 52:22donc, ça nous amène rapidement au statu quo.
- 52:26Et si on parle, en terminant, au niveau de la
- 52:30fiscalité, de l 'impôt des entreprises, on se
- 52:32situe au Québec pour l 'impôt sur les entreprises
- 52:36par rapport aux autres juridictions? Quand on
- 52:39regarde le poids... des impôts payés par les
- 52:42entreprises dans l 'économie, encore une fois,
- 52:44on est assez haut classé en termes d 'importance.
- 52:47Là, on est peut -être quatrième, cinquième dans
- 52:49les économies avancées. Quand on regarde les
- 52:51taux, cependant, on a, grosso modo, pour les
- 52:55grandes entreprises ou pour les PME, on a exactement
- 52:58le même taux que les Ontariens. Donc, là -dessus...
- 53:02Il n 'y a pas d 'enjeu de compétitivité sur les
- 53:04taux, parce qu 'on a les mêmes taux que les Ontariens.
- 53:06Et on a beaucoup de crédits d 'impôt remboursables
- 53:09pour aider les entreprises. Donc, là -dessus,
- 53:12je pense que ça va. Mais, après ça, la question,
- 53:16c 'est qu 'est -ce qu 'on devrait faire? Les
- 53:20partis politiques, quand ils sont en campagne
- 53:24électorale, ils rencontrent beaucoup plus...
- 53:26de PME, de dirigeants de PME. On le voit avec
- 53:29les premières promesses qui ont été faites. Et
- 53:33on se trouve toujours à promettre de baisser
- 53:35le taux des PME. Mais l 'OCDE rappelle souvent
- 53:39le Canada à l 'ordre en disant, vous avez un
- 53:42système de taux faible pour les PME unique au
- 53:45monde. C 'est pas nécessairement le meilleur
- 53:48modèle. Puis ça nuit un peu à la croissance des
- 53:51entreprises. Et ça, les gouvernements ne veulent
- 53:53pas l 'entendre. Oui, parce que le premier 500
- 53:55000 est... beaucoup moins imposés. Bien là, il
- 53:58y a la règle du 5500 heures. Moi, je m 'admets
- 53:59à ma business, ça fait que c 'est différent pour
- 54:01les très petits entrepreneurs qui n 'ont pas
- 54:035500 heures de salariés. Mais c 'est ça, les
- 54:07premiers 500 000, je pense, sont imposés. Et
- 54:08quand on regarde la distribution des entreprises
- 54:11selon leurs bénéfices... Juste autour de 500
- 54:14000, il y a beaucoup d 'entreprises qui se stalent
- 54:17juste avant. Et donc, ça veut dire que ça...
- 54:19Puis quand le 500 000 était 200 000, le seuil
- 54:23où il y avait beaucoup d 'entreprises, c 'était
- 54:25juste avant 200 000. Donc... Les entreprises
- 54:26limitent leurs profits. Ça veut dire qu 'il y
- 54:28a quelque chose qui se fait, puis ça ne devrait
- 54:30pas être ça. Fait qu 'il faudrait revoir cet
- 54:32élément -là aussi. Mais c 'était... Puis Québec
- 54:36n 'a pas toujours eu un taux préférentiel pour
- 54:38les PME, mais à partir du moment où tu le fais...
- 54:41puis tu le fais, on dirait que tu t 'embarques
- 54:42dans un engrenage qu 'il va toujours être de
- 54:44plus en plus faible. Oui, puis on a tendance
- 54:47à oublier des fois, je pense, puis là, c 'est
- 54:49peut -être technique pour les entrepreneurs,
- 54:50mais c 'est que si tu payes plus d 'impôts dans
- 54:53ta compagnie, tu vas en payer moins après dans
- 54:55ton dividende. Le taux d 'imposition, ce qui
- 54:58est important pour toi comme entrepreneur, c
- 54:59'est l 'argent que tu vas avoir dans tes poches
- 55:01à la fin. Après tout le processus avec l 'intégration,
- 55:04et effectivement, ça veut dire que le taux d
- 55:08'impôt des PME pourrait être... plus élevé pour
- 55:11être celui des grandes entreprises. L 'important,
- 55:13c 'est que quand tu vas distribuer ces dividendes
- 55:15-là, tu as le même taux que si tu l 'avais gagné
- 55:17personnellement. Si tu te le verses comme salaire,
- 55:19c 'est déductible. Tu ne payes pas d 'impôt là
- 55:21-dessus. Si jamais tu te le verses comme dividende,
- 55:23tu as déjà payé un taux plus tôt. Ça prend une
- 55:25certaine neutralité. C 'est ce qu 'on essaye
- 55:27de faire, mais le système est en ce qu 'il est.
- 55:30Même au niveau des entreprises manufacturières,
- 55:32je pense qu 'il y a des très bas taux pour certains
- 55:34secteurs. On s 'amorce avec des très bas taux.
