Latest / L'état d'esprit / Et si le principal danger pour un dirigeant était d’être trop sûr de lui ? Philippe Silberzahn Professeur de Stratégie
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- 0:02Bienvenue dans l'état d'esprit,
- 0:04à travers chaque rencontre avec mon invité,
- 0:07nous explorons le pouvoir de la parole.
- 0:09Une parole qui éclaire,
- 0:11qui engage et qui parfois répare.
- 0:15Comment continuer à décider et à agir lorsque personne ne sait vraiment ce qu'il va se passer ?
- 0:21Dans ce nouvel épisode de l'état d'esprit,
- 0:23je reçois Philippe Silberzahn,
- 0:25professeur de stratégie à l'EM Lyon à Business School,
- 0:28auteur et ancien entrepreneur.
- 0:30Bonjour Philippe Silberzahn.
- 0:32Bonjour Olivier.
- 0:33Vous dites souvent que nous vivons dans un monde qui est de plus en plus incertain.
- 0:38Est-ce que le rôle d'un dirigeant a changé depuis que vous travaillez avec,
- 0:44que vous les rencontrez ?
- 0:45Il y a toujours eu de l'incertitude.
- 0:46C'est presque une question philosophique.
- 0:48Est-ce qu'il y en a plus qu'avant,
- 0:49etc.
- 0:50Donc on peut dire que oui,
- 0:51d'une certaine façon.
- 0:54et surtout cette incertitude elle vient d'un décalage de plus en plus rapide entre un monde qui change très vite et puis nos modèles qui ont un petit peu de mal à s'adapter ça fonctionne de moins en moins si on regarde le paradigme prédictif qui est effectivement la base pour
- 1:10simplifier mais qui est quand même la base des grands principes de décision que ce soit pour un business plan d'où le terme de plan que ce soit même pour du marketing ou de la stratégie on est...
- 1:21historiquement dans des paradigmes prédictifs,
- 1:23c'est-à-dire qu'en gros,
- 1:25la qualité d'un plan stratégique,
- 1:26historiquement,
- 1:27c'était premièrement la qualité de l'exercice de prédiction,
- 1:31c'est-à-dire qu'il fallait viser juste,
- 1:33et deuxièmement,
- 1:34la qualité de la mise en œuvre.
- 1:36Je caricature,
- 1:37mais à peine.
- 1:38Aujourd'hui,
- 1:39la qualité de la prédiction,
- 1:40elle est de plus en plus difficile.
- 1:42Encore une fois,
- 1:43parce que dans un monde relativement stable,
- 1:45c'était déjà en soi pas simple,
- 1:47mais enfin,
- 1:47au moins,
- 1:48les grands paramètres étaient stables.
- 1:50Dans un monde complètement instable où on se retrouve un peu à la merci d'un tweet de Donald,
- 1:56la prédiction devient un exercice très fragile.
- 1:59C'est-à-dire qu'il y a de fortes chances que la direction qu'on ait fixée,
- 2:02au bout de six mois,
- 2:03soit devenue complètement obsolète et qu'on soit obligé de revenir au point de départ.
- 2:07Alors justement,
- 2:08dans ce monde incertain de crise,
- 2:10quel rôle joue la parole du dirigeant ?
- 2:13Alors ça,
- 2:13c'est un vrai sujet.
- 2:15Elle doit être...
- 2:17pense de rassurer,
- 2:18mais pas dans le mauvais sens du terme.
- 2:20Il y a une façon de rassurer qui pourrait être de dire non,
- 2:24non,
- 2:24non,
- 2:25tout va très bien,
- 2:27on a quelques difficultés techniques,
- 2:29vous savez,
- 2:29c'est tout va très bien,
- 2:30madame la marquise,
- 2:31il y a eu un ou deux incidents,
- 2:33mais globalement,
- 2:33on est en contrôle,
- 2:34faites-nous confiance,
- 2:36etc.
- 2:38Ça,
- 2:38ça ne marche plus du tout.
- 2:39Ça ne peut plus marcher parce que les équipes,
- 2:42les collaborateurs,
- 2:42quels que soient leurs niveaux,
- 2:43savent très bien
- 2:45Quand on est dans un monde d'incertitude,
- 2:47ils sont informés de l'actualité,
- 2:49ils savent très bien qu'on ne peut plus raisonnablement dire « on sait où on sera dans cinq ans » ,
- 2:55plus personne n'y croit.
- 2:56Rester avec l'ancien discours de Mme Lamarckise,
- 2:59ça va avoir un impact considérable qui est celui de la perte de confiance.
- 3:03On sait très bien que ce discours-là n'est pas vrai,
- 3:05donc du coup nous n'avons plus confiance dans le dirigeant qui maintient ce type de discours.
- 3:10Or la confiance,
- 3:11elle est absolument fondamentale pour le collectif.
- 3:13S'il n'y a pas de confiance,
- 3:14il n'y a pas de collectif.
- 3:15S'il n'y a pas de collectif,
- 3:15il n'y a pas de performance.
- 3:16C'est un peu le chacun pour soi.
- 3:18On n'a plus confiance dans le management.
- 3:19Donc,
- 3:20on se recroqueville sur sa survie presque individuelle.
- 3:25Et là,
- 3:26le collectif s'effondre.
- 3:27Le discours,
- 3:28à mon avis,
- 3:28il est fondamentalement un discours d'honnêteté et un discours de,
- 3:34je dirais,
- 3:34de retour à la réalité.
- 3:36Mais qui permet de tracer un chemin,
- 3:38en quelque sorte.
- 3:39En disant,
- 3:40voilà,
- 3:40on a des éléments qui vont nous permettre d'avancer.
- 3:43et de faire des choses chouettes,
- 3:44même si on ne sait pas forcément lesquelles ça sera dans cinq ans.
- 3:48Et donc le dirigeant se retrouve avec cette complexité,
- 3:52cette multiplicité de facteurs,
- 3:53cette avalanche d'informations,
- 3:57et puis encore une fois,
- 3:58de devoir en quelque sorte jouer,
- 4:01puisqu'on a des métaphores sportives en ce moment,
- 4:03de devoir jouer un match dont les règles changent un peu pendant le match en fait.
- 4:10Tout d'un coup,
- 4:10l'arbitre vous dit,
- 4:11non,
- 4:11non,
- 4:11non,
- 4:12là,
- 4:12vous n'avez plus le droit de faire ça.
- 4:13Ah ben oui,
- 4:13mais on avait le droit jusqu'à là.
- 4:15Oui,
- 4:15mais ça,
- 4:15ça a changé.
- 4:16Au final,
- 4:17votre métier,
- 4:17si je puis dire,
- 4:18c'est d'apporter des réponses ou au contraire d'aider les dirigeants à regarder leurs problèmes ou leurs difficultés différemment.
- 4:26Alors ça,
- 4:27j'adore cette question parce que mon métier,
- 4:30en tout cas tel que moi,
- 4:31je le conçois.
- 4:32Donc on va dire chercheur,
- 4:34académique.
- 4:35Alors même si je viens du monde de l'entreprise,
- 4:38ce sur quoi j'interviens je l'ai moi-même vécu,
- 4:41parfois douloureusement d'ailleurs,
- 4:43je ne conçois pas du tout mon métier comme étant d'apporter des réponses.
- 4:47Évidemment c'est très tentant,
- 4:49mais j'essaye de ne pas le faire.
- 4:51D'abord,
- 4:52fondamentalement,
- 4:53parce que je n'ai pas les réponses.
- 4:54Mon métier tel que je le conçois,
- 4:56c'est d'aider des gens intelligents à formuler des réponses.
- 5:01les problèmes qu'ils rencontrent,
- 5:03parce qu'un problème bien formulé est un problème plus facilement résolu.
- 5:07Et ces dirigeants ont besoin de clés de lecture.
- 5:09C'est pour moi le rôle de l'intellectuel,
- 5:13du chercheur,
- 5:14de l'universitaire,
- 5:15de fournir des clés de lecture qui sont des clés de compréhension et derrière des clés d'action.
- 5:21Les réponses doivent être apportées par les gens eux-mêmes.
- 5:24Même quelqu'un comme Steve Jobs,
- 5:26qu'on présente un peu comme l'archétype du leader visionnaire,
- 5:29quand on regarde comment il travaillait,
- 5:32il n'avait pas les idées lui-même.