- 55:37Au niveau des taux, peut -être pas l 'affaire
- 55:41la plus optimale. Baisser les impôts des PME,
- 55:43c 'est peut -être pas la chose la plus efficace
- 55:44non plus. Mais la situation globale au Québec
- 55:47pour l 'impôt des entreprises est quand même
- 55:48acceptable. En terminant, je sais que vous avez
- 55:52fait un rapport et que vous avez demandé aux
- 55:53gens ce que vous pensez qu 'on devrait faire.
- 55:55Est -ce que vous pouvez me parler un peu de cette
- 55:56initiative -là et de vos conclusions par rapport
- 55:59à ça? Nous, c 'est ça. On voulait publier un
- 56:02maximum d 'éléments importants avant les élections.
- 56:08La loi sur l 'équilibre budgétaire a été votée
- 56:11en 1996, donc il y a 30 ans. On voulait voir
- 56:15un peu où en étaient les Québécois autour de
- 56:17la notion d 'équilibre budgétaire. Est -ce qu
- 56:19'ils étaient prêts à renouveler leurs voeux autour
- 56:21de l 'équilibre budgétaire? Et donc, on a posé
- 56:24cinq questions en lien avec l 'équilibre budgétaire
- 56:26aux Québécois. Un, comment ils trouvaient la
- 56:28situation budgétaire actuelle? Et ça, c 'est
- 56:32le fun parce qu 'on... On a été accompagnés là
- 56:35-dedans avec Léger Opinion, Léo. Et la première
- 56:40question, c 'était comment vous considérez la
- 56:42situation budgétaire actuelle du Québec. Et là,
- 56:44au lieu de leur faire voter sur une échelle de
- 56:461 à X, on a mis une boîte blanche. On a dit,
- 56:50écrivez comment vous percevez la situation québécoise.
- 56:52Nous, on gérera par la suite ce que vous avez
- 56:54écrit dans la boîte. Et par la suite, on a pu
- 56:56classer ça. Et il y a un Québécois sur quatre.
- 57:00Il ne sait pas ce qui se passe autour de la situation
- 57:03budgétaire du Québec. Les réponses nous amenaient
- 57:05à je ne sais pas. Il y a un quart qui avait une
- 57:08opinion neutre. Il disait déficitaire, mais il
- 57:10ne disait pas c 'est épouvantable. Ou il ne disait
- 57:12pas petit déficit. Donc, c 'était neutre. Et
- 57:15après ça, il reste 50 % des répondants. Et là
- 57:18-dedans, il y en avait 5 % qui avaient une position
- 57:20positive. Et 45 % qui avaient une perception
- 57:23négative. Donc, ça découle peut -être, quand
- 57:26on écoute aux nouvelles, de l 'ampleur des déficits
- 57:28depuis la pandémie. Donc, c 'est cette perception.
- 57:30C 'est des gros chiffres pour M. et Mme Tout
- 57:31-le -Monde, 3 milliards. C 'est ça. Ça, c 'est
- 57:35le premier élément. Après ça, on leur demandait,
- 57:37est -ce que vous adhérez à la notion d 'équilibre
- 57:40budgétaire? Les Québécois, à 86 %, sur une échelle
- 57:44de 1 à 8, 1 à 4, c 'était... c 'est pas important,
- 57:47puis... 5 à 8, c 'est important, mettons, avec
- 57:50une gradation. La réponse moyenne était 6 sur
- 57:538. Il disait que c 'était important, la notion
- 57:56d 'équilibre budgétaire. Après ça, on a une question,
- 57:59je vais passer par -dessus, mais c 'était autour
- 58:01de... Est -ce qu 'on devrait limiter le recours
- 58:03au déficit à des récessions? Il y avait un niveau
- 58:06d 'adhésion assez fort, mais un peu plus faible.
- 58:08Mais après ça, on disait, dans la prochaine campagne
- 58:10électorale, donc dans la campagne actuelle...
- 58:14Même si ça amène des choix difficiles, est -ce
- 58:16que ça devrait être une priorité? Et là, 8 Québécois
- 58:19sur 10 ont dit que ça devrait être une priorité
- 58:21lors des élections, la notion d 'équilibre budgétaire.
- 58:25Et là, on avait même des réponses autour de l
- 58:27'analyse partisane. Pour qui avez -vous l 'intention
- 58:30de voter? Le sondage a été fait en juin dernier.
- 58:33Puis là, on posait la question. C 'est sûr que
- 58:35la priorité d 'équilibre budgétaire lors de l
- 58:39'élection... le taux d 'adhésion était plus fort
- 58:43pour un parti plus de droite, comme les conservateurs,
- 58:45que pour Québec solidaire. Mais à l 'intérieur
- 58:48de Québec solidaire, il y avait quand même six
- 58:50personnes, il était six fois plus nombreux à
- 58:53dire que c 'était important qu 'à dire que ce
- 58:54n 'était pas important, la notion d 'équilibre
- 58:56budgétaire dans le cadre de priorité électorale
- 58:592026. Même chez les électeurs plus de gauche,
- 59:01c 'est quelque chose qui est important. Oui,
- 59:02c 'est ça. Et là, après, ça nous amenait à une
- 59:04dernière question qui était, OK, quelle est la
- 59:07solution maintenant? pour retrouver l 'équilibre
- 59:10budgétaire. Et là, on forçait les gens à répondre.