- 5:34Ce n'est pas lui qui a eu l'idée de l'iPhone.
- 5:36Il ne l'a jamais prétendu.
- 5:37D'ailleurs,
- 5:38son génie était ailleurs.
- 5:41Il a d'ailleurs dit la vision est la maladie infantile du management.
- 5:45Paradoxalement,
- 5:46la vision,
- 5:46la grande idée,
- 5:48c'est souvent une attente très forte des équipes.
- 5:50Je suis un peu surpris de le constater.
- 5:53Alors qu'en fait...
- 5:54les idées,
- 5:55les façons de voir les choses sont souvent des produits collectifs une entreprise qui gagne c'est pas une entreprise qui a une idée géniale moi je rappelle toujours que Airbnb la grande idée c'est de gonfler un matelas pneumatique pour que quelqu'un puisse dormir le talent d'Airbnb c'est d'en faire un business mondial donc on est dans autre chose et justement comment on essaie de répondre à ces bonnes questions en ayant une vision un
- 6:17peu différente en ayant une approche un peu différente moi ce que je propose et Kibab.
- 6:23très original,
- 6:24c'est d'abord une clé de lecture historique,
- 6:27et d'autre part,
- 6:29d'utiliser la notion de modèle mental,
- 6:31c'est-à-dire quels sont nos modèles sur ce sujet-là.
- 6:34Je vous donne juste un exemple très rapide.
- 6:36Beaucoup de questions se posent aujourd'hui sur l'impact de l'IA sur la productivité.
- 6:41On retombe sur quelque chose qu'on a déjà rencontré,
- 6:44qui est qu'on dépense beaucoup d'argent et on n'est pas sûr que l'IA améliore la productivité.
- 6:48Ce qui est intéressant,
- 6:49c'est que quand on regarde l'histoire de la technologie,
- 6:52Chaque fois qu'il y a eu une introduction d'une nouvelle technologie,
- 6:54on a eu exactement le même scénario.
- 6:56On a eu le même scénario avec le métier à tisser,
- 6:59qui au départ a été un désastre en termes de productivité.
- 7:02On a eu le même scénario avec le PC dans les années 80,
- 7:05etc.
- 7:07Donc là,
- 7:07on se dit,
- 7:07bon,
- 7:08peut-être qu'il serait intéressant de regarder un peu l'histoire pour non seulement ne pas répéter les mêmes erreurs,
- 7:14mais aussi s'inspirer de ce qu'ils ont fait à l'époque.
- 7:17Pour faire très court,
- 7:18ce qu'ils ont fait à l'époque du métier à tisser,
- 7:19ils se sont rendus compte
- 7:21que le métier à tisser n'aurait pas d'impact positif sur la productivité sans une refonte complète des métiers et des modes d'organisation permis,
- 7:30induits par la nouvelle technologie.
- 7:32Donc,
- 7:33message pour l'IA,
- 7:34vous ne tirerez pas parti de l'IA au-delà de ses fonctions de base,
- 7:38fais-moi un résumé de ce texte,
- 7:39ok ?
- 7:40Au-delà de ses fonctions de base,
- 7:41sans repenser complètement le travail en fonction de l'IA.
- 7:45Et ça,
- 7:46c'est une reformulation du sujet de l'IA.
- 7:48qui va passer d'un sujet strictement technique à un sujet d'organisation,
- 7:53de métier,
- 7:54de compétences,
- 7:55dans lesquelles notamment les DRH ont un rôle fondamental à jouer.
- 7:59Rien que ça déjà,
- 8:00vous avez un COMEX qui se dit « Ah,
- 8:02ok,
- 8:02on n'avait pas vu ça comme ça,
- 8:04et maintenant on va aborder la question différemment. »
- 8:06Si vous ne deviez donner qu'un seul conseil à un dirigeant qui traverse une période d'incertitude,
- 8:13quel serait-il ?
- 8:14Aujourd'hui,
- 8:15ce serait d'être conscient justement de ces modèles mentaux,
- 8:18c'est-à-dire de croyances profondes qui sont tellement profondes qu'on ne les voit pas,
- 8:24c'est un peu comme le poisson dans l'eau,
- 8:27il ne philosophe pas sur l'eau parce que lui c'est son cadre naturel,
- 8:31et le poisson ne se rend compte qu'il y a un truc qui s'appelle l'eau que quand il est sur la plage en fait,
- 8:38il dit oula,
- 8:38il y a un truc qui me manque,
- 8:41et c'est un peu ce qu'on vit,
- 8:42c'est-à-dire que
- 8:43Le dirigeant aujourd'hui doit vraiment penser en termes de modèles,
- 8:50et de modèles qui changent très vite.