- 59:12On disait, si vous êtes obligés de répondre et
- 59:15on vous laisse seulement deux options, est -ce
- 59:17que vous voudriez qu 'on réduise les services
- 59:24publics pour ne pas devoir augmenter les impôts
- 59:26ou vous préférez qu 'on augmente les impôts pour
- 59:29ne pas avoir à réduire les services publics?
- 59:31Et là, le Québécois dans son ensemble, le 2 tiers,
- 59:3665 %, ça va dire... « Touchez pas mes impôts.
- 59:39Vous pouvez réduire les services, mais touchez
- 59:40pas mes impôts. » 65 %. Et encore une fois, si
- 59:44on fait une lecture partisane sur un axe gauche
- 59:47-droite, les partis conservateurs sont les plus
- 59:50forts à dire « Ne touchez pas aux impôts, mais
- 59:52réduisez les services publics. » À 80 -quelques
- 59:55%. Mais par la suite, le Parti libéral du Québec...
- 59:59Parti québécois, CAQ, ils sont tous à 68, 64,
- 1:00:0363 %. Ils sont tous en même place. Il y a juste
- 1:00:05Québec solidaire où la réponse s 'inverse complètement.
- 1:00:08C 'est le deux tiers qui disent... augmenter
- 1:00:11les impôts pour pas toucher aux services publics.
- 1:00:13Fait qu 'on a vraiment un axe gauche -droite
- 1:00:15qui est respecté là -dedans puis qui amène un
- 1:00:18peu une cohérence un peu dans tout ça. Sauf qu
- 1:00:21'il y a quatre parties sur cinq qui disent la
- 1:00:24solution, s 'il manque d 'argent pour retrouver
- 1:00:27l 'équilibre budgétaire, ça doit pas passer par
- 1:00:29des hausses d 'impôts. Je suis pas en train de
- 1:00:31dire que c 'est... que c 'est ma position, que
- 1:00:33c 'est ça que je défends. Oui, c 'est la position
- 1:00:35des gens sondés. Oui, puis après ça, on n 'avait
- 1:00:37pas, comme à l 'Assemblée nationale, il y a toujours
- 1:00:39une seconde question. On ne leur a pas posé.
- 1:00:42quel service public vous voudriez que... Puis,
- 1:00:45est -ce que c 'est ceux des autres ou c 'est
- 1:00:47les vôtres, encore une fois? Et est -ce que vous
- 1:00:49pensez que c 'est parce qu 'il y a du gras? Tantôt,
- 1:00:50vous avez parlé de gras dans la machine. Fait
- 1:00:52que c 'est un peu ça. Fait qu 'on n 'a pas poussé
- 1:00:54les Québécois dans leur dernier retranchement
- 1:00:56une fois qu 'ils avaient annoncé leur vote, leur
- 1:00:59réponse, mais quand même, ça avait quand même
- 1:01:02un élément intéressant sur l 'attachement des
- 1:01:05Québécois à l 'équilibre budgétaire. Fait que
- 1:01:07si on résume globalement notre discussion, la
- 1:01:09situation au Québec n 'est pas... est correct,
- 1:01:12qu 'on s 'en va dans la bonne voie. Mais il va
- 1:01:15falloir trouver une façon de payer pour toutes
- 1:01:16les promesses électorales qu 'on va avoir. Et
- 1:01:18ça, c 'est au parti politique à la faire durant
- 1:01:21la campagne, dire OK, je veux prendre des engagements
- 1:01:23pour 5 milliards et voici comment je vais financer
- 1:01:27mon 5 milliards d 'engagement, considérant que
- 1:01:28le cadre budgétaire ne me donne pas de marge
- 1:01:30de manœuvre pour aller trouver ce 5 milliards
- 1:01:33-là à l 'intérieur du cadre. Puis fiscalement,
- 1:01:35on est quand même limité dans notre capacité
- 1:01:37à augmenter les impôts, mais de toute façon,
- 1:01:39la majorité des Québécois préfèrent qu 'on réduise
- 1:01:43les services. plutôt que toujours aux impôts.
- 1:01:45Je pense que ça va être des belles discussions
- 1:01:47à avoir avec les différents partis politiques
- 1:01:49pour les prochaines semaines. Tout à fait. Merci
- 1:01:51beaucoup, M. Coteboue. C 'était un plaisir. Merci
- 1:01:54d 'avoir été avec nous. Si vous avez aimé l 'épisode,
- 1:01:56abonnez -vous, laissez -nous vos commentaires
- 1:01:57pour qu 'on puisse s 'améliorer. Également, vous
- 1:01:59pouvez vous abonner à notre chaîne YouTube pour
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- 1:02:03prochaine. Cool!