- 8:53Et aujourd'hui,
- 8:54s'il n'y a pas cette pensée,
- 8:55c'est ce qu'on disait au tout début,
- 8:56c'est le risque de continuer avec des modèles erronés.
- 9:01C'est comme si on suit Google Maps et que la route a changé et que Google Maps n'a pas été mis à jour.
- 9:06Un jour,
- 9:06il y a une sortie de route.
- 9:08Elle ne se fait pas forcément tout de suite.
- 9:10Quand on parlait d'accélération tout à l'heure,
- 9:12je soulignais bien que les changements commencent souvent de façon insidieuse.
- 9:16C'est une petite chose,
- 9:18on rate un contrat mais on continue à en avoir plein d'autres,
- 9:21on perd quelques clients mais c'est juste quelques clients,
- 9:23donc on se dit non c'est à la marge,
- 9:24etc.
- 9:25Donc on va rationaliser parce que le modèle est fait pour ça.
- 9:28Le modèle est fait pour se focaliser sur certaines choses et ignorer ce qui est en dehors du modèle,
- 9:33c'est sa fonction première.
- 9:35Et donc...
- 9:37Les premiers pas de la mauvaise route ressemblent à une route tout à fait classique,
- 9:41et donc on ne s'en rend pas compte tout de suite.
- 9:43Donc ça,
- 9:43c'est extrêmement insidieux.
- 9:45Et puis un jour arrive le choc de la réalité,
- 9:48où là,
- 9:49vous savez,
- 9:50c'est le super tanker qui change de 2 degrés,
- 9:53au bout d'un moment,
- 9:53ça fait 300 km de différence.
- 9:55Et là,
- 9:55c'est vraiment ce qu'on voit.
- 9:57Donc,
- 9:57conseil aux dirigeants,
- 9:59c'est vraiment...
- 10:00C'est en termes de modèles,
- 10:02de modèles de leadership,
- 10:03de modèles de décision,
- 10:05évidemment de modèles d'affaires,
- 10:06parce qu'on est dans des choses qui changent très profondément.
- 10:09J'évoquais l'IA tout à l'heure,
- 10:10autant vous dire que là,
- 10:13c'est les changements de modèles à la puissance
- 10:152, puisque ça a des impacts et stratégiques et internes en termes de RH qui sont absolument considérables et qui sont encore à ce stade peu appréciés par les dirigeants,
- 10:25au-delà de
- 10:26« vite, vite,
- 10:27mettez-moi de l'IA partout que je puisse cocher des cases » .
- 10:30Quel est le rôle de l'écoute dans tout ça ?
- 10:33Alors l'écoute,
- 10:35elle est fondamentale,
- 10:36mais elle peut être très rapidement dévoyée.
- 10:39Parce que l'écoute du dirigeant,
- 10:42s'il n'y a pas encore une fois ce décryptage de modèles mentaux,
- 10:47elle est profondément contre-productive.
- 10:49Je vous donne un exemple,
- 10:50alors je ne sais pas s'il sera pertinent,
- 10:52mais là je viens d'intervenir sur une entreprise qui voulait fusionner sa filiale avec une autre entreprise qui venait d'acheter.
- 10:59donc ça se passe en Corée,
- 11:02et on fait un travail sur les modèles mentaux des deux entreprises,
- 11:06et dans les deux entreprises,
- 11:08il y avait une valeur culturelle très forte,
- 11:11qui est celle de l'harmonie.
- 11:13Alors on se dit,
- 11:13chouette,
- 11:15ça au moins c'est bien,
- 11:16parce qu'elles partagent au moins un trait culturel commun,
- 11:18et donc c'est formidable,
- 11:20les gens parlent d'harmonie,
- 11:22c'est super,
- 11:23on les a bien interrogés,
- 11:24l'harmonie elle revient tout le temps,
- 11:25génial.
- 11:26Et puis...
- 11:27Quand on commence à regarder les modèles mentaux,
- 11:29c'est-à-dire en fond,
- 11:30qu'est-ce que vous entendez par harmonie ?
- 11:33Alors là,
- 11:34c'est plus du tout pareil.
- 11:36Pour faire très court,
- 11:36dans la première entreprise,
- 11:38qui est une entreprise très traditionnaliste,
- 11:40l'harmonie c'est « je suis le chef,
- 11:42t'es le junior,
- 11:43donc tu m'obéis et aussi tu m'apportes le café » .
- 11:45Et c'est comme ça que l'harmonie va se passer,
- 11:47parce qu'on a une structure hiérarchique très claire,
- 11:51et donc très harmonieuse.
- 11:52Tu comprends ta place dans le monde,
- 11:54qui est celle d'être insubordonné.
- 11:55Un jour,
- 11:56peut-être,
- 11:56dans 50 ans,
- 11:57tu seras à ma place,
- 11:58mais en attendant,
- 11:58tu es mon junior et tu m'obéis.
- 12:00Ça,
- 12:00c'est l'harmonie.
- 12:01Et dans l'autre entreprise,
- 12:02qui était un petit peu plus pour caricaturer occidentale,
- 12:06l'harmonie,
- 12:06c'est le fait que les décisions sont discutées avec les différents collaborateurs.
- 12:12Les gens disent « on entend ma voix » ,
- 12:14alors le dirigeant décide,
- 12:15mais il a pris en compte mon avis,
- 12:18je peux donner mon opinion,
- 12:20contribuer,
- 12:20etc.
- 12:21Et ça,
- 12:21c'est l'harmonie.
- 12:22Voilà,
- 12:23et bien derrière le même mot se cachent des réalités différentes.
- 12:26Donc on ne peut pas se contenter juste d'écouter sans décrypter,
- 12:32mais ça les coachs le savent depuis très longtemps,
- 12:34sans décrypter ce qu'il y a derrière les mots en fait.
- 12:38Et une des grandes difficultés qu'on a dans ces périodes de chamboulement,
- 12:42c'est que les mots sont les mêmes,
- 12:44mais les sens qu'on met derrière ne sont plus les mêmes.
- 12:47Ils ne sont plus partagés.
- 12:49Or si on n'a pas de sens partagé,
- 12:50il n'y a pas de collectif.
- 12:52Ce podcast s'appelle « L'état d'esprit » ,
- 12:54qu'est-ce qui au quotidien vous anime ?
- 12:57Oula,
- 12:58c'est une question très profonde.
- 13:01Alors,
- 13:01il y a un consultant avec lequel je travaille qui m'a dit « vous aidez les gens à penser contre eux-mêmes » .
- 13:08Et j'ai trouvé la formule,
- 13:11je lui ai dit « vous décryptez mieux que moi ce que je fais » ,
- 13:13donc j'étais un peu frustré,
- 13:15mais en même temps très reconnaissant.
- 13:20Dans ce monde,
- 13:20on doit penser contre soi-même pour pouvoir penser.
- 13:24J'adore la formule,
- 13:26d'autant qu'elle n'est pas de moi.
- 13:29Et intellectuellement,
- 13:30c'est satisfaisant et je pense que c'est aussi utile.
- 13:36Nietzsche a dit un jour,
- 13:37le plus grand ennemi de la vérité,
- 13:39ce n'est pas le mensonge,
- 13:41c'est la certitude.
- 13:42Et je crois que nous sommes dans un monde dans lequel ce sont les certitudes qui sont dangereuses.
- 13:47Nous avons trop d'hommes qui sont certains,
- 13:50et si on en avait un peu moins,
- 13:52peut-être que le monde irait un peu mieux.
- 13:55Ce sera le mot de la fin.
- 13:56Merci beaucoup Philippe-Ossil Bernal.
- 13:58Merci beaucoup Olivier.
- 14:01Merci d'avoir écouté l'État d'Esprit.
- 14:03Retrouvez prochainement une nouvelle rencontre autour d'une parole qui éclaire,
- 14:07qui engage ou qui répare.
- 14:09En attendant,
- 14:11réécoutez sur les bonnes plateformes de podcast d'autres épisodes de l'État d'Esprit